‹ Les rues de paris: Paris ancien et moderneChapitre 2 sur 77 · I TK AVERS LUS IU ES · texte numérisé non relu

I TK AVERS LUS IU ES

serais au Paris du wm siècle, nous cousu lierons la fameuse devineresse de la plan» Haubert, place maudite qui cache le nom fantastique de AfjtyMtt Alhrrins, voici un autre sorcier que l'on nomme Nicolas Flamoiel, et qui s'amusa n chercher Vttlmdn, ilans son Laboratoire, dans sou enfer de la ww Sami- Jacquê §*la* R0uc he r ie ; pauvre el crédule Nicolas Flammcl! la véritable pierre philoeophale eal la, tout pria de loi, dans le 'irihi'i de l'usure, chef les banquiers de la nw tics Lt)mlmr<h Li rue «les Lombards, oe guêpier natal de l'usure parisienne, es berceau enrubanné du Fidèle Berger, dont l'origine se cache «lans les papillotes il u régne de Louis W- chose étrange! lîilliert, te poète Gilbert, a préludé pardesde* ises de confiseur,

dans une arrière-boutique de la rue des Lombarde, 1 l'iwpiible satire des philosophes et de la philosophie!

Dans notre siècle, que Ton appelle * époque sans nom, et

que Ton pourrait appeler, ce me semble, iY'poque mêlée, il n\ s plus de hiérarchie*, de degrés, deoasttia, ni doues tu nm.

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ni d'insignes, ni d'attributs, ni de religions. Dans la France, dans le Paris d'autrefois, chacun vit dans sa phère, à la place qui lui est propre, dans la rue où est le privilège de son état, avec les apparences spéciales de son rang, de sa fortune et de son industrie, toujours sur le même échelon de cette grande échelle, couchée par terre, qui représente la société parisienne du vieux temps : société numérotée, enrégimentée, disciplinée, où Tordre naît précisément de la division des classes, où l'unité trouve le moyen de sortir du fractionnement des droits , de l'inégalité des personnes, en confisquant les idées et les principes. A ces causes, n'est-ce donc rien, pour les curieux, pour les observateurs, pour les hommes du monde du xix* siècle, que tle pénétrer, sans peine, sans fatigue, dans l'histoire vivante des corporations, des arts et des métiers? histoire des marchands, des artisans et des bourgeois de Paris; histoire singulière qui commence dans une boutique, dans un atelier, dansuneoflicine, par la lutte du travail contre le privilège, de l'industrie contre l'oisiveté, de la roture contre la noblesse, de l'intelligence contre l'argent, de la ville contre la cour, et qui se dénouera, tôt ou tard, sur une place publique, dans un dernier combat, dans une étreinte solennelle, entre les grands et les petits, entre les nobles et les bourgeois, entre un peuple nouveau et une

rovauté ancienne!

Puisqu'il s'agit en ce moment des corporations, des arts et des métiers, il nous faut remercier bien humblement, au nom des malades et des malheureux de tous les temps, le prévôt Jean Morin, qui créa le bureau (les pauvres, avec des lettrespatentes du roi : le bureau des pauvres du xvi* siècle est devenu aujourd'hui le conseil-général des hospices. La vie publique de ce Jean Morin, et de bien d'autres prévôts des marchands de Paris, ne sera pas une histoire dépourvue d'intérêt et de charme, quand elle nous sera racontée au pied île la vieille tour de VHotel-dc- Ville, dont la première pierre fut posée par le prévôt de Viole, le 15 juillet 1555.

Entre nous, et la main sur la conscience, le sentiment du devoir ne nous oblige-t-il point à saluer, de la meilleure grâce

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du monde, une corporation d'élite que nous rencontrerons à chaque pas, dans les rues de Paris, et qui n'est autre que la célèbre compagnie du barreau parisien? Le savant, le légiste, l'historien, qui doit exhumer dans ce livre les chroniques du Palais-de-Juslice, étalera devant nous, dans une glorieuse auréole, la robe des anciens avocats, robe illustre qui a protégé si souvent le peuple, le droit, la monarchie et la liberté!

Allons, debout! point de trêve, point de repos, marchons

encore Voici le Paris de la renaissance, voici le Paris de

François 1 er , le Paris chevaleresque, le Paris de l'amour et de la poésie! Dès ce moment, le marbre, le velours, les toiles peintes et la soie remplacent le fer et la pierre du moyen âge: les arts inaugurent la grande ville ; les artistes, français ou étrangers, commencent à se promener dans les rues de Paris; François 1 er envie la splendeur des Médicis, à Florence, et du pape Léon X, à Rome; on fonde le Collège de France; on va construire le Palais des Tuileries; on répare, sur les dessins de Pierre Lescot, la vieille Forteresse du leurre, pour y recevoir un hôte qui porte le titre d'empereur et le nom de Charles- Quint; on institue l' Imprimerie Royale que Ton confie à la direction de Robert Estienne : Jules Romain, Léonard de Vinci, le Primatice, André del Sarto daignent visiter la cour de France, et la sombre majesté de la physionomie parisienne reflète quelque chose des magnificences de Ghambord, de Fontainebleau et de Saint-Germain.

J'y songe : vraiment! voici un beau spectacle, et bien digne d'un grand prince: ce brillant gentilhomme que vous voyez entrer dans la rue Saint-Jean-de-Beauvais, c'est François I e ', ni plus ni moins, qui s'en va faire l'éloge de l'imprimerie, el récompenser d'illustres imprimeurs, dans la modeste maison

des Estienne !

A la lin du règne de Louis XIII, nous entrerons dans Paris, si vous voulez bien le permettre, par la rue des Frondeurs, le jour où s'élève précisément la première barricade de lu Fronde ; nous passerons dans la rue de Richelieu, toute pleine de la grandeur d'un roi de France qui n'était pourtant qu'un

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simple prêtre, un simple ministre, un simple grand homme; nous passerons par le Palais-Royal, que l'on appelait naguère le Palais Cardinal ; nous visiterons le Luxembourg, le Val-de- Grâce et la Sorbonne, construits par Tordre de Louis XIII; nous assisterons à une séance de l'Académie Française, Fondée par Richelieu, et rien ne nous empêchera de nous promener à plaisir, sur h place Royale, dans la foute des grands seigneurs, des grands courtisans et des grandes dames, au milieu des

Iiemix esprits, des lieaux dangereux et des belles coquettes de ce temps-là.

La porte Saint-Denis, qui garde encore cette inscription : Ludovico Magno, n'esl-cllc pas une entrée magnifique pour arriver dans les rues du Paris de Louis XIV? La porte Saint- Denis me semble assez large, assez vaste, assez haute, pour que le grand roi lui-même y puisse passer, le sceptre à la main el la couronne sur la lêle!

ICî A TRAVERS LES RUES.

Sous le règne de Louis XIV, les hôtels splendides, les constructions utiles, les monuments magnifiques, les brillants costumes et les passants illustres abondent, comme par enchantement, dans toutes les rues de Paris : après avoir admiré la colonnade du Louvre, bâtie sur les dessins de Claude Perrault, et Yhôtel des Invalides, et les Gobelins, et Yhôpital général, et Y Observatoire, et la place Vendôme, et l'église de Saint-Sulpice, et le jardin des Tuileries, et tes Champs-Elysées, et la Bibliothèque Royale, et le pont Royal, que sais-je! nous admirerons encore, dans les rues de Paris, tous les personnages d'élite d'un siècle auguste, toutes les royautés do LouisXIV, tous les nobles fleurons de son étincelante couronne: Rossuet et Racine, La Fontaine et Despréaux, Molière et Corneille, Colbert et Lenôtre, Mansnrd et Le Puget, La Rochefoucauld et Pascal, Mallebranche etMassi.llon, Turenne, Jean-Rart et d'Agucsscau, Sévigné, Mainlenon, Montespan et Lafayette, tous les grands noms, toutes les gloires, toutes les splendeurs du grand siècle et du grand roi !

Les rues de Paris doivent au règne de Louis XV l'Ecole militaire, Sainte-Geneviève, l'Ecole de droit, la Halle au blé, l'Hôtel des Monnaies, la fontainedeRouchardon, l'église Saint-Philippedu-Roule, le palais Rourbon, lequartierde la Chaussée-d'Antin, la place Louis XV, le Garde-meubles, les boites de la petite poste et les réverbères.

Sous Louis XV, l'Académie Française tenait ses séances dans une des salles du Louvre, et lorsque M. d'Angivilliers fit semer de gazon la cour de ce palais, les Nouvelles à la main publièrent le quatrain suivant :

Dos favoris de la nuise française.

D'Angivilliers a le sort assuré ; Devant la porte il a fait croître un pré, Four que chacun y pût paitre a son aise.

Au xvuf siècle, c'est-à-dire sous le règne apparent de Louis XV, les rues de Paris, qui prenaient autrefois des noms de marchands, de bourgeois, d'officiers, d'évèques, de princes, de seigneurs, de chapelles, de fiels, de monastères, d'hôtels

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