‹ Les rouges et les blancsChapitre 25 sur 109 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

M. Berryer... Peste, ne nous faisons pas d'affaire avec la Chambre.

DERMONGOURT.

Un avocat! Il ne nous manquait plus que cela! Des paysans comme armée, des femmes, des avocats pour chefs, voilà ce qu'on nous donne à combattre ! Chienne de guerre !

DUVAL

Monsieur Berryer^ je fais courir après vous^ depuis hier matin. Vous ne nierez pas, cette fois, vos intelligences avec madame la duchesse de Berry ?

Mais, monsieur, j'attends que vous me les prouviez...

DUVAL

Pourquoi êtes- vous ici?

BERRYER

J'y suis pour conférer avez M. Tréadec, au sujet d'un procès qu'il veut engager et sur lequel il m'a demandé mon avis. Je revenais de Quimper, où j'ai plaidé, ainsi que vous le savez, la semaine derniôre. L'exercice de ma profession est-il un crime ?

DUVAL

Ce qui est un crime, c'est de prêter assistance aux ennemis de l'Etat. Vous conspirez, monsieur, contre le Roi.

BERRYER

M. le duc d'Orléans, il y a deux ans, ne conspirait-il pas aussi contre le roi? Et au moins, ce roi-là, il était légitime !

DUVAL

Vous deviez rencontrer madame la duchesse de Berry, qui est ici depuis hier soir.

Chez moi? Ah ! M. le Préfet, j'espère que vous allez nous la faire voir. Je serai ravi de lui présenter mes hommages.

DUVAL

Monsieur, vous vous moquez de moi !

Que voulez-vous donc que je fasse? On traite les gens suivant leur mérite, monsieur Duval. Quand vous étiez préfet à Grenoble, on faisait des émeutes contre vous, maintenant que vous êtes préfet à Nantes, on vous y donne des charivaris. Là-bas, on vous jugeait odieux, ici, on ne vous trouve que ridicule!

DUVAL

Monsieur !

YAN

Mais patience! Quand vous aurez forcé quelques maisons tranquilles, tourmenté quelques habitants paisibles, on se mettra vite au diapason : on vous haïra. Et, prenez-y garde, monsieur, on est entêté en Bretagne : quand on y aime ou quand on y exècre, c'est pour longtemps.

DUVAL, furieux.

Ah ! monsieur, voilà des insolences qu'il faudra qu'on me paie.

BERRYER

Trêve à tout ceci, monsieur. J'attends pour savoir ce que vous déciderez de moi. Je n'ai pas de temps à perdre.

DUVAL, à Yan.

Monsieur, souhaitez que je n'aie pas à vous accuser I

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