‹ Les roués innocentsChapitre 2 sur 5 · CALIXTE A FLORENCE · texte numérisé non relu

CALIXTE A FLORENCE

« On lui a pris mon portrait, dis- tu, — une mauvaise femme bien effrontée 11 dormait, car il

n*est pas accoutumé à veiller si tard, ce pauvre Henri... Tu crains que je n'aie été reconnue. Par qui? Ce n'est pas possible. Je ne connais personne à Paris, et surtout parmi ces gens-là Gomme il doit être contrarié! il j tenait tant à ce portrait!... c'était cependant pour toi que je l'avais peint. — On le lui rendra sans doute bientôt, car on n en peut rien faire. — Il voit donc beaucoup toujours ce M. Rudolph, que je déleste et que je me représente comme le Méphistophélès des illustrations de Faust. Tâche de l'en empêcher, si tu peux. — Quel plaisir les hommes peuvent-ils donc trouver à fumer, à boire et à jouer toute la nuit? Je suis sâre de Palberg, mais je serai bien contente le jour où nous retournerons à C***. »

DE LA MÊME A iA MÊME.

c Ce que tu avais prévu est arrivé; la mauvaise femme, voyant qu'Benri la dédaignait, a renvoyé le portrait avec une lettre infâme. Si tu avais vu ta colère de M. Desprez, il t'aurait fait peur. Dalberg, lui qui est si brave, tremblait comme la feuille; mon père lui a dit de ne jamais se représenter chez lui ; — quel malheur! au moment où nous allions nous marier, car tout était convenu ; — il faudra bien longtemps pour faire revenir mon ]^re à des sentiments plus doux. Dans ma douleur, j'ai éprouvé un plaisir :

c*est de penser qu^Uenri m'aime toujomrs ; autrement, cette demoiselle ne m'aurait pas joué ce tour indigne.

<r Maintenant qu'il ne pourra plus venir à la maison, ii va bien s'ennuyer; Rudolph le fera jouer et l'emmènera à ces vilains soupers d où Ton ne sort que quand les honnêtes gens déjeunent ; tu dis que cette Aminé est jolie, est>ce possible avec une âme si laide? Veille bien sur Henri. Fais en sorte de te trouver souvçnt avec lui, ce sera un peu comme s'il était avec moi, car nous avons été trop unies pour qu'il ne resté pas beaucoup de Tune à Tautre.

« J*ai dit nettement à mon père que je n'aurais jamais d'autre mari que Dalberg. Il m a répondu que je parlais comme une petite sotte qui ne savait rien des choses du monde. Car il ne me croit pas, à beaucoup près, si bien renseignée. »

« Je suis allée hier à l'Opéi-a avec mon père etM. Rudolph, qui vient très-souvent chez nous maintenant, car il me fait la cour et veut m'épouser. C'est lui qui aura dit mon nom à cette méchante Aminé et a machiné avec elle toute cette odieuse intrigue. Je me suis souvenue, en le voyant, qu'il avait eu autrefois quelques rapports avec mon père. Dalberg était en face de nous dans une baignoire avec cette fille; j'aurais voulu la trouver laide. Mais tu as raison, elle est jolie... très jolie, — et doit être dangereuse : il &ut

empêcher Dalberg de la voir Si tu savais quels

yeux Henri a faits à Rudolph sur l'escalier... Us vont se battre, bien si!tr. Pourvu qu'Henri ne soit pas blessé ou tué ! Trouve quelque moyen d'arranger cela, ma bonne Florence. . . préviens la police, effraye Rudolph, . mais surtout détourne Henri cT Aminé, dusses-tu pour

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cola fuire un peu la coquette; je te donne carte blanche, et je me fie à toi complètement. »

(^onune vous Tavez pu voir, Florence s'était conformée aux intentions de son amie avec un dévouement et une abnégation rares. — C'était elle qui avait essayé de faire griser par ses domestiques le laquais d'Aminé, pour lui reprendre le médaillon; qui avait envoyé à Rudolph la lettre mystérieuse à laquelle Dalberg devait la vie ; pour servir son amie, elle s'était faite la rivale dWminc, et Dalberg, retiré par elle des désordres vulgaires où son désespoir Veut poussé, arrivait au dénoûment pur de toute faute.

Quand le premier étonnement causé à Dalberg par la disparition de Florence fut passé, Tidée du mariage de €alixte avec Rudolph se représenta à son esprit avec plus de force que jamais... et à la poignante douleur qu'elle lui causait il sentit qu'il serait incapable de survivre à une telle catastrophe.

Il courut comme un fou chez M. Desprez pour le supplier de lui pardonner et de revenir sur cette résolution fatale, décidé à se traîner à genoux, à descendre aux plus lâches prières; M. Desjprez était sorti, ou ne voulut pas le recevoir. Henri erra plus d'une heure devant la porte, espérant que Vex-notaire rentrerait ou sortirait. Il passa plus de deux cents fois sous la fenêtre de Galixte. tâchant de la deviner sous la transparence du rideau; rien ne bougeait.

Il n'y avait pourtant plus de temps à perdre pour obtenir cette explication suprême, car le contrat devait se signer le lendemain.

Harassé de fatigue morale et physique, il prit une voiture, s'en retourna à la maison des Chamçs-Elysées, et se jeta sur un divan dans un état ae prostration complète.

II était plus malheureux que jamais; Calixte allait

être irrévocablement perdue pour lui, et il n'avait plus Florence.

Des deux anges de sa vie, il ne lui en restait pas un. Le démon triomphait.

11 resta ainsi bien longtemps, la tète entre ses deux m^ins, étourdi par les mille projets extravagants qui bourdonnaient confusément dans son cerveau.

La nuit était venue, et quand on apporta les bougies, il aperçut un paquet assez volumineux dépose sur la table, et que dans sa préoccupation il n'avait pas d*abord remarqué.

Il déchira Tenveloppe et trouva d'abord un billet qu'il reconnut aussitôt pour être de l'écriture de Florence, puis une lettre chargée. Le billet contenait ces

« Mon cher Henri,

« Vous n'aurez qu'à vous présenter demain chez M. Desprez, à l'heure de la signature du contrat ; — habillé de noir, ganté de blanc, en tenue de marie; Galixte sait que vous devez venir ; elle vous attend ; elle vous aime et vous nardonne... des fautes que vous n'avez pas commisL's d ailleurs... Rudolph ne viendra pas... j'en ai la certitude. Vous donnerez à M. Desprez le pli ci joint et vous le verrez immédiatement changer d'avis sur ce précieux baron dont il était tellement engoué. — Faites ce que je dis, vous pouvez vous fier à moi. Dans le cabinet de laoue rouge vous trouverez les diamants, les parures et les bijoux dont vous m'avez fait présent. La corbeille de mariage est toute prête.*»

Henri croyait rêver, et il regardait d'un air machinal cette enveloppe, au milieu de laqueUe s'épatait dans un énorme disque de cire le blason compliqué d'une chancellerie étrangère.

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Son sort était enfermé dans ce carré de papier gris.

M. Desprez était radieux; il avait mis dès Taurorc l une énorme cravate blanche très- empesée, sur la- * quelle la chair de sa figure, un peu amollie par 1 âge, débordait en plis rougeâtres ; son habit, d un très-beau drap et d*un noir magnifique, avait une ampleur cossue qui sentait son homme éligible; une grosse chaîne allait de Touverture de son gilet à sa poche, et dans ses doigts badinait une tabatière d'or. — M. Desprez, ainsi fait, était Tidéal du beau-père, , et le gendre le plus difficile n'eût pu en rêver un plus ; convenable.

11 allait et venait, repoussant du pied les fiauteuils qui n'étaient pas bien symétriquement à leur place, regardant par la croisée à chaque minute, ^oiqu'ii ne fût pas encore l'heure marquée {jour la signature du contrat, et tambourinant sur les vitres des marches triomphales.

Le contentement lui rayonnait de tous les pores, car il faut bien ici dévoiler cette faiblesse de l'honnête M. Desprez: — il était singnUèrement flatté de voir sa fille épouser un baron... L'idée que les panneaux de la voiture de Galixte pourraient désormais porter le cercle entouré de tortil de perles lui causait une satisfaction intime. Cependant M. Desprez faisait profession de sentiments tioéraux, et se prétendait libre de préjugés gothiques; à la Chambre, il eût

siégé sur les bancs extrêmes du centre gauche ; explique qui voudra cette contradiction. Le blason a du charme, même pour les répubUcains, et dans presque tous les romans à tendances démocratiques, rhéroïne est une duchesse aimée par un homme du peuple.

Galixte n'était pas, à neaucoup près, aussi rayonnante que son père, et la perspective d^être appelée bientôt madame la baronne ne semblait pas exciter une joie bien vive dans son âme. .

EUe avait peu dormi, et sa figure, ennoblie par une pâleur déhcate, trahissait sous son voile d'indinérencc une certaine anxiété et comme Tattente d'un événement.

Certes, elle avait toute confiance dans le dévouement et Fadresse de son amie. — Sur sa promesse de la délivrer de Rudolph lorscju'il en serait temps, elle s'était extérieurement résignée aux volontés de son père. — Mais ne pouvait-il pas se faire que Florence se fût abusée sur rinfailUbilifé de son moyen, ou que Rudolph parvint à parer le coup qu'on lui montait ? il avait tant de ressources dans Vesprit, tant de ruses et de roueries à sa disposition, il était si expert à sortir (les situations difficiles, si fin, si déhé ? ~ M. Desprez avait en lui une confiance si aveugle ! — On conviendra qu'il j avait là bien des sujets de crainte, et que les tressadlements nerveux de Galixte étaient parfaitement justifiés.

Si ce moyen suprême manquait, elle se trouvait engagée par sa parole même, et forcée d'épouser un Jiomme pour qm elle n'avait que du mépris. — De cet instant dépendait le malheur ou le bonheur de sa vie!

Le rendez-vous était pris pour midi ; les deux aiguilles étaient rejointes et formaient une seule Ugne perpendiculaire ; les témoins étaient là : il ne manquait plus que Rudolph.

Mademoiselle Desprez se tenait à droite au bord de son fauteuil, pâle, immobile, les yeux fixés sur le ca-. dran, Toreille tendue et buvant chaque son, chaque roulement de voiture, chaque bruit cle pas qui se produisaient dans la rue.

L'aiguille marquait midi un quart. — Calixte respira, et une légère teinte rosée reparut sur ses joues.

— Est-ce que la pendule avance ? dit M. Desprez en consultant sa montre... Non... Rudolph devrait être arrivé ; mais il y a toujours le quart aheure de grâce.

Interrompu un instant par Tobservation de M. Desprez, le léger chuchotement de conversations à demivoix qui bourdonnait dans le salon reprit son cours. — M. Desprez se mit à se promener de long en large, non sans quelque impatience, car il trouvait que Rudolph ne montrait pas un empressement suffisant.

— Bah! dit-il, il se sera oublié à sa toilette. Un jour de contrat Ton ne saurait être trop beau.

Pendant cette promenade, le balancier, mêlant son tic-tac au craquement des souliers neufs de M. Des-

Î)rez, avait accompli assez d'oscillations pour amener a sonnerie à frapper Theure.

Le baron Rudolph, si exact, si {)oli, si minutieux observateur des convenances, était en retard de soixante minutes à toutes les horloges et à toutes les montres possibles.

Les témoins, visiblement décontenancés, ne savaient que faire de leurs personnes ; la face naguère si resplendissante de M. Desprez s'était considérablement rembrunie, les nuages s'amassaient sur son front. Celui de Calixte, au contraire, se rassérénait de plus en plus et se détachait lumineusement sur le fond sombre de la contrariété générale. •

— C'est inconcevable, marmottait entre ses dents l'ex-notaire, lui qui paraissait si amoureux de Ca-

lixte, si rari de son consentement, être en retard de plus d'une heure !...Ges nobles se croient tout permis ▼is-à-Tis des bourgeois ; ils sont toujours les mêmes, continua- t-il, blessé dans Torgueil de sa roture. Non. ce n*est pas possible, il faut qu'il lui soit arrivé quelque chose... une indisposition... un duel... que saisje?... Mais au moins on écrit, on s*excuse, on envoie quelqu'un , — on ne fait pas à une jeune fiancée Faffront de la laisser bayer aux corneilles devant dix personnes qui hii mangent le blanc des yeux. — Ne pas venir signer un contrat si bien fait, un chefd'ceuvre! que mon confrère, M. Désolions, a bien voulu me laisser rédiger, et qui serait admiré de tous les notaires de Pans !... C'est affreux ! c'est indinie!...

M. Desprez en était là de son monologue lorsqu'un coup violent retentit à la porte de la rue.

— Ah ! enfin, le voilà I s'écria le notaire avec une explosion de contentement.

— Mon Dieu ! lequel des deux va paraître? dit Ca- Jixte, presque étouffée par la violence de son émotion.

Et la jeune fille, incapable de se soutenir, s'appuya an dossier du fauteuil.

Le temps qui s'écoula entre ce coup de marteau et rentrée dans Tappartement de la personne qui l'avait frappé, — entrée indiquée par le tintement de In sonnette, — fit comprendre à Calixte ces hallucinations où une seconde semble durer mille ans.

La porte s'ouvrit ; — un brouillard s'étendit sur la vue de Calixte.

Un domestique s'a|)procha de M. Desprez et lui dit quelques mots à l'oreille.

M. Desprez parut fort intrigué, se gratta le derrière de l'oreille, ce qui marauait chez hii la plus haute perplexité, et suivit le aomestique après avoir prié l'assistance de l'excuser.

Qui pourrait peindre rétonnement de M. Desmez lorsque, dans la pièce voisine, il se trouva face à face avec Henri Dalberg?... Il écarquilla les doigts, ouvrit la bouche sans émettre de son, et ses prunelles s'entourèrent de blanc, signe de stupeur, s'il faut en croire les cahiers d'expressions dessinés par Charles Lebrun.

— Gomment! vous ici, mauvais garnement! vous venez faire quelque scène inconvenante , dit enfin Tex-notaire un peu revenu à lui, troubler une cérémonie respectable !

— Monsieur Desprez, répondit Dalberg avec la plus extrême politesse, je crois que vous vous méprenez sur mes intentions : quel que soit mon chagrin d'être banni de la présence de mademoiselle votre fille sans l'avoir mérité, je la respecte trop pour me livrer à aucune démonstration qui pourrait la compromettre ; la douleur de n'être pas votre gendre ne me fera jamais oublier les devoirs d'un homme de bonne compagnie que je n'ai pas cessé d'être, malgré les préventions que vous avez conçues contre moi. — Ce n'est pas pour cela que je viens. Daignez prendre connaissance de cette lettre.

Dalberg tendit à M. Desprez une enveloppe toute chamarrée de timbres, tigrée de visas, au milieu de laquelle s'arrondissait un de ces prodigieux cachets, triomphe des chancelleries.

— Je lirai cela plus tard, dit M . Desprez en faisant mine de plonger la lettre dans une de ses poches, et je vous rendrai réponse plus tard.

Henri fit un signe de dénégation, marquant qu'il voulait sa réponse tout de suite.

— Vous sentez, mon cher, continua M.- Desprez en faisant quelques pas du côté de la porte comme pour indiquer la sortie au jeune homme, qu'après ce qui

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s'est passé, une rencontre ici. entre tous et Ruilolph, serait évidenunent désagréable.

~ N'ayez aucune crainte de ce côté, monsieur Desprez, répondit Dalberg d'une voix ferme, Rudolph ne viendra pas, ou je me trompe fort.

— Gomment! que dites- vous? s'écria Tex-notaire; Rudolph ne pas venir ! c'est de la folie !

— Nullement; prenez connaissance de la lettre que je vous apporte, et cela vous paraîtra fort raisonnable.

M. Desprez rompit le cachet d'une main tremblante, et tira de l'enveloppe quelques papiers dont la lecture rapide le fit changer plusieurs fois de couleur et pousser des exclamations entrecoupées.

— Quelle horreur', quelle infamie! qui aurait jamais cru cela? Fiez- vous donc aux sens... C'est (|u'il n'y a pas moyen d'en douter î Ah ! ndoncî ot moi qui ai donné la main à cet homme-là ! dit le brave notaire en faisant le geste de s'essuyer.

— Êtes-Tous toujours décidé à donner mademoiselle votre fille au baron Rudolph? dit Henri, qui avait regagné du terrain et se trouvait au milieu de la pièce.

— Moi , jamais de la vie. — Donner ma fille à ce Rudolph, un espion ! j'aimerais mieux un voleur !

— Et même un honnête garçon? dit Henri en poussant M. Desprez vers la porte du salon où se tenaient les témoms.

M. Desprez parut réfléchir.

— Qui adore Galixte, qui au lieu d'avoir perdu les vingt-cinq mille livres de rente qu'il possédait en a mamtenant trente bien assurées?

La méditation de M. Desprez devint plus intense, et il mit la main sur le l)outon de cuivre de la porte.

— Sans compter un joli hôtel, entre cour et jar-

din , délicieusement meublé , qui conviendrait admirablement à un jeune ménage?

M. Desprez donna un tour au bec de cane et entr*ouvrit le battant.

— Vous attendiez un gendre, il ne vient pas; voulezvous que je le remplace... à tout hasard, bien qu'il soit de bonne heure? Je me suis mis en habit noir, j'ai le costume de la circonstance.

— C'est vrai, il a une cravate blanche, dit. M. Desprez tout à fait convaincu.

Et il reieta le battant de la porte avec fracas. Henri s arrêta incertain sur le seuil.

— Messieurs, dit M. Desprez d'une voix éclatante, je vous présente M. HennDalberg, mon gendre... au contrat auquel vous allez signer.

— Je vous l'avais bien dit , mon père , murmura tout bas Galixte, que je n'aurais jamais d'autre époux que Dalberg!

L'explication que donna M. Desprez de cette substitution inattenclue d'un gendre à un autre, quoique passablement embrouillée , fut acceptée sans conteste par tout le monde, car Henri Dalberg était généralement aimé , et la société de M. Desprez n'avait pas vu avec plaisir Rudolph fréquenter celte maison.

Nous ne ferons pas à nos lecteurs l'injure de leur expUquer une Florence avait appris, pendant ses relations avec M. de Turqheim, le métier infâme que faisait Rudolph, espion de la cour étrangère dont M. de Turqheim était le représentant ; les preuves écrites de cette turpitude étaient contenues dans la lettre remise à M. Desprez par Dalberg. Rudolph, menacé de voir publier ces terribles documents , avait quitté la France.

Dans le courant de cette heureuse journée , Galixtc reçut une lettre dont la suscription portait : « Â madame Dalberg. t Pendant qu'elle la Usait, son sein se

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guiitlait, (les larmes d'attendrissement coulaient de ses yeui. « Bonne Florence ! jd dit-elle tout bas en serrant précieusement le papier dans son corsage.

Les cérémonies nuptiales sont assez généralement connues pour (ju'il ne soit pas urgent de foire une description détaillée des noces de Calixte et de Dalberg. Ils sont heureux et mariés ; nous n*ayons plus le droit de nous occuper d'eux.

Disons seulement quau bout de quelques mois, Dalberg , en ouvrant par mégarde un tiroir dans la chambre de CaUxte pour cherâier quelque chose qu'il avait serré ailleurs , trouva une lettre dont récriture ressemblait à celle de Florence. 11 n'y lut que cette phrase : « Adieu, Calixte, je pars pour l'Amérique... J'aime ton mari... Plains-moi... »

— Les Orientaux sont décidément des peuples plus sages que nous, dit Dalberg en étouffant un soupir

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