ACTE CINQUIÈME
DUVAL
Rien. Ce sont des fanatiques. Ils vont à la mort comme à un triomphe.
DERMONGOURT.
Où les conduisez-vous? A la mort, à la gloire!
DUVAL
Je leur ai offert un sursis, d'abord, la quasi certitude de leur grâce, ensuite...
DERMONGOURT.
Ils vous ont envoyé promener, avec tous les égards.. .
DUVAL
Avec fort peu d'égards... Yan Tréadec, surtout, a été d'une insolence avec moi...
DERMONGOURT.
Il en prend l'habitude...
DUVAL
Je la lui ferai perdre !... Et dans deux heures...
DERMONGOURT.
Les ordres sont donnés...
DUVAL
Lui et son compagnon, le comte de Kerléan seront passés par les armes...
DERMONGOURT, ironique.
Vous ne vous offrez pas aussi l'abbé, pendant que vous y êtes ?
DUVAL
Il est libre. Il a été prouvé qu'il n'avait point pris part au combat... Mais je me réserve de l'interroger encore. Peut-être sera-t-il moins ferme que les deux autres... Et si, par lui, je pouvais savoir où se cache la duchesse?
134 LES ROU(iES ET LES ULANCS DERMONCOUKT.
Votre police est en défaut^ ù ce que je vois...
DUVAL
Ils m'ont tué Renaison, mon meilleur limier. Quant à Deutz il a été mandé à Paris par le ministre.
DERMONGOURT.
Monsieur le préfet, je vais voir les condamnés ; j'ai reçu ce mutin des instructions du roi.
DUVAL
Ah! Vous lui aviez écrit?
DERMONGOURT.
Oui. Ces deux hommes m'intéressent. Il a déjà coulé trop de sang. Etudes deux côtés, c'était du sang français... Ménageons celui de ces gens-là, c'est du meilleur !...
Cloche.
DUVAL
Tenez, voilà la messe qui linit... On l'a dite exprès pour eux...
DERMONGOURT, avec amertume.
Franchement, on ne pouvait pas faire moins.
DUVAL
Oh I Je les traite bien t Yan Tréadec étouffait dans sa cellule. Il m'a demandé la permission de se tenir sur cette plate-forme : je la lui ai accordée... II a désiré, dés hier, voir sa femme et son frère : j'y ai consenti.
DERMONGOURT.
Et l'autre, le comte de Kerléan, n'a-t-il point réclamé quelque faveur ?