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le grand incendie qui, quelques années auparavant (1682), avait détruit la Basse-Ville. Mgr. de Laval obtint en 1684 cet emplacement de M. de Labarre, afin d’en faire une chapelle succursale pour l’avantage des habitants de la Basse-Ville. Ce don ne fut cependant ratifié qu'un peu plus tard en faveur de M. de St. Valier ; au mois de septembre 1585, MM. de Deénonville et de Meulles firent expédier la concession pure et simple de ce lieu pour l'érection d’une église, que le digne évêque bâtit avec le temps sous le nom de Notre-Däme de la Victoire.” Le débarcadère des petites embarcations, en aval de la vieille halle (maintenant le marché Finlay) (1) a sans doute emprunté son nom La PLace, du site avoisinant, en face de l’église Notre-Dame, connue comme La place de Notre-Dame.
C’est dans ces environs, un peu vers l’ouest, qu'avait lieu en juillet 1608, sous l’ombrage discret d’un bois, près du jardin que Champlain s’y faisait ‘ accommoder”, l'historique entrevue qui sauva la colonie. Le secret en valait la peine : rien de surprenant si le loyal pilote de Champlain, le capitaine Testu, jugea à propos de conduire le fondateur de Québec à l'écart dans un bois avoisinant pour lui dé, oiler l’odieuse trame qu’un des complices, Antoine Natel, serrurier, venait de lui confier sous le rlus grand secret. Le chef de la conspiration était un nommé Jean du Val, venu er ce pays avec Champlain. On devait égorger Champlain, piller le magasin, puis rejoindre es vaisseaux Espagnols et Basques à Tadoussac. Comme il n’y avait alo:s dans la Nouvelle-France ni cour d'appel, qu'il n’était nullement question d’une Cour Suprême, le procès du chef de la conspiration fut bientôt instruit, et le sieur Jean du Val fut bel et bien ‘“ pendu et étranglé au dit Québecq, et sa têste mise au bout d’une pique, pour êstre plantée au lieu le plus éminent du fort” : certes, cette livide tête de forcené, au bout d’une pique, près de la rue Notre-Dame, devait faire un effet pittoresque à la brunante.
Mais le brave capitaine Testu, le sauveur de Champlain et de Québec, qu’est-il devenu ? Champlain lui fait l'honneur de le nommer, voilà tout. Ni monument, ni poème, ni page d'histoire, rien pour commémorer son dévouement. A l'instar äe celle de l’homme illustre dont il sauva les jours, sa tombe est ignorée. Il n'existe personne de sa descendance, d’après l’abbé Tanguay.
La plus vaste, la plus remarquable de ces solides voûtes françaises est celle maintenant possédée par la succession Poston, sur
) M. Finlay, un des bienfaiteurs de la cité, laissa des dons que la ville mploya à acheter ce marché.
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le côté nord de la rue Notre-Dame, presqu'en face de l’église. On prétend que ces voûtes étaient construites non-seulement à l'épreuve du feu, mais encore à l'épreuve &e l’sau, aux grandes marées du printemps et de l'automne.
Pendant le siége de 1759 on voit, d’après le journal de Panet, que la Basse-Ville n’était qu’un monceau de ruines fumantes ; au 8 d’août, c'était un brasier. Les bombes de Wolfe et de Saunders avaient pénétré jusque dans 1es voûtes souterraines. Cette date fut fatale a bien des québecquois. “ Les anglais jetèrent des pots à feu sur la Basse-Ville, dont trois tombèrent, un sur ma maison, dit M. Panet, un sur une des maisons de la place du marché et dans la rue Champlain. Le feu prit à la fois dans trois endroits. En vain voulut-on couper le feu ei l’éteindre chez moi ; il ventait un petit Nord-Est, et bientôt la Basse-Ville ne fut plus qu’un brasier; depuis ma maison, celle de M. Desery, celle de M. Maillou, rue du Saultau-Matelot, toute la Basse-Ville et tout le Cul-de-Sac jusqu’à la maison du Sr. Voyer, qui en a été exempte, enfin jusqu’à la maison du Sr. Voisy, tout a été consumé par ie feu.
‘Il y a eu sept voûtes qui ont été crevées ou brûlées ; celle de M. Perrault, le jeune, celle de M. Tachet, de M.Turpin, de M. Benjamin de la Mordic, Jehaune, Maranda. Jugez de la consternation. Il y eut 167 maisons de brüléés.”?
Gent soixante-sept maisons incendiées devaient créer bien des lacunes. On sait où était le magasin de M Perrault, jeune, de M. Taché. Mais qui nous indiquera où étaient les maisons de Desery, Maillou, Voyer, de Voisy et ies voûtes de MM. Turpii, de la Mordic, Jehaune, Maranda ?
On sait que Champlain. après son retour à Québec, en 1633, avait ‘eu le soin de réparer une batterie placée au niveau du fleuve, près du magasin, et dont les canons commandaient le passage entre Québec et la côte opposée”. (1) Or, en 1683, ‘ cette batterie de canons posée dans la basse-ville, environnée presque de maisons de tous côtés, était éloignée du bord de la rivière et causait de l’incommodité au public; ”’ le gouverneur d'alors, Lefèbre de la Barre (2), “ayant reconnu un endroit bien plus avantageux vers la pointe des Roches et au bord du dit fleuve à haute marée qui, ditil, battra bien plus avantageusement dans la rade et qui causera bien moins d’incommodités aux maisons de la dite basse-ville,”? jugea à propos d’y transporter la dite batterie, et les Révérends Pères de la Compagnie de Jésus s'étant offert de contribuer aux
(1) Cours d'Histoire du Canada, Ferland, Vol, 1, P. 285. (2) Concession de La Barre aux Jésuites, 16 sept, 1683,
frais qu'il conviendrait de faire, il leur concéda ‘“ une partie de l'emplacement qui est au-devant du lieu sur lequel est présentement posée la dite batterie de canons... entre la rue ou 'e grand chemin de charrettes venant du port (1)et la rue dite/Saint-Pierre.”
Voilà donc l’origine du quai Napoléon et une mention bien distincte de la rue St. Pierre. La maison construite près de ce site fut veadue le 22 octobre 1763 à Wm. Grant, écuyer, qui, le 19 décembre 1763, achetait aussi le reste du terrain jusqu’à basse marée de Thos. Mills, écuyer, major de ville, lequel venait d’en obtenir la patente le 7 décembre 1763 du gouverneur Murray, en récompense, comme il est dit au préambule de l’acte, de ses services militaires. Cette propriété qui plus tard appartenait à M. Wm. Burns, fut par lui cédée, le 16 octobre 1806, à M. J. W. Woolsey.
Le quai Napoléon acquis en 1842 de M. Buteau par feu M. Chouinard, fait maintenant partie de la succession Chouinard ; il se compose en réalité de deux quais réunis en un seul, la partie à l’ouest se nomme Quai de la Reine. La voie qui mène du Cap vers ce quai est nommée Rue Sous-le-Fort, à cause de sa position: elle date probablement de l’année 1620, quard on jeta les fondations du Fort St. Louis. En 1663, elle devait aboutir à la # Pointe des Roches ;” au siècle dernier la Rue Sous-le-Fort comptait entre autres résidences celle de Fleury Joannière, frère de Fleury de la Gorgendière, beau-frère du gouverneur de Vaudreuil.
Il y avait aussi dans cette rue la maison de M. Geo. Alsopp, le chef de l'opposition dans le Conseil du Gouverneur Cramahé, etc. ; son voisin était M. D’Amours des Plaines, le conseiller au Conseil Supérieur; puis ensuite la résidence de M. Cuvillier, le père de l’hon. Austin Cuvillier, le patriote le plus désintéressé qui ait vu le jour à Québec. Dans cette rue se trouvait le magasin de M. Cugnet, le fermier du domaine de Labrador.
Il ne faut pas confondre le Quai Napoléon tel que l’avait fait M. Brunet avant M. Buteau, avec le Quai de la Reine, propriété de M. Woolsey. Du Quai du Roi aux forges du Roi, dont on trouvait les masures au commencement du siècle un peu plus haut que le hangard du Roi, il n’y a que quelques pas.
G. Bellet, M. P. P., demeurait dans la propriété de M. Chouinard, au coin des rues St. Pierre et Sous-le-Fort.
(1) M. de Laval, en 1661, décrivait la viile comme suit :
‘ Quebecum vulgo in superiorem dividitur et inferiorem urbem. In inferiore sunt portus, vadosa navium ora, mercatorum apoticæ ubi et mercss servantur, bon de quodlibet peragitur publicum et magnus civium numerus commoratur.
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