LE PALAIS DES THERMES
Lorsque Julien, proconsul des Gaules, habitait ce palais, en 557, avant d'être nommé empereur, il ne se doutait guère qu'il deviendrait le théâtre de la plus sanglante tuerie à l'occasion des princesses Gisla et Rotrude, filles de Charlemagne qui se virent reléguées, après sa mort, dans ce palais, séjour ordinaire des premiers rois de France. Un manuscrit italien qui nous a été prêté, en 1852, par le père Pasqualc, au couvent des Arméniens de Venise, relate ce fait plus clairement et plus longuement que l'histoire de France du père Daniel. Nous croyons que nos lecteurs nous sauront gré d'exhumer ce drame, étouffé entre les murailles de ciment romain de l'ancien palais des Thermes.
Un soir du mois de février 814, deux cavaliers, arrivés d'Aix-la-Chapelle, descendirent en hâte dans cette même nie de la Harpe dont nous parlons, vis-à-vis le porche du Palais. Tous deux se tenaient si merveilleusement à cheval, qu'un grand nombre de bourgeois se crurent obligés de les escorter, les uns avec des piques, les autres avec des lanternes. A peine venaient-ils de mettre pied à terre dans la grande cour, que le sénéchal du Vieux-Palais (c'était ainsi qu'on nommait le palais des Thermes) donna l'ordre de fermer les grilles ; en même temps, l'un de ses officiers Tint prier ces deux seigneurs de lui remettre leurs épées...
Cependant les deux gentilshommes avaient remis au sénéchal un parrhemiii, scellé aux armes royales, dont ils se trouvaient porteurs, de la part du roi qu'ils précédaient eux-mêmes en courrier. Leur surprise fut •rrandc en se voyant arrêtés par ordre de leur souverain. Ce roi était alors Ijouis/f hélxmnaire. assez mal nommé, d'après le début de celte histoire, Louis, le fils de Charlemagne, qui faisait tondre et resserrer dans de bons