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ees jeunes lillrs, deleur rlèlirieux emploi; — ri confiseur*, sovei l< C'est depuis une cinquantaine d années qu'a commencé i» pbftft fuMIe Av \\ visleni ode la rue des Lombards: la eonliserie | été peu à peu
drliônrrpar lepirerie, el lesutTede pninmt-adû fiiirdrianl lr snrrerandi ' La rue des Lombards est aujourd'Iiui le quartier-général di* foules les
t lmrto* cofonMu , puisque l'on est convenu de dénommer ainsi jueqo'ani
pruuoaiiv de Tours, pt jusqu'à in briipie Is pluisplioi-Hjues; — re qui proutf «lue nos colonie* commencent beaucoup plus près de r^ris <pi on ne nuit géoéraleraenl dans la société, — Haia si la rue des Lombard- Ihrtée aux épiceries, du moins elle esi fiérede m* ivnfermenlaus son arin <|n*
jpMffJ M '/rus. ou BU demi-gros; quanl au vulgaire
Il UE DES LOMUAIIDS. 255
y est complètement inconnu. Essayez de vous faire servir une once de cassonade, ou un petit pot de raisiné, et vous serez bien reçu! — Ou ne vend, dans ces lieux, du sucre candi qu'au quintal, et du bois de réglisse qu'à la voie!
On ne se doute pas généralement, dans le public, du nombre de transactions différentes auxquelles a donné lieu le débit d'une once de chicorée, vendue le matin par le petit épicier du coin au vieux garçon qui veut se régaler d'une tasse de moka. — .Nous avons d'abord te fabricant qui expédie à l'entreposeur, puis celui-ci qui recède sa denrée au marchand en gros, puis celui-ci qui la revend à l'épicier en demi-gros, puis enfin le dernier qui fractionne encore ses paquets pour le petit épicier, lequel enfin vend sa marchandise par petites fractions homéopathiques, car il vous sert pour un liard de café si vous le désirez!
L'épicier en lin est plus qu'un marchand, c'est un véritable philanthrope daiisl'acceplioii la plus noble et la plus sainte du nom. A n'importe quelle heure du jour et quelquefois même de la uuil, notre personnage se dérangera de son diner. de son souper ou de sou sommeil, pour vous vendre, que dis-je, pour vous donner un briquet pliospliorique de deux sous.
El quand même tous n'auriez rien à demander à un épicier que votre chemin, enlrez hardiment dans sa boiilique, et il s'empressera de vous satisfaire eu vous reconduisant poliment jusqu'au seuil de sa porte, tout comme si vous veniez de dépenser cinquante fraucs dans sou magasin.
Cette philanthropie est admirable, et je ne passe jamais devant la boutique d'un épicier sans être tenté de saluer profondément le patron du logis comme un bienfaiteur de l'humanité. — Mais, jusqu'à ce jour, je n'ai pas encore mis mon envie à exécution. Du reste, si j'en viens là, je me garderai bien alors de passer par la rue des Lombards, car, vu l'immense quantité de magasins d'épicerie qui ornent ce quartier, il me faudrait tenir mon chapeau à la main tout le long du chemin. Il est bon d'être poli, mais il ne faut pas s'enrhumer du cerveau.
Dans les modernes magasins de la rue des Lombards, les jolies petites demoiselles de boutique , qui jadis enfonçaient avec tant de grâce leurs doigts blancs et effiles dans les bocaux ou elles puisaient les pralines et les pastilles, se trouvent remplacées par de robustes garçons qui enfoncent jusqu'au coude leurs grands bras rouges dans des tonneaux de cassonade ou de raisiné de Bourgogne : la casquette de loutre >e pavane derrière les vitraux, où fou n'apercevait jadis que de charmants petits bonnets aux rubans roses !
Tout change dans la nature, et par conséquent dans la rue des lombards; aussi ce quartier n'eu reslera-t-il pas là dans ses transformations successives, et grâce au \ni*inagc de la me Ha m Initiait qui vient d'aine-
HUE IIKS LOMIIAHDS.
lier l'air et le soleil dans tout ce quartier jadis si sombre et si ténébreux, peut-être, clans une centaine d'années. Dieu et les maçons aidant, la rue des Lombards sera-t-ellc une des rues les plus coquettes et les plus brillantes de Paris; — en 1943, il ne serait pas impossible que les banquiers de la Chaussée-d'Antin reprissent leur domicile, dans ce quartier illustré quatre cents ans auparavant par le séjour des inventeurs de la LeUre île Change.
Lotis HrtiiT.