HUE NEUVE-UES-PE'HTS-CHAMPS
fail courir après lui dans un précipice, s'il eût daigne l'y conduire; aussi, eu avait-il retenu le nom de lioi des Halles, et par ses manières, il était digne de tels sujets ; elles étaient encore plus grossières que populaires ; il avait l'art de les donner pour de la franchise ; on aurait cru quelquefois, à sa mine Hère et hautaine avec les courtisans, qu'il avait de la grandeur d'âme: ce n'était que de la présomption. 11 se figurait se connaître en affaires, il n'en avait que le jargon ; il s'y croyait habile, parce qu'il était plus artificieux qu'on ne l'est ordinairement avec peu d'esprit et de bon sens. Au reste, adroit dans tous les exercices, infatigable dans tous les travaux, intrépide dans tous les dangers, il avait cette espèce de mérite qui pouvait être précieux dans les temps héroïques, où les avantages du corps étaient les plus recherchés, mais qui sont devenus peu de chose depuis qu'on a reconnu la supériorité des dons de l'esprit. Il crut jouer un rôle au commencement de la régence, il l'avait persuadé; mais il ne joua que celui d'un étourdi, parce «pie c'était une suite de son. arrogante vanité de ne consulter personne et de ne prendre jamais que de fausses mesures. Du reste, avec tous ses défauts et ses qualités, il fut quelque temps redouté de Mazarin.
L'époque des sanglantes farces de la Fronde le rattache à l'histoire de la butte des Moulins. Lorsque Mademoiselle, tille de Gaston d'Orléans, ambitieuse au point d'aspirer à régner auprès de Louis XIV, se présenta devant Orléans pour en faire ouvrir les portes à l'armée des princes, dont les ducs de Beaufort et de Nemours faisaient partie, les magistrats de cette ville ayant refusé de laisser entrer ses troupes, elle fut obligée de présider son conseil de guerre dans un cabaret des faubourgs. H s'agissait de décider l'attaque de Blois, où Mazarin avait conduit la cour, Beaufort et Nemours n'étant point d'accord, la discussion s'échauffa, ils en vinrent aux injures, puis aux coups, s'arrachèrent leurs perruques, et Beaufort, plus animé que son collègue, le frappa au visage. Aussitôt les deux adversaires mirent Cépée à la main ; mais Mademoiselle se jeta au milieu d'eux, et, à force de prières, parvint à les calmer; ils parurent même se réconcilier, mais le duc de Nemours conserva de son injure un ressentiment qui n'attendait qu'une occasion pour se déchaîner. Les témoins de la scène, soutinrent qu'il n'avait pas reçu un soufflet. — « Si c'en était un, disent malignement les mémoires de Uetz, c'était du moins un de ces soufflets problématiques dont il est parlé dans les Provinciales. »
Les ducs de Nemours et de Beaufort renouvelèrent plus tard, à Paris, leur querelle du cabaret d'Orléans; inaigre l'espèce de modération qu'afficha Beaufort, un duel devint inévitable; il eut lieu au pistolet, près des murs de l'hôtel «le Vendôme, le !>0 juillet Iti52, a sept heures du soir: Nemours tira le premier et mettait l'epee à la main pour se ruer sur sou