‹ Les rouges et les blancsChapitre 96 sur 109 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

DERMONCOURT, YAN, LE COMTE, Gendarmes.

YAN, cordial.

Eh! C'est notre vainqueur!... Soyez le bienvenu, général... Vous, au moins, vous avez été un loyal adversaire. Et vous ne vous êtes pas ménagé pour nous battre... Je vous ai vu toujoursaupremierrang...

DERMONCOURT

Il y faisait chaud. Monsieur Tréadec.

LE COMTE

C'était de votre faute, général : vous aviez mis le feu partout...

DERMONCOURT

Eh ! sans cela, vous y seriez encore.

YAN, grave.

Bientôt, général, nous serons ailleurs.

Ah ! Messieurs, laissez-moi vous dire que si vous vouliez...

YAN

On nous accorderait la vie? Nous le savons bien. Votre laide figure de préfet nous a fatigués, ce matin, pendant une heure^ à le répéter. Nous ne voulons rien accepter de lui.

DERMOKGOURT.

Et de moi?

De vous, général?

DERMONGOURT.

Oui, j'ai combattu contre vous et je sais combien vous êtes braves. Si je pouvais contribuer à vous sauver la vie, j'en serais heureux. Ce que je vous apporte aujourd'hui, ce n'est pas, comme le préfet, l'espoir de la grâce, c'est la grâce elle-même. Le roi l'accorde, la voici.

Il montre un papier.

LE COMTE

Et que veut-on de nous, en échange de cette faveur?

DERMONGOURT.

Que vous la demandiez. Vos noms, au bas de ce papier, et vous êtes libres.

YAN

Et nous aurons, en une seconde, désavoué tout ce que les nôtres ont fait depuis deux ans ; renié nos frères d'armes qui sont morts; abandonné notre chef; souffleté notre drapeau. Comte, êtes-vous disposé à le faire ?

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