‹ Les rouges et les blancsChapitre 99 sur 109 · LE COMTE, YAN, L'ABBÉ · texte numérisé non relu

LE COMTE, YAN, L'ABBÉ

LE COMTE, regardant partir Dermoncourt.

Un brave homme !

YAN

Oui : un soldat. '

Gomment l'abbé n'est-il pas encore venu?

On l'a sans doute empêché de monter auprès de nous.

LE COMTE

A quoi bon? Que peut-il nous apporter, en dehors de son concours moral ? Si nous voulions fuir, nous ne le pourrions pas, à moins d'avoir des ailes... Car nous avons déjà quitté la terre, Yan, et nous nous sommes rapprochés du ciel.

YAN, regardant l'horizon.

Voyez, Comte, comme l'air est pur... On distingue Paimbeuf d'ici... Et, sur la Loire, ces voiles qui sont si loin et qui paraissent des oiseaux de mer... Le beau pays ! Et qu'il eût été doux d'y vivre libre et heureux !

LE COMTE

Des regrets, Yan ?

YAN, il s assied sur le banc.

Non, des rêves!.. Kerléan, des rêves qui ne pouvaient pas se réaliser... Et qui reviennent, à l'heure dernière, comme de tristes fantômes, mais que l'on chasse en les regardant... Ils sont partis!

LE COMTE

Si, comme nous l'a dit le général. Madame a pu s'échapper, alors ceux qui étaient avec elle...

YAN

Ont été sauvés aussi : Màho, mes serviteurs et votre frère... N'était-ce pas ce que nous voulions ?

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