‹ Les ruinesChapitre 54 sur 66 · S IX · texte numérisé non relu

S IX

Religion du Moïse , ou culte de l'nme du monde. (You-piter.)

« Tel fut le législateur des Hébreux , qui, voulant séparer sa nation de toute autre , et se former un empire isolé et distinct , conçut le dessein d'en asseoir les bases sur les préjugés religieux , et d'élever autour de lui un rempart sacré d'opinions et de rites. Mais vainement proscrivit-il le culte des symboles régnant dans la Basse-Egypte et la Phénicie ; son dieu n'en fut pas moins un dieu égyptien (69) , de l'invention de ces prêtres dont Moïse avait été le disciple ; et Yahuu , décelé par son propre nom (70) , Vessence (des êtres) , et par son symbole, le buisson de Jeu , n'est que Vdme du monde , le principe moteur que , peu après , la Grèce adopta sous la même dénomination dans son You-piter, être générateur; et sous celle à'Ei (71), V existence, que les Thébains consacraient sous le nom de Kneph ; que Sais adorait sous l'emblème d'Isis voilée , avec cette inscription : Je suis tout ce qui a été, tout ce qui est, tout ce qui sera , et nul mortel n'a let^é mon voile ; que Pythagore honorait sous le nom de Vesta , et que la philosophie stoïcienne définissait avec précision en l'appelant le principe du feu. Moïse voulut en vain effacer de sa religion tout ce qui rappelait le culte des astres : une foule de traits restèrent malgré lui pour le retracer; et les sept

io8 LES RLI.NES.

lumières ou planètes du grand chandelier , les douze pieives ou signes de l'un w du grand-prêtre, la fête des deux équinoxes , oui^erlures et portes de deux hémisphères , la ce're'monie de l'agneau ou helier céleste; enfin le nom d'0^«m même (72) , conserve' dans son cantique, et l'arc/ie ou coffre imite du tombeau où ce dieu fut enferme' , demeurent pour servir de te'moins à la filiation de ses idées et à leur extraction de la source commune.

SX.

Religion de Zoroastre.

a Tel fut aussi Zoroastre , qui , deux siècles après Moïse , rajeunit et moralisa chez les Mèdes et les Bactriens tout le système égyptien d'Osiris et de Typhon , sous les noms d'Ormuzd et d'Ahrimanes ; qui , pour expliquer le système de la nature, supposa deux grands dieux on pouvoirs, l'un occupe' à créer, à produire dans un empire de lumière et de douce chaleur (dont le tx'pe est l'e'té}., et, par cela, dieu de science , de bienfaisance^ de vertu; l'autre occupe' à détruire dans un empire de ténèbres et àe froid (dont le t^^e est le pôle d'hiv'er ) , et , par cela , dieu d'ignorance ^ de nialfiisance et de péché ; qui, par des expressions figurées , ensuite méconnues , appela création du monde le renouvellement de la scène jihysique à chaque printemps ; appela résurrection le renouvellement des périodes des astres

i:hai'1tre XXII. -Jiog

thui» leurs conjonctions; vie fuluir , cn/cr, paiiulis , ce qui n'était que le Tartare el V Elysce »les astroloi^'ues et des géographes ; en un mot , qui ne fit que consacrer les rêveries déjà exis- Liutes du système mystique.

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