‹ Les roses, Tome IIChapitre 77 sur 125 · US · texte numérisé non relu

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DAMASCENA CELSIANA PROLIFERA. ROSIER DE CELS (fleurs proliferes}s

ROSA DAMASCENA CELSIANA

(VAR. PROLIFERA ).

Rosa bifera prolifera. L. Philosophia, Bot. éd. 3, p. 85.

ROSIER DE CELS

(VARIÉTÉ A FLEURS PROLIFÈRES ).

DESCRIPTION

Ux rosier de Cets, venu de graine dans un lieu destiné à l’entassement de terreau et d’autres engrais, a donné des roses très pleines, qui sont devenues prolifères et frondeuses. Quoique ces jeux de la nature ne puissent véritablement pas constituer des variétés, puisqu'on les voit naître et disparaître, même après que l’on a employé le procédé de la greffe pour tâcher de les perpétuer, cependant nous avons cru faire plaisir à nos lecteurs en leur présentant, quelquefois dans le cours de notre ouvrage, l’image de ce phénomène, qu’ils pourront rencontrer encore, notamment parmi les roses du groupe de Provins, ou galliques, rosæ gallicæ.

L’arbrisseau sur lequel nous avons pris notre modèle s'élève à la hauteur de trois pieds ou environ. Ses branches, armées d’aiguillons courts et inégaux, les folioles, le pétiole, les stipules, et autres organes, sont les mêmes que ceux du rosier de CeLs : il ne s’en distingue que par les fleurs prolifères. La première est portée par un pédoncule très long, et qui n’est autre chose aussi que la tige continuée; la seconde est supportée par un pédon-

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cule plus court, qui part du centre de la première fleur. Au sommet de ces pédoncules, et près des tubes du calice, un peu au-dessus des bractées, on remarque quelques folioles avortées qui affectent diverses formes. On

conçoit bien que, dans cet écart de la nature, les organes

sexuels ont entièrement disparu, ou que du moins ils ont été tellement déformés, qu’ils sont presque méconnaissables. La corolle se ressent de ce désordre général ; cependant elle est presque aussi odorante que celle du R. Damascena Celsiana.

Observations sur les roses prolifères.

Suivant les botanistes , la prolifération dans les fleurs du rosier est un phénomène occasionné par une culture trop assidue, ou par une surabondance d’engrais, ou bien par la qualité du sol; mais il est aujourd’hui reconnu que des rosiers produisent de telles fleurs indépendamment de ces circonstances, et que les roses deviennent prolifères par la plénitude élevée au plus haut degré, dans quelque terrain qu’elles soient cultivées. On remarque en effet assez souvent la prolifération dans les roses qui deviennent ordinairement très pleines, telles que les 4gathes, les Provins, etc. Elle est plus rare dans les autres roses qui ne sont pas de ce groupe.

LinNé, qui avait une grande aversion pour les fleurs luxuriantes, vraisemblablement parce qu’elles contrariaient son système , disait que ces fleurs étaient des monstres , et que les prolifères ne faisaient qu’ajouter à la difformité des fleurs monstrueuses. :Proliferi monstrosorum agunt deformationem. ( Phil. Bot., p. 98.)

Les roses prolifères sont en général portées sur des pédoncules nus; mais parfois, et telle est la rose dont nous donnons la figure, ces pédoncules sont accompagnés de feuilles : on les

appelle alors proliféres frondeuses ou à feuilles. Cette singularité qui distingue cette plante de la prolifère qui n’a que des fleurs, était autrefois assez rare. A l’époque où Linxé écrivait, il ne l'avait encore observée que dans le rosier, l’'anémone et dans un très petit nombre d'individus; mais aujourd’hui, que les efforts des jardiniers tendent tout particuliérement à obtenir des fleurs multiples, ce phénomène est bien plus commun.

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