‹ Les roueries de l'ingénueChapitre 7 sur 19 · MARIA, OLIVIER, RENÉ · texte numérisé non relu

MARIA, OLIVIER, RENÉ

MAillA, passant à Olivier un des feuillets du manuscrit qu'elle ^rave, et lui en indiquant du doi^t un passage.

Est-ce qu'il n'y a pas tine faute d'harmonie à cet endroit ?

OLIVIER, regardant.

Sol, sol, mi, ré, — fa dièze, — mais non ! — fa naturel.

Faut-il corriger?

MAUIA

OLIVIER, à René.

Dites-moi, René, lorsque vous trouvez dans les pièces de théâtre que vous copiez, une faute grossière, est-ce que vous la corrigez?

RENÉ

C'est selon : si la pièce est d'un homme de talent, je corrige la faute, convaincu que je répare une erreur involontaire; si la pièce est sans valeur, je copie fidèlement.

OLIVIER

Pourquoi ?

RENÉ, en riant.

Parce que plusieurs fois j';ii été réprimandé pour m'être permis d'altérer le texte.

OLIVIER, à Maria.

Tu entends, ma fille ? eh bien, profite du rcnseignement.

René et Olivier se remettent à travailler. Maria continue sa gravure; au bout d'un instant, elle fait nn mouvement et jclle un petit cri.

OLIVIER, se retournant.

Eh bien, qtfy a-t-il?

MARIA

Ah ! tant pis, j'ai altéré le texte !

OLIVIER

Va donc te reposer, il est au moins quatre

heures du matin !

MARIA

Je voudrais finir cette planche, je n'en ai plus que pour une minute.

OLIVIER, se penchant vers René. *^

C'est de la procédure que vous copiez là ; cela doit bien vous ennuyer.

RENÉ

J'ai fait cette besogne comme une machine, et, vous le savez, les machines n'éprouvent pas l'impression.

OLIVIER

Et quand vous remettez-vous à travailler

pour vous?

RENÉ Bientôt, je l'espère. (Montrant ses mains.) Voici

quinze jours que ceci fonctionne pour as^ surer la liberté de cela, (n se frappc*ic front.) Dès que je pourrai laisser l'outil, je reprendrai l'instrument.

31 ARIA, se Içvant et serrant son travail dans le tiroir de la

Uble.

J^ai fini, je vais me coucher. Bonsoir, Olivier.

(Elle s'approche de lui et l'embrasse. — A René'.) BoUSOir, mon-

sieur René.

RENÉ, lui donnant la main.

Bonne nuit, Maria.

OLIVIER, à Maria.

En t'en allant, mets donc une bûche dans le poêle.

MARIA, mettant une bûche dans le poêle, et montrant la ^ cheminée avec un accent de regret.

C'était bien plus gai, la cheminée !

OLIVIER, se levant et allant la conduire.

Oui, ma pauvre Maria, mais c'était plus cher !

RENÉ

Et VOUS savez que nous sommes obligés de compter.

Olivier a reconduit Maria vers la porte du fond, il lui parle bas et l'embrasse encore une fois. — Quand elle est sortie, il revient s'asseoir à sa place et reste un moment silencieux, la lete entre ses mains. René, qui a cessé de travailler, Tob serve.

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