I. Revue des Deux Mondi's, io\r. 1856. Les Roumains
à vivre plus tard d'une vie indépendante.
Une vive reconnaissance est due à B. Stirbey, pour avoir rédigé un Règlement organique, tendant à constituer les Principautés en une nation. Jadis on y parlait toutes les langues, sauf le Roumain. Le règlement décida que dorénavant la langue roumaine serait la langue officielle (art. 366). La section cinquième rédigée par B. Stirbey et arrachée par lui de haute lutte au général Kisseleff porte ce titre significatif : <( Principes d'une union plus intime entre les deux Principautés '. )>
(( L'origine, la religion, les usages et la conformité de langue des habitants dans les deux Principautés, y était-il écrit, ainsi que des besoins réciproques, sont autant d'éléments d'une union intime qui n'a été entravée et retardée que par des circonstances fortuites et secondaires. Les avantages et les conséquences salutaires résultant du rappro-
I. Archix'es Impériales de SaiiU-Pilershourg, années 183 1 et 18^,2.
chement de ces deux peuples ne sauraient être révoqués en doute. » Des applications nombreuses de ces principes furent faites notamment par l'établissement d'une monnaie identique en Moldavie et en Valachie, et par l'octroi de la jouissance des droits civils aux indigènes de chaque Principauté dans l'autre.
Assurément on peut faire grief au règlement d'avoir rendu licites en trop de circonstances possibles les ingérences de la cour impériale de Russie et de la Sublime Porte dans les affaires intérieures des Principautés : mais comment ceux qui rédigèrent et qui votèrent le règlement organique auraient-ils pu éviter ces interventions ? A quoi leur résistance aurait-elle pu servir, sinon à exciter la méfiance de la cour suzeraine et de la cour protectrice ? Le résultat final n'eût-il pas été de rendre pire la situation faite aux Principautés ?
Il est donc permis de penser qu'en apportant leur concours empressé et intelligent à
l'œuvre de réorganisation entreprise par la Russie, les boyars moldaves et valaques firent œuvre de patriotes et de politiques. Il fallait d'abord sauver leur pays de l'anarchie : l'ordre et la prospérité rétablis à l'intérieur, il devait être plus facile aux Principautés de parvenir à l'indépendance.