‹ Les rouges et les blancsChapitre 33 sur 109 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, DU VAL.

DUVAL

Vous voilà de retour, général?

DERMONCOURT

Oui, monsieur le Préfet. Et je vous ramène votre agent que j'ai trouvé séchant au bivac de mes dragons...

DUVAL

Vous vous êtes donc sauvé à la nage, monsieur Renaison? Car je ne suppose pas que vous ayez été jeté à l'eau par les rebelles...

42 LES rouPtEs et les blancs

RENAISON.

Ma foi non, ils s'y seraient plutôt jetés pour me rattraper.

DUVAL

Ils vous entraînaient, au moment où le général est entré de vive force dans cette métairie?...

RENAISON.

Le comte de Kerléan, celui qu'ils appellent Branche d'or, le plus redoutable de tous, m'avait confié à deux gars déterminés ot nous dévalions grand train vers la rivière. L'arrière-garde s'arrêtait tous les cent pas, derrière les talus et les haies pour canarder vos fantassins. Ils ont dû vous faire du mal, car ils ne tiraient que le genou en terre, et, je le crains bien, à coup STir...

Si nous avions seulement dix tireurs comme ces gueux-là, par compagnie, notre infanterie serait sans rivale. Ah! oui. fameux soldats! Le malheur c'est qu'ils ne veulent pas servir !

RENAISON.

Arrivés au bord de la rivière, ils se mirent dans l'eau jusqu'aux épaules et me passèrent au-dessus de leurs têtes, de mains en mains, comme un paquet.

DUVAL

Ils vous avaient lié?

RENAISON.

Les bras, pas les jambes, heureusement. Au beau milieu du courant, celui qui me tenait glissa sur une pierre. Je profitai du moment et je lui donnai une violente secousse. Il me lâcha et je tombai à l'eau... Je me laissai couler à fond et je nageai vigoureuse-

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