LE ROSIER FRANC DE PIED ET LE ROSIER GREFFÉ
Chacun de ces sujets présente des avantages et des inconvénients. Les rosiers greffés sont moins développés, moins durables, mais souvent plus régulièrement florifères que les rosiers francs de pied, et ils s’emportent moins.
Le rosier franc de pied est d’une longue durée lorsque le sol lui convient : il forme une belle iouffe, toujours saine, vigoureuse et facilement rajeunie. Les Cent-feuilles et les rosiers grimpants ne viennent bien que francs de pied ; quant aux rosiers des Indes, auxquels la greffe réussit, il vaut encore mieux les élever francs de pied qu’autrement, parce que leur tête gelant presque tous les hivers sous le climat de Paris, leur souche se conserve du moins sous la terre et repousse au printemps qui suit.
Le grand avantage des rosiers greffés est de donner tout de suite des têtes très-fortes ; mais les rosiers francs de pied ont celui d’être d’une bien plus longue durée et de conserver leur verdure plus longtemps en été.
On doit cultiver en nombre égal des rosiers à tiges (greffés) et des francs de pied, pour que le jardin soit bien garni et présente des plantes de toutes dimensions. Ne s’en tenir qu’à un seul genre c’est se priver de la moitié des jouissances qu’on peut se donner si facilement en cultivant les uns et les autres.