‹ Les rouxChapitre 2 sur 20 · HISTOIRE MANITOBAINE · texte numérisé non relu

HISTOIRE MANITOBAINE

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à la dérive et parfois se serrant les unes contre les autres pour se protéger plus sûrement, serait sans doute une œuvre louable et bonne; nous n'avons ni la force ni les moyens qu'il faut pour faire revivre : . ces fondateurs de Merryfield. Nous parlerons simplement d'une de ces familles, pour faire un peu ..___..connaître l'état d'âme des autres. © . Émile Roux avait épousé Virginie Bellavance, qui finissait sa troisième année d'enseignement dans le comté de Dorchester. Elle gardait intacte la belle | 2 formation reçue chez les Ursulines de Québec. Sur . leur belle terre du Dakota, pendant les longues ne , veillées d'hiver, groupés autour d'un « poêle à deux ponts » ils contaient à leurs enfants les merveilles. * de la patrie lointaine et entre voisins ils discutaient de leurs misères d'antan. C'est du Québec que l'ancienne institutrice faisait venir syllabaires, catéchismes, cahiers d'écriture et les accessoires ‘scolaires de cette époque. Son travail quotidien était égayé par le folklore du pays d'en bas et puis elle instruisait ses enfants et ceux des voisins. C'était la gardienne jalouse de la pureté de la langue. Deux bœufs énormes traçaient des sillons bien droits et bien profonds, gages de moissons abon- ’ dantes. L'automne, le blé vendu, on cachait l'argent dans un beau bas gris au fond d'un tiroir. Le père et la mère voulaient faire instruire leurs enfants pour leur assurer une vie moins pénible.

Une nuit pourtant faillit déjouer tous leurs plans.

C'était à l'automne, la récolte avait mieux rapporté qu'auparavant. Un second bas était à moitié gonflé au fond du tiroir. Urte fumée épaisse avait éveillé le père Emile Roux... tout juste le temps de sauver sa femme et ses enfants. Maison, grange, écurie, linge, mobilier, instruments, argent, le feu: avait

ut dévoré.en un-instant.. Le courage .semblait-

faiblir..Le grand-père Louis Roux avait accueilli les sinistrés dans sa vaste demeure et le père était

parti au Manitoba en quête d'ouvrage. Au prin-

temps "la mère s'était installée en ville, au Nord, près de l'église et de l'école. Elle désirait coopérer au recommencement de leur œuvre. Leçons de français aux riches de ce temps, aux. Griggs, aux MacCormick, aux Strong; puis le soir, couture pour les toilettes de ces mêmes familles. On estimait fort l'art français. | Ce n'était pas le courage qui manquait à ces émigrés du Canada. Ce n'était pas non plus le savoirfaire. Merryfield était devenu un Eden sous la direction du patriarche Louis Roux, à la fois juge, médecin, conseiller bien respecté de tous; les Amé- —icains admiraient cette entente. Tous les dimanches ils venaient, par colonies dans leurs lourdes voitures, entendre la Messe en ville et faire leurs dévotions. C'était fête chez madame Emile, les petits revoyaient leurs oncles, leurs tantes, leurs cousins. Ils contaient leurs aventures à l'école des Ursulines,

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