‹ Les roses, Tome IChapitre 14 sur 113 · ARTICLE VIII · texte numérisé non relu

ARTICLE VIII

Le Calice.

Le calice est le produit de l’écorce du pédoncule; c’est l’en- | veloppe extérieure de la fleur. Celui du rosier est monophyle, à'tube renflé, étranglé à son orifice.

| Il se divise en cinq découpures, qui sont toutes parfois déil pourvues d’appendices ; mais, le plus souvent, deux seulement d’entre elles sont entières ; deux autres sont munies , de chaque côté, de quelques appendices foliacés ; et la cinquième est appendiculée d’un seul côté.

Nous passerons en revue, successivement > dans cet article, le tube et les découpures du calice.

À. Le tube. On nomme ainsi la partie inférieure du calice, supportée par le pédoncule, et qui renferme le pistil (Fig. 14, À). Linné appelait improprement. cet Organe, germen, terme que la plupart des botanistes ont d’ailleurs conservé pour se confor-

mer à l’usage ; et il est bon de faire observer que, dans ces occasions,

germen Où ovaire ont été pour eux, comme pour nous, dans cet ouvrage, le synonyme de tube (tubus calycis ). Voyez art. xrrr.

Toutefois des botanistes de nos jours, parmi lesquels nous citerons M. le professeur Rau,

ont adopté les mots subus calycis pour désigner le tube, et se sont ainsi affranchis de la routine

vraiment vicieuse de l'exprimer. Nous devons dire, cependant,

er 2e

Son

TRAITÉ DU ROSIER. ot

que Varzcanr et Hazzer ont nommé #ube le style de la fleur, et que M. Mirsez a donné le même nom à certains vaisseaux qui se trouvent dans le tissu membraneux des plantes.

Le tube du calice est soumis aux mêmes variations que les autres organes du rosier. Néanmoins, il se modifie plus lentement, et l’on a remarqué qu’il ne change de forme qu'après un laps de temps assez considérable. Il en résulte que les botanistes pourraient l’employer, avec avantage, non pas pour l'établissement d’un système général de classification, mais pour la formation de certains groupes, en observant, comme condition première, de préférer, pour saisir les traits de ces tubes, le moment le plus rapproché possible de l'épanouissement de la rose.

En effet, nous avons remarqué qu’alors leurs coupes longitudinales présentent les modifications suivantes :

1°. La forme sphérique ou globuleuse (#ubus sphericus, tubus globosus, Fig. 15).

2°. La forme presque globuleuse ( subglobosus, Fig. 16 ).

3°. La forme turbinée, ou présentant la figure d’une toupie à jouer (éurbinatus où turbinato-campanulatus , Fig. 17 ).

4°. La forme d’un vase (tubus vasculiformis ), tel est le tube de la rose capucine ( Fig. 18 ).

5°. La forme d’un navet (rapiformis). Dans ce tube, la partie supérieure est arrondie et la base comprimée ( Fig. 19).

6°. Celle d’une poire (t#ubus pyriformis ). Cette figure rentre dans la précédente; mais la partie inférieure du tube est plus comprimée et plus allongée.

7°. La forme d’un dé à coudre ( tubus digitarius ). Dans cette figure le tube est arrondi à la base et évasé au sommet. Ex. : beaucoup de variétés du Rosa alba ( Fig. 20 ).

8°. La forme d’une bouteille antique. Ex. : Rosa alpina lagenaria ( Fig. 21 ).

9°. La forme ovée (zubus ovatus, Fig. 22 ). Celle-ci offre à

peu près la figure d’un œuf. Les expressions, fube ovale, que

des botanistes ont employées pour exprimer la figure ovée de

BAATANN\

dar

cet organe sont impropres. Ovale ne peut s'appliquer qu'à une surface plane.

10°. La forme elliptique (bus ellipticus Fig. 23), qui représente à peu près une ellipse.

11°. La forme d’un fuseau (tubus fusiformis, tubus turgidus, Fig. 34). Ce tube est renflé au milieu ét aminci aux deux extrémités, comme celui du Rosa damascena.

12°. La forme d’un entonnoir (tubus infundibuliformis, Fig. 25). Ici, le tube est confondu dans le pédoncule, dont il fait la continuation, Ex. : Rosa bifera : C’est le dernier état de génération des tubes.

La préposition sub sert encore ici à modifier l’idée qu'on veut donner des tubes, Ainsi, ubus subellipticus désigne une figure à peu près elliptique, mais qui ne remplit pas toutes les conditions d’une ellipse parfaite.

Des bractées environnent, dans quelques espèces, le tube du calice (tubus bracteatus). Celui du Rosa bracteata en est presque entièrement recouvert. Le Rosa clinophylla offre aussi, quoique moins constamment, le même phénomène. D’autres tubes sont enveloppés de poils longs et frisés, qui ressemblent à de la mousse (#ubé muscosi), comme on peut le voir dans les rosiers mousseux ; d’autres sont munis de soies très longues, etc.

B. Découpures du calice. Le tube du calice se divise en son limbe, ainsi que nous l'avons dit, en cinq découpures où Janières (/aciniæ calycinæ , Fig. 14, B), que des auteurs ont nommées indifféremment, où lobes , où divisions du calice, ou divisions du limbe , ou bien sépales. Nous avons quelquefois dit, d’après des autorités respectables, que, dans certains TOSIErs , ces découpures étaient pinnatifides, où munies de pininules ; mais ces termes n’ont été employés, dans ces occasions , que par exception ; car les botanistes ne s’en servent, en général, que pour désigner les pièces qui concourent à former l’ensemble des feuilles composées.

Il n'est pas rare de rencontrer, surtout dans les rosiers qui fleurissent au premier printemps, ces appendices très dilatés et

allongés. On dit alors qu'ils sont foliacés ; mais ces accidens sont fugitifs dans presque tous ces arbrisseaux, et l’on a pu remarquer que cette espèce de luxe dans les divisions du limbe a toujours lieu aux dépens du tube du calice, qui devient alors presque nul.

On est cependant parvenu à fixer, par la greffe, la variété du rosier à cent feuilles, connue sous le nom de rosier centifolia foliacea ; et nous pensons que, par le même procédé, on pourrait également fixer tous les accidens du même genre.

Au surplus, les divisions du limbe, comme le tube du calice, se présentent dans les diverses espèces et variétés, glabres ou velues, couvertes en tout ou en partie de glandes, ou de soies, ou de poils plus ou moins longs, plus ou moins rapprochés entre eux; enfin, on y trouve tous les organes accessoires annexés aux feuilles, aux tiges ou à d’autres parties du rosier dont nous avons eu l’occasion de parler, ou dont nous donnerons les détails par la suite.

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