DE LA MÊME A LA MÊME
« Ce que tu avais prévu est arrivé; la mauvaise femme, voyant qu'Henri la dédaignait, a renvoyé le
{»or trait avec une lettre infâme. Si tu avais vu la coère de M. Desprez, il t'aurait fait peur. Dalberg, lui qui est si brave, tremblait comme la feuille; mon père lui a dit de ne jamais se représenter chez hii ; — quel malheur ! au moment où nous allions nous marier, car tout était convenu ; — il faudra bien longtemps pour faire revenir mon ^re à des sentiments plus doux. Dans ma douleur, j'ai éprouvé un plaisir :
c*est de penser qu'Henri m'aime toujours ; autrement , celte demoiselle ne m'aurait pas joué ce tour indigne.
a Maintenant qu'il ne pourra plus venir à la maison, il va bien s ennuyer; Rulolph le fera jouer et l'emmènera à ces vilains soupers d où Ton ne sort que (juand les honnêtes gens déjeunent; tu dis que cette Aminé est jolie, est-ce possible avec une âme si laide? Veille bien sur Henri. Fais en sorte de le trouver souvent avec lui, ce sera un peu comme s'il était avec moi, car nous ayons été trop unies pour qu'il ne reste pas beaucoup de Tune à Tautre.
a fPai dit nettement h mon pore que je n'aurais jamais d'autre mari que Dalberg. Il m a répondu que je parlais comme une petite sotte qui ne savait rien des choses du monde. Car il ne me croit pas, à beaucoup près, si bien renseignée. »