‹ Les rouges et les blancsChapitre 72 sur 109 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

je VOUS parler, VOUS prier seulement?... Ah ! ùcoulo mol, je vous dirai tout. Et quand vous m'aurez entendue...

LOUIS

Hélène, songez à ce que vous allez dire I

HÉLÈNE

La vérité. Oh! mon cher Yan. prenez pitié de celle que vous appeliez votre lille, et que vous aimiez avec tant de bonté et d'indulgence... Combien de fois m'avez-vous dit, depuis un an, quand vous me voyiez triste : Hélène, est-ce que vous avez un chagrin que je ne connaisse pas? Confiez-le moi... Vous savez que je compatirai à votre peine... Nous la partagerons, nous pleurerons ensemble, s'il le faut, et vous serez moins malheureuse que de pleurer toute seule... Oh I mon bon Yan, vous aviez lu dans ma pensée et dans mon cœur. Oui, j'avais une peine secrète, oui, je soutfrais toute seule, mais je ne pouvais pas vous dire pourquoi, car c'eût élé vous olïenser, et je vous respectais trop pour y jamais consentir.

YAN, sombre.

Et cette peine, vous allez me la confier, maintenant?

HÉLÈNE

Oui, puisque c'est le seul moyen que j'aie de vous fléchir... Puisque je suis placée dans cette horrible situation, ou de vous déchirer le cœur, ou de vous laisser risquer votre vie... Oh! Y'^an, avant tout, je veux que vous viviez ! Je me confesserai, je m'humilierai, je me sacrifierai, mais penser qu à cause de moi vous pourriez... Oh! cela, non! J'aimerais mieux mourir sur-le-champ !

YAN, montrant Louis.

Et c'est devant nous deux que vous allez parler?

HÉLÈNE, suppliante.

Oh ! Je voudrais bien ne parler que devant vous seul... Si vous aviez encore assez de bonté pour me croire, je vous dirais que sa présence n'ajoutera rien à votre certitude, et qu'elle ajoutera beaucoup à ma douleur... Si vous vouliez le laisser partir... Yan, vous adouciriez pour moi l'amertume de cette confession... Et je vous en serais bien reconnaissante...

YAN, grave.

Qu'il soit fait comme vous le souhaitez, Hélène.

Oh!

Elle se jette à ses genoux et lui baiso les mains. YAN.

Vous avez entendu, Monsieur... Vous êtes libre de partir...

LOUIS

C'est bien. Vous savez où je vais, vous me retrouverez facilement... (a nôiône.) Adieu, Madame, et pardonnez-moi les larmes que vous versez...

Il sort par le fond.

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