DE LA HARPE
avait le privilège <k 1rs von* bourdonner comme aulantde guêpes aua vitres de ses numurrus» ^ iH»utii|nes: (a me de la Harpe était leur promenade favorite.
Dès ri'«7 ( une enseigne qui |M'inl;iii à la deuxième maison, •» droite, autusde la rue Mâcon, donnai I l<* nom de ta Harpe à cette ruej l'écri* teau représentai! : fa roi Dwidjowmt 4$ in harpe, < r < - 1 . i • t un honnête luthier « j u î demeurai! la; il avail une charmante Bile du nmii d*Àgnéi
lu
voilà «|iruu beau soir elle disparut, après avoir moulé eu cre Saint- Hyacinthe sur le cheval d'un gentilhomme. Le hasard voulut que le Koir mémo il fil un vent du diable; le pauvre luthier attendait encore A. et cependant il \ ^v.ui il»- longues heures tiue le couvre-feu avait son
Tout d'un coup, il v eut dîna la nie Mâcon qui commence l» rue de la Harpe ainsi que la rue Saint-Sevetin, un tapage abominable sur le pi oda pouvait ressembler au hruii d'une armure qui tombe. C'était le nu David et ta harpe. qui. a force de danaer loua deux but leur tringle île 1er, venaient de choir «Unis le ruisseau.
Le luthier comprit l'avertissement tardif du ciel, maia ce lut mutileruent qu*H sentit, car on prétend qu'un u\ de mauvaiae mine
l'attendait alors à la porte. (<e page «'tait bossu, sa cape avait une odeui
de aottfao pareille .« celle d'une allumette chimique il avait un pied pin*
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haut que l'autre, et tout faisait raisonnablement penser qu'il était de la livrée de Satan.
Quand le luthier le vit, il eut si peur qu'il referma l'huis de sa boutique sur sa poitrine; mais le page lui glissa sons la porte une lettre d'Agnès elle-même... La jeune tille, fascinée sans doute comme la Marguerite de Goethe parles manches de satin, les beaux airs et la barbe fine d'un cavalier de la rue du Palais-des-Thermes, et trouvant le roi David aussi ennuyeux avec sa harpe que son père avec ses discours, avait quitté sa rue pour courir les aventures. Le lendemain son père mit en vain sur pied tous les archers de M. le grand-prévost, elle ne fut point ramenée.
De dépit, le luthier ramassa son enseigne qui était de bois, la brûla, et s'en fut demander asile à un tonnelier de ses amis, rue Saint-Jacques. Mais l'histoire ramassa l'enseigne tombée ; elle laissa à la rue le nom de me de la Harpe.
l.\ PERRIQIE ni docte ru.
C'était une vraie province, comme vous allez en juger.
Sa partie septentrionale se nommait la Juiverie. ou rue aiw Juifs. parce que les Juifs y avaient leurs écoles. Ile la rue de l'Krolc-de-Médecineà la place Saint-Michel, elle a porté successi\eiiiciit aussi les noms de Saint-Côme, à cause de l'église de ce nom. et aux Hoirs d'Harrourl. parce que le collège d'Ilarcourt y est situé. Ce ne fut qu'au milieu du dix-huitième siècle qu'elle prit dans toute sa longueur le nom de la rue de la Harpe.
On voyait jadis tourbillonner sur son pavé gras et sale une foule de costumes. C'était d'abord la robe noire du mire, ce premier médecin des temps primitifs qui débitait ses drogues et sou onguent j>ar les rues. escorté d'un enfant portant un singe (pie l'opérateur saignait à la demande de$ personne* ; puis, les manches pendantes et les fourrures d'un professeur aussi grave qu'Krasme; les manteaux des sorhonistes, mêlés à la jaquette des hommes d'armes, le bonnet pointu du juif, et plus tard la perruque du médecin Diafoirus. Que de prosélytes de Cujas et d'Hypocrite ces maisons noires, crasseuses, n'ont-elles pas abrités, que de grisettes aimées de l'étudiant, et chantant |K>ur lui comme un serin dans sa cage, cette cage affreuse du sixième étage de la rue de la Harpe! Toute la fourmilière des écoles, usant le pied de l'arbre «le science, autrement nommé la Sorlxmne, commence chaque matin à mouvoir ses mille pattes du bas de la rue de la Harpe; le carabin qui s'en va le nez au vent, la main dans le gousset, et qui regarde les planches d'anatomie
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coloriées, le lycéen qui achète de la galette, l'élève en droit qui lorgne une modiste, le répétiteur qui conduit un fils de famille à son examen de bachelier. Aussi, rassurez-vous, les loyers sont-ils abordables ; mais n'ayez pas peur qu'un Chinois, un Turc, un Arabe, ou même un Anglais se logent là, c'est un peuple spécial qui habite ce quartier, un peuple qui a de l'encre aux doigts etauxlèvres, un peuple indiscipliné, hautain, tapageur, le peuple des écoles, des estaminets, des chambres garnies : la rue de la Harpe avec ses mille artères circonvoisines, c'est le cœur de l'étudiant. La rue est laide, malpropre, ayant çà et là quelques velléités de gaz . quelques hôtels et cafés passés timidement au badigeon ; mais il est facile de voir que la boue et les embarras, les estaminets borgnes et les gargotes scolastiques n'en seront pas facilement expulsés. Le progrés, qui pénètre difficilement aussi loin, a bien fondé, rue Saint- Jacques, un théâtre dans une église (le théâtre du Panthéon), mais il n'a point encore reculé la rue de la Harpe. C'est une vraie sentine, une rue de chien de cmr, pour nous reporter à la langue peu mellifique du collège ; le reflux éternel des élèves et des pédants a l'air d'y avoir consacré l'odeur des ruisseaux, le suif des portes, les taches des nappes, et les doigts des garçons de restaurant marqués sur les verres. Les figures des hôtesses et loueuses de ce quartier ont un air de thèse et de censure qui épouvante; la grisette n'y pose le pied que pour en arracher l'étudiant et se faire mener par lui à la Chaumière. Et dites-nous, de quel droit la rue de la Harpe s'aviserait-elle d'être propre? tout ne l'entretient-il pas dans l'oubli de la propreté? La nie Saint-Severin, la rue Picrre-Sarrazin, la rue Mâcon, la rue du Foin, etc., etc., sont-elles des rues dont la robe vous plaise? Et pour ne parler que de la rue Pierre-Sarrazin, Tune des ramifications de celle longue rue de la Harpe, savez-vous ce qui arriva sous Louis XVI au célèbre Andry, médecin? C'est de sa propre bouche que nous tenons le fait suivant :
Le docteur Andry habitait ta rue Pierre-Sarrazin depuis vingt ans. sans que sa renommée eût atteint, dans le quartier même, l'éclat qu'elle obtint si justement plus tard; il est vrai qu'il manquait une chose au docteur, il ne portait point perruque.
Il le confessait même souvent devant nous, le spirituel vieillard ; il avait même alors de charmants cheveux auxquels il tenait singulièrement.
Sa voisine de fenêtre (elle habitait la maison située en face de celle du docteur) n'y tenait pas moins ; aussi quand elle apprit de lui qu'il s'était déterminé un beau jour à porter perruque, ce fut un déluge d'imprécations et de supplications tout ensemble.
— De si beaux cheveux ! — Mes confrères les coupent.— tne perruque 1 a vous ! — C'est la livrée de la science. Sans cela serais-je médecin ?
La voisine du docteur lui choisit tout exprès une perruque colossale.
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uue perruque à trois marteaux; il pouvait à grandpeine passer avec cette perruque dans la rue Pierre-Sarrazin, dès qu'il y avait le inoindre embarras. Cependant, grâce à ses livres et peut-être à sa perruque, le docteur était à la mode. On le croyait plus vieux, ce qui était alors d'un grand poids pour la science; puis on l'invitait chez les demoiselles à une foule de petits jeux innocents; lorsqu'il lui advint tout d'un coup une de ces aventures capables d'ébranler uue réputation mieux établie. Il fut appelé un soir par lord A..., un riche Anglais qui demeurait dans la rue de Tournon . Or, il fallait passer sous la fenêtre de sa voisine. Celle-ci se voyant négligée par lui depuis quelque temps résolut de lui jouer un tour; elle profita du temps de sa sortie pour tendre ses lacs : c'était une jolie fille de vingt-trois ans environ ; son père l'aimait presque autant que la pêche à la ligne, ce qui est beaucoup pour un pêcheur. Elle prit si bien son moment, que lorsque le docteur passa sous ses fenêtres, elle enleva sa perruque à l'aide de l'hameçon paternel quelle lui jeta. Le malheureux doc-
teur limplorait eu vain ; l'heure était pressante, et il n'avait pas menu» le temps de monter.
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