‹ Les rosesChapitre 9 sur 105 · A EL · texte numérisé non relu

A EL

NE

1) É UGE, LS NK RARES FX

OSA, dans le système de Linné, Classe XIT, Icosandrie- Polygy-

nie ; dans le sys-

tème de Jussieu,

Classe XIV, Dicotylédones polvpétales, périoynes. Les caractères du genre sont : un calice monophylle à tube charnu, resserré

ventiru,

au sommet, à

cinq divisions

lancéolées ; une corolle à cinq pétales, insérés sur le tube du

calice; élamines nombreuses, terminées par des anthères à deux

loges. Ovaires en nombre variable, libres, dans le tube du calice

20 LIESMROSIBRS

et surmontés de styles à stigmates simples, tantôt libres quoique rapprochés en faisceau, tantôt soudés. Baie charnue et plus ou moins renflée, indéhiscente, molle à la | maturité; graines osseuses et duveteuses.

Le genre Rosier contient un très-grand nombre d’espèces, qui sont disséminées sur la presque totalité de l'hémisphère septentrional, comprenant toute l’Europe, le nord de l’Afrique, une étendue considérable de l'Asie et de l'Amérique du Nord. Ces espèces, toutes vivaces et ligneuses, diffèrent notable ment les unes des autres, là où elles se sont conservées pures ; mais il est hors de doute que, lorsqu'elles sont rapprochées dans une plantation, elles se fécondent réciproquement et donnent naissance à des variétés hybrides, généralement fertiles, qui peuvent, à leur tour, se croiser entre elles ainsi qu'avec les types spécifiques eux-mêmes. Il en est résulté une telle multitude de formes intermédiaires, qu’il est devenu presque impossible aujourd'hui, pour la plupart de ces variétés, de reconnaître les espèces primitives dont elles sont sorties. De là ces nombreuses classifications, peu concordantes les unes avec les autres, et sur lesquelles on ne peut fonder aucune certitude.

Considérés d’une manière générale, les Rosiers sont des arbustes le plus ordinairement buissonnants, c’est-à-dire formant des touffes plus ou moins hautes suivant les espèces (quelques-unes deviennent, avec l’âge, décidément arborescentes), à rameaux dressés, arqués ou sarmenteux, très-habituellement armés d’aiguillons. Les tiges, dans la plupart des espèces, sont sujettes à dépérir après quelques années de végétation, et sont annuellement remplacées ou augmentées par de nouvelles pousses qui sortent de la souche ou de la base des tiges principales. Les fleurs, solitaires ou en corymbes, naissent à l'extrémité des

pousses annuelles ; elles sont régulières, simples, c’est-à-dire à

cinq pétales, ou doubles lorsque les étamines se sont transformées en pétales ; elles présentent toutes les teintes entre le blanc pur, le rouge carminé, le pourpre foncé et le jaune. Leur odeur est suave et plus ou moins prononcée dans la plupart des espèces, désagréable chez quelques-unes à fleurs jaunes. Le feuillage, excepté dans le seul Rosa berberifolia, est composé, c’est-à-dire formé par la réunion de plusieurs folioles au nombre de trois à neuf et plus ; inodore dans le plus grand nombre, il exhale chez quelques rosiers, lorsqu'il est froissé entre les doigts, l'odeur de pomme de reinette ou celle de térébenthine; les rameaux sont plus ou moins garnis d’aiguillons et de soies, selon l'espèce; quelquefois ils sont entièrement lisses et inermes.

Le groupe des rosiers à toujours fait le désespoir des botanistes; quelques-uns cependant, Lindley et Thory entre autres, ont essayé d’en faire la monographie, et ils y ont réussi à peu près autant qu'il était possible de le faire avec une multitude de variétés sans consistance, d’origine inconnue, et dont le nombre s'accroît sans cesse par les seinis naturels et surtout par ceux des horticulteurs, sans compter les modifications amenées directement par les sols, les procédés de culture et les climats. Il y a cependant quelques particularités d'organisation qui ont pu être utilement employées, sinon pour distinguer les espèces les unes des autres, du moins pour constituer, dans ce grand nombre de formes, des groupes assez tranchés, qui sont comme autant de sous-genres dans le genre, et qui ont permis d'arriver à une classification générale, à peu près satisfaisante si lon tient compte des difficultés dont elle est entourée.

Nous l’avons dit tout à l’heure : les rosiers sont répandus sur une vaste étendue de pays, et, comme tous les autres genres riches en espèces et largement disséminés sur le globe,

ils subissent la loi des climats, en ce sens qu'il y a de notables difiérences de rusticité entre les diverses espèces, suivant leur provenance. On n’a pas de peine à comprendre que des rosiers originaires de l’Abyssinie, du Mexique ou du nord de lPInde, ne sauraient résister aux rigueurs de l’hiver de nos climats aussi sûrement que nos espèces indigènes, à plus forte raison que celles du nord de l’Europe et de la zone arctique américaine. Remarquons en même temps que ces rosiers de l’extrême Nord, aussi bien que ceux qui touchent à la limite méridionale de la région rosifère, ne sont pas les plus beaux du groupe. C’est à une égale distance de ces deux extrémités géographiques, c'est-à-dire dans le midi de l'Europe et l’Asie tempérée, que se sont trouvées toutes ces espèces supérieures qui ont valu à la Rose son antique renommée. La plus belle, la plus parfumée, la plus classique et la plus célèbre, la Rose Cent-feuilles, est originaire du Caucase, ou, pour mieux dire, de ces régions moyennes de l’Asie occidentale qui ont été le berceau de la plus noble race humaine du globe, comme si la nature avait voulu associer dès l’origine ses œuvres les plus parfaites, l’homme de race caucasique et la fleur la plus digne d’embellir son existence.

Jetons un coup d’æil rapide sur les diverses contrées de la terre qui produisent des roses, en commençant par les régions polaires.

À peine les côtes glacées du Groënland se réchauffentelles sous les pâles rayons d'un soleil d'été, que s’épanouissent, presque sous la neige, les fleurs délicates du Aosa pallida. Plus loin encore vers le pôle, au nord du continent américain, le navigateur étonné voit les bords désolés de la baie d'Hudson s’embellir pour un petit nombre de jours des corymbes fleuris du Rosa Hudsonica. Au Labrador, l’élégant Rosa fraxinifoha

recouvre les roches dénudées de ses rameaux d'un rouge de corail, dont l’éclat disparaît sous le pourpre encore plus vif de milliers de petites fleurs. Les brumes glacées, qui règnent constamment sur les plages désolées de l’île de Terre-Neuve, ne les empêchent pas de se parer du feuillage duveteux et des petites roses rouge-vif du Rosa nitens, modestes fleurs dont la vue vient rappeler au pêcheur européen qui fréquente ces rivages les haies d’églantiers du village natal.

Plusieurs espèces de roses sont particulières au continent de l'Amérique septentrionale , et elles ont généralement plus de rapport avec les espèces européennes qu'avec celles de l'Asie. Nous citerons parmi les plus remarquables le Rosa fulgida, qui végète dans les marais de la Caroline, et qui se distingue par un coloris très-vif; le débile Rosa Woodsii, qui rachète sa faiblesse par une riche production de fleurs roses; le Rosa parviflora, charmant petit arbrisseau; le Rosa erecta et le Rosa rubifolia, non moins intéressants que les premiers, et qui sont propres au climat plus doux de la Pensylvanie. La Géorgie voit croître le Rosa lœævigata, dont les tiges lisses et grimpantes, charsées de belles fleurs blanches, parent au printemps les haies des plantations. Il est à remarquer que les côtes occidentales de j'Amérique paraissent presque privées d’espèces de roses, du moins les botanistes n’en signalent dans cette région qu'une seule, le Aosa myriantha, de Californie. Toutes ces espèces américaines n’ont végété Jusqu'ici que médiocrement en Europe et n’ont donné que peu de variétés horticoles. Le Rosier de la Caroline (R. Carolina) est toutefois assez répandu dans les collections anglaises.

Les voyageurs Humboldt et Bonpland ont rencontré deux espèces de rosiers sur les montagnes du Cerro-Ventoso, au Mexique, à 2,500 mètres d'altitude. L'un d’eux, le Rosa Mon-

tezumæ, fut ainsi nommé en souvenir de ce malheureux roi qui, brûlé vif à petit feu, répondait à la plainte d'un de ses compagnons de supplice : « Et moi, suis-je sur un lit de roses? » Un amateur célèbre, Boursault, introduisit ce rosier dans ses collections il ÿ a une quarantaine d'années, mais il est devenu si rare qu'on peut se demander s’il n’a pas totalement disparu des jardins de l’Europe.

Aucun rosier n'appartient en propre à l'Amérique du Sud, cependant quelques espèces, introduites d'Europe à la Nouvelle- Grenade, y végètent admirablement sans culture et font l’ornement de toutes les plantations.

L’Asie, nous l'avons déjà donné à entendre, est la patrie des belles roses; la Chine en possède de remarquables. Cest de cette contrée, et non de l’Inde, que sont venues les roses Thé, mulliflore et du Bengale, qui, par leur beauté propre autant que par leur floraison perpétuelle, marchent de pair avec nos espèces méditerranéennes. Toute une série de rosiers grimpants est particulière à la Chine et au Japon, et, parmi eux, le Rosier de Banks (R. Banksiæ), qui, dans le midi de la France, atteint parfois la cime des plus hauts peupliers et couvre de son vert feuillage et de ses myriades de petites fleurs blanc de lait les murs et les toits des maisons. Le Rosa bracteala, dont les fleurs blanches et involuerées sont si remarquables ; le Rosa anemonæflora, où elles rivalisent de régularité et de plénitude avec celles des plus belles anémones, sont aussi un cadeau que la Chine nous à fait. On ne peut se dispenser de citer encore le Rosa microphylla, si aimé des Chinois pour la délicatesse de son feuillage. Plantée dans de riches vases de porcelaine, cette miniature de rosier fait l’ornement des habitations des grands personnages de l’empire. Les richesses floricultu-

rales de cette vaste contrée sont loin d’être épuisées pour nous,

ESPÈCES ET DISTRIBUTION. 25 et, sans remonter plus haut que quelques années, nous avons vu le voyageur anglais Fortune rapporter en Europe un rosier d’une espèce jusqu'alors inconnue, que ses fleurs jaune aurore lui firent découvrir dans le jardin d’un mandarin de Ningpo. Cette superbe rose, déjà fort répandue dans nos collections, est une des races nouvelles qui tranchent le plus avec nos anciennes variétés cultivées.

Le Japon, probablement, ne le cède pas à la Chine en espèces et en variétés de rosiers, mais il à été très-peu exploré jusqu'ici, et, malgré les investigations du docteur Siebold, nous n’avons de lui qu’un seul rosier, le Rosa rugosa, trop nouveau pour qu'on puisse porter sur lui un jugement défimtif. Il faut en dire autant de quelques espèces de Mongolie, rapportées par un missionnaire lazariste, le père David, et qui sont encore à l’état d'essai dans quelques jardins publics ou particuliers.

La Cochinchine, quoique son climat soit beaucoup plus chaud que celui du midi de l'Europe, possède quelques espèces qui font également partie de la flore de cette dernière, peutêtre parce qu’on les y à transportées d'Europe; le Aosier blanc (Rosa alba), dit-on, est du nombre. On y trouve, comme espèce indigène, le Rosa spinosissima, dont les fleurs carnées sont sans odeur. La flore du Thibet et du Népaul, d’ailleurs mal connue encore, nous présente quelques espèces remarquables : le Rosa Lyellii, aux fleurs délicates et d’un blanc de neige, et le Rosa paludosa, dont les fleurs, également blanches, sont entourées d’une sorte d’involucre analogue à celui du Rosa bracteata de la Chine, dont il n’est peut-être qu'une variété.

Dans les vastes plaines, ou plutôt dans les steppes du nord de la Perse, au centre de l'Asie et dans la Tartarie chinoise, végète une singulière espèce, le Rosa berberifolhia, unique dans le genre par ses feuilles simples ; aussi les botanistes n’ont-ils

pas manqué, pour ce seul caractère, d’en faire un genre particulier, sous le nom d’Hulthemia. Par la fleur et le fruit ce n’est ni plus ni moins qu'un rosier, comme tous les autres, et ce qui le prouverait encore, à défaut d’autres preuves, c’est qu'il se croise avec les rosiers ordinaires et donne des hybrides. Ge rosier n’est qu'un simple sous-arbuste drageonnant, insignifiant par le port, mais dont les corolles jaunes, maculées de rouge ponceau à la base, sont remarquables. Il est si abondant en Perse qu’on s’en sert, comme des autres broussailles, pour le chauflage des fours; en Europe, sa culture est assez difficile.

Nous avons dit que la rose Cent-feuilles (Rosa centifolia) est originaire des régions caucasiennes. Le botaniste vovageur Bieberstein assure l’avoir trouvée sauvage, et loin de toute habitation, donnant des fleurs doubles comme les races cultivées. Le type à fleurs simples n’est pas connu à l’état sauvage, mais on l’a obtenu, dans quelques jardins, de graines produites par les fleurs doubles. Hors ce type admirable, déjà parfait naturellement, aucune des roses sauvages que nous avons citées n’égale en beauté les variétés que la culture en a su tirer, et qu'elle à perfectionnées par des semis répétés et sans cesse épurés : nouvelle preuve de ce que l’art peut faire pour embellir la nature. Le voyageur français Victor Jacquemont, qui uous a donné la description des jardins renommés de Cachemyr, jardins tout remplis de roses, dit n’y avoir rencontré que des roses petites et sans odeur.

De la Perse nous est venue la charmante rose Persian yellow, ou Jaune de Perse, si remarquable par ses fleurs d’un jaune d’or; on y rencontre également une espèce vigoureuse, le Rosier en arbre (Rosa arborea), qui forme de véritables bosquets, sur lesquels s’épanouissent des milliers de fleurs blanches. On connaît la passion des Orientaux pour les roses;

ce sont elles qui ont inspiré au poëte persan Saadi les plus beaux apologues de son poëme : Le Jardin des hoses.

L’Asie Mineure, outre de nombreuses variétés de la rose Cent-feuilles , voit fleurir dans ses jardins les espèces les plus distinguées ; telle est, entre autres, la Æose jaune double (Rosa lutea), qui se plaît dans les marais, et qui orne à Constantinople les tombeaux des vastes cimetières de cette ville. C’est là qu'on la voit envelopper de ses rameaux vigoureux de grands cyprès, au sombre feuillage desquels elle entremêle un nombre immense de fleurs dont l'effet est indescriptible.. Introduile en Angleterre au commencement de ce siècle, et plus tard dans nos jardins, la rose jaune double semble y avoir dégénéré, faute sans doute d’une culture bien comprise, peut-être aussi par suite des pluies trop fréquentes qu’elle ne peut supporter ; aussises boutons se flétrissent-ils le plus souvent sans s'ouvrir. On assure cependant que, plantée dans des sols marécageux, elle s’y montre presque aussi belle qu’en Orient.

L'Égypte ne paraît pas avoir de roses indigènes ; du moins des recherches multipliées n’en ont pas fait découvrir sur les hiéroglyphes conservés par les antiques monuments de ce pays. De nos jours, les savants de l'expédition d'Égypte n’ont rencontré que deux sortes de roses cultivées, évidemment introduites : la rose Cent-feuilles et la rose de Damas.

Une rose remarquable, la Rose musquée (Rosa moschata), habite les rivages de la Méditerranée, en Afrique, en Espagne et dans le Roussillon. Ce bel arbrisseau donne des fleurs blanches, dont l’odeur est agréablement musquée. Une autre espèce, la Rose d’Abyssinie (Rosa Abyssinica), assez rare dans nos jardins, s’avance vers le Sud jusqu’au 25° degré de latitude, mais, de même que les rosiers mexicains, elle ne s'écarte guère des plateaux élevés dont le climat n’est point tropical, quoi-

Lé

que encore très-chaud en été. Ce rosier occupe donc l’extrémité méridionale de l’aire géographique immense sur laquelle s’étend le genre, comme les espèces arctiques citées plus haut en occupent la lisière septentrionale. Il serait superflu de dire qu'il y à entre elles de grandes différences de rusticité.

Le climat intermédiaire de l’Europe moyenne produit un assez grand nombre d'espèces de roses. Parmi ces espèces indigènes nous devons citer : l’Eglantier des haies (Rosa canina), si recherché comme sujet pour greffer les variétés horticoles ; ses petites ileurs, charmantes dans leur simplicité, parent au printemps les haies des champs et la lisière des bois. Une espèce peu différente, le Aoster rouillé (Rosa rubiginosa), se distingue par son feuillage, d’une teinte plus foncée, et par l'odeur de pommes de reinette qu’il exhale lorsqu'on le froisse entre les doigts. Un autre églantier assez distinct des deux précédents, le Aosier pomafère (Rosa pomifera), $e rencontre dans la forêt de Fontainebleau et se fait reconnaître par ses grosses baies pulpeuses et par l’odeur de térébenthine de ses feuilles. Peut-être n'est-il qu'une variété, hybride ou non, du Rosier rouillé. Citons encore, comme particulier au centre de la France, le Rosier cotonneux (Rosa tomentosa), espèce peu intéressante dont le feuillage est grisâtre et velu. Un rosier superbe est ou paraît indigène en Espagne et dans le midi de la France : c'est le Rosier blanc (Rosa alba), le plus beau des rosiers d’Eu- -rope, en même temps qu'un des plus vigoureux et des plus grands. Soumis à la culture, il a produit nombre de variétés, non remontantes il est vrai, mais admirables de forme et de coloris. Pour en donner une idée il suffit de rappeler la Rose Cuisse de nymphe émue, dont les fleurs très-pleines sont d’un rose pâle carné d’une extrême délicatesse; on regrette de ne pas voir ce rosier dans tous les jardins.

Certaines espèces de rosiers européens sont particulières aux régions montagneuses et s’y élèvent même à de grandes hauteurs. Quel est le touriste qui, parcourant la Suisse, n'ait cueilli, avec un plaisir mêlé d’étonnement, un bouquet des fleurs sans épines du Aosier des Alpes (Rosa alpina) ? À de moindres hauteurs on y rencontre encore le Rosier à feuilles rouges (Rosa rubrifolia), qui, sans égaler le rosier des Alpes, n’est pas cependant dépourvu de beauté. Ajoutons-y le Rosier Cannelle (Rosa cinnamomea), qui à donné de nombreuses et charmantes variétés horticoles.

Une des espèces les plus tranchées du genre habite le centre et le midi de l’Europe, principalement en Autriche; c’est le Rosier jaune ou Églantier vrai (Rosa Eglanteria) , et sa variété dite Capucine, qui produit un fort bel effet par ses fleurs, toujours simples, mais qui offrent d’admirables teintes de ponceau velouté et de jaune d’or, souvent fondues ensemble. C'est aussi au midi de l’Europe, et principalement à la région méditerranéenne, qu'appartient le Rosier toujours vert (Rosa sempervirens), arbuste sarmenteux, à feuilles persistantes et luisantes, qui enouirlande de ses corolles blanches les rochers les plus arides. Transporté dans les jardins, il y est devenu la souche de variétés grimpantes justement estimées.

Le Rosier d'Espagne (Rosa hispanica) est indigène de cette contrée ; il se couvre en mai de milliers de fleurs roses. L’Écosse possède aussi quelques espèces qui semblent propres à ses montagnes agrestes, telles que le Rosier à pétales roulés (Rosa revoluta), aux grandes fleurs roses passant au blanc; le Rosier velu (Rosa villosa) et le Rosier de Sabine (Rosa Sabiniana), dont les fleurs sont réunies en corymbe.

Un certain nombre d'espèces relativement méridionales s’avancent loin vers le Nord, quelques-unes même fleurissent

presque sous le cercle polaire. C’est ainsi qu en Suède on voit l’Églantier ordinaire (Rosa canina) et le Rosier velu (Rosa villosa) s'élever jusqu'à la latitude du Nordland. Le Rosier cotonneux (Rosa tomentosa) est de même assez rustique pour entrer dans le Jutland, et le Rosier cannelle pour atteindre les Alpes de la Laponie, l'Islande et les bords de la mer Glaciale. Après avoir embelli quelques jours ces tristes parages, ce gracieux arbuste disparaît enseveli pendant huit mois sous un épais linceul de neige, et s’épanouit de nouveau aux premières chaleurs de l’année suivante.

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