‹ Les rosesChapitre 20 sur 105 · MULTIPLICATION · texte numérisé non relu

MULTIPLICATION

que possible, de conserver leur empâtement; si cet empâtement n'existait pas, on trancherait net sous un œil (Fig. 7).

On coupe le rameau à bouturer à trois ou quatre feuilles au dessus de sa base, qui prend alors le nom de collet, en lui donnant 8 centimètres de longueur en moyenne; on ne laisse que deux folioles aux deux premières feuilles, et quatre aux feuilles supérieures. Aïnsi préparée, la boulure est jetée immédiatement dans le seau d’eau.

On tient prête à l'avance une plate-bande de terre bien ameublie, qu’on recouvre de 5 centimètres de terre de bruyère ou au moins de terre sableuse; elle doit être un peu plus haute que le niveau général du sol et abritée du soleil de midi par un mur ou tout au moins par un paillasson, car les boutures d'été, sans cesser d’être éclairées par la lumière diffuse, doivent être complétement privées des rayons directs du soleil. Quelques amateurs cependant placent leurs boutures en plein soleil, mais ils blanchissent l’intérieur de la cloche qui les recouvre et ils obtiennent quelquefois de bons résultats.

On plante les boutures à une profondeur de 4 à 2 centimètres; moins elles sont entérrées, plus le bourrelet terminal émet facilement des racines; on les espace de 5 centimètres ; on les bassine légèrement, puis on les recouvre d’une cloche de jardin. Au bout de quelques jours on les visite; on enlève avec soin toutes les feuilles gâtées, et l’on entretient la fraicheur par de légers bassinages. Au bout de deux mois, les boutures sont enracinées ; on plante alors chacune d'elles dans un pot de 6 centimètres de diamètre, rempli de bonne terre mélangée de terreau, on enterre ces pots dans le sol, sous un châssis, puis on plante en pleine terre au printemps suivant. Le bouturage fait en juin convient surtout pour les rosiers

Bengale, les Thé, les rosiers grimpants, multiflores, etc.

Bouturage d'automne à froid. — Ce mode de bouturage est généralement usité; 1l se fait comme le précédent, mais à la mi-septembre, sous cloche, sur une plate-bande plus clevée que le sol environnant, et cette fois en plein soleil, excepté pour les premiers jours, où des paillassons soutenus par des perches favorisent la reprise. Au bout d’une vingtaine de jours, on donne un peu d’air en soulevant un côté de la cloche, que l’on referme pendant les froids. À l'approche des grandes gelées on entoure les cloches d’un lit de feuilles sèches, sans les couvrir entièrement, et quand le temps se radoucit on en profite pour donner de temps à autre de l’air aux boutures. On les rempote mi-avril, et on les place sous un châssis à froid pour les accoutumer à l’air libre; trois semaines plus tard on peut dépoter les jeunes rosiers et les mettre en pleine terre.

On peut planter les boutures en pots, sous la cloche (Fig. 8), mais on ne doit pas conseiller cette méthode aux amateurs quand 1l s’agit de bouturer à froid.

À moins de soins particuliers et trèsassidus, qui ne peuvent être donnés que par des horticulteurs de profes-

sion, la terre des pots serait le plus souvent ou trop sèche ou trop humide, deux conditions également défavorables à la reprise des boutures.

| Quelques variétés d’une reprise

Fig. 8. — Boutures en pot.

facile, la Rose Manelli, par exemple, peuvent être bouturées en pleine terre vers la fin de septembre. On donne à ces boutures une longueur de 20 à 25 centimètres ; on supprime leurs feuilles, puis on les plante en lignes à Pair

GRERFE,. 77

libre, enfoncées de 40 centimètres environ dans la terre.

Bouturage d'hiver. — Les boutures d'hiver reprennent rarement, l'extrémité des rameaux se desséchant à l’air. Voici un procédé peu connu qui nous à donné quelques résultats, On coupe en automne ou en hiver des rameaux de 30 à 40 centimètres ; on fait une tranchée, puis on courbe les rameaux en arc (Fig. 9), en fichant les deux bouts en terre, de facon à laisser quelques yeux sur la courbure. (Ces yeux se développent au printemps et le sujet

s’enracine, mais d'un

Fig. 0. — Bouture en arc.

seul bout. Quelques lésers arrosements, donnés en temps utile, assurent la reprise ; les sujets repris sont relevés et replantés l’automme suivant. Cette méthode convient surtout dans les jardins particuliers.

Quelques personnes ne possédant pas de cloches pour leurs boutures à froid, peuvent se servir d’une caisse à moitié remplie de bonne terre et simplement recouverte d’un carreau de vitre posé à plat.

Ce n’est que depuis la fin du dernier siècle que la pratique de greffer les rosiers est devenue générale ; les espèces cultivées jusqu'alors étaient ordinairement multipliées par division du pied.

CHOIX ET PRÉPARATION DES SUJETS. — Le sujet le plus communément usité pour la greffe est le Rosier des chiens ou des haies, improprement nommé églantier, le véritable églantier étant l'espèce à fleurs jaunes dont nous avons parlé plus

haut. C’est un sujet rustique, qui forme une tige droite et donne, étant greffé, une belle tête arrondie et très-florifère, mais qui souvent, lorsqu'il à recu une espèce délicate ou qu'une taille mal raisonnée a trop modéré l’essor de sa végétation, ne forme qu'un arbuste languissant et de peu de durée.

On rencontre quelquefois parmi les églantiers le Rosier rouillé (Rosa rubiginosa), espèce disincte, quoique assez voisine, et dans tous les cas facile à reconnaître à son feuillage d’un vert plus foncé et à son odeur prononcée de pomme de reinette. Chez la plupart des horticulteurs on n’en fait pas de distinction et on le greffe comme le précédent, mais certaines variétés ne réussissent pas sur lui; les Roses moussues, lé Persian yellow, la Jacqueminot, les Thé et quelques variétés à long bois, sont les seules qui s'y conservent vigoureuses et durables.

On doit rejeter comme sujet de greffe le Rosier des champs (Rosa arvensis), espèce grêle, à rameaux violacés et tracant sur le sol, qu'on trouve çà et là le long des fossés et dans les terrains incultes.

Un sujet très-employé aujourd’hui par les horticulteurs rosiéristes pour la grefle forcée en pot, en hiver, parce qu’en effet cette opération est faite à une époque où la végétation se repose, est le Rosier Manelh, variété d’une grande vigueur, qu’on croit issue du Rosa fraxinifohia, et qui a été obtenue en 1820 par M. Manetti, directeur du jardin de Monza, en Lombardie. C’est un sujet assez rustique et qui reprend facilement de bouture, mais que certains défauts feront peu à peu abandonner. Ces défauts sont, premièrement, une végétation trop continue qui gêne les arrachages, puis le développement de nombreux drageons qui épuisent la grelle. La Rose bifère, dite Rose

des quatre saisons, fournit aussi un très-bon sujet pour la

GRFFFE. Fi)

multiplication forcée, mais qui n'est pas aussi facile à se procurer que le Rosier Manetti.

Les églantiers les plus droits se trouvent dans les haies où dans les bois; ceux qui végètent isolément en plein soleil donnent des pousses courtes, très-divisées et peu propres à former de bonnes tiges. Les églantiers produits par la culture passent pour inférieurs en beauté à ceux qui croissent à l'état sauvage; toutefois, cette assertion pourrait être contestée.

Les tiges de deux ans sont les plus convenables, surtout si elles sont d’un gris verdâtre et légèrement rugueuses. Les pousses de l’année sont trop tendres; elles se dessèchent facilement. Celles de plus de trois ans forment des sujets souvent chancreux, à écorce raboteuse, trop endurcie et de peu de durée : elles ne conviennent que pour des variétés d’une vigueur plus qu’ordinaire.

Les églantiers ne doivent pas être arrachés avant la première quinzaine du mois d'octobre. À cette époque, leur séve est généralement suspendue, excepté dans les terrains frais ; et, à l'égard de ces derniers, il faut attendre un peu plus tard, car, arrachés en séve, ils se rident tout de suite et reprennent difficilement leur fraîcheur. On- doit éviter de les transporter par le froid; deux degrés au-dessous de zéro suffisent pour geler leurs racines, lorsqu'elles sont hors de terre.

L'époque la meilleure pour l'achat des églantiers est la première quinzaine de décembre; on peut alors les planter tout de suite ou les mettre en jauge pour les planter en février, après les grandes gelées, car il arrive quelquefois que la tige même des jeunes églantiers gèle pendant l'hiver.

Les églantiers arrachés en février el mars ne valent pas ceux qui ont été arrachés avant l'hiver, leur séve étant déjà en mouvement; ils serident aisément et sont beaucoup plus sensibles

aux hâles du printemps que ceux qui, enlevés de terre en octobre ou novembre, ont été mis en jauge pour être plantés à cette époque.

L’églantier qu'on arrache dans les bois est ordinairement pourvu d'une souche très-forte; cette souche doit être enlevée en parle, pour ne laisser que la portion susceptible de développer des racines. Cette opération se fait soit avec une scie, soit avec un très-fort sécateur ad hoc: il faut ensuite rafraïchir à la serpette les parties meurtries, raccourcir les radicelles, s’il y en à, à À centimètre de longueur, et rabattre la tige à la hauteur déterminée pour la plantation et pour la grefe. (Fig. 10.)

La hauteur de l’églantier doit être proportionnée à sa force, aussi prend-on de préférence les

petits sujets pour grefler les rosiers à basses tiges, les moyens pour les tiges de 60 à 80 centimètres,

et les plus forts et les plus vigoureux pour faire

des tiges de À mètre et au-dessus. Plus ils sont

vigoureux, meilleurs ils sont pour ce dernier usage.

Fis, 10, Sujet . r r s & A d'Églantier. {ats, Les tiges élevées devront toujours être grelfées

Des églantiers grêles donneraient de mauvais résul-

avec des espèces visoureuses, si l’on veut avoir de belles têtes proportionnées à la hauteur du sujet; les variétés délicates vieillissent rarement sur des tiges un peu hautes. Les amateurs bien avisés plantent ordinairement leurs églantiers en pépinière, pour les employer suivant leur taille et leur force, et les greffer en conséquence. C’est seulement quand les greffes sont reprises et que la tête des arbustes est formée qu'ils les distribuent dans leurs jardins. Cette méthode est à recommander, et c’est sur elle que je baserai les préceptes de culture qu’il me reste à

exposer au lecteur.

La première chose à faire est de choisir un bon terrain, et, sil se peut, qui ait été bien fumé et bien cultivé l’année précédente. Une fumure fraîche provoquerait la formation d'une moississure blanche sur la souche de l’églantier. On défonce à 40 ou 50 centimètres de profondeur, puis on plante par planches de 1 mètre 50 cent. de large et sur quatre rangs, en espaçant les pieds entre eux de 60 à 70 centimètres dans la ligne; on laisse un passage de 1 mètre entre les planches, pour pouvoir circuler commodément.

Les églantiers sont plantés à 12 ou 15 centimètres de profondeur, mais, par suite du tassement de la terre, on les trouvera descendus à 20 centimètres ou plus lors de la déplantation. Les racines de l’églantier s’enfoncent parfois à 3 mètres de profondeur. Si les sujets ont souffert pour être restés trop longtemps arrachés et exposés aux hâles, il sera bon de les enterrer entièrement dans une tranchée pendant une quinzaine de jours, ce qui leur rendra leur fraicheur, puis on choisira un temps couvert pour les mettre en place.

Pendant la première année on donne de fréquents binages pour tenir la terre en bon état; les binages sont préférables dans les terres fraîches, mais dans les terrains secs il est plus avantageux, à partir de la fin de mai et immédiatement après un premier binage, de couvrir la terre d’un bon DES qui y entretient Ja fraîcheur et active la végétation.

Divers mopxs DE GRErrAgEe. — L'églantier développe des pousses sur la longueur de sa tige; lorsque ces pousses ont acquis un certain développement, on choisit les deux ou trois plus belles et les plus rapprochées du sommet pour en former la tête de l’arbuste, et l’on supprime toutes celles qui sont au-dessous. Cependant, si les pousses supérieures étaient chétives par suite du mauvais état de la tige, il faudrait rabattre

celle-ci sur des bourgeons inférieurs plus vigoureux. Plus une plante a de rameaux, plus elle forme de racines, et c’est pour cette raison que j’engage à laisser plutôt deux ou trois pousses qu'une ou deux pour recevoir des greffes; ces pousses sont d’ailleurs exposées à divers accidents, et il est bon que l’on puisse choisir entre elles quand le moment de greller sera venu.

On greffe de préférence à œil dormant, au déclin de [a séve. On pourrait tout aussi bien greffer à œil poussant, mais on sait que cette greffe affaiblit les sujets, aussi les rosiéristes ne l’emploient-ils qu'accidentellement pour utiliser des sujets manqués à la greffe l’année précédente. IL serait préférable cependant d'attendre l’époque de la greffe à œil dormant, si l’on n’était pas obligé de débarrasser complétement la plate-bande dans l'hiver qui doit suivre.

Greffe à œil poussant. — Pour grelfer en écusson à œil poussant, en juin, on commence par courber les rameaux (Fig. 41), puis on greffe huit jours plus tard sur la courbure. Si l’on greffait et courbait en même temps, la partie

ligneuse du rameau du sujet n'offrant

pas encore assez de résistance, se briserait sous l’incision faite à l'écorce pour recevoir la greffe. L’écusson se développe immédiatement, et lorsqu'il

a atteint une longueur de 2 à 3 centimètres on rabat le rameau qui le porte

à deux ou trois yeux au dessus ; on pince Fig. 11. — Greffe en écusson,

1 € ensuite les pousses données par ces à œil poussant.

yeux au fur et à mesure qu'elles se développent; enfin, dans les derniers jours d'août, quand la ; J ,

greffe a formé une petite tête, on supprime totalement les bourseons de l’églantier. |

Cette greffe est avantageuse en ce qu’elle permet d’utiliser au printemps les yeux d’une rose coupée que l’on désirerait multiplier ; les pousses de cette greffe pouvant à leur tour servir à grefler, en août, d’autres sujets à œil dormant.

Greffe à œil dormant. — Cest une greffe qui ne doit se développer qu'au printemps suivant. Elle se fait au déclin de la séve et quand les rameaux sont en partie aoûtés, c’est-à-dire de la mi-juillet à la fin d'août. Les rosiéristes préfèrent la faire un peu tard, surtout quand après une sécheresse prolongée il survient quelques jours de pluie qui fait circuler la séve à nouveau.

Le sujet doit être en séve pour que l’on puisse greffer; on s’en assure en soulevant l'écorce avec un grefloir; si elle se décolle facilement, l’opération est assurée; si elle ne se décolle pas, il n y aura pas de réussite.

L’écusson peut se poser sur la tige ou sur les rameaux (Fig. 19) ; mais il vaut mieux grefler sur les rameaux, parce que la greffe se soude miéux et

qu'il y a plus d’analogie entre

elle et le sujet. On pose indistinctement une ou deux greffes

Si

sur le sujet à basse tige, et

touJours, quand cela est pos- Fig. 12.

sible, deux greffes opposées sur Greffe en écusson, à œil dormant.

le sujet à haute tige, surtout s’il est fort. La raison en est que la partie d’écorce opposée à la greffe se dessécherait presque

toujours, si elle n'avait rien pour attirer la séve de son côté.

On place les deux greffes sur les deux plus forts rameaux opposés l’un à l’autre; l’écusson se pose sur une partie lisse du rameau el aussi près que possible de sa base. Il arrive quelquefois que la base du rameau qui doit recevoir la greffe est munie d’aiguillons ou d’yeux prêts à se développer ; il faut les enlever avec soin et sans endommager l'écorce, afin de pouvoir opérer comme sur une partie lisse.

Choix de l’écusson. — On peut couper les greffes au moment de s’en servir, ou quelques jours à l'avance. On choisit des rameaux moyens, bien aoûtés et ayant fleuri; ceux qui sont de la grosseur d’un tuyau de plume sont les meilleurs; on doit rejeter pour cet usage les forts rameaux, les gourmands et toutes les branches mal aoûtées qui sortent du vieux bois.

L’œil de la greffe donne généralement la même production que celle qu’il aurait donnée si on l'avait laissé sur la plante à laquelle il appartenait; il s'ensuit que si l’on prend les yeux rapprochés des fleurs on aura des pousses faibles et florifères, convenables pour des sujets cultivés en pots; que si l’on prend les yeux inférieurs d’un rameau à bois non florifère, on aura des pousses vigoureuses et peu ou point florifères elles-mêmes pendant les premières végétations. Mais comme, après tout, la bonne constitution d'un rosier dépend de sa première végétation, s’il a été florifère à l’excès pendant les premières années il sera peu durable, tandis qu'il sera rustique et durable s’il à été greffé avec des yeux à bois bien constitués.

Ce choix des yeux très-florifères est la cause dù délaissement de certaines variétés très-belles, mais de vigueur moyenne. Ces variétés n’ont pas dégénéré, mais les individus se sont

affaiblis par la cause que nous venons de dire, et qui est seulement inhérente au procédé employé.

On prend donc un rameau bien constitué, florifère et de grosseur moyenne. En laissant les yeux plats qui se trouvent à la base et les veux supérieurs, on aura à la fois vigueur et bonne floraison ; on retranche immédiatement toutes les feuilles en ne laissant qu'un bout de pétiole d'environ 2 centimètres. Le rameau se flétrirait si les feuilles n'étaient pas enlevées. Des greffes ainsi préparées peuvent être conservées plusieurs jours intactes, à la condition d'être enveloppées dans un linge humide et déposées dans une cave ou dans un cellier clos et frais. On peut de même les faire voyager très-loin, en les entourant de mousse humide, retenue par une enveloppe de papier épais et bien encollé.

Exécution de la greffe. — Le rameau de la greffe étant tenu

de la main gauche, on raccourcit le pétiole à 1 centimètre 1/2

Fig. 13. — Rameau sur lequel Fig. 14. — Écusson He -Écusson l’écusson est à enlever. vu de côté, vu de face.

de longueur ; on enlève les stipules foliacées (A, figure 13) qui se trouvent à sa base ; on fait ensuite, à 1 centimètre audessous de l’œil, une incision transversale B, qui pénètre jusqu'au tiers de l'épaisseur du rameau. Ces opérations préliminaires achevées, on détache l’écusson en commençant par le haut, à À centimètre au-dessus de l’insertion du pétiole, et

en descendant la lame du greffoir jusqu'à la coupe transversale B, indiquée ci-dessus. Il faut avoir grand soin d'enlever le moins de bois possible, mais surtout de ne pas endommager l'œil, partie essentielle de la greffe, et sans ‘lequel l'opération serait absolument nulle. |

Quand le rameau est vigoureux et en bonne séve, que les yeux sont bien constitués, sans être aucunement développés, on peut enlever toute la partie ligneuse de l’écusson, c’est-à-dire la faible lamelle de bois adhérente à l'écorce; mais si les veux sont développés ou si le rameau manque de séve, il faut lever l’écusson avec une grande précision en lui donnant peu d’épaisseur et l’introduire, sans retirer le bois, dans l’incision faite au sujet pour le recevoir. Une fois l’écusson levé, on le tient par le pétiole entre les lèvres pour se conserver les mains libres, puis on fait une incision en T (Fig. 16) sur l’écorce du sujet,

d’une grandeur correspondante à l’écusson. On soulève ensuite

Fig. 46. — Entaille en T Fig. 47. — Écusson Fig. 18. — Greffe ligaturée sur le sujet. introduit. et terminée.

avec la spatule du grefloir les deux côtés de l’incision, pour y introduire l’écusson, puis on coupe le bout de languette supérieure, sielle dépasse, juste au niveau de la ligne du T (Fig. A7). On termine en enveloppant la greffe avec un lien de laine, sans couvrir l’œil et en serrant modérément (Fig. 18). Huit jours

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