CHAPITRE XXIV. 23g
et alors votre accortl prouve encore celte autre vérité :
« Que les étjvs réels ont en eux-mêmes une ma nièiv d'exister identique , constante , uni/'onuc , et qu'il existe dans vos organes une manière semblable d'en être affectes.
« Mais en même temps , a raison de la mobilité de ces organes par votre volonté , vous pouvez concevoir des aflections différentes , et vous trouver avec les mêmes objets dans xles rapports divers ; en sorte que vous êtes à leur égard comme une glace rcjiéchissante , capable de les rendre tels qu'ils sont en effet , mais capable aussi de les défigurer et de les altérer.
« D'où il suit que , toutes les fois que vous percevez les objets tels qu'ils sont , vous êtes d'accord entre vous et avec eux-mêmes ; et cette similitude entre vos sensations et la manière dont existent les êtres , est ce qui constitue pour vous leur vérité.
« Qu'au contraire , toutes les fois que vous différez d'opinions , votre dissentiment est la pi^euve que vous ne représentez pas les objets tels qu'ils sont, que vous les changez.
« Et de là se déduit encore, que les causes de vos dissentimens n'existent pas dans les objets euxmêmes , mais dans vos esprits , dans la manière dont vous percevez ou dont vous jugez.
« Pour établir Vunanimiié d'opinion , il faut donc préalablement bien établir la certitude, bien constater (/iic les tableaux que se peint l'esprit
2^0 LES RLI.XES.
sont exactementressemhlans a leio's modèles ; qu'il réfléchit les objets correctement tels qu'ils existent. Or , cet effet ne peut s'obtenir qu'autant que ces objets peuvent être rapportes au témoignage et soumis à l'examen des sens. Tout ce qui ne peut subir cette épreuve , est par là même irapossible à juger; il n'existe à son e'gard aucune règle , aucun terme de comparaison . aucun moven de certitude.
o D'où il faut conclure que , pour vh>re en con- <:orde et en paix , il faut consentir à ne point prononcer sur de tels objets , à ne leur attacher aucune importance ; en un mot , qu'il faut tracer une li^ne de déniarcatioîi entre les objets vérifiablés et ceux qui ne peuvent être vérifiés , et séparer , d'une barrière inviolable , le monde des êtres fantastiques du monde des réalités , c'est-àdire qu'il faut oter tout effet civil aux opinions tliéologiques et religieuses.
« Voilà , ô peuples ! le but que s'est proposé une grande nation affranchie de ses fers et de ses préjuge's ; voilà l'ouvrage que nous avions entrepris sous ses regards et par ses ordres , quand vos rois et vos prêtres sont venus le troubler... Orois et prêtres I vous pouvez suspendre encore quelcpie temps la publication solennelle des lois de la nature ; mais il n'est plus en votre pouvoir de les anéantir ou de les renverser. »
Alors un cri immense s'éleva de toutes les parties de l'assemblée; et l'universalité des peuples, par un mouvement unanime , témoignant son ad-
ClIAriTIlE XXIV. 'i|I
licsion aux paroles «.lu législateur : « Reprenez, lui ilirenl-ils, votre saint et sublime ouvrage, et ]iorlez-le à sa perfection ! Recherchez les lois <|ue la nature a posées en nous pour nous diriger, et (Iressez-en l'authentique et immuable code ; mais que ce ne soit plus pour une seule nation, pour une seule famille , que ce soit pour nous tous sans exception ! Soyez le législateur de tout le genre humain , ainsi que vous serez l'interprète de la viéme nature ; montrez-nous la ligne qui se'pare le monde des chimères de celui des réalités ; et enseignez-nous , après tant de religions et d'erreurs, la religion de l'évidence et de la vél'ité ! »
Alors , le législateur ayant repris la recherche et l'examen des attributs physiques et constitutifs de l'homme , des mouvemens et des affections qui le régissent dans l'e'tat individuel et social^ développa en ces mots les lois sur lesquelles la nature elle-même a fonde' son bonheur.
SERVA^•T D ECLAinCISSEMENS ET D ALTORITES .V DIVERS PASSAGES DU TEXTE.
(i) Page 5. {Le fil de la Serique. ) C'est-à-dire la soie, originaire du pays montueux où se termine la grande muraille, pays qui paraît avoir été le berceau de l'empire chinois , connu des Latins sous le nom de Regio-Serarinn, Serica.
(2) Ibidem. {Les tissus de XacAemire. ) C'est-à-dire les châles, qu'Ezéchiel, cinq siècles avant notre ère, paraît avoir désignés sous le nom de choiid-choud.
(3) Page 21. {La presqu'île trop célèbre de l'Inde.) Quel Lien véritable le commerce de l'Inde , entièrement composé d'objets de luxe , procure-t-il à la masse d'une nation? qxiels sont ses effets, sinon d'en exporter, par une marine dispendieuse en hommes , des matières de besoin et d'utilité , pour y importer des denrées inutiles , qui ne servent qu'à marquer mieux la distinction du riche et du pauvre? et quelle masse de superstition l'Inde n'a-t-elle pas ajoutée à la superstition générale?
(4) Page 22. {Voilà Thebes aux cent palais.) L'expédition française en Egypte a prouvé que Thches , divisée en quatre ou cinq cités , sur les deux bords du Kil , ne put
2^4 >OTES.
avoir les cent portes cloiit parle Homère. ( Voj. le lome II de la commission d'Egvpte. ) L'hislorien Diodore de Sicile avait déjà indique' la cause de rcrreui-, en observant que le mot oriental porte, signifiait aussi palais (à cause du vestibule public qui en forme toujours l'entrée), et cet auteur semble avoir saisi la cause de cette tradition grecque , quand il ajoute : « Depuis Tbèbes jusqu'à Memphis , il a « es-isté le long du fleuve cent vastes écuries royales , dont « on voit encore les ruines , et qui contenaient chacune « deux cents chevaux (pour le service du monarque) : » tous ces nombres sont exactement ceux d'Homère. (Voyez Diodore de Sicile, liv. I , sect. II , §. des premiers rois d'Egypte. ) Le nom à' Ethiopiens appliqué ici aux Thébains est justifié par l'exemple d'Homère, et par la peau réellement noire de ces peuples. Les expressions d'Hérodote, lorsqu'il dit que les Egyptiens avaient la peau noire et les cheveux crépus, d'accord avec la tête du sphinx des pyramides , ont pu et dû faire cioire à V auteur an Voyage en Syrie que cet ancien peuple fut de race nègre ^ mais tout ce que l'expédition française a fait connaître de momies et de têtes sculptées est venu démentir cette idée ; et le voyageur, docile aux leçons des faits , a délaissé son opinion, avec plusieurs autres qu'il avait consignées dans un mémoire chronologique , composé à l'âge de vingt-deux ans , et qui , mal à propos , occupe une place dans l'Encvclopédie in-^o, tome III des Antiquités. L'expérience et l'étude lui ont procuré le mérite de se redresser lui-même sur bien des points , dans un dernier ouvrage publié à Paris , en iSi^ et i8i5 , sous le titre de Recherches nouvelles sur l'Histoire ancienne, 2 vol. in-8°. {Voyez le tome II , pour les Egj-ptiens. )
(5) Page 23. {Ici étaient ces ports induméens.) Les villes d'v^/ï/aA et à'Atsiom Gaber, d'où les Juifs de Salo-
JtOTKS. 2^5
mon , miid.-^ |Mi II . V'> riens ilo Uii<nn, ]i,irlaic'nl pour se riMidrr à D/i/iii-j lieu inconnu sur li>(|ucl oii a l)i'aucoui> ocril , mais qui parait avoir laisse sa Iraco dans (i/'or, canton arabe , à l'entrée du golfe Persique. ( f^oj-. à ce sujet les Recfien'hes noin'elles, cite'es ci-dessus, tonicl, elle f^'ojage en Syrie, tome II. )
(6) Page 47- {-4insi , parce qu'un homme fut plus fort, cette inégalité, accident de la nature , fut prise pour sa loi. ) Presque tous les anciens philosophes et politiques ont e'tabli en principe et en dogme , que les hommes naissent inégaux ; que la nature a créé les uns pour être libres, les autres pour être esclat'es. Ce sont les expressions positives d'Aristote dans sa Politique, et de Platon , appelé divin, sans doute dans le sens des rêveries mythologiques qu'il a débitées. Le droit du plus fort a été le droit des gens de tous les anciens peuples , des Gaulois , des Romains , des Athéniens ; et c'est de là précisément que sont dérivés les grande désordres politiques et les crimes publics des nations.
(7) Page 48. yEt le despotisme paternel fonda le despotisme politique.) Qu'est-ce qu'une famille? C'est la portion élémentaire dont se compose le gi-and corps appelé nation. L'esprit de ce grand corps n'est que la somme de ses fractions; telles les mœurs de la famille, telles celles du tout. Les grands vices de l'Asie sont , i<'. le despotisme paternel ; 2^. la polygamie , qui démoralise toute la maison , et qui , chez les rois et les princes , cause le massacre des frères à chaque succession , et ruine le peuple en apanages ; 3". le défaut de propriété des biens-fonds, par le droit tyrannique que s'arroge le despolo; 4°- l'inégalité de partage entie les enfans ; 5°. le droit abusif de tester; 6°. et l'exclusion donnée aux femmes dans l'héritage. Changez '-'■- lois , vous changerez l'Asie.
246 >OTES.
i'8; Page 5i. {L'autre, effet de l'égoisnUj que tendant toujours à concentrer le poui>oir en une seule main.) Il est très remarquable que la marche constante des socie'tés a été dans ce sens , que commençant toutes par un état anarcliique ou démocratique, c'est-à-dire par une grande division des pouvoirs . elles ont ensuite passé à V aristocratie, et de l'aristocratie à la monarcliie. De ce fait historique il résulterait que ceux qui constituent des Etats sous la forme démocratique, les destinent à suhir tous les troubles qui doivent amener la monarchie y mais il faudrait en même temps prouver que les expériences sociales sont déjà épuisées pour l'espèce humaine , et que ce mouvement spontané n'est pas l'effet même de son ignorance et de ses hatitudes.
C9) P^^ 53. (Sous prétexte de religion, leur orgueil fonda des temples, dota des prêtres oiseux, bâtit pour ile vains squelettes d'ex-travagans tombeaux , mausolées et pyramides.) Le savant Dupuis n'a pu croire que les pyramides fussent des tombeaux ; mais , outre le témoignage positif des historiens . lisez ce que dit Diodore de l'importance religieuse et superstitieuse que tout Egyptien attachait à bâtir sa demeure étemelle, lib. I.
« Pendant vingt ans , dit Hérodote . cent mille hommes travaillèrent chaque jotir à bâtir la pyramide du roi égyptien Cheops. » Supposons par an seulement trois cents jours . à cause du sabbat, ce sera 3o millions de journées de travail en une année . et 600 miUions de journées en vingt ans : à i5 sous par jour, ce sera .^oo millions de francs perdus sans auciin produit ultérieur. — Avec cette somme , si ce roi eût fermé l'isthme de Suez d'une /orte muraille, comme celle de la Chine, la destinée de l'Egypte eût été tout autre: les invasions étrangères eussent été arrêtées, anéanties , et les Araljes du désert n'eussent ni conquis ni
vexe ce pays Travaux stériles .' que de milliank perdus à mettre pierre sur pierre, en forme àc temples et d'églises. Les alchimistes cliangent les pierres en or ^ les arcliitecles changent l'or en pierres. Malheur aux rois ( comme aux tourgcois) qui livrent leur Lourse à ces deux classes d'empiriques î
( 10) Page 65. (.^ prononcer immédiatement Aûm.) Ce mot , jx>ur le sens , et presque }X)ur le son , ressemble à VAeuiim (ïevum)des Latins, V éternité, le temps sans hiirnes. Selon les Indiens , ce mot est remblème de la divinité' tripartite : ^4 désiq.ne Brahma (le temps passe', qui a cre'é); Uj Vichenou (le temps présent, qui conserve); M , Chiven ( le temps futur, qui de'truira).
(11) Ibid. (S'il faut commencer par le coude.) C'est un des grands points de schisme entre les partisans d'Omar et ceux d'Ali. Supposons que deux musulmans se rencontrent en voyage, et qu'ils s'abordent fraternellement ; l'heure de la prière venue, l'un commence l'ablution par le bout des doigts , l'autre par le coude , et les voilà ennemis à mort. En d'autres pays, qu'un homme veuille manger de la viande tel jour plutôt que tel autre , ce sera ici un cri d'indignation. Quel nom donner à de telles folies?
(i2; Page 75. (La horde des Oguzians.) Avant que les Turcs eussent pris le nom de leur chef Othman I'''", ils portaient celui à' Oguzians j et c'est sous cette de'nomination qu'ils furent chasse's de la Tartarie par Gengii , et vinrent des bords du Gihoun s'e'tablir dans l'Anadoli.
(i3) Page 80. ( Qu'il régnait de peuple à peuple... des haines implacables. ) Lisez l'histoire des guerres de Rome et de Carthage , de Sparte et de Messène, d'Athènes
248 >OTES.
et de Syracuae, des Hehreux et des Plie'niciens ; cl Noiia
cependant ce que l'antiquité' vante de plus police .'
(i^) Page 88. {Le Chinois avili pai' le despotisme du bambou. ) Les Je'suites se sont efforces de peindre sous de LeUes couleurs le gouvernement chinois ; aujourd'hui l'on sait que c'est un pur despotisme oriental (entravé par le vice d'une langue et surtout rf'î/ne écriture mal construites). Le peuple chinois est pour nous la preuve que dans l'antiquité', jusqu'à l'invention de l'écriture alpliabétique , l'esprit humain eut heaucoup de peine à se déployer, comme , avant les chiffres arahes , on avait beaucoup de peine à compter. Tout dépend des méthodes : on ne changera la Chine qu'en changeant sa langue.
(i5} Page 96. (Pieconnaissez l'autorité légitime. )Voui apprécier le sens du mot légitime, il faut remarquer qu'il vient du latin legi-intimus, intrinsèque à la loi, écrit en elle. Si donc la loi est faite par le prince seul, le prince seul se fait lui-même légitime : alors il est purement despote : sa volonté est la loi. Ce n'est pas là ce qu'on veut dire : car le même droit serait acquis à tout pouvoir qui le renverserait. Qu'est-ce que la loi ( source du droit )? Le latin va encore nous le dire : le radical leg-ere, lire, lectio, a fait lex, res lecta, chose lue : cette chose lue est un ordre dejaire ou de ne pas faire telle action désignée, et ce, sous la condition d'une peine ou d'une récompense ailaichée à l'observation ou à l'infraction. Cet ordre est lu à ceux qu'il concerne, afin qu'ils n'en ignorent. Il a été écrit, afin d'être lu sans altération : tel est le sens , et telle fut l'origine du mot loi. De là les diverses épithètes dont il est susceptible : loi sage, loi absurde, loi Juste, loi injuste, selon l'effet qu'il eu résulte ; et c'est cet effet qui caractérise le jx)U\oir d'où elle émane. Or. dans l'état so-
NOTKS. T.^C)
cial , ilaii» le gouvcriK-nieiU ilfs homiiics , qu'csl-ce fjiie le jtisU il Vinjusli' ? 1 ^. Le juste est de iiiainleniruu tle rendre à cliaqiic iiuliviiUi ce (jui lui apparlieul : par conse'<[ucnl , d'ahord la vie qu'il lient d'un puiiuoir an-dessits de tout ; 2**. l'usage des sens et des faculte's qu'il tient de ce mémo pouNoir; 3". la jouissance des fruits de son travail ; et tout cela , en ce qui ne blesse pas les mentes droits en autrui ; lar s'il les hlcssc, il y a injustice, c'est-à-dire rupture d\'i^iilité et A'eqtiililit'e d'homme à homme. Or, plus il y a de lésés, plus il y a d'injustice : par conséquent, si, comme il est de fait , ce qu'on appelle le peuple compose l'immense majorité d'une nation , c'est l'intérêt , c'est le Lien-être de «elle majorité qui constitue la justice; ainsi la vérité se trouve dans l'axiome qui a dit : Salus populi suprema lex esta. Le Salut du peuple , voilà la loi , voilà la légitimité. Et remarquez que le salut ne veut pas dire la volonté , comme l'ont supposé quelques fanatiques ; car d'abord le peuple peut se tromper; puis comment exprimer cette volouté collective et absti'aite? l'expérience nous l'a prouvé. Salus populi '. L'art est de le connaître et de l'eftectuer.
(i6) Page lo3. (L'idée de justice emporte essentiellement celle d'égalité.) Les mots retracent eux-mêmes cette connexion : car œquilihnim, œquitas, œqualitas sont tous d'une même famille; et l'idée dcVégalité matérielle, de la balance, est le type de toutes ces idées abstraites. La liberté elle-même , bien analysée , n'est encore que la justice : car si un homme, parce qu'il est libre, en attaque un autre , celui-ci , par le même droit de liberté , peut et doit le repousser; le droit de l'un est égal au droit de l'autre : la force peut rompre cet équilibre , mais elle de- V ient injustice et tyrannie de la part du plus bas démocrate, comme de celle du plus haut potentat.
(17) Page 118. (Et celte religion (de Mahomet) n'a cessé d'inonder de sang la terre.) Lisez l'histoire de l'islamisme par ses propres e'crivains , et vous vous convaincrez que toutes les guerres qui ont désole' l'Asie et l'Afrique, depuis Mahomet, ont eu pour cause principale le fanatisme apostolique de sa doctrine. On a calcule' que Ce'sar avait fait périr trois millions d'hommes : il serait curieux de faire le même calcul sur chaque fondateur de religion.
(18) Page 121. (Et cent autres sectes.) Lisez à ce sujet le Dictionnaire des hérésies, par l'ahbé Pluquet , qui en a omis un grand nombre : 2 vol. in-b"*, petit caractère.
(19) Page 123. (Et les Parsis se diviseront.) Les sectateurs de Zoroastre , nommés Parsis, comme descendans des Perses , .sont plus connus en Asie sous le nom injurieux de Gaures ou Gu'ebres, qui veut dire infidèles ; ils y sont ce que sont les juifs en Europe. Môbed est le nom de leur pape ou grand-prêtre. Voyez Henri Lord, Hjde, et le Tjend-Avesta , sur les rites de celte religion.
(20) Page 124. (Brahma... réduit à servir de piédestal ail Lingham.) Voyez le tome 1er, in-^**, du Voyage de Sonnerai aux Indes.
(21) Page 125. (Le Chinois l'adore dans Fôt.) La langue chinoise n'ayant ni le B ni le D, ce peuple a prononcé Fût ce que les Indiens et les Persans prononcent Boddj, ou Boiidd ( par où. bref). Fôt, au Pegou , est devenu Fota et Fia, etc. Ce n'est que depuis peu d'années que l'on commence d'avoir des notions exactes de la doctrine de Boudd et de diver? sectaires : nous devons ces notions aux sar ans anglais, qui, à mesure que leur nation subjugue les peuples de l'Inde , en étudient les religions et les mœurs.
NOTES. j5i
pour les Uiiw connaifre. L'ouvrage inlilulo Asiatkk Resettrcfies est unecollecliou précieuse en ce genre : on trouve dans le tome VI, page i63, dans le tome VII, page 32 et page 399, trois me'moires instructifs sur les /loiiddistes de Ceylan et de Birmah ou Aiui. Un écrivain anonyme, mais qui paraît avoir me'dite'ce sujet , a public dans VÀsintick Journal de 1816, mois de janvier et suivans , jusqu'en mai , des lettres qui font désirer de plus grands developpemens. Nous reviendrons à cet article dans une note du chapitre XXI.
(22) Page 126. {Le sintoisle nie l'existence.) Voyez dans Kempler, la doctrine des sintoïstes , qui est celle iVEpicure niêle'e à celle des stoïciens.
(23) Ibid. (Le Siamois, l'écran talipat à la main.) C'est une feuille de palmier lalanier ; de là est venu aux bonzes de Siam le nom de talapoin. L'usage de cet e'cran est un privilège exclusif.
(2^) Ibid. (Le sectateur de Confutzée cherche son horoscope.) Les sectateurs de Confucius ne sont pas moins adonnés à l'astrologie que les bonzes : c'est la maladie morale de tout l'Orient.
(25) Ibid. Le Dalaî-Lama ou l'immense prêtre de La, est ce que nos vieilles relations appelaient le prêtre Jean, par l'abus du mot persan Djehân, qui veut dire le monde. Ainsi le prêtre Monde, le dieu Monde, se lient parfaitement.
Dans une expe'dition récente , les Anglais ont trouvé des idoles des lamas qui contenaient des pastilles sacrées , de la garde-robe du grand-prêtre. On en peut citer pour témoins Hastings, et le colonel Pallier, qui a péri dans les
trouLles d'Avignon. On sera Lien élonne d'apprendre que celte idée si re'voltanle tient à une idée profonde , celle de la métempsycose , qu'admettent les lamas. Lorsque les Tartares avalent les reliques du pontife ( comme ils le pratiquent ) , ils imitent le jeu de l'univers , dont les parties s'absorLent et passent sans cesse les unes dans les autres. C'est le serpent qui cléi>ore sa queue; et ce serpent est Boudd et le m.onde.
(26) Page 127. r Qui adorent un serpent dont les porcs sont avides. ) Il arrive souvent que les porcs de'vorent des serpens de l'espèce que les nègres adorent , et c'est une grande de'solation dans le pays. Le pre'sident de Brosses a rassemble' dans son Histoire des Fétiches , un tableau curieux de toutes ces folies. (Voilà le Téleute.^ Les Téleutes, nation tartare , se peignent Dieu portant un vêtement de toutes les couleurs, et surtout des couleurs rouges et vertes ; et parce qu'ils les trouvent dans un habit de di"agon russe , ils en font la comparaison à ce genre de soldats. Les Egyptiens babillaient aussi le dieu Monde d'un habit de toutes couleurs. Eusèbe, Prœp. evang.jT^. Ii5, lib. III. Les Téleutes appellent Dieu Bon, ce qui n'est qu'une altération de Boudd, le dieu Œuf et Monde. {Voilà le Kamtschadale.) Consultez à ce sujet l'ouvrage intitulé Description des peuples soumis à la Russie, et vous verrez que le tableau n'est point chargé.
(27) Page 142- (Votre système porte tout entier sur des sens allégoriques. ) Quand on lit les Pères de l'Eglise, et que l'on voit sur quels argumens ils ont élevé l'édifice de la religion, l'on a peine à comprendre tant de crédulité ou de mauvaise foi : mais c'était alors la manie des allégories : les païens s'en servaient pour expliquer les actions de dieux; et les chrétiens ne firent que suivre l'esprit de leur siècle ,
NDTES. 253
en lo tournant vers un autre côté. Il serait curieux de publier aujoiud'liui do tels livres, ou seulement leurs extraits.
(28) Page 145. ( Les Juifs devinrent nos imitateurs, nos (liscip/es.) Voyez à ce sujet le tome le"" des Recherches noin'elles sur l'Histoire ancienne, où il est de'montre' cpie le Pentateuque n'est point l'ouvrage de Moïse : cette opinion e'tait répandue dans les premiers temps du cliristianisme, comme on le voit dans les Clémentines, homélie II, §. 5i , et homélie VIII; mais personne n'avait démontré que le véritalile auteur fût le grand-prétre Helhias, l'an 621 avant J.-C
(29) Page 1^7. ( Tant de choses analogues au christianisme.) Les Parsis modernes et les Mithriacjues anciens , qui sont la même chose , ont tous les sacremens des chrétiens , même le soujfletàc la confirmation. « Le Prêtre de Mithra, dit Tertullien , De Prœscriptione, c. ^o, promet la délivrance des péchés par leur aveu et par le baptême y et , il m'en souvient bien , Mithra marque ses soldats au front ( avec le chrême , kouphi égyptien ) ; il célèbre V ablation du pain, l'image de la résun-ection, et présente la couronne , en menaçant de l'épée , » etc.
Dans ces mystères on éprouvait l'initié par mille terreurs , par la menace du feu , de l'épée , etc., et on lui présentait une couronne , qu'il refusait , en disant : Dieu est ma couronne. {Voyez cette couronne dans la sphère céleste, à côté de Bootes. ) Les personnages de ces mystères portaient tous des noms â! animaux constellés. La messe n'est pas autre chose que la céleTiration de ces mystères et de ceux d'Eleusis, lue Dominus 'vobiscum est à la lettre la formule de réception chron-k , àm , p-ah. (Voyez Beau- ^ohre, Histoire du ^fanichéisme, tome JJ.)
(3o) Page 1/^8. Les Vedas ou Vedams sont les iivrfs sacrés des Indous , comme les Bihles chez nous. On en compte trois : le Rick Yeda, le Yadjour Veda, et le Sama Veda. Ils sont si rares dans l'Inde , que les Anglais ont eu licaucoup de peine à en trouver un original , dont ils ont fait faire une copie déposée au British Muséum. Ceux qui comptent quatre Yedas , y comprennent V.4ttarNeàz , qui traite des cérémonies , et qui est perdu. Il y a ensuite des commentaires nommés Upanishada, dont l'un a été puLlié par Anquetil-Duperron , sous le titre de Oupnekhat, livre curieux en ce qu'il donne une idée de tous les autres. La date de ces livres passe 25 siècles au-dessus de notre ère ; leur contenu prouve que toutes les rêveries des métaptysiciens grecs viennent de l'Inde et de l'Egypte. — Depuis Tan 1788, les savans anglais exploitent dans l'Inde une mine de littérature dont on n'avait aucune idée en Europe , et qui prouve que la civilisation de l'Inde remonte à une très haute antiquité. Après les Vedas viennent les Chastras, au nombre de six : ils traitent de théologie et de sciences. Puis viennent , au nombre de dix-huit , les Pouranas j qui traitent de mythologie et d'histoire. (Yoyez le Bahgoitet-guitâ, Baga-Vedanij et YEzour-Vedam, traduits en français, etc.)
(3l; Page 102. {La doctrine intérieure.') Les houdistes ont deux doctrines, l'une publique et ostensible, l'autre intérieure et secrète , précisément comme les prêtres égyptiens. Pourquoi cette difiérence? demandera-ton. C'est que la doctrine publique enseignant les offrandes, les expiations, \es fondations, etc., il est utile de la prêcher au peuple ; au lieu que l'autre enseignant le néant et ne rapportant rien , il convient de ne la faire connaître qu'aux adeptes. On ne peut classer plus évidemment les hommes çn fripons et eu dupes '.
(32) Page i53. Toute cette cosmogonie des lamas , des bonzes , et même des brames, comme l'atteste Henri Lord , revient littéralement à celle des anciens Égyptiens. « Les Egyptiens, dit Porphyre , appellent Kneph, l'intel- «« ligence ou cause effecti-ice ( de l'univers ). Ils racontent « que ce dieu rendit par la bouche un œufj duquel fut pro- « duit un autre dieu, nomme' Phtlia ou Yulcain (le feu « principe, le soleil), et ils ajoutent que cet cbm/ est le « monde. » ( Eusèbe^ Prœp. evang., page Ii5.)
« Us représentent , dit-il ailleurs , le dieu Kneph, ou M la cause efficiente , sous la forme d'un homme de couleui- M bleu fonce' ( celle du ciel ), ayant en main un sceptre , «I portant une ceinture, et coiffe' d'un petit bonnet rojal « de plumes très légères, pour marquer combien est sub- « tile et fugace l'idée de cet être. » Sur quoi j'observerai que Kneph, en be'breu , signifie une aile, une plume ^ que cette couleur bleue ( céleste ) se trouve dans la plupart des dieux de l'Inde, et qu'elle est, sous le nom de narayan, une de leurs épitliètes les plus célèbres.
(33) Page 154. ( Que les lamxis ne sont que des manichéens.) Voy. l'Histoire du Manichéisme, par Beausobre, qui prouve que ses sectaires furent purement des zoroastriens ; ce qui fait remonter l'existence de leurs opinions I300 ans avant J.-C. Il suit de là que Boudd Chaucasam fut encore antérieur, puisque le doctrine boudiste se trouve dans les plus anciens livres indiens , dont la date passe 3 100 avant notre ère (tel que le Bahgouet guitâ). Observez d'ailleurs que Boudd est la 9^ avatar ou incarnation de Vichenou, ce qui le place à l'origine de cette théologie. En outre, chez les Indiens, les Chinois, les Tibétains, etc., Boudd est le nom de la planète que nous appelons Mercure, et du jour de la semaine consacié à cette planète (le mercredi); cela le remonte à l'origine du calendrier : en même
256 >OTES.
temps cela nous l'incli(jue primitivement identique à UtrmèSj ce qui étend son existence jusqu'en Eg\^te. Maintenant remarquez que les prêtres e'gyptiens racontaient qu.' Hermès mourant avait dit : « Jusqu'ici j'ai ve'cu exilé die ma « véritable patrie, j'y retourne : ne me pleurez pas; je « retourne à la céleste patrie où chacun se rend à son tour : « là est Dieu : cette vie n'est qu'une mort. » Voyez Chalciditis in Timœum. Or, cette doctrine est précisément celle des boudistes anciens , ou samanéens , des pythagoriciens et des orphic/ues. Dans la doctrine d'Orpliée, le dieu monde est représenté par un œuf; dans les idiomes hébreu et arabe, l'œuf se nomme baidh, analogue à Bohdd (Dieu), et à Boûdj en persan , l'existence, ce qui est ( le monde ). Boùdd est encore analogue à bed vad , qui, chez les In-, diens , signifie science. Hermès en était le dieu : il était l'auteur des livres sacrés ou Vedas ég^-ptiens. On voit quels rameaux présente et à quelle antiquité tout ceci nous porte : maintenant le prêtre boudiste à^Ava ajoute , « qu'il est de foi que de temps à autre le ciel envoie sur la terre des Boudda pour amender les hommes , les retirer de leurs nyiceSj et les remettre en voie de salut. » Avec im tel dogme répandu dans l'Inde, dans la Perse, dans l'Egj'pte, dans la Judée , on sent combien les esprits ont dû être disposés dès long-temps à ce que des siècles postérieurs nous offrent .
(34} Page i5!\. {Long-temps aifant Iésous.)D'3ifTèsles. notions des savans anglais dans l'Inde, la doctrine de Boudda y est très ancienne. L'écrivain anonyme que nous avons cité , page 201 , ligne ^ , cite un traité écrit il y a peu d'années par le chef des piètres boudistes d'Ava, à la prière de l'évéque catholique de cette ville, qui dit : « Que les dieux X qui ont apparu dans le présent monde jusqu'à ce jour, i« sont au nombre de quatre ; savoir : Boudda Chaucasam.,
u Bouddn Gonahom, Boiiclda Gnspa, ot Boiiddd Gaii-n « tama, duquel la loi règne actuellement ; il obtint la divi- « nite' à trente-cinq ans , et passa à l'immortalité' 2862 ans « (avant la date dudit e'crit , qui se passe vers i8o5 ). » Par conse'quent , Gautama serait mort vers l'an 667 avant l'ère clire'tienne, au temps où vivait Kyrus en Perse, et où florissait Pythagore.
2'^. D'autre part, des écrivains arabes et persans, cite's dans l'Histoire des Huus , tome II , par de Guignes ; dans l'Histoire de la Chine, tome V, in-^", note de la page 5o, et dans la préface de V Ezom'^Vedam (Yadjour Veda), placent l'apparition d'un autre Boudda à l'année 1027 avant notre ère ( ce serait Gaspa ).
3*'. Le Tableau statistique de l'empereur mogol Akbav, intitulé Alin Akberi, traduit par Gladwin , dit , page ^33 , tome II , que Boudd avait disparu 2962 ans avant l'an ^O de cet empereur, c'est-à-dire i366 avant J.-C. ( Ce serait Gonagom. )
(35) Page i55. {Fondé surVahsence de tout monument authentique.) « Tout le monde sait, » àisaxt Faust 7-e, qui, quoique manichéen , fut un des plus savans hommes du 3* siècle , « tout le monde sait que les Evangiles n'ont été *f écrits ni par J.-C. ni par ses apôtres , mais long-temps « après par des inconnus , qui , jugeant bien qu'on ne les « croirait pas sur des choses qu'ils n'avaient pas vues , mi-. « rent à la tête de leurs récits des noms d'apôtres ou « d'hommes apostoliques et contemporains. » Sur cette question , voyez V Histoire des Apologistes de la Religion chrétienne, attribuée à Fréret , mais qui est de Burigny, membre de l'Académie des Inscriptions. Voyez aussi Moscheim , de Rébus christianorum ; Correspondance ofAlterbury , Archbishop , 5 vol in-8", 179^; Toland , ISnznrenus ; et Beausobrc , Histoire du Manichéisme j \oinr 1
:!58 >oTES.
Il résuUede tout cequ'on a écrit pour et contre, que l'origine précise du christianisme n'est pas connue : que les prétendus te'moignages de Josèphe {Antig. jud., liL. XVIII , c. 3} et de Tacite (^Annales, lib. XV, c. ^4) , ont e'te' interpole's vers le temps du concile de Tsike'e, et que personne n'a encore mis en évidence le fait radical, c'est-à-dire l'existence réelle du personnage qui a occasionné le système. Sans cette existence , néanmoins , il serait difficile de concevoir l'apparition du système à son époque connue , encore qu'il ne soit pas sans exemple en histoire de voir des suppositions gratuites et absolues. Pour résoudre ce problème , vraiment curieux et important, il faudrait qu'un esprit doué de sagacité , muni d'instruction , et surtout d'impartialité, profitant des recherches déjà faites, y ajoutât un tableau comparatif de la doctrine des boudistes , et spécialement de la secte de Samana Goutama, contemporain de Kyrus ; qu'il examinât quelle fut la facilité des communications de l'Inde avec la Perse et la Syrie , et surtout depuis le règne de Darius Hystaspe, qui, selon Agathias et Ammien, consulta les sages de l'Inde , et introduisit plusieurs de leurs idées chez les mages : quelle fut encore cette facilité depuis Alexandre , sous les Seleucides , qui entretenaient des relations diplomatiques avec les rois indiens ; il verrait que , par suite de ces communications , le système des samanéens put se répandre de proche en proche jusqu'en Egypte ; qu'il put être la cause déterminante de la corporation des esséniens en Judée , etc. : alors il ne resterait plus qu'à examiner si , toutes choses étant ainsi préparées , l'exaltation générale des esprits n'a pas pu susciter un individu qui aurait rempli le rôle désigné ; soit que lui-même se fût cru et annoncé pour être le personnage attendu , soit que ce fût la multitude qui, enthousiasmée de sa conduite, de sa doctrine et de ses prédications , lui en eût attribué l'emploi. Dans l'un et l'autre cas , il serait conforme aux probabilités humaine* que des attrouperaens populaires eussent excité la surveil-
.\OTES. 'j59
lance et l'ini|uictuile du gouvernement lomaiu , et qu'enfin un incident remarquable , tel que Ventrée en Je'rusalem , eût de'lerminc'le préfet à une mesure de rigueur , à un acte de se'vice qui aurait brusquement termine ce drame ( à peu près comme il est raconté ) , mais qui n'aui-ait fait qu'acci-oître l'intérêt pour le personnage regrette , et par là donné lieu à des récits et à des associations dont le résultat cadrerait parfaitement avec l'état de cboses qui apparaît ensuite dans l'bistoire. Sans doute là où manque son témoignage positif, l'on ne pourrait établir ce qu'on appelle certitude mora/e," mais par l'encbaînement des causes et des effets, on pourrait arriver à un degré de probabilité qui en produii'ait l'effet ; puisque d'ailleurs , avec les témoignages les plus positifs , l'histoire n'a jamais de droit qu'aux plus ou moins grandes probabilités.
(36) Page 157. {Voilà ce qu'a réi^élé tiotre Boudah.) Ce sont les propres termes de LaLoiibère, dans sa Description du royaume de Siam et de la théologie des bonzes. Leurs dogmes, comparés à ceux des anciens philosophes de la Grèce et de l'Italie , retracent absolument tout le système des stoïciens et des épicuriens , mêlé avec des superstitions astrologiques et quelques traits du pythagorisme.
(37) Page i65. (Labarbarieoriginelledugenrehumain.) C'est le témoignage unanime de toutes les histoires et même des légendes , que les premiers hommes furent partout des sauvages , et que ce fut pour les civiliser et leur apprendre ';\ faire du pairij que les dieux, se manifestèrent.
(38) Ibid. {N'acquiert d'idées que par l'intermède de ses sens. ) Voilà précisément où ont échoué les anciens, et d'où sont venues leurs erreurs ; il; ont supposé
a6o >OTE6.
les idées de Dieu innées, coe'ternelles à l'âme, et de là toute;» les rêveries de'veloppe'es dans Platon et YamLlique. Voy. le Timée , le Phédon , et Mysteriis Mgyptiorum, sect. I^f ^ cliap. 3.
(39) Page 170. (Le témoignage de tous les anciens monumens.) Il résulte clairement, dit Plutarq^ue , des vers d'Orphée et des livres sacrés des Egyptiens et des Phrygiens , que la théologie ancienne , non seulement des Grecs, mais en géne'ral de tous les peuples , ne fut autre cbose qn'wa système de physique, qu'un tableau des opérations de la nature, enveloppe' d'allégories mystérieuses et de symboles énigmatiques ; de manière que la multitude ignorante s'attachât plutôt au sens apparent qu'au sens caclié , et que même , dans ce qu'elle comprenait de ce dernier, elle supposât toujours quelque chose de plus profond que ce qui paraissait. Plutarque , fragment d'un ouvrage perdu, cité dans Eusébe, Prœpar. et'ang., liL. III, c. i , page 85.
« La plupart des philosophes, dit Porphyre, et entre autres Chœremon C qui vécut en Egypte dans le premier siècle de l'ère chrétienne ) , ne pensent pas qu'il ait jamais existe' d'autre monde que celui que nous voyons ; et ils ne reconnaissent pas à'autres dieux, de tous ceux qu'allèguent les Egyptiens , que ce qu'on appelle vulgairement les planètes, les signes du zodiaque et les constellations , qui jouent avec eux en aspects ( de Id'er et de coucher) ; à quoi ils ajoutent leurs divisions de signes en décans ou maîtres du temps, qu'ils appellent les chefs forts etpuissans, dont les noms, les vertus curatives des maladies , les couchers, les levers, les présages de ce qui doit arriver, font la matière des almanachs T c'est-à-dire que les prêtres égyptiens faisaient de véritables almanachs de Mathieu Laensberg) : car lorsque les prêtres disaient que le soleil éiai\.\' architecte
KOTEs. a6i
do runivers, Cliitrcnion sentait que tous leurs récits sur Isis et Osiris , que toutes leurs fables sacrées se i-appoi^ tiiient en partie aux planètes, aux pliases de la lune, au cimrs du soleil, en partie {aux étoiles de) l'hémisphère du jour ou de la nuit, au fleuve du iSil, en un mot, à des êtres physiques, naturels, et rien à des êtres immatériels et Jépoun'us de corps — Tous ces philosophes croient que les mouvemens de notre volonté et de nos actions dépendent de ceux des astres, qu'ils en sont dirigés; et ils soumettent tout aux lois d'une nécessité (-physique ) qu'ils appellent destin oufatumj supposant une chaîne (de causes et d'eftets) qui lie, par je ne sais quel lien , tous les êtres entre eux (depuis l'atome) jusqu'à la puissance supérieure, et à l'induence première de ces dieux ^ en sorte que, soit dans les temples, soit dans les simulacres ou idoles, ils n'adorent autre chose que la puissance de la destinée. » ( Porphyre , Epist. ad lanebonem. )
(^o) Page 171. {Exigea la connaissance des deux.) Jusqu'à ce jour on a répété, sur l'autorité indirecte de la Genèse, que l'astronomie avait été inventée par les enjans de Aoe. On a raconté gravement que , pâtres errans dans les plaines de Sennaar, ils employaient leur désœuvrement à rédiger un système des cieux , comme si des pâtres avaient besoin de connaître plus que l'étoile polaire , et comme si le besoin n'était pas l'unique motif de toute invention! Si les anciens pasteurs furent si studieux et si habiles , comment arrive-t-il que les modernes soient si ignoians et si négligens? Or, il est de fait que les Arabes du désert ne connaissent pas six constellations , et qu'ils n'entendent pas un mot d'astronomie.
(^i) Page 172. (Des génies auteurs des biens et des maux. ) Il paraît que par le mot genins les anciens ont
entendu proprement une ç un litéj une /acuité gêné rat ne e, productive : car tous les mots de cette famille reviennent à ce sens : g e ne rare , genos j gènes is j genus , gens.
M Les Sal>ëens anciens et modernes , dit Maimonides , reconnaissent un dieu principal . fabricateur du monde et possesseur du ciel ; mais à caiise de son éloignement trop grand, ils le pensent inacessible ; et , imitant la conduite du peuple a l'e'gard des rois , ils emploient auprès de lui pour médiateurs , les planètes et leurs anges j auxquels ils donnent le titre de princes et de rois , et qu'ils supposent habiter dans ces corps lumineux . comme dans des palais ou tabernacles, etc. » (3Tore Nebuchim , pars III , c. 29.)
(42) Page 173. {Un sexe tiré du genre et de son appellation.) Selon qu'un objet se trouva du genre masculin ou féminin dans la langue d'un peuple , le dieu qui porta son nom se trouva mâle ou femelle chez ce peuple. Ainsi les Cappadociens disaient le dieu Lunus et la déesse Soleil, et ceci présente sans cesse les mêmes êtres sous des formes diverses . dans la mvtholosie des anciens.
(43) Ibid. ( Ce qui contribue à la conservation de soi et de ses semblables.) A ceci Plutarque ajoute que ces prêtres (égvptiens ) ont toujours fait le plus grand cas de la conservation delà santé... et qu'ils la regardent comme une condition nécessaire au service des dieux et à la piété , etc. Voyez Isis et Osiris, à la fin.
(44) Ibid. ( Paraissent remonter au-delà de quinze mille ans.) L'orateur historien suit ici l'opinion du savant Dupuis, qui d'abord en son Mémoire sur l'Origine des Constellations, puis dans son grand ouvrage sur V Origine le tous les Cultes .a rassemblé une foule de preuves que jadis
la balance était placée à l'équinoxe tla printemps, et le bélier à l'équinoxe d'automne, c'est-à-dire que la précession des équinoxes a causé un déplacement de plus de sept signes. L'action de ce phénomène est incontestable : les calculs les plus récens l'évaluent à 5o secondes 12 ou l5 tierces par an : donc chaque degré de signe zodiacal est déplacé et mis en arrière , en 71 ans 8 ou 9 mois ; donc un signe entier, en 2l52 ou 53 ans. Or si , comme il est de fait, le point équinoxial du printemps fut juste au i^r degré du bélier j l'an 3b8 avant J.-C. ; c'est-à-dire si, à cette époqpie, le soleil avait parcouru et mis en arrière tout ce signe , pour entrer dans les poissons j qu'il a quittés de nos jours , il s'ensuit qu'il avait quitté le taureau 2l53 ans auparavant , c'est-à-dire vers l'an 26^0 avant J.-C, et qu'il y était entré vers l'an 4692 avant J.-C. Ainsi remontant de signe en signe, le iC degré du bélier avait été le point équinoxial d'automne environ 12,912 ans avant l'an 388, c'est-à-dire i3,3oo ans avant l'ère chrétienne : ajoutez nos dix-huit siècles , vous avez quinze mille et cent ans , et , de plus , la quantité de temps et de siècles qu'il fallut pour amener les connaissances astronomiques à ce degré d'élévation. Maintenant remarquez que le culte du signe taureau joue un rôle principal chez les Egyptiens , les Perses , les Japonais , etc. ; ce qui indique à cette époque une marche commune d'idées chez ces divers peuples. Les cinq ou six mille ans de la Genèse ne font objection que pour ceux qui y croient par éducation. {Voyez à ce sujet l'analyse de la Genèse , dans le tome 1er des Recherches nouvelles sur l'Histoire ancienne ' voyez aussi V Origine des Constellations jT^TDxxçni?,, i'j^i\V Origine des Cultes j en 3 volumes in-^", 1794; et le Zodiaque chronologique, in-4°, 1806. )
(45} Page 176. (Les noms des objets terrestres qui leur
répondaient.) « Les anciens , dit Maimonides , portant toulp « leur attention sur l'agriculture , donnèrent aux étoiles « des noms tirés de leurs occupations pendant l'année. >' {More Neb.j pars. V.)
(46) Page T77. (Tel fut le moyen d'appellation.) Les anciens disaient : crabiser, capriserj tortuiser , comme nous disons, serpenter , coqiieter ^ tout le langage a été
construit sur ce mécanisme.
(47) Page 179. {En qui la 'vertu des astres s'était insérée. ) « Les anciens astrologues , dit le plus savant des Juifs (Maimonides) , ayant consacré à chaque planète une couleur, un animal , un bois , un métal , un fruit , une plante, ils formaient de toutes ces choses \xne figure ou représentation de l'astre, observant pour cet effet de choisir un instant approprié , un jour heureux , tel que la conjonction ou tout autre aspect favorable : par leurs cérémonies (magiques), ils croyaient pouvoir faire passer dans ces figures ou idoles les influences des êtres supérieurs ( leurs modèles). C'étaient ces idoles qu'adoraient les KaldéenS'Sabéens. Dans le culte qu'on leur rendait , il fallait
être vêtu de la couleur propre
« Ainsi, parleurs pratiques, les astrologues introduisirent l'idolâtrie, ayant pour objet de se faire regarder comme les dispensateurs des faveurs des deux ; et parce que les peuples anciens étaient entièrement adonnés à l'agriculture, ils leur persuadaient qu'ils avaient le pouvoir de disposer des pluies et des autres biens des saisons ; ainsi , toute l'agriculture s'exerçait par des règles d'astrologie, et les prêtres faisaient des talismans pour chasser les sauterelles , les mouches, etc. » \ oyez Maimonides, More Nebuchim , pars in , c. 9.
•f Les prêtres égyptiens , indiens, perses , etc., prétendent.
lier les lUciix à leurs idoles, les faire descendre du ciel à leur gré; il menacent le soleil et la lune de réve'ler les secrets des mystères , d'eliranler les cieit.r, etc. » ( Eusèlw, Prœparat. evang., page 198; et YamLlique , de Mysteriis jEgjptiorum. )
(48) Page 180. (Etait censé en remplir les rôles astronomiques.) Ce sont les propres expressions d'YamLlique , de Symbolis ^gyptionim., c. 2, sec. 7. Il était le grand Prêtée , le métamorpliiste universel.
(^9) Page 181. {Votre tonsure est le disque du soleil.) x« Les AraLcs, dit Hérodote, lih. III, se rasent la tête en rond et autour des tempes, ainsi que se la rasait , disent-ils, Bacchus ( qui est le soleil ). « Jérémie , c. 25 , v. 23 , parle de cette coutume. La toufiPe que conservent le musulmans est encore prise du soleil , qui , chez les Egyptiens , était peint , au solstice d'hiver, n'ayant plu5 qu'un chei'cu sur la tête. (Votre étole est son zodiaque. ) Les étoles de la tléesse de Syrie et de la Diane d'Ephèse , d'où dérive celle des prêtres , portent les douze animaux du zodiaque. Les chapelets se retrouvent dans toutes les idoles indiennes , composées il y a plus de ^500 ans, et leur usage est universel et immémorial en Asie. La crosse est précisément lu bâton de Bootes ou Osiris. (Voj. pi. III.) Tous les lamas portent la mitre , ou bonnet conique , qui était remblènie du soleil.
(5o) Page 182. (On enjit la vie historique d'Hercule.) ^V>"e;; l'ouvi-age de Depuis , Origine des Constellations et Origine de tous les Cultes.
(5i) Page i83. (La réunion de ces figures avait des
sens contenus.) Le lecteur veri-a sans douteavec plaisir plusieurs exemples des hiérogU"plies des anciens.
« Les Egj-ptiens , dit Hor-ApoUo , désignent l'e'lernité par les figures du soleil et de la lune. Ils figurent le monde par un serpent Lieu à écailles jaunes ( les étoiles ; c'est le dragon cliinois ). S'ils veulent exprimer l'année, ils représentent IsiSj qui dans leur langue se nomme aussi Sothis, ou la canicule j première des constellations, par le lever de qui l'année commençait. Son inscription à Sais était : C'est moi qui me lève dans la constellation du chien.
« Ils figurent aussi l'année par un palmier j et le mois par un rameau j parce que , chaque mois , le palmier pousse une Lranclie.
« Ils la figurent par le quart d'un arpent. (L'arpent entier, divisé en quatre^ désignait la période bissextile de quatre ans : l'abréviation de cette figure du champ quadripartite est visiblement la lettre ha ou héth, septième de l'alphabet samaritain ; les lettres alphabétiques pourraient bien n'être que des abréviations d'hiéroglyphes astronomiques, et par cette raison on aurait écrit de droite à gauche, dans le sens de la marche des étoiles.) Ils désignent un p/'op/ièfe par l'image d'un chien, attendu que l'astrechien ( Anoubis) annonce par son lever l'inondation.
« Ils peignent l'inondation par un lion, parce qu'elle arrive sous ce signe; et de là, dit Plutarque , l'usage des figures de lion vomissant de l'eau à la porte des temples.
« Ils expriment Dieu et la destinée par une étoile. Us représentent aussi Dieu , dit Porphj-re , par une pierre noire, parce que sa nature est ténébreuse, obscure. Toutes les choses blanches expriment les dieux célestes, lumineux; toutes les circulaires expriment le monde, la lune, le soleil, les orbites ; tous les arcs et croissons, la lune Ils
figurent le Jeu et les dieux de l'Olympe par des pyramides et des obélisques ( le nom du soleil , Baal , se trouve dans ce dernier mot): le soleil par un cône (la mitre d'O-iris} ;
>OTES. 267
i terix' , par un cylindre ( qui rouie ) ; la puissance genealrice (^ île l'air ) par le phallus , et celle lîe la terre par un riant;le, emblème de l'organe femelle. (Eiisibe Prœparat. vang., p. 98.)
« Le limon, dit Yamblique, de Sjmbolis, sect. 7, c. 2, ésigne la matièrej la puissance génératiue et nutritive • ont ce qui reçoit la chaleur, hifermentation de la vie.
« Un homme assis sur le lotos ou nénuphar désigne I'^a- <rit moteur ( le soleil ) , qui , de même que cette plante vit ans l'eau sans toucher au limon , existe pareillement se'paré e la matière , nageant dans l'espace , se reposant sur luincmei rond dans tous ses parties comme le fruit, les feuilles t les fleurs du lotos. ( Brahma a des yeux de lotos , dit le Chas ter Néardisen, pour de'siguer son intelligence , son tt/j qui surnage à tout, comme la fleur du lotos sur l'eau.) Jn homme au timon d'un vaisseau , continue Yamblique , le'signe le soleil qui gouverne tout. Et Porphyre nous dit [ue c'est encore lui que représente un homme dans un vaiseau sur un crocodile ( amphibie , emblème de l'air et de 'eau ).
« A Elléphantine on adorait une figure d'homme assis, le couleur bleue, ayant une tête de bélier, et des cornes lu bouc qui embrassaient le disque; le tout pour figurer la onction du soleil dans le bélier avec la lune; la couleur jleue de'signe la puissance attribue'e à la lune , dans cette :on]onction , d'élever les eaux en nuages. ( Apud Eusèb., Prœparat. evangel., page Ii6.)
X L'ëpervier est l'emblème du soleil et de la lumière, à raison de son vol rapide et élevé' au plus haut de l'air, où abonde la lumière.
« Le poisson est l'emblème de l'aversion, et l'hippopotame de la violence, parce que , dit-on, il tue son père et viole sa mère. De là, dit Plutarque , l'inscription hiéroglyphique du temple de Sais, où l'on volt peints sur le vestibule, i^. un enfant , 2^. im vieillard, 3". un épervier, 4°- ^^
a68 NOTES.
poisson, et 5-. un hippopotame; ce qui signifie, i°. arri- Tant (à la vie) : et 2-. partant, 3°. Dieu , 4°- tait , 5'='. l'injustice. (Voyez Isis et Osiris. )
« Les Eg\-ptiens , ajoute-t-il , peignent le monde par un scarabée , parce que cet insecte pousse à contre-sens de sa marche une houle qui contient ses œufs, comme le ciel des fixes pousse le soleil (jaune de l'œuf } à contre-sens de sa rotation.
« Ils peignent le monde par le nombre cinq , qui est celui des ele'mens , savoir, dit Diodore, la terre, l'eau, l'air, le feu et l'e'ther ou spirilus [ ils sont les mêmes chez les Indiens \ ; et selon les mystiques , dans Macrobe , ce sont le Dieu suprême ou premier mobile , l'intelligence , ou mens, née de lui, l'âme du monde qui en procède, les sphères célestes et les choses terrestres. De là , ajoute Plutarque , l'analogie de pente, cinq (en grec) , à Pan le tout.
« L'âne, dit-il encore, désigne Typhon, parce qu'il est de couleur rousse, comme lui ; or. Typhon est tout ce qui est bourbeux , limoneux (et j'obserserai qu'en hébreu, limon, couleur rousse, et âne, sont des mots formés de la même racine hamr]. Déplus, \amblique nous a dit que le limon désignait la matière, et il ajoute ailleurs que tout mal, toute corruption , viennent de la matière; ce qui comparé au mot de Macrobe , tout est périssable, sujet au changement dans la sphère céleste , nous donne la théorie du système d'abord physique . puis moralisé . du bien et du mal, des anciens. {Voyez encore le Mémoire sur le zo~ diaque de Dendera, que le savant Dupuis a inséré dans le journal inûtiûé Ret'ue philosophique, année i8oi.)
(52) Page i86. (L'ne cause insensée de superstition.) C'est le propre texte de Plutarque, qui raconte que ces divei-s cultes furent donnés par un roi d'Egypte , aux différentes villes , pour les désunir et les asservir ( et ces rois
NOTES. '26g
liUiu'iil pi ih dans la caste des prélrcs ). Voyez Isis et Osiris.
(53) Page i88. (Dans lu projection île la sphère t/uc traçaient les prêtres tistronnmes. )1jCS anciens prêtres curent trois espèces de projection, qu'il est utile de faire connaître au lecteur.
« ?«ous lisons dans Eubulus, dit Porphyre, que Zoroaslre fut le premier qui , ayant choisi dans les montagnes voisines de la Perse une caverne agre'ahlenient située, la consacra à Mithra (le soleil ), créateur et père de toutes choses, c'est-à-dire qu'ayant partage' cet antre en divisions £>eome'triques qui représentaient les climats et les élémens, il imita en petit l'ordre et la disposition de l'univers par jMithra. Après Zoroastre , ce devint un usage de consacrer les antres à la célébration des mjstères j en sorte que , de même que les temples sont afiéctés aux dieux célestes , les autels champêtres aux liéros et aux dieux terrestres , les souterrains aux dieux infernaux (inférieurs); de mémo les antres et les grottes furent spécialement attribués au monde, à Vunivers et aux nymphes ; de là est venue à Pythagore et à Platon l'idée d'appeler le monde une caverne, un antre. {Porphyre, de Antro Njmphanan.)
<c Voici donc une première projection en relief ; et (juoique les Perses aient fait honneur de son invention à Zoroastre , on peut assurer qu'elle eut lieu chez les Egyptiens , et que même , étant la plus simple, elle dut y être la plus ancienne : les cavernes de Thèbes , remplies de peintures, autorisent ce sentiment. »
En voici une seconde : « Les prophètes ou hiérophantes des Egyptiens , dit l'évéque de Synnésius , qui avait été initié aux mystères , ne permettent pas aux ouvriers ordinaires de faire les idoles ou images de dieux ; mais ils descendent eux-mêmes dans les antres sacrés , où ils ont des coffres cachés , qui renferment certaines sphères sur les-