CHAPITRE xxii. igy
ri leurs recherches sur l'ordre et la disj)osilion de \'timi^ei-s, arrivèrent à de nouveaux résultats, et dressèrent de nouveaux systèmes de puissances et lie causes motrices.
« Long-temj)s borne's aux simples apparences , ils n'avaient vu dans les mouvemens des astres rju'un jeu inconnu des corps lumineux , qu'ils croyaient rouler autour de la terre , point central de toutes les sphères; mais alors qu'ils eurent de'couvert la rondeur de notre planète , les conse'- ({uences de ce premier fait les conduisirent à des considérations nouvelles ; et d'induction en induction , ils s'élevèrent aux plus hautes conceptions de l'astronomie et de la physique.
« En eflet , ayant conçu cette idée lumineuse et simple , que le globe terrestre est un petit cercle inscrit dans le cercle plus grand des deux , la théorie des cercles concentriques s'oflrit d'ellemême à leur hypothèse, pour résoudre le cercle inconnu du globe terrestre par des points connus du cercle céleste ; et la mesure d'un ou de plusieurs degrés du méridien donna avec précision la circonférence totale. Alors, saisissant pour rampas le diamètre obtenu de la terre , un génie heureux l'ouvrit d'une main hardie sur les orbites immenses des cieux ; et , par un phénomène inouï , du grain de sable, qu'à peine il couvrait , l'homme, embrassant les distances infinies des astres , s'élança dans les abîmes de l'espace et de la durée :' là se présenta à ses regards un nouvel ordre de Vunncrs , le globe atome qu'il habitait ne lui
parut plus le centre : ce rôle important fut défère à la masse énorme du soleil, et cet astre devint le pivot enflammé de huit sphères environnantes , dont les mouvemens furent désormais soumis à la précision du calcul.
« C'était déjà beaucoup pour l'esprit humain, d'avoir entrepris de résoudre la disposition et l'ordre des grands tires de la INatcre ; mais non content de ce premier effort , il voulut encore en résoudre le mécanisme , en deviner Vorigine et le principe moteur, et c'est là qu'engagés dans les profondeurs abstraites et métaphysiques du mouvevient et de sa cause première, des propriétés inhérentes ou communiquées de la matière , de ses formes successii^es , de son étendue, c'est-àdire de l'espace et du temps sans bornes , les phy^ siciens théologues se perdirent dans un chaos de raisonnnemens subtils et de controverses scolastiques.
« Et d'abord l'action du soleil sur les corps terrestres leur ayant fait regarder sa substance comme un/eu pur et elémentaii-e , ils en firent le foyer et le réser^'oir d'un océan de fluide igné , lumineux , qui , sous le nom à'ether , remplit l'univers et alimenta les êtres. Ensuite, les analyses d'une physique savante leur ayant fait découvrir ce même /eu, ou un autre parfaitement semblable , dans la composition de tous les corps , et s'étant aperçus cp'il était l'agent essentiel de ce mouvement spontané que l'on appelle vie dans les animaux et régetalion dans les piauler, ils cou-
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riirent le jeu cl K- mccanisine «.le luiui^ers comme celui d'un tout hamoi^'ène , d'un corps identique , tlont les parties , quoique distantes , aidaient cependant une liaison intime (6i); et le monde fut un ctfe vivant , anime par la circulation organique d'un fluide igné ou même électrique (G2) , qui , par un premier terme de comparaison pris dans l'homme ou les animaux , eut le soleil pour cœur ou foyer (63).
« Alors , parmi les philosophes thëologues, les uns partant de ces principes , résultats de l'observation , « que rien ne s'anéantit dans le monde ; que les élémens sont indestructibles ; qu'ils changent de combinaisons, mais non de nature ; que la vie et la mort des êtres ne sont que des modifications variées des mêmes atomes ; que la matière possède par elle-même des propriétés d'où résultent toutes ses manières d'être ; que le monde est éternel, sans bornes d'espace et de durée » ; les ims dirent que V univers entier était Dieu; et, selon eux , Dieu fut un être à la fois effet et cause , agent et patient , principe moteur et chose mue , ayant pour lois les propriétés invariables qui constituent la fatalité ; et ceux-là peignirent leur pensée tantôt par l'emblème de Pa\ (le grand tout) , ou de Jupiter au front d'étoiles , au corps planétaire , aux pieds d'animaux , ou de Y œuf orphique, dont le jaune, suspendu au milieu d'un liquide enceint d'une voûte, figura le globe du soleil nageant dans l'éther (64) au milieu de la voûte des cicnx : tantôt par celui d'un grand icrpcni
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rond, figurant les cieux où ils plaçaient le premier mobile par cette raison, de couleur d' azur , parsemé de lâches d'or ( les e'toiles ) , dévorant sa queue, c'est-à-dire rentrant en lui-même et se repliant e'ternellement comme les re'volutions des sphères: tantôt par celui d'un homme ayant les pieds liés et joints , pour signifier V existence immuable ; enveloppe' d'un manteau de toutes les couleurs, comme le spectacle de la nature, et portant sur la tête une sphère d'or (65) , emblème de la sphère des e'toiles : ou par celui d'un autre homme quelquefois assis sur la fleur du lotos porte'e sur l'abîme des eaux , quelquefois couché sur une pile de douze carreaux , figurant les douze signes célestes. Et voilà, Indiens, Japonais, Siamois, Tibétains, Chinois, la théologie qui , fondée par les Egyptiens , s'est transmise et gardée chez vous dans les tableaux que vous tracez de Brahma , de Beddnu , de Sommonacodom , (VOmito ; voilà même, Hébreux et chrétiens! l'opinion dont vous avez conservé une parcelle dans votre dieu , smiffle porté sur les eaux , par une allusion au vent, qui, à l'origine du monde, c'est-à-dire au départ des sphères du signe du cancer, annonçait l'inondation du IXil , et sem-^. M ait préparer la création.