ACTE PREMIER
Il faut que cela finisse, Hélùne. Il y a un malentendu, en France. Si les Bourbons ont été chassés par l'émeute, ceci n'était pas pour mettre les d'Orléans à leur place, pour substituer à la monarchie véritable on ne sait quel gouvernement de pacotille. En tout cas, nous n'en voulons pas et, de deux choses l'une, ou il nous détruira ou nous le renverserons.
HÉLÈNE
Et c'est pour se mettre à la tète du mouvement que madame la Duchesse de Berry est venue en Vendée.
l'abbk.
Oui, Hélène, c'est pour cela. Cette jeune femme, cette courageuse princesse est notre chef. Elle représente à notre tête les droits de son fils, le duc de Bordeaux, Henri V. Le seul roi légitime depuis que son grand-père Charles X a abdiqué en sa faveur... Elle est en Vendée, depuis quinze jours, traquée par les bandes de Louis-Philippe, suivie à la piste par les espions, mise à prix comme une louve, par le l)réfet, mais défendue par nous, par tout ce qu'il y a de loyal et de fidèle dans le Bocage... Et mordieu...
HÉLÈNE
Vous jurez, l'abbé !
l'abbé.
Pardon, ma sœur. Et, mon Dieu, on ne la prendra pas, ou bien c'est que nous serons tous morts!
C'est un des cliefs du parti que votre frère Yan est allé, ce matin, chercher à Nantes...
l'abbé.
C'est un très gros bonnet, l'orateur de notre cause, M. Berryer... Il vient de Paris exprès pour voir la
8 LES ROUfiES ET LES BLANCS
Duchesse et les chefs militaii-es. Demain ou aprèsdemain, on va tenir conseil, et c'est de ce conseil que sortira la paix ou la guerre.
HÉLÈNE
Fasse le ciel que ce soit la paix I