‹ Les roses, Tome IIChapitre 85 sur 125 · ROSIER DE VAN EDEN · texte numérisé non relu

ROSIER DE VAN EDEN

DESCRIPTION

MAGNIFIQUE variété du rosier de Provins, obtenue de semis par Van Epen, habile pépiniériste à Harlem, et dont il a décoré, en 1810, les beaux jardins de la Malmaison.

Les rameaux de cet arbuste rampent sur la terre comme les tiges du R. A4rvensis de nos forêts, toutefois sans s'étendre au-delà d’un pied ou deux, et sans que ces rameaux reproduisent, comme ceux de l4rvensis, de nouvelles racines qui les rattachent au sol. Les branches principales sont armées d’aiguillons inégaux, assez nombreux et presque droits : les rameaux florifères n’en présentent qu’un petit nombre. Les folioles sont ovales-oblongues, arrondies à la base, pointues au sommet, vertes en dessus, légèrement tomenteuses en dessous, et doublement dentées. Le pétiole qui les supporte est velu, garni de très petits aiguillons droits, et muni de stipules un peu denticulées et glanduleuses en leur bord. Les pédoncules sont également velus, hérissés de pareils aiguillons : le tube du calice est arrondi. Les divisions du limbe, courtes, pointues . au sommet, très entières, sont velues intérieurement, Toxe II.

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et, comme le tube lui-même, un peu hispides à l’extérieur. Les fleurs, disposées par trois ou quatre à l’extrémité des ramuscules qui sortent des branches princi-

ales, sont composées de trois, quatre, cinq rangs de P , ? , «

pétales, de grandeur moyenne, d’un pourpre très vif, au moment de l'épanouissement : ces pétales donnent, par les différentes directions du jour , un reflet violet et comme velouté, d’un effet admirable ; effet encore augmenté par les étamines dorées qu’on aperçoit au centre de la fleur. Les styles sont velus et presque réunis en

faisceau.

Observations particulières à ce rosier.

Les couleurs manquent à la peinture pour rendre fidèlement les nuances qu'on remarque dans la fleur de cet arbuste, et le dessin joint à notre description ne les représente que faiblement, quoique le peintre ait employé toutes les ressources de son art. Il en est ainsi de la plupart des variétés qui dérivent du Rosa Gallica, dont le nombre, d’après les catalogues des pépiniéristes de la France et des Pays-Bas, s'élève aujourd’hui à près de cinq cents, dans les fleurs desquelles on retrouve une grande partie de la série des teintes de la table des couleurs de Newrow. On doit sentir que le peintre ne peut pas plus que le botaniste offrir aux yeux ou exprimer de telles différences, quoique chacun de ces individus puisse être, pour un œil exercé, l’objet d’une sensation particulière.

Après la mort de Josérmine, ce beau rosier a disparu de la Malmaison; mais nous ignorons dans quel lieu il a été transporté. On le trouve greffé dans un grand nombre de jardins d'amateurs, et notamment dans celui de Fleury : on conçoit que, dans cet état, il a perdu son caractère de variété à tiges couchées et presque rampantes, c’est-à-dire son principal mérite aux yeux des botanistes. Au reste, la greffe n’a point

altéré la beauté de la rose; peut-être même a-t-elle ajouté à son volume et à l'éclat de ses couleurs. Comme toutes les fleurs de Provins, pourpres ou violettes, ses pétales, en finissant, prennent une teinte noire générale, qui n’est que le prélude de leur chute et l'effet de l’absence de la circulation de la sève. On sait que c’est cette circonstance qui donne lieu à la supposition des roses noires.

Plusieurs amateurs possèdent franc-de-pied cet arbuste qui, dans son état naturel, n’exige aucun soin. C’est en abandonnant ce Rosier à lui-même, qu’on en obtenait de magnifiques fleurs à la Malmaison, et c’est ce que pratique encore aujourd’hui Vax Evex dans ses belles pépinières de Harlem.

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