‹ Les rues et les cris de Paris au XIIIe siecleChapitre 7 sur 121 · H. Géraud, Paris sous Philippe le Bel, p. 472 et · texte numérisé non relu

H. Géraud, Paris sous Philippe le Bel, p. 472 et

percepteurs. Il ne faut pas oublier qu'à cette époque, la division était fort arbitraire; certaines voies tracées en ligne droite portaient sur leur parcours trois ou quatre dénominations différentes, sans que rien indiquât bien nettement à quel endroit devait avoir lieu le changement de nom *. Beaucoup d'autres n'avaient pas encore de dénomination bien arrêtée et connue en dehors du quartier; nous les trouvons désignées, soit par le nom des propriétaires dont les maisons occupaient chacune des extrémités : * En celle parroisse, de la méson feu mestre Estienne du Guet, jusques à la méson où demeure mestre Rogier du Chastelet ; » soit par leur situation : ce La ruèle qui va à Sainne, devant la méson Jehan Cheval, » ou encore : « La rue à commencier aus Agustins, et à venir outre la porte. »

L'aspect de ces rues était, d'ailleurs, toujours à peu près le même. Cependant, à cette époque, un fonctionnaire spécial nommé voyer avait été chargé de surveiller la voirie urbaine. Jean Sarrazin, voyer de Paris sous Louis IX

E. C'est sous Louis XV seulement, en 1728, que Ton commença à inscrire le nom des rues à l'angle de chacune d'elles. Voy. A. -F., la Voirie et V hygiène publique à Paris, depuis le XIIe siècle, p. 69 et suiv.

et Philippe III, venait même de dresser ( 1 270) un état en treize articles *, résumant les devoirs et les prérogatives attachés à ses fonctions. On y apprend que le voyer était exempt de la taille et du guet 2 ; il prélevait une redevance sur la vente du poisson et de la viande; il exerçait haute et basse justice sur les moulins de Mibray et sur ceux du Petit-Pont, et il rendait ses jugements au Châtelet. On ne pouvait sans son autorisation ouvrir ni fermer une rue, en modifier l'alignement ou la direction, poser de nouvelles saillies ou changer les anciennes, établir des étaux pour la vente des denrées, exhausser une maison, construire un balcon, en un mot exécuter aucune réparation, aucun ouvrage nouveau sur un point quelconque de la ville.

Tout ceci, au reste, demeura bien longtemps encore à l'état de théorie, et nous traverserons plus d'un siècle avant de rencontrer un voyer qui ait su imposer son autorité à la population parisienne.

En principe, le roi seul avait droit de voirie dans Paris et dans la banlieue, à l'exception

1. On le trouve dans Félibien, Histoire de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 309.

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