‹ Les rouges et les blancsChapitre 75 sur 109 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

pieds, en vous suppliant^ d'écarter toute pensée de haine et de vengeance... Oh! Yan, vous si noble et si généreux, entendez-moi, pardonnez-moi... Au nom de votre douleur même, ayez pitié de ma douleur!

A genoux.

YAN, il la regardé qui pleure à ses pieds, lui prend les mains, et, avec une grande douceur ".

Relève-toi, ma fille...

II la relève.

HÉLÈNE

Oh!

Elle se jette dans ses bras en sanglotant. YAN.

Ne crains rien, tu seras obéie. Je sais ce que vaut ta prière, car j'ai lu dans ton cœur. Je n'ai plus de colère, je n'ai que de la pitié pour toi. Tu demandes que je te pardonne, pauvre enfant, qui avais droit à l'amour, au bonheur, et dont on a détruit l'avenir. C'est moi qui te prie de pardonner à ma vieillesse, qui n'a su ni* se faire aimer, ni te rendre heureuse... Oh! mon enfant, je suis bien plus coupable que toi d'avoir uni mon hiver à ton printemps, et mêlé mes cheveux gris à tes cheveux blonds... Mais sois-moi indulgente, car je suis bien malheureux ! Tu es jeune, toi, tu peux encore attendre beaucoup de la vie, tandis que moi, c'est ma dernière espérance qui s'en va, la plus chère, et après elle tout est fini!

HÉLÈNE

Yan!

YAN, il la reconduit doucement vers 1 escalier.

Va, mon enfant, rentre chez toi... Sois rassurée... sois calme...

HÉLÈNE, avant do monta*.

Mais vous ?

108 LES ROUCES ET LES RLANCS

YAN

Cet liomuie qui t';i livrée est là. 11 lu'altend... il faut que je règle mes comptes avec lui...

HÉLÈNE

Prenez garde ! 11 est bien redoutable...

YAN

Ah ! Petite Hélène, vois-tu, je ne craignais rien que de toi 1... Les autres ne me font pas peur... Et qu'aije à perdre à présent?... Va, ma lillo...

HÉLÈNE^ revouant à lui <lans ses bras.

Oh !... oui, votre fille, n'est-ce pas, aimée...

YAN

Ma fille, oui, aimée, protégée et bénie...

Il l'emhrasso une fois encore ; elle monte et disparaît.

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