‹ Les routes. Préf. par le comte d'HaussonvilleChapitre 16 sur 36 · C.ONMAM riN INKiUA · texte numérisé non relu

C.ONMAM riN INKiUA

faite des lioiineurs, utile encore pour orner et consolider la maison qu'il avait bâtie ; mais l'instinct populaire, fait d'une cruelle et sagace ingratitude, l'écartait de la direction de cette maison. Son Italie le respectait et le rejetait, comme nous rejetons le ver qui a filé son cocon, la paille battue qui a livré ses épis sur l'aire.

Que de fois j'ai demandé à des hommes d'Etat italiens, aux heures où ils traversaient des passes difficiles : « Gomment n'appelezvous pas à la Consulta ce bon pilote ? Qui, mieux que Nigra, vous apporterait une longue expérience, un prestige européen, une autorité qui s'opposerait à tous les partis ? » — Ces fins politiques souriaient de ma naïveté ; l'un d'eux me répondait un jour : « Nigra est une belle pièce de musée ; c'est comme si nous vous demandions pourquoi votre République ne rappelle pas au pouvoir le duc de Broglie. » — En Italie aussi, de « nouvelles couches » s'étaient ruées avec apreté sur la chose publique ; il n'y avait plus de place pour l'anachronisme que représentait Nigra, pour cette « droite historique », jadis révolutionnaire dans l'enfantement de l'unité nationale. A Rome encore plus qu'à Paris, il était fameux et oublié. Mais ce peuple adroit aux accommodements ne brise pas ses anciennes idoles avec la brutalité française : il comblait l'absent d'égards et

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