‹ Les roués sans le savoir (volume 2)Chapitre 31 sur 53 · LUCIE S)E GRÉNEY A EDMÉE DE SAINT^-AURE · texte numérisé non relu

LUCIE S)E GRÉNEY A EDMÉE DE SAINT^-AURE

« Paris, septembre.

Je te réponds à la hâte , ma inignonne. Je suis dans les apprêts d'un grand dîner que je donne à des protecteurs tout-puissants de M. de Créney. Tu sauras cela un jour, quand tu auras de Tambition.

Rassure ton aimable conscience. Je n'avais pas cru un seul petit mot de tout le mal que tu m'avais débité sur le compte de M. Yalentin de Rianval. Je le tenais déjà, avant ta lettre, pour un gentilhomme fort accompli; juge si je vais changer d'opinion maintenant! N'aie

donc pas de remords.

Je crois que tu as grand tort de vouloir différer jusqu'au printemps un mariage qui s'annonce sous de si heureux auspices. Prenez garde, coquette 1 vouloir res-

ter ûUe six mois de plus que ne le veut le bon Dieu, c'est presque un péché : Theure du devoir ne doit jamais être relardée.

Quel est donc ce mystère dont tu me parles? un enfantillage sans doute. Je n'ai point d'inquiétude. D'ailleurs, M"»® Duchemin est là; mais je ne vois pas trop, sournoise y quçl besoin tu as d^ajouter le plaisir de petites cachotteries au bonheur grave et sérieux que Dieu t'envoie. Songes-y bien, mon ange, on ne se prépare pas au mariage en jouant à cache-cache. Il est bien entendu encore une fois que je ne suis pas inquiète. Je te sais trop bien gardée, et j'estime trop M. Valentin pour te faire douter de lui.

Au revoir, ma chère Edmée ; écris-moi pendant que tu es encore demoiselle. Sache que quand tu seras mariée, tu n'auras plus le temps de te fatiguer le poignet à manier la plume; ceci soit dit simplement pour m'excuser.

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