‹ Les rues de ParisChapitre 31 sur 65 · ICO RUE DE LA PAIX · texte numérisé non relu

ICO RUE DE LA PAIX

la ville orncc i)iir Cliarlcmague et policée par Saint-Louis; la ville héritière de la politesse d'Athènes, de la bravoure de Sparte et de la grandeur de Rome; Paris, cette capitale de deux mille ans, qui a vu passer, dans ses murailles, trois races de rois et une révolution inouïe dans les fastes de l'univers; Paris, dis-je, reçut du ^léros qu'elle vit couronner sous les arceaux de son anticpie hasilicpie, les premières et sublimes étreintes de l'amour d'un grand homme pour les sciences, pour les lettres et pour les arts.

A la voix de Napoléon devenu empereur, le Louvre inachevé voit un |>euple d'ouvriers déblayer son enceinte, continuer ses portiques, allongeises galeries. Des ponts, des quais qui, tous, enregistrent une victoire: des boulevarts ba[)tisés du nom des généraux morfs au champ-d'honneur. Des places, des rues dont l'architecture élégante rappelle les quartiers de Pèriclés "à Athènes, d'Adrien à Rome, de Pharaon en Egypte, s'élèvent comme par enchantement autour des Tuileries, de ce vieux palais bâti par Catherine de Médicis, et donnent a cette partie delà capitale une physionomie toute nouvelle. Là où des masures accroupies près de l'habitalioii des rois, projetaient leur ombre funèbre, on lit, sur de cocpiettes tablettes de marbre, les noms de Rivoli, de Castiglione et de Mont-Thabor. Chaque angle de ce quartier nouveau est incrusté d'une victoire, cha(|ne place d'un li'ophée, chaipie pierre d'un souvenir!

Tandis (pi'à l'extrémité orientale de Paris, le Panthéon, destiné à recevoir les cendres des grands hommes, s'achève; le Temple de la (ib»ire s'élance du sol avec ses trépieds d'airain et ses cryptes de granit. Le dôme des Invalides étincelle d'or, connue au jour on Louis XVI alla saluer, sans gardes, les vieux débris des phalanges de Fribourg, de Rocroy, de Senef et de Nerwimle. L'aldtaye de Saint-Denis, irstann-e, réintègre dans ses caveaux purifies par les bénédiclions d'un pontife cenlenaire le cardinal de Belloy), les ossements des rois disséminés par la tempête révolutionnaire, tandis (pie les i)ieuses mains du chef de la (pia- IrieuH' race, de la race Napoléonienne, dépose dans des chai)elles exjtiatoires, au milieu de lampes ardentes, les poussières augustes qui étaient au(ref(»is Louis XII , Henri IV, Louis XIV et l'infortuné Louis XVI. Puis I arche des victoires de l'empire v.i poindi'e à l'occident de Paris, à celle barrière de l'Elctile, (|ni devrait s'a[)peler la baiM'iere des batailles; eulin. il jette les fondements de la ('(donne de la grande armée sim" la place Ven(l('»me. et aligne les édilices de la rue Napoléon (pie l'abaissement de la France devait l'aire nommer, huit ans plus tard, rin' ilc la l^((i.r.

Cette rue, la plus belle de la ca|)itale. fut projetée s(tus Louis WI. Il appartenait a .Nap(déon de réaliser tout ce (pie les rois ses prédécesseurs avaient rêve pour rilliistiatioii de hi hniinc ville : mais avant d'entrer en matière sur les embellisseineiits successifs ell'ectiies. siiii> l'empire, dans ce

Kiif ili' la l'aix.

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<|ii;irlicr tlo l*iiri.s,il inc l'iiiit jcicr iiii rc^Jird iclidsix'clil sur ces (îiiiplacL'iiR'iils ([ui, jadis consacres à la uicdilalioii, an silence, à la prière, son! (levenns, grâce à la nietainor[)liuse ojxm/'c par le i^cnie du f;rand honnne, le centre des plaisirs et des richesses de la première cité du inonde.

En 1589, Louise de Lorraine, veuve de Henri Ui, roi de France, légua, par son testament, à mademoiselle de Meico'ur, sa nièce, la (erre et la seigneurie de Bcaussart, avec mille ecus d'or dt; rentes, icnviron '216,000 Irancs de notre monnaie,; à la condititui (pie le duc et la duchesse de Mercoiur, ses père et mère, en jouiraient leur vie durant, et (pi'ils emploieraient la somme de vingt mille écus d'argent parisis, ' la valeur de 150,000 francs d'aujourd'hui,) à londer un couvent de (Capucines. La duchesse de Mercœur étant devenue veuve, présenta re(piéle à Henri IN , et ohtintdelui,en IGO'i,^! permission de hàlir dans l'intérieur de la ville, et où elle le jugerait convenahle, un monastère de Capucines. La duchesse choisit la rue Saint-Honoré ; et, l'an lOOi, le 20" jour de juin, elle posa la première pierre de cet étahlissement. Le 18' jour de l'année IGOG, l'église l'ut dédiée et consacrée, par Claude Coquelet, évécpie de Digne, en l'honneur de Jésus-Christ, de la Vierge et de sainte (Claire : le ((tuveul lui élevé l'aïuiée suivante, à la place de l'ancien hôtel du chancelier Duperron.

L'historien Létoilc, en parlant de cet étahlissement religieux, assure que les Capucines prirent dahord le titre de Filles de la Passion, et qu'elles se montrèi'ent, aux processions puldlipies, avec une c(UiroiMie d'epines sur la tète. 11 dit aussi (pie leur discipline était lrès-anstere,etqu'elle surpassait celle des autres communautés de tilles. Le couvent des Capucines était situé rue Saint-llonoi'é, presque en l'ace de celui des (lapucins, institué longtemps auparavant; mais en lti88, Louis \l\ , (h'ja sur ses vieuxjours, voulant faire construire la place Vendôme, ordonna la démolition du couvent des Capucines tel (|ue la duchesse de Mercieur l'avait édifié, et ht élever à sa place de nouveaux hàtiments, plus vastes et plus commodes, à l'endroit même où commence aujourd'hui la rue Neuve-des- Capucines. La façade de l'église correspondait à l'axe de la place Vendôme, et servait de perspective à ce magniti(iue emplacement. L église fut construite sur les dessins de l'architecte Ochay. L'intérieur était décoré de quelques tahleaux de Restont et d'Antoine Coypel. Plusieurs monuments funéraires donnaient à ses chapelles et à sa nef un caractère tout particulier. Les tombeaux de la famille de Créquy se trouvaient dans la chapelle Saint-Ovide; le mausolée du mar(piis de Louvois, ouvrage de Girardon, et enhn celui de la manpiise de l'onipadoui', maîtresse de Louis XV, et d'Alexandrine Lenormaiid d'Etiolés, sa tille, attiraient surtout l'attention des artistes.

Alexandre Vil donna au duc <le Creipiy, lors(pi il elait amhassadeiir a Home, les ossements d'un saint de peu de repulalioii. iKuiiine <*\ide. Le

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