‹ Les rouges et les blancsChapitre 71 sur 109 · SCÈNE II YAN, seul, puis HÉLÈNE et LOUIS · texte numérisé non relu

SCÈNE II YAN, seul, puis HÉLÈNE et LOUIS

YAN, allant à l'escalier, comme pour le gravir.

Hélène!... Elle est là... avec lui !... Dans ses bras, peut-être!... Oh! Est-ce assez de la mort pour les punir?... Et ce misérable qui croit que j'hésite à frapper!... Allons... (Écoutant.) On a marché là-haut... Ce sont eux, ils viennent...

Il redescend jusqu'à la fenêtre à droite et se trouve caché par le rideau. — La porte en haut de l'escalier s'ouvre. Hélène, un flambeau à la main, descend la première, puis Louis. Hélène place le flambeau sur la table, elle se tourne vers la porto et aperçoit son mari qui s'est avancé.

HÉLÈNE, épouvantée.

Yan! Grapd Dieu! (Elle se jette devant Louis.) Fuyez, Louis, fuyez !...

YAN, la saisissant et la jetant de côté.

Misérable!

Il prend un pistolet, à sa ceinture et ajuste Louis. LOUIS, les bras croisés.

Tirez, Monsieur, vous tuerez un innocent.

YAX, abaissant son arme.

Non! je ne vous tuerai pas sans défense... Mais votre vie m'appartient et je la prendrai pour venger mon honneur!

LOUIS

Vous la prendrez, car je ne vous la disputerai pas.

mais ce ne sera pas pour ven^^er votre lionneur qui est intact.

YAN

Pensez- VOUS me trouver si crédule?

LOUIS

Et vouSj pensez- vous que je mentirais, même pour vous désarmer?

HÉLÈNE

Il dit vrai, Yan, je le jure^ il dit vrai!

YAN

Il dit vrai, et vous le jurez? Belle garantie!

LOUIS

Ah! Tuez, si vous le voulez, mais n'outragez pas!

YAN

Vous n'avez pas de conditions à m'imposer. Je dis et je fais ce que je juge devoir dire et faire. Nous avons des armes. On y voit dehors, comme en plein jour. Descendons dans le pré. Nous nous placerons à trente pas et nous marcherons l'un sur l'autre, avec le droit de tirer, de loin ou de près, quand il nous plaira... Gela vous convient- il?

LOUIS

Cela me convient, puisque vous le voulez...

YAN

Venez donc.

HÉLÈNE, se jetant devant eux.

Vous ne sortirez pas! Moi, je supporterais que vous alliez vous entretuer ? Et pourquoi ? C'est fou, Yan, je ne le veux pas !... Si vous saviez... (a Louis.) Mais répétez-lui donc, qu'il n'a rien à nous reprocher... Yan, regardez-moi, suis-je une coupable?... Oserais-

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