‹ Les rouxChapitre 19 sur 20 · HISTOIRE MANITOBAINE · texte numérisé non relu

HISTOIRE MANITOBAINE

rencontra chez l'oncle Bellavance lors d'un voyage qu'il fit à Saint-Boniface. Il'était professeur et comprenait les jeunes, il vit bien en elle ce livre ” fermé que bien peu savent lire. Il connaissait les

L.-.- -craintes de-sa-sœur’et'se mit'en frais de faire son ù enquête personnelle. Les professeurs aiment à

vérifier les progrès des jeunes, à les faire causer sur:

> leurs études, leurs succès, leurs lectures. En l'occur- ‘ rence c'était Fabiola, Hector vit facilement que le 4 grand héros était saint Sébastien, qu'il avait pour cette enfant -des' attraits incompris. D'instinct la femme se donne sans réserve tandis -que l'homme

croit à une conquête. Le livre s'ouvrait, il allait y plonger un regard profane quand la mfeman parut

à contre-temps. La curiosité féminine! Le livre s'était refermé pour ne plus jamais se rouvrir. On savait donc que maman avait lu le journal ? Il était

à mort ce jour-là même comme ces fleurs du sud que ‘le moindre contact flétrit. Dès ce jour Hector pro-

mit son concours, Gabrielle était un peu son enfant;

- elle n'avait plus de père, elle accepta d'instinct cette substitution et l'a toujours regardé comme un papa

- d'adoption. Les jeunes filles, à certaine époque.

ont besoin de la main virile d'un père intelligent

e pour les guider et les soutenir. Hectorenconnaissait suffisamment pour aider sa nièce. L'année suivante

me Gabrielle entrait à l'Institut Saint-Joseph de Saint- Boniface, Hector avait discrètement fait la leçon aux sœurs, elles sauraient discrètement compléter

son œuvre et parfaire cellë de la mère. Ce fut l'affaire de quelques années; Gabrielle annonça à son oncle sa grande décision, elle entrait au noviciat, d'Hochelaga. Sa surprise fut plus apparente que,

“réelle, il avait tout prévu dès là premièré rencontre.

Alberte. était fière de son succès, fière de son grand

‘sacrifice et de l'honneur que Dieu lui faisait en

l'acceptant. S'étant vouée elle-même au service des écoles, elle y consacrait sa fille dans une congrégation aussi canadienne que fervente. Elle pouvait mainteriant chanter son (nunc dimittis ». Dieu cependant la laissa: encore de nombreuses années travailler à la formation des jeunes. A sa mort elle laissa ses économies à Mgr Béliveau pour l'éducation de ses clercs. 7 :

Gabrielle devenue sœur fit ériger un monumént de famille; à son ombre reposent les Roux et les Saint- Pierre. Grégoire, même, après avoir fondé deux paroisses y dort son dernier sommeil dans l' attente du grand renouveau final.

* La petite nièce n'a pas oublié l'oncle Hector, elle le tient au courant des faits et gestes de ses neveux. Pour toute une famille canadienne ils ne sont guère nombreux, dix-sept en tout. Mais Angèle et Ann les bébés de la famille Roux, ont recueilli bien religieusement les leçons vécues au foyer familial. Ces dix-sept seront les dignes successeurs de la génération disparue.

Hector reçut un jour un colis postal : sans avis

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