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PREFACE LUI

perruque ou en poudre qui étaient rentrés chez lui par héritage, en particulier d'un portrait du maréchal de Villars, un retour atavique ait réveillé chez leur descend.! ni de lettres, l'âme des Vogué qui avaient été des^ hommes d'épée.Les morts de sa race parlaient. Les deux derniers articles qu'il ait écrits furent des articles militaires, consacrés l'un à la mémoire des officiers Français tués à l'affaire de Bir-Taouil, dans FOuadaï ; l'autre à celle du général de Ségur l'auteur de la Campagne de Russie. Lne de ses dernières joies a été d'apprendre que son plus jeune fils, attaché pendant la durée de son service militaire obligatoire au généra] Lyautey, venait de renouveler son engagement pour se préparer à l'école de Saumur. L'idée qu'il verrait bientôt un Vogué de sa branche porter L'épaulette taisait à l'avance ha lire de joie son cœur paternel.

Cette joie ne lui fui pas accordée. \ la séance de L'Académie du Jeudi 17 Mars il avait pris pari à La discussion du Dictionnaire, et je me souviens d'avoir, à pari moi. admiré l'ardeur qu'il apportai! dans les moindres choses. Le lendemain il l'ut souffrant et dnl s'enfermer. Je conser-

verai toujours le regret d'avoir su trop tard que, s'ennuyant de cette réclusion, il avait témoigné le désir de me voir. Il languit ainsi près d'une semaine, mais rien dans son état n'inspirait d'inquiétude immédiate, et ce fut dans le mystère d'une nuit solitaire que ses yeux se fermèrent pour jamais. Lorsque, prévenu, de la catastrophe, j'accourus le matin et le vis étendu sur son lit, les mains croisées sur la poitrine, je fus frappé de l'expression que la mort avait déjà donnée à sa physionomie. Ses traits, souvent contractés, étaient détendus ; son visage, jeune encore malgré la blancheur de sa barbe, avait pris quelque chose de vénérable ; pour la première fois il semblait'reposer. Je me souvins alors de ce mot de : eurêka inscrit par lui sur la tombe de Vangheli et je me dis : lui aussi, il a trouvé.

Ses funérailles furent simples, comme il l'avait prescrit. « Je ne veux, avait-il dit dans son testament que les prières de notre église catholique » et ce mot notre, à dessein employé par lui, était l'affirmation discrète mais positive d'une foi qu'il tenait de sa race et de son enfance, qui avait pu subir des assauts intérieurs, mais qui avait résisté et

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