‹ Les roueries de l'ingénueChapitre 9 sur 19 · SCÈNE Ht · texte numérisé non relu

SCÈNE Ht

RENÉ, seul, allant coRer son oreille au mur.

Elle dort, elle n^a pas entendu. Depuis quelque temps cet air de son pays semble la poursuivre partout, comme pour exciter ses regrets.

(R fouille dans ses papiers et en tire un manuscrit qu'il relit à demivoix.)

Au pays regretté par Mignon tu naquis,

Et, pareiRe à Mignon, tu regrettes et pleures,

Sous le ciel étranger, le ciel de ton pays.

Rien ne peut te distraire, et tu passes les heures- A regarder mourir un arbuste apporté Du sol où Toranger fleurit toute Tannée.

Dans le terrain d'exil, avec toi transplanté, Vois, son feuillage est pâle et sa fleur est fanée. Tu n*as plus de sourire, il n*a plus de parfums.

Pour que l'arbre renaisse et de nouveau fournisse Sa moisson odorante à tes beaux cheveux bruns, Pour que l'ennui s'efface ii ton front pur qu'il plisse,

11 vous faut il tous deux le soleil du pays, Regretté par Mignon, quand aux cieux elle aspire, Et l'arbre aura des fleurs, et ton front le sourire Qu'un peintre au nom d'archange a tant cherché jadis.

Pauvre fille! il n'y a que moi qui ai deviné

son mal! (S'apcrccvant que la lampe commence à s'élcinlro, il s«» lève 'et remet de l'huile.) AlIonS, brÛlC enCOPO, HIO-

deste clarté des veillées laborieuses; ce n'est

pas pour rien, en se remet » travailler, et an bout de iiuclincs instants, il est interrompu par un bruit de pas dans le roni i.>i'.)

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