V.'-O .NOTES
tjuelles lis composent ces images j en secret et à l'insu du peuple, qui méprise les choses simples et naturelles , et qui veut des prodiges el des fables (Sj-n.j in Calvit.). « C'està-dire que les prêtres avaient des sphères armillaires comme les nôtres ; et ce passage , si concordant avec celui de Chœremon , nous donne la clef de toute leur théologie astrologique.
Enfin ils avaient des plans plats dans le genre de la planche III: avec cette différence, que leurs plans, très compUque's , portaient toutes leurs divisions fictives de décans et sous-décans, avec les indications (hièroglj-phiques) de leurs influences. Kirker en a donne' une copie dans son OEdipe e'g\-ptien , et Gébelin un fragment figuré dans son volume du calendrier ( sous le nom de Zodiaque égyptien). Les anciens Eg^-ptiens, dit Tastrologue Julius Firmicus [Astron., lit. II , c. 4. et lib. TV, c. 16) , divisent chaque signe du zodiaque en trois sections ; et chaque section fut sous la direction d'un être fictif, qu'ils appelèrent décan ou chef de dizaine ; en sorte qu'il v eut trois décans par mois, et trente-six par an. Or, ces décans, qui furent aussi appelés dieux (iheoi) . réglaient les destinées des hommes... et ils étaient spécialement placés dans certaines étoiles... Dans la suite on imagina en chaque dizaine trois autres dieux, que l'on appela les dispensateurs ^ de sorte quil y en eut neuf par mois , qui furent encore divisés en un nomJjre infini de puissances. (Les Perses et les Indiens firent leurs sphères sur des plans semblables : et si l'on dressait un tableau de la description qu'en donne Scaliger à la fin de Manilius , l'on y verrait précisément la définition de leurs hiéroglyphes, car chaque article en est un.)
(54) Page 189. {L'hémisphère d'hiver lui était antipode.) Voilà précisément pourquoi le nom dWhrimanes était toujours écrit par les Perses, renversé ainsi. umuKit{y .
(55) Page lik). {Tjphun, cest-à-diie le déluge, à raison des pluies.) Typiion , prononcé louphan par les Grecs, est pre'cise'ment le touphan arabe , qui veut dire déluge ; et tous CCS déluges des mjthologies ne sont , tantôt que 1'///vcr et les pluies , et tantôt le deTjordement du ^'il ; de même que les prétendus inoe/ic/jf5 qui doivent terminer le monde, ne sont que la saison d'été. Voilà pourquoi Aristote ( de Meteoris, lib. I , c. i^ ) dit que l'hiver de la grande année cyclique est un déluge, et son été un incendie. « Les Egypt iens , dit Porphyre , emploient chaque année un talisman en mémoire du monde ; au solstice d'été , ils marquent de rouge les maisons, les troupeaux , les arbres, disant que ce jour-là tout le monde a été incendié. C'était aussi alors que se célébrait la danse pyrrhique ou de l'incendie. » ( Et ceci explique l'origiue des purifications par le feu et par l'eau : car ayant appelé le tropique du cancer porte des deux et de la chaleur, ou Jeu céleste , et celui du capricorne porte du déluge ou de Veau , il fut censé que les esprits ou âmes qui passaient par ces portes pour aller et venir aux cieux , étaient rôtis ou baignés ; de là le baptême de Mithra , et le passage à travers les flammes , pratiqués dans tout l'Orient long-temps avant Moïse.)
(56) Ibid. (Dans la Perse, dans un temps postérieur.) Dans un temps postérieur, c'est-à-dire lorsque le bélier devint le signe équinoxial , ou plutôt lorsque le dérangement du ciel eut fait apercevoir que ce n'était plus le taureau.
(57) Page igo. ( Tous les actes religieux du genre gai.) Toutes les fêtes anciennes , relatives au retour ou à l'exaltation du soleil , portaient ce caractère : de là les hilaria du calendrier romain au passage ( pascha ) de l'équinoxe vernal. Les danses étaient des imitations de ia
marche des planètes : celle des derviches la figure cncorr aujourd'hui.
(58} Ibid. ( Tous les actes religieux du genre triste. ) « On n'offre , dit Porphyre , de sacrifices sanglans qu'aux de'mons et aux ge'nies malfaisans , pour de'tourner leur colère. . . Les démons aiment le sang, Vhumiditéj la puanteur. » ApudEuseb., Prœp. ev., p. 173.
« Les Egyptiens , dit Plutarque , n'offrent de victimes sanglantes qu'à Typhon. On lui immole un bœuf roux ; et l'animal de sacrifice est un animal exe'cré, charge' de tous les péchés du peuple ( le bouc de Moïse ). » Voyez de Iside et Osiride.
( Ce partage des animaux en sacrés et abominables. ) Strabon dit , à l'occasion de Moïse et des Juifs : « De la superstition sont ne'es les prohibitions de certaines viandes et les circoncisions. » — Et j'observe , à l'égard de cette dernière pratique, que son but était d'enlever au svmbole d'Osiris f phallus l V obstacle prétendu de la fécondation : obstacle qui portait le sceau de Typhon , « dont la nature , dit Putarque, est tout ce qui empêche j s'oppose j fait obstruction. »
(59) Page 196. {Les heureux n'j donneront point d'ombre. ) Il est à ce sujet un passage de Plutarque si intéressant et si explicatif de tout ce système , que le lecteur nous saura gré de le lui citer en entier. Après avoir dit que la théorie du bien et du mal avait de tout temps exercé les physiciens et les théologiens : « Plusieurs , ajoute-t-il , croient qu'il y a deux dieux dont le penchant opposé se plaît , l'un au bien et l'autre au mal j ils appellent spécialement dieu le premier . et génie ou daemon le second. Zoroastre les a nommés Oromaze et A h rima nés ^ et il a dit que de tout ce qui tombe sous nos sens, la lumière est
l'être qui représente le mieux l'un , les ténèbres et l'ignorance, l'autre. Il ajoute que Mithra leur est intermédiaire j et voilà pourquoi les Perses appellent Mithrn le médiateur ou Vintermédiairv. Chacun de ces dieux a des plantes et des animaux qui lui sont particulièrement consacres : parexem- ]>le, les chiens, les oiseaux , les hérissons, sont aSecfe's au l)On ge'nie; tous les animaux aquatiques, au mauvais.
< Les Perses disent encore qu'Oromaze naquit ou fut forme de la lumière la plus pure ; Ahrimanes , au contraii'e , des ténèbres les plus e'paisses ; qu'Oromaze fit six dieux aussi bons que lui , et qu' Ahrimanes leur en opposa six me'chans ; qu'ensuite Oromaze se tripla (Hermès trisme'uiste ) , et s'éloigna du soleil autant que le soleil est e'ioigné de la terre; et qu'il fit les étoiles, et entre autres Sirius, qu'il plaça dans les cieux comme un gardien et une sentinelle. Or, il fit encore vingt-quatre autres dieux qu'il plaça dans \\i\ ceiifl mais Ahrimanes en cre'a vingt-quatre autres qui percèrent Vœuf, et alors les biens et les maux furent mêlés (dans l'univers). Mais enfin Ahrimanes doit être un jour vaincu, et la terre deviendra égale et aplanie, afin que tous les hommes vivent heureux.
« Théopompe ajoute , d'après les livres des mages , que tour à tour l'un de ces dieux domine tous les trois mille ans, pendant que l'autre a du dessous j qu'ensuite ils combattent à armes égales pendant trois autres mille ans ; mais enfin que le mauvais génie doit succomber ( sans retour). Alors les hommes deviendront heureux , et ne donneront point d'ombre. Or, le dieu qui médite ces choses se repose en attendant qu'il lui plaise de les exécuter. « ( De Iside et Osiride. )
L'allégorie se montre à découvert dans tout ce passage. ï^'œuf est la sphère des fixes , le monde / les six dieux d'Oromaze sont les six signes de l'été ; les six dieux d'Ahrimanes , les six signes d'hiver. Les quarante-huit dieux créés ensuite, sont les quarante-huit constellations de la
3^4 >OTES.
sphère ancienne partagée e'galement entre Alirimanes et Oromaze. Le rôle de SùiiiSj gardien, sentinellsj décèle l'origine égyptienne de ces ide'es ; enfin , cette expression , que la terre deviendra égale et aplanie j et que les hommes heureux ne donneront point d' ombre j nous montre que le paradis véritable était l'équateur.
(60; Page 196. {Les cérémonies de l'antre de Mithra.) Dans les antres factices que les prêtres pratiquèrent partout, on célébrait des mystères qui consistaient , dit Origène contre Celse, à imiter les mouvemens des astres, des planètes et de tous les cieux. Les inities portaient des noms de constellations , et prenaient des figures d'animaux. L'un était de'guisè en lion, l'autre en corbeau , celui-ci en helier : de là les masques de la première come'die. Voyez Antiq. dévoilée, tome LE , page .?/|/| . Dans les mystères de Cérès , le chef de la procession s'appelait créateur ; le porteur de flambeau , le soleil j celui qui était près de l'autel , la lune / le héraut ou diacre , Mercure. En Egj-pte , il y avait une fête où des hommes et des femmes représentaient Vannée, le siècle, les saisons, les parties du jour, et ils suivaient Bacchus ( Athénée , lib. V, c. 7 ). Dans l'antre de Mithra, il y avait une échelle à sept échelons ou degrés , figurant les sept sphères des planètes , par où montaient et descendaient les âmes : c'est précisément l'échelle de la vision de Jacob ; ce qui indique , à cette époque , tout le système formé. Il y a à la Bibliothèque royale un superbe volume de peinture des dieux de l'Inde , où l'échelle se trouve représentée avec les âmes qui y mentent , planche dernière.
Voy. M Astronomie ancienne par Bailly, où nos assertions sur les connaissances des prêtres sont amplement prouvées.
(61) Page 199. ( Dont toutes les parties aidaient une
liaison intime. ) Ce sont les propres paroles de VamLlique, de Mjst. JEgypt.
(62) Page 199. ( Un fluide isrné , électrique.) Plus je considère ce que les anciens ont entendu par œther et esprit, et ce que les Indiens nomment Vahache, plus j'y trouve d'analogie avec le lluidc électrique. Un fluide lumineux remplissant l'univers, composant la matière des astres, principe de mouvement et de chaleur, ayant des mole'cules rondes , lesquelles s'insinuant dans un corps le remplissent en s'y dilatant , quelle que soit son étendue : quoi de plus ressemblant à l'e'lectricite' ?
(63) Ibid. {Le cœur ou le Jbyer.) Les physiciens, dit Macrobe , appelèrent le soleil cœur du monde , c. 20 , Sam . Scip. Les Eg)"ptiens, dit Plutarque, appellent l'orient le visage, le nord le côté droit , le midi le côté gauche du monde ( parce que le cœur y est placé) ; sans cesse ils comparaient l'univers à un homme; et de là le Microcosme si célèbre des alchimistes. Observons , en passant , que les alchimistes , les cabalistes , les francs-maçons , les magnétiseurs, les martinistes et tous les visionnaires de ce genre, ne sont que des disciples égarés de cette école antique. Consultez encore le pythagoricien Ocellus Lucanus, et l' OEdipus Mgj-ptiacus de Kircher , tome II , page 2o5.
(64) Ibid. {Dans l'éther, au milieu de la voûte des deux. ) Cette comparaison à un jaune d'œuf porte . 1°. sur l'analogie de la figure ronde et j aune ; 2°. sur la situation au milieu; 3". sur le g-er/we ou principe de vie placé dans le jaune. La figure ovale serait-elle relative à Yellipse des orbites ? Je suis porté à le croire. Le mot orphique offre d'ailleurs une remarque nouvelle. Macrobe «lit ( Som. Scip. , c. i^ et 20 ) que le soleil est la cervelle
de l'uuivers , et que c'est par analogie que dans l'homme le crâne est rond, comme l'astre sie'ge de l'intelligence : ci-, le mot œrph (par aïn ) signifie en lielireu le cerveau et son sie'ge ( ceri>ix ) ; alors Orphée est le même que Bedmc ou Baits, et les bonzes sont ces mêmes orphiques que Plutarque nous peint comme des charlatans qui ne mangeaient point de viande, vendaient des talismans, des pierres , etc. , et trompaient les particuliers et même les ^ouvernemens. Voyez un savant mémoire de Fréret sur les Orphiques. Acad. des Inscrip., tome XXIII, in-4°.
(65) Page 200. (Sur sa tête une sphère d'or.) Voyez Porphyre, dans Eusèbe, Prœparat. evangel., lih. III, page n5.
(66) Page 202. {De là tout le système de l'immortalité de l'âme. ) Dans le système des premiers spirituahstes , l'âme n'e'tait point créée avec le corps , ou en même temps que lui , pour y être insérée ; elle existait antérieurement et de toute éternité. Voici , en peu de mots , la doctrine qu'expose Macrohe à cet égard. Som. Scip. passim.
« Il existe un fluide lumineux , igné, très subtil, qui, sous le nom à'œther et de spiritus, remplit l'univers. Il compose la substance du soleil et des astres ; il est le principe et l'agent essentiel de tout mouvement , de toute vie ; il est la Divinité. Quand un coi-ps doit être animé sur la terre , Une molécule ronde de ce fluide gravite par la voie lactée vers la sphère lunaire; et, parvenue là, elle se combine avec un air plus grossier, et devient propre à s'associer à la matière. Alors elle entre dans le corps qui se forme, le remplit tout entier, l'anime , croît , souôre , grandit et diminue avec lui ; lorsque ensuite il périt , et que ses élémens grossiers se dissolvent , cette molécule incorruptible s'en sépare : et elle se réunirait de suite au grand océau ^
l'ellier, si sa combinaison avec r«j/ lunaire ne la rclonail : c'est cet air ( ou s^az ) qui , conservant les formes <lu corps , reste dans l'e'tat d'ombre ou de fantôme, image parfaite du de'funt. Les Grecs appelaient cette ombre Vimnge ou l'idole de l'âme ; les pytliagoricicns la nommaient son cfiar, son enveloppe; et l'e'cole i-abbinique , son vaisseau, sa nacelle. Lorsque l'homme avait bien ve'cu , cette âme entière, cVst-à-dire son char et son cether reniontaient à la lune, où il s'en faisait une séparation ; le char vivait dans l'e'lyse'e lunaire ^ et Vœther retournait dca^JîxeSj c'est-àdire à Dieu : car, dit Macrobe, plusieurs appellent Dieu le ciel des fixes (c. i^)-
« Si l'homme n'avait pas bien vécu , l'âme restait sur terre pour se purifier, et elle errait çà et là, à la manière des ombres d'Homère , qui connut toute cette doctrine , en Asie , trois siècles avant que Phe're'cide et Pytliagore l'eussent rajeunie en Grèce. Hérodote dit . à cette occasion , que tout le roman de l'drne et de ses transmigrations a été inventé par les Egyptiens, et re'pandu en Grèce par des hommes qui s'en sont pre'tendus les auteurs. Je sais leurs noms , dit-il . mais je veux, les taire ( lib. II ). Cice'rou y supplée , en nous apprenant positivement que ce fut Phe're'cide , maître de Pytliagore ( Tuscul.j lib. I, §- i6). Dans la Syrie et dans la Judée , nous trouvons une pi'euve palpable de son existence , cinq siècles avant Pythagore , en cette pbrase de Salomon , où il dit « Qui sait si l'esprit « de l'homme monte dans les re'gions supe'rieures ? Poui it moi, me'difant sur la condition des hommes, j'ai vu K qu'elle e'tait la même que celle des animaux. Leur fin est « la même, l'homme pe'rit comme l'animal, ce qui reste X de l'un n'est pas plus que ce qui reste de l'autre ; tout X est ne'ant. » Eccles, c. III, v. ii.
Et telle avait e'té l'opinion de Moïse , comme l'a bien observe' le traducteur d'He'i'odote (Larcber), dans sa première e'dition . note 389 du liv. II , où il dit aussi que Vimmorta-
lilé ne s'introduisit chez les HeTireux que par la c-onimumcation des Assyriens. Du reste , tout le sjstème pythagoricien , bien analysé , n'est qu'un pur système de physique mal entendu.
(67) Page 2o5. {Ses noms mêmes, tous dérivés.') En dernière analyse, tous les noms de la Divinité reviennent à celui d'un objet matériel quelconque , qui en fut censé le siège. Ts'ous en avons vu une foule d'exemples : donnons-en un encore dans notre propre mot dieu. Ce terme, comme l'on sait , est le deus des Latins , qui lui-même est le theos des Grecs. Or, de l'aveu de Platon ( in Cratylo ), de MacroLe {Saturn., lib. I, c. 24), et de Plutarque {Isis et Osiris ) , sa racine est théin, qui signifie errer, comme planéin ; c'est-à-dire qu'il est synonyme à planètes, parce que, ajoutent ces auteurs, les anciens Grecs, ainsi que les barbares, adoraient spécialement les planètes. Je sais que l'on a beaucoup décrié cette recherche des étymologies ; mais si , comme il est vrai , les mots sont les signes représentatifs des idées, la généalogie des uns devient celle des autres , et un bon dictionnaire étymologique sej-ait la plus parfaite histoire de l'entendement humain. Seulement il faut porter dans cette recherche des précautions que l'on a pas prises jusqu'à ce jour, et entre autres il faut avoir fait ime comparaison exacte de la valeiu- des lettres des divers alphabets. Mais, pour continuer notre sujet, nous ajouterons que dans le phénicien le mot thah ( par aïe ) signifie aussi errer, et qu'il paraît être la source de théin. Si l'on veut que deus dérive du grec Xeus, nom propre de Youpiter, ayant pour racine zaw, je 'vis, il reviendra précisé ment au sens de you, et signifiera Vâme du monde , le feu principe. Divus, qui ne signifie que génie, dieu de second ordre , me paraît venir de l'oriental div pour dib, loup et chacal, l'un des emblèmes du soleil. A Thèbes. dit Ma-
>OTES. ?.7f)
rrobe , le soleil était peint sous la forme d'un loup on chacal ( car il n'y a pas de loups en Ei^ypte ). La raison de cet emblème est sans doute que le chacal annonce par ses cris le lever du soleil . ainsi que le coq : et celte raison se confirme par l'analogie des mots IjcoSj, loup, et Ijrké^ lumière du matin, d'où est venu lux.
Dius , qui s'entend aussi du soleil, doit venir de dih , épervier. « Les Egj'ptiens , dit Porphyre ( Eusèb., Prcep. it ei'ang., page 92), peignirent le soleil sous l'emLlème n d'un épervier j parce que cet oiseau vole au plus haut « des airs , où atonde la lumière. » Et , en effet , on voit sans cesse au Kaire des milliers de ces oiseaux planer dans l'air, d'où ils ne descendent que pour importuner de leur cri, qui imite la syllaLe dih • et ici, comme dans l'exemple pre'ce'dent, se trouve l'analogie des mots dies^ jour j lumière j et dius, dieuj soleil.
,;68) Page 206. (Les disputes hâtèrent le progrès des sciences et des découi^ertes.) L'une des preuves les plus plausibles que ces systèmes furent invente's en Egypte , réside surtout en ce que ce pays est le seul où l'on voit un corps complet de doctrine forme' dès la plus baute antiquité.
Cle'ment d'Alexandrie nous a transmis ( Stromat. ^ lib. YI ) un détail curieux de ^2 volumes que l'on portait dans la procession d'Isis. « Le chef, dit-il, ou chantre, « porte un des instrumens, syniLoles de la musique, et deux « livres de Mercure, contenant, l'un des hymnes aux dieux, « l'autre la liste des rois. Après lui, V horoscope (VohseTYS.- « teur du temps ) porte une palme et une horloge, symioles M de l'astrologie ; il doit savoir par cceur les quatre livres « de Mercure qui traitent de l'astrologie, le premier sur «t l'ordre des planètes , le second sur les levers du soleil et « de la lune, et les deux autres sur les levers et aspects des « astres. 'Vécrii^ain sacré vient ensuite, ayant des plumes
a8o >oT£s,
« sur la léle (comme Kneph) , et en main un livre , de »f l'encre et un roseau pour écrire ( ainsi que le pratiquent « encore les Arabes } : il doit connaître les hiéroglyphes , «< la description de l'univers , le cours du soleil , de la lune, « des planètes ; la division de l'Égv-pte ( en 36 nômes ) , le « cours du lS'\\ , les instrumens , les orneroens sacrés , les .( lieux saints , les mesures , etc. Puis vient le porte-étole, « qui porte la coudée Ae justice, ou mesure du >il , et un « calice pour les libations : dix volumes concernent les c< sacrifices , les hymnes , les prières , les offrandes , les «cérémonies, les fêtes. Enfin, arrive le prophète, qui « porte dans son sein et à découvert une cruche ; il est « suivi par ceux qui portent les pains (>comme aux noces « de Cana ). Ce prophète , en qualité de président des mys- « tères , apprend dix (autres) volumes sacrés , qui traitent (i des lois, des dieux et de toute la discipline des prê- « très , etc. Or, il y a en tout quarante-deux volumes , dont « trente-six sont appris par ces personnages , les six autres « sont du ressort des pastophores ; ils traitent de la mé- « decine , de la construction du corps humain (l'anatomiey , M des maladies , des médicamens , des instrumens , etc. »
ISous laissons au lecteur à déduire toutes les conséquences d'une pareille encvclopédie. On l'attribuait à Mercure ; mais YaraLlique nous avertit que tout livre composé par les prêtres était dédié à ce dieu, qui , à titre de géaie ou décan ouvreur à\i zodiaque , présidait à l'ouverture de toute entreprise : c'est le Janus des Romains , le Guianesa des Indiens , et il est remarquable que Yanus et Guianes sont homonymes. Du reste , il paraît que ces livres sont la source de tout ce que nous ont transmis les Latins et les Grecs dans toutes les sciences , même en alchimie, en nécromancie , etc. Ce que l'on doit le plus regretter est la partie de l'hygiène et de la diététique , dans lesquelles il paraît que les Egyptiens avaient réellement fait de grands progrès et d'utiles observations.
NOTES. "ibl
(69) Page 207. {Sun dieu n'enfui jxtx ntuim un dieit égyptien.) a A une cerlaine époque, tlil Plutarqiu- ( de « Iside), tous les Égyptiens font peindre leurs dieux ani- M maux. Les TlieTjains sont les seuls qui ne paient pas de « peintres , jiarce qu'ils adorent un dieu dont les formes ne « tombent pas sous les sens, et ne se figurent point. » Et voilà le dieu que Moïse, e'Ieve' à Ile'liopolis, adopta par préférence, mais qu'il n'inventa point.
(70) Iliid. (Et Yahouh, décelé par son propre nom.) Telle est la vraie prononciation du Jelimuih de nos modernes, qui choquent en cela toutes les règles de la critique, puisqu'il est constant que les anciens , surtout les orientaux Syriens et Phéniciens , ne connurent jamais ni le / ni le V, venus des Tartares. L'usage subsistant des Arabes, que nous rétablissons ici, est confirmé par Diodore, qui nomme law le dieu de Moïse ( lib. I. ) ; et l'on voit que law et lahouh sont le même mot : l'identité se continue dans celui de loupiter ; mais, afin de la rendre plus complète, nous allons la démontrer par le sens même.
En hébreu, c'est-à-dire dans l'un des dialectes delà langue commune à la Basse-Asie , le mot YahoiJi équivaut à notre propre périphrase celui qui est lui, Vétre existant, c'est-à-dire le principe de la vie, le moteur, ou même le mouvement (l'âme universelle des êtres). Or, qu'est-ce que Jupiter 1 Ecoutons les Latins et les Grecs expliquant leur théologie : « Les Egyptiens, dit Diodore d'après Mauethon, « prêtre de Memphis ; les Egyptiens, donnant des noms aux « cinq élémens, ont appelé V esprit ( ou éther ) Youpiter, « à raison du sens propre de ce mot, car l'esprit est la « source de la uie , l'auteur du principe vital dans les i< animaux ; et c'est par cette raison qu'ils le regardèrent « comme le pè;-e^ \e générateur des êtres. » Voilà pourquoi Homère dit père et roi des hommes et des dieux. ( Diod. , lib. I , sect. I. )
Chez les théologiens , dit Macrobe, Yoiipiter est l'àme du monde ; de là le mot de Virgile : Muses j commençons par Youpiter : tout est plein de le oitpiter {Songe de Scipion, c. 17 ) ; et dans les Saturnales, il dit : Jupiter est le soleil lui-même ^ c'est encore ce qui a fait dire à Virgile : «c L'esprit alimente la vie (des êtres), et Vâme re'pandue « dans les vastes membres (de l'univers) , en agite la masse i( et ne forme qu'un corps immense. «
« loupiter, disent les vers très anciens de la secte des or- <t pbiques nés en Egypte , vers recueillis par Onomacrite, <t au temps de Pisistrate : loupiter, que l'on peint la foudre « à la main , est le commencement , l'origine . la fin et le « milieu de toutes choses : puissance une et universelle , il »t régit tout , le ciel , la terre , le feu , l'eau , les élémens , « le jour, la nuit. Voilà ce qui compose son corps immense : u ses yeux sont le soleil et la lune : il est l'éternité , l'es- « pace. Enfin , ajoute Porphyre , Jupiter est le monde, <( Vunivers , ce qui constitue l'existence et la a>ie de tous « les êtres. Or . continue le même auteur, comme les phi- « losophes dissertaient sur la nature et les parties consti- « tuantes de ce dieu , et qu'ils n'imaginaient aucune figure « qui représentât tous ses attributs , ils le peignirent sous <f l'apparence d'un homme. . . Il est assis, pour faire allu- « sion à son essence immuable; il est découvert dans la « partie supérieure du corps, parce que c'est dans les parties it supérieures de l'univers ( les astres ) qu'il s'offre le plus « à découvert ; il est couvert depuis la ceinture , parce qu'il « est le plus voilé dans les choses terrestres : il tient un <c sceptre de la main gauche , parce que le cœur est de ce « côté et que le cœur est le siège de l'entendement , qui <( (dans les hommes) règle toutes les actions. » (V. Euseh. , Prœparat. evang., page loo.)
Enfin, voici un passage du géographe philosophe Strabon, qui lève tous les doutes sur l'identité des idées de Moïse et de celles de? théologiens paien>.
>OTES. 'iSS
.< Mdim' , «lUi liil un tk's prêtres c'ijypliens, enseigna que « c'était une erreur monstrueuse tle rcpre'senter la Divinité « sous les formes des animaux , comme faisaient les Egyp- « tiens , ou sous les traits de l'homme , ainsi que le prati- .1 ijuent les Grecs el les Africains : cela seul est la Divinité j >! disait-il , qui compose le ciel , la terre et tous les êtres , « ce que nous appelons le monde' V universalité àes choses, « la nature : or, personne d'un esprit raisonnable ne s'avi- « sera d'en représenter l'image par celle de quelqu'une des « choses qui nous environnent ; c'est pourquoi , rejetant <f toute espèce de simulacres ( idoles ) , Moïse voulut qu'on « adorât cette divinité' sans emblème et sous sa propre na- « ture ; il ordonna qu'on lui élevât un temple digne «f d'elle , etc. « Géograph., lib. XVI , page iio4 , e'dition do 1707.
La théologie de Moïse n'a donc point différé de celle des sectateurs de Vâme du monde, c'est-à-dire des stoïciens, et même des épicuriens.
Quant à l'histoire de Moïse , Diodore la présente sous un jour naturel, quand il dit, lih. XXXIV et XL, « que les « Juifs furent chassés d'Egypte dans un temps de disette , « où le pays était surchargé d'étrangers , et que Moïse , »( homme supérieur par sa prudence et par son courage, « saisit cette occasion pour établir sa nation dans les mon- « tagnes de la Judée ». A l'égard des six cent mille hommes armés que V Exode lui donne , c'est une erreur de copiste , dont le lecteur trouvera la démonstration , tirée des livres mêmes , au tome I. des Recherclies nouvelles sur l'histoire ancienne.
(71) Ibid. ( Sous le nom d'Eï. ) C'était le monosyllabe écrit sur la porte du temple de Delphes. Plutarque en a fait If sujet d'un traité.
(72) Page 208. ( Le nom d'Osiris même. ) lise Irouv.' en propre terme au chap. 32 du Deiitéronome. « Les « ouvrages de Tsour sont parfaits. » On a traduit Tsour par créateur^ en effet, il signifie donner des yb/-/;i^5/ et c'est l'une des de'finitions d'O^i/iidans Plutarque.
(73) Page 212. {Satan, l'archange Michel. ) « Les « noms des anges et des mois , tels que GraJjriel , MicUel , M Yar, N isan , etc. , vinrent de Babvlone avec les Juifs « , dit en propres termes le Talmud de Je'rusalera. Voyez Beausobre , Hist. du Manich. , tome II , page 624 < où il prouve que les saints du calendrier sont imite's des 3t)5 anges des Perses : et Yaml^lique , dans ses Mystères e'g\-ptiens , sect. 2 , chap. 3 , parle des anges , archanges , séraphins, etc. , eomme un ^Tai chrétien.
(74) Page 2i3. ( Consacrèrent la théologie de Zoroastre. ) « Toute la philosophie des gymnosophistes , dit « Diogène Laërte , sur l'autorité d'un ancien , est issue de « celle des mages , et plusieurs assurent que celle des «< Juifs en a tiré aussi son origine j> ( lib. I , c. 9 ). Magastène, écrivain distingué du temps de Séleucus ]Sicanor, et qui avait écrit particulièrement sur l'Inde , parlant de la philosophie des anciens sur les choses naturellts , joint dans un même sens les Brachmanes et les Juifs.
(75) Page 2i4- ( Ramener l'âge d'or sur la terre. ) Voilà la raison de tous ces oracles païens que l'on a appliqués à Jésus , et entre autres de la quatrième églogue de Virgile et des vers sihyllins chez les anciens.
(76) Page 2l5. {.4u bout des six mille ans prétendus. » Lisez à ce sujet le chapitre 17 du tome I des Ptcchcrches
NOTKS. iS5
miuvellfs iur l'Htstuire ancienne , où esl expliquée la My thologie de la création. La version des Septante comptait cinq mille et près de six cents ans ; et ce calcul était le plus suivi : on sait comhien , dans les premiers siècles de l'Eglise, cette opinion de h fin du monde agita les esprits. Par la suite , les saints conciles s'ctant rassure's , ils la taxèrent d'he're'sie dans b secte des millénaires ; ce qui forme un cas bien particulier; car, d'après les propres Evangiles que nous suivons , il est e'vident que Jésus eût èle' un millénaire j c'est-à-dire un hérétique.
(77) Page 216. {Figuré par la constellation du serpent.) « Les Perses, dit Chardin, appellent la constella- .< tion du serpent Ophiucus, Serpent d'Eve » ; et ce serpent Ophiucus ou Ophioneus jouait le même rôle dans la théologie des Phéniciens ; car Pliere'cide . leur disciple et maître de Pythagore , disait « qu' Ophioneus serpentinus «< avait e'te' le chef des rebelles à Jupiter ». ( Voyez Mars. Ficin. .4pol. Socrate , p. m. 797 , col. 2.) Et j'ajouterai qu'œphah (par aïn ) signifie eu he'breu ^vipère , serpent.
Au sens physique, séduire j seducere^ n'est ({vl attirer à soi , mener avec soi.
Voyez dans Hyde , p. 1 1 1 , èdit. de 1760 , de Heligione veterumPersamm j le tableau de Mithra , cite' ici.
(78 Ibid. {Persée monte de l'autre côté. ) Bien plus , la tête de Méduse , cette tête de femme jadis si belle , que Persée coupa et qu'i tient à la main , n'est que celle de la Vierge , dont la tête tombe sur l'horizon précisément lorsque Persée se lève ; et les serpens qui l'entourent sont Ophiucus et le dragon polaire , qui alors occupent le zénith. Ceci nous indique la manière dont les anciens astrologues ont composé toutes leurs figures et toutes leurs fables ; ils prenaient le» constellations qui se trouvaient en
même temps sur la bande de l'horizon ; et en assemblant les parties , ils en formaient des groupes qui leur servaient d'almanach , en caractères hie'roglyphiques : voilà le secret de tous leurs tableaux , et la solution de tous les monstres m^-ttiologiques. La Vierge est encore Andromède délivrée par Perséede la baleine qui la poursuit (prosequitur).
(79) Page 217. ( ÂLLaité par une vierge chaste. ) Tel était le tableau de la sphère persique cité par Al>en-Ezra , dans le Cœlum poeticum de Blaen, p. 71. « La case du « premier décan de la Vierge , dit cet écrivain , représente <c cette belle vierge à longue chevelure , assise dans un làu- « teuil , deux épis dans une main , allaitant un enfant ap- « pelé lésus par quelques nations , et Christ en grec. »
Il existe à la Bibliothèque du Roi un manuscrit arabe , n"^ 1 165 , dans lequel sont peints les douze signes , et celui de la vierge représente une jeune fille ayant à côté d'elle un enfant ; d'aiUeurs , toute la scène de la naissance de Jésus se trouve rassernblée dans le ciel voisin. Ué table est la constellation du cocher et de la ches^re , jadis le bouc : constellation appelée prœsepe Jovis Heniochij étable d'Iou : et ce mot lou se retrouve dans le nom à'Iou-seph (Joseph). jN'on loin est l'âne de T\-phon ( la grande oui'se ) , et le bœuf ou taureau , accompagnemens antiques de la crèche. Pierre, portier, est Janus avec ses clefs et son front chauve : les douze apôtres sont les génies des douze mois , etc. Cette vierge a joué les rôles les plus variés dans toutes les mythologies ; elle a été VIsis des Egyptiens , laquelle disait dan l'inscription citée par Julien : Le fruit que j'ai enfanté est le soleil. La plupart des traits cités par Plutarque , lu sont relatifs , de même que ceux d' Osiris conviennent à Bootes. Aussi les sept étoiles principales de l'ourse , ap pelées chariot de David, s'appellent-elles chariot d' Osiris ( voy. Kirkcr) ; et la couronne qu'il a derrière lui était
formco lie lieno, i'hen Osiris , arbre (VOsiris. La Vierge a aussi été appelée Cerl-s , dont les mystères furent les mêmes que ceux d'Isis et de Mitlira ; elle a été' la Diane d'Eplièse , la grande déesse de Syrie , Cybcle traînée par les lions : Minerve j mère de Bacchus ; Astrée , vierge pure, qui fut enlevée au ciel à la fin de Vage d'or: Thémis , aux pieds de qui est la l)alanco qu'on lui mit en main ; la Sihjlle de Virgile , qui descend aux enfers , ou sous l'hémisphère avec son rameau à la main , etc.
(80) Ibid. {Vivrait abaissé, humble.) Ce mot humble vient du latin hiimi-lis, humi-jacens, couché ou penché à terre : et toujours le sens physique se montre la racine du sens abstrait et moral.
(81) Ibid. ( Qui ressuscitait vu résurgeait dans la voûte des deux. ) Resurgere, se lever une seconde fois , n'a signifié revenir à la vie que par une métaphore hardie : et l'on voit l'effet perpétuel des sens équivoques de fous les mots employés dans les traditions.
(82) Pa^e 118. ( Chris j c'est-à-dire le conservateur. ) Selon leur usage constant , les Grecs ont rendu par x ou jota espagnol le hâ aspiré des Orientaux , qui disaient hâris ; en hébreu , hères s'entend du soleil ' mais en arabe , le mot radical signifie garder j conserver, et haris, gardien, conservateur. C'est l'épithète propre de Vichenoii ; et ceci démontre à la fois l'identité des trinités indienne et chrétienne , et leur commune origine. Il est évident que c'est un même système , qui , divisé en deux branches , l'une à l'orient , l'autre à l'occident , a pris deux formes diverses : son trône principal est le système pythagoricien de Vâme du monde, ou loupiter. Cette épithète de
piter on pire ayant passé au Démi-Ourgus des platonicien^il en naquit une équivoque qui fit cbercber \ejils. Pour le; philosophes , ce fut V entendement, nous et logos, dont Ici Latins firent leur verbitm : et l'on touche ici au doigt et à l'ceil l'origine du père éternel et du acerbe son fils , qui procède de lui (mens ex Deo nata, dit Macrobe); r««i/w« ou spiritiis miindi fut le Saint-Esprit ; et voilà pourquoi Manès, Basilide, T'alentin, et d'autres pre'tendus he'rëtiques des premiers siècles , qui remontaient aux sources , disaient que Dieu le père était la lumière inaccessible et suprême du ciel (premier cercle , Vaplanès )\ que le fils était la lumière seconde résidante dans le soleil , et le Saint- Esprit l'air qui enveloppe la terre. ( Voyez Beaiisobre , tome II , page 586.) De là , chez les Syriens , son emblème de pigeon, oiseau de Vénus Uranie, c'est-à-dire de l'air. « Les Syriens (dit Nigidius in Germanico) disent qu'une « colombe couva plusieurs jours dans l'Euphrate un œtifàe « poisson , d'oîi naquit Vénus. « Aussi ne mangent-ils pas de pigeon, dit Sextus Empiricus, Inst.Pjrrh., lib. III, c. 23; et ceci nous indique une période commencée au signe des poissons (solstice d'hiver). Remarquons d'ailleurs que si Chris vient de Harisch par un chin, il signifiera fabiicateur, épithète propre du soleil. Ces variantes, qui ont dû embarrasser les anciens, prouvent toujours également qu'il est le véritable type de Jésus , ainsi qu'on l'avait déjà aperçu dès le temps de Tertullien. « Plusieurs , dit cet écri- « vain , pensent avec plus de vraisemblance, que le soleil « est notre Dieu; et ils nous renvoient à la religion des «< Perses. » {Apologétique, c. i6.)
(83) Ihid. {L'une des périodes solaires .) Voyez l'ode curieuse de Martianus Capella au soleil , traduite par Gébelin , volume du Calendrier, pages 5^7 et S^S.
(84) P3?P 226 ( Abolit les sacrifices humains. ) Lisez
NOTES. 28y
la froiJe ik-olanilion d'Eusèbe, Prœparat. ei>an^., lib. i , p. II, qui prétend que depuis que le Clirist est venu , il n'y a plus eu ni guerres, ni tyrans, ni anthropophages^ ni pédérastes, ni incestueux, ni sauvages mangeant leurs parens , etc. Quand on lit les premiers docteurs de l'Église , on ne cesse de s'étonner de leur mauvaise foi ou de leur aveuglement. Un travail curieux serait de publier aujourd'hui un demi-volume de leurs passages les plus remarquables , pour mettre en e'vidence leur folie. La vérité' est que le christianisme n'a rien inventé en morale , et que tout son mérite a été de mettre en pratique des principe.^ dont le succès a été dû aux circonstances du temps ; c'est-àdire que le despotisme orgueilleux et dur des Romains , dans ses diverses branches militaires, judiciaires et administratives , ayant lassé la patience des peuples , il se fit , dans les classes inférieures ou populaires , un mouvement de réaction absolument semblable à celui qui, depuis vinotcinq ans , a lieu en Europe de la part des peuples contre l'oppression des deux castes dites sacerdotale et féodale.
(85) Page aaS. {Association d'hommes assermentés pour nous faire la guerre. ) C'était l'ordre de Malte , dont les chevaliers faisaient vœu de tuer ou de réduire en esclavage des musulmans, pour la gloitv de Dieu.
(86) Page 23o. ( Un tarif de crimes.) Tant qu'il existera des moyens de se purger de tout crime , de se racheter de tout châtiment avec de l'argent ou de frivoles pratiques ; tant que les grands et les rois croiront se faire absoudie de leurs oppressions et de leurs homicides en bâtissant des temples, en faisant des fondations ; tant que les particuliers croiront pouvoir tromper et voler, pourvu qu'ils jeûnent le carême , qu'ils aillent à confesse , qu'ils reçoivent l'extrême-onction , il est impossible qu'il existe aucune morale
JQO NOTES.
privée ou publique , aucune saine législation pratique. Ai reste , |)Our voir les effets de ces doctrines , lisez VHistoir< de In Puissance temporelle des Papes j 2 vol. in-8 ', Pan
(87) Il/id. (Jusque dans le sanctiuiife du lit nuptial. » La confession est une très ancienne invention des prêtres , qui n'ont pas manqué de saisir ce moyen de gouverner... Elle était pratiquée dans les mystères égyptiens , grecs , phrygiens , persans , etc. Plutarque nous a conservé le mot remarquable d'un Spartiate qu'un prêtre voulait confesser. Est-ce à toi ou à Dieu que je me confesserai? A Dieu , répondit le prêtre. En ce cas , dit le Spartiate , homme, retire-toi. ( Dits remarquables des Lacedémoniens. ) Les premiers chrétiens confessèrent leurs fautes publiquement comme les esséniens. Ensuite commencèrent de s'établir des
prêtres , avec l'autorité d'absoudie du péché A' idolâtrie
Au temps de Théodose , une femme s'étant publiquement confessée d'avoir eu commerce avec un diacre , l'évêque ^Nectaire , et son successeur Chrysostôme , permirent de communier sans confession. Ce ne fut qu'au septième siècle que les abbés des couvens imposèrent aux moines et moiuesseî la confession deux, fois l'année ; et ce ne fut que plus tard encore que lesévéquesdeRomela généralisèrent. Quant aux musulmans . qui ont eu horreur cette pratique , et qui n'accordent aux femmes ni un caractère moral , ni presque une âme , Us ne peuvent concevoir qu'un honnête homme puisse entendre le récit des actions et des pensées les plus secrètes d'une fille ou d'une femme. Nous , Français , chez qui l'éducation et les sentimens rendent beaucoup de femmes meilleures que les hommes, ne pourrions-nous pas nous étonner qu'une honnête femme pût les soumettre à l'impertinente curiosité d'un moine ou d'un prêtre ?
>orns. -.«.gi
(ïiS) l'ageaJi. {Corporations ennemie:, de lu socictc.) Veut-on connaître l'esprit géne'ral «les prêtres envers l«-s autres liommes , qu'ils désignent toujours par le nom di; peuple, écoutons les docteurs de l'Eglise eux-mêmes. « Le peuple, dit l'évêque Synuesius ( /« Cahit.,\>. 5i5), veut absolument qu'on le trompe; on ne peut en agir autrement avec lui.... Les anciens prêtres d'Egypte en ont toujours usé ainsi : c'est pour cela qu'ils s'enfermaient dans Imirs temples , et y composaient , à son insu , leurs mystères ; (et ouLliant ce qu'il vient de dire ) si le peuple eût été du secret , il se serait fâché qu'on le trompât. Cependant , comment faire autrement avec le peuple, puisqu'il est peuple} Pour moi , je sei-ai toujours philosophe avec moi, mais je serai pi-étre avec le peuple. »
«t II ne faut que du babil pour en imposer au peuple , écrivait Grégoire de î^azianze à Jérôme. (Hieron adNep.^ Moins il comprend , plus il admire. . . Nos Pères et docteurs ont souvent dit , non ce cpHls pensaient , mais ce que leur faisaient dire les circonstances et le besoin. »
« On cherchait , dit Sanchoniaton , à exciter l'admiration par le merveilleux. » ( Prœparat. evang.j lib. III. ) Tel fut le régime de toute l'antiquité; tel est encore celui des brahmes et des lamas , qui retrace parfaitement celui des prêtres d'Egypte. Pour excuser ce système de fourberie et de mensonge , on dit qu'il serait dangereux d'éclairer le peuple , parce qu'il abuserait de ses lumières. Est-ce à dire qu'instruction et friponnerie sont synonymes? Non : mais comme le peuple est malheureux par la sottise , l'ignorance et la cupidité de ceux qui le mènent et l'endoctrinent , ceux-ci ne veulent pas qu'il y voie clair. Sans doute il serait dangereux d'attaquer de front la croyance erronée d'une nation ; mais il est un art philanthropique et médical de préparer les yeux à la lumière , comme les bras à la
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liberté. Si jamais il se forme une corporatioa dans ce sens •
elle e'tonnera le monde par ses succès.
(89) Ibid. {Magiciens , devins.) Qu'est-ce qu'un magicien, dans le sens que le peuple donne à ce mot? C'est un homme qui , par des paroles et des gestes, prétend agir sur les êtres surnaturels , et les forcer de descendre à sa voix , d'obéir à ses ordres. Voilà ce qu'ont fait tous les anciens prêtres , ce que font encore ceux de tous les idolâtres, et ce qui, de notre part , leur mérite le nom de magiciens. Maintenant quand un prêtre chrétien prétend faire descendre Dieu du ciel , le fixer sur un morceau de levain , et rendre avec ce talisman les âmes pures et en état de grâce , que faitil lui-même , sinon un acte de magie ? Et quelle différence y a-t-il entre lui et un chaman tartare , qui invoque les génies, ou un brahme indien , qui fait descendre Vichenou dans un vase d'eau , pour chasser les mauvais esprits .' Mais telle est la inagiede l'habitude et de l'éducation, que nous trouvons simple et raisonnable en nous , ce qui dans autrui nous parait extravagant et absurde....
(90) Page 232. (Denrées du plus grand prix.) Ce serait une curieuse histoire , que l'histoire comparée des agnus du pape et des pastilles du grand-lama ! En étendant cette idée à toutes les pratiques religieuses , il y a un très bon ouvrage à faire : ce serait d'accoler par colonnes les traits analogues ou contrastans de croyance et de superstition de tous les peuples. Un autre genre de superstition dont il serait également utile de les guérir , est le respect exagéré jwur les grands ; et , pour cet effet , il suffirait d'écrire les détails delà vie privée de ceux qui gouvernent le monde, princes , courtisans et ministres. Il n'est point de travail plus philosophique que celui-là : aussi avons-nous vu quels cris il? jetèrent quand on publia les .\necdotes de la cour de
NOTES. ?g3
Bi-rlin. Que si-rait-cc f.i nous avions celles do chaf(uc cour? Si le peuple voyait à découvert toutes les misères et toutes les turpitudes de ses idoles , il ue serait pas tente de désirer leurs fausses jouissances , dont l'aspect mensonger le tourmente et l'empêche de jouir du bonheur plus vrai de sa condition.