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TABLEAU B, GÉNÉALOGIE DES PAHLAVIDES D’APRÈS LES INSCRIPTIONS

Pour raison de brièveté, j’ai numéroté 1 — 150 les inscriptions d’Ani et des environs publiées par le P. Sargis, au commencement du IIe vol. de son Voyage dans la Grande- Arménie. S indique l’ouvrage du P. Sargis; B, mon IIP Rapport.

1) Vahram; S. 109.

2) Magistros; ibid.

L’inscription est du couvent de Bagnaïr, fondé en 976; Tch. II, 847.

3) Apoughamr, vivait en 411 — 962; S. 109, à Sourb-Astovadzadzin; cf. S. 7.

4) Grigor, était déjà mort en 1040; S. 24, à Sourb- Sagoï ou Sadoï, frère de Chou- Grigor d’Ani; marié à Chouchan ou Chouchic, chan, vivait en 1040; S. 24. vivante en 1029; B, 87, 91; S. 21; enterré à Sanahin, S. t. I, p. 13.

5) Hrimoséda, 6) Vasac, était f en 1040; mort en 1029;

7) Apelkbarib, fils de Grigor et petit-fils d’ Apoughamr, vivait en 415—966 (lis. eu 485—1036); S. 7, Sourb -Phrkitch, à Ani. — Marzpan d’Arménie ; B. 87 ; S. 8, en 414 — 965 (lis. 484 — 1035); fils cadet de Grigor, S. 24, en 489 — 1040.

11) Sembat magistros; B.

87 ; vivait en 998. a)

10) Grigor magistros, fils de Hasan (?) ou de Hol-Vasac; vivait en 482-1033; B. 114; en 1051 (et non 1151, comme il est imprimé), à Kétcharhous, dont il est fondateur.

8) Vahram, anthypate-patrice, vi- 9) Hamzé; B. vait en 437 — 988; B. 86, à Mar- 87; S. 24; était machen; en 478 — 1029, ibid.; S. mort en 1040. 22, Sourb - Grigor , à Ani; f 1047, à 80 ans; marié à Sophio, fille de Tigran, enterré avec elle à Marmachen; S. t. I, p. 225.

12) Apoughamr, vivait en 480 — 13) Grigor, vi-

1031; B. 86; Sourb - Arhakial, à vait en 1031; Ani, S. 14, 22; B. 92; S. 114, à B. 86; S. 14; Bagnaïr, en 682 — 1033. b) f 1047, B.

Vahram; B. 88; son père n’est pas '

positivement connu.

18) Vahram 19) 0 mariée

ou Grigor II à Vasac.

Vcaïaser.

21) Achot Pahlavide?

22) Vahram, marié à Séda, fille de Vasac-le-Grand; S.

96, à Bagnaïr, église de S.

Grégoire l’Illuminateur?

20) 0 mariée à Apirat.

Barsegh, fils d’un frère de Grigor; S. 1. 1,

14) Apoughamr magistros, vivait en 1215, S. 106; en 1225, B. 88, 89; S. 57; S. 114, en 1233; marié à Mahmélic (?) S. t. I, p. 220; enterré à Khanlidja.

16) Khariph ou Kharib magistros , petit - fils de Vahram , était mort en

15) Grigor, archevêque d’Ani, S. 57, à Gochavank; S. 106, en 1215; vivait en 1225, B. 88, 89; fils d’Apoughamr, S. 114, en 682 — 1233. — Ou Grigor magistros, à Bagnaïr (?).

(Notes au Tableau A.)

1) f en 434 — 985. Dul.

2) f en 420 — 971; Dul. d’après Matth. d’Ed. ch. XI, sans discussion de la date de Tchamitch.

3) V. ses frères Sembat et Apoughamr, a) b) du Tableau B.

4) Autre fille, mariée à . . ., mère d’ Apirat, père de Nersès-le-Gracieux. Dul. — Ceci est inexact, v. Tch. II, 1032; III, 25. Apirat était fils de Vasac, gendre de Grigor magistros; car Grigor III était fils d’Apirat, fils d’une soeur de Grigor II, et Nersès était frère de Grigor III; S.-Martin, I, 442; Tcham. III, Tables, p. 110.

5) Pas de date de la mort, chez. Dul.

6) Basile, évêque d’Ani, puis catholicos 1082 — 1085, chez Dul. sic.

7) La généalogie de cet Apirat est inexacte chez Dul. V. note 4.

8) La généalogie de ce Vasac est inexacte chez Dul. V. note 4.

9) Basile II; catholicos 1180 — 1193 sic, chez Dul. — Basile II, d’Ani; Tch. III, 110 des Tables, dit: «Barsegh Grigorian, d’Ani, fils d’un frère du catholicos Barsegh.» Or Barsegh II ne pouvait être fils de Grigor, duc d’orient, f en 1099, puisque lui-même ne mourut qu’en 1203. M. S.-Martin dit mieux: «Fils de Grégoire, fils d’un

M. Bkosset,

frère do Basile 1er; il faut que ce Grégoire, père de Basile II et d’Apirat, ait été fils de Vasac, ou de quelque autre frère de Grigor, duc d’orient. — M. Dulaurier, dans sa Table généalogique, représente Basile II, + 1193 (lis. 1203) comme fils de Grégoire couropalate d’orient, fils de Vasac et de la soeur de Vcaïaser, et Grégoire III comme fils d’Apirat, conséquemment aussi petit-fils de la soeur de Vcaïaser.

10) Grigor III, fils d’Apirat, n’était pas fils, mais petit-fils de la soenr de Grigor II Vcaïaser. Tch. III, 110 des Tables, dit avec raison qu’il était: y'^n^ptuutujj , n ["fi'y l| Ipujujufiplti «Grigo-

ris, fils d’Apirat, fils de la soeur de Vcaïaser;» mais t. II, p. 1032, il cite le Ilisous Vordi de Ncrsès, disant: «Vcaïaser plaça sur le S. siège ’fi biuj (yijilrnnpifft fit-p ) '/* | '/'^/'/ npfmu

2/ nt. iuLIrui i , ij^oji'b Jlrpnj hqpujjfi hi^lrujp «Le fils de sa soeur, nommé comme lui Grigorios, frère de mon père.» Or Grigoris ou Grigor III n’était que le petit-fils de la soeur de Vcaïaser, et en outre le propre frère de Nersès-le-Gracieux. Tchamitch, là même: «Ce Grigoris avait pour frères Vahram, Vasac et Apirat, père de Aersès;» or cet Apirat fut père de Grigor III et de Nersès-le-Gracieux, comme il est dit dans les Tables.

Suivant M. S.-Martin: Grégoire III, fils d' Apirat, (lequel était) fils d’une soeur de Grégoire II. Chahkhath.

1,203; fils d’Apirat, petit-fils de Grigor magistros, était fils d’une soeur de Vcaïaser, i. e. petit-fils d’une soeur et fils d’Apirat, neveu de Vcaïaser.

Grégoire IV, fils de Vasil, frère de Nersès-le-Gracieux.

Grégoire V, neveu de Grégoire IV.

Grégoire VI, fils de Chahan, frère de Nersès-le-Gracieux; Chahkhath, I, 205; cet auteur ne parle pas de Barsegh ou Basile II.

(!\ote« an Tableau II.)

I) 2) Si la fondation du couvent de Baguaïr, en 976, d’après Tchamitch, laisse quelques doutes sur ces deux personnages, rien n’empêche de croire que l’église ne soit antérieure au couvent.

5) Ce frère d’Apelkharib, porte un nom hétéroclyte, qui n’est connu que par le seul témoignage cité.

7) L’église de Sourb -Phrkitch fut construite par cet Apelkharib, marzpan, fils du prince Grigor; il était petit-fils d’Apoughamr et frère de Vasac; cela eut lieu sous le catholicos Pétros et sous le roi Sembat, fils de Gagic-Chahanchah; or Pétros siégea 1019 — 1053; Jean-Sembat régna 1020 — 1040: la double correction que je propose dans les textes du P. Sargis est donc justifiée. Il en est de même de celle de l’inscription S. 8, en 413 — 964 (lis. 483 — 1034, comme dans la copie de M. Kiistner), où il est dit que ce personnage alla à C. P. sous l’empereur Michel; car Michel IV, le Paphlagouien, régna 1034 — 1041.

Vasac, prince des princes, était déjà mort en 478 — 1029, mais il avait concouru à la construction de Marmachen avec ses frères Vahram, Apelkharib et Hamzé, dont l’oeuvre fut terminée eu cette même année; B, 87; S. 24. Pour Apelkharib, fils cadet de Grigor et de Cliouchan et petit-fils d’Apoughamr, il avait bâti à Ani la sépulture de son père, de ses frères Ilamzé et Hhrimoséda, et de son oncle maternel Sagoï; S. ibid. Si l’inscription de Marmacheu ne dit pas positivement qu’Apelkharib et le jeune Hamzé fussent frères de Vasac, la 24e de Sargis, à Sourb-Grigor d’Ani, ne laisse aucun doute à cet égard. Bien que ce personnage ne soit pas mentionné chez le P. Tchamitch, son existence et ses actes sont constatés par nos inscriptions, pendant 58 ans après la mort de son père.

II) Asolic, 1. III, ch. 41, dit non pas qu’il fût fils de Vahram Pahlavide, mais de Vahram; seulement il nomme immédiatement avant Sembat «Vahram Pahlavide.» Au même endroit il mentionne le marzpan Achot, N. 21 de ce Tableau: c’est là ce qui m’a fait conclure la descendance de ces princes.

Or l’inscription S. 96, à Sourb-Grigor de Bagnair, nomme Vahram N. 22), prince des princes, qui épousa Séda, fille de Vasac -le -Grand; sur cela je remarque que les noms d’Achot et de Sembat sont plutôt Bagratides que Pahlavides. En outre il ne se peut guère que Sembat fût fils de Vahram, marié à une Pahlavide, Séda; mais Achot, père de Vahram, peut avoir été contemporain de Vasac-le-Graud; car Vasac f en 1021, et Sembat, fils de Vahram, vivait en 998 et 1029.

14) Le père de cet Apoughamr n’est pas connu par un témoignage positif, mais les dates qui concernent ce dernier prouvent qu’il appartient au XIII'’ s., au temps de Zakaria et d’Ivané Mkhargrdzcls; v. Chahkhath., t. I, p. 273.

15) Ce Grigor fait une donation à S.-Jean de Gochavank, sous le supérieur Andréas, S. 57; il était père spirituel du couvent de Bagnair, Ter Sargis étant maître du lieu et supérieur d’Ani, S. 106, en 1215; — qualifié de magistros, dans une inscription de Sourb- Astovadzadzin, à Bagnair, S. 114, en 682 — 1233, sous le supérieur Siméon; or ce supérieur est mentionné S. 106, sous Sargis, supérieur d’Ani, et sous Zakaria ( hahanchah, S. 5*0; S. 108, sans date; 117, sans date; 118, 119, id.; 116, en 692 — 1243; cf. une inscription de Sourb-Stéphauos, à Lmbat, S. t. I, p. 220, 221.

PI. LV. Ruine d’église, non loin de la muraille de la ville.

— Au S. E. du N. 17 de M. Abich, on voit en effet un édifice portant le N. 11, qui signifie «substruction de petites églises;» si ce n’est pas ici une substruction , en tout cas c’est une ruine, que rien ne caractérise, si ce n’est une fausse arcade plein-cintre, ressortant en relief sur une muraille. Y. PI. XX.

PI. LVII. Porte principale du Palais N° 17 de M. Abich, PI. XXIY B de l’Atlas de mon Voyage archéologique. Les croix, dont cette belle façade est parsemée, justifient de nouveau le titre de Kreuzhalle, imaginé par M. Abich. Il doit exister une brèche ou une ouverture quelconque au voisinage, car M. Kastner avait figuré ici une cavalcade passant le long de la muraille. V. PI. XXI.

PI. LVII. Le Palais aux croix, vu de la vallée, c’est-à-dire en-dehors des murs. Y. PI. XXII.

PI. LIX. Bains royaux, dont rien ne fait connaître la situation. V. PI. XXIII.

— M. Mouravief, t. II, p. 284, dit qu’en venant de l’église Ronde, qu’il avait aperçue de la Cathédrale, il arriva près de vastes ruines, qu’on appelle «Ruines des bains,» bien qu’elles aient plus l’apparence d’un palais et d’une église réunis jadis en un corps de logis, et que peut-être c’est la chapelle en marbre érigée par le catholicos Sargis, en l’honneur de Se Rhipsime, lorsqu’il établit à Ani le siège du patriarcat, après l’an 992. Si le monument figuré sur notre Planche est l’édifice dont parle le voyageur, ce serait aussi le N. 18 du Plan de M. Abich.

Quant à l’église de Se-Rhipsime, l’historien Vardan, le seul qui en parle, dit que le catholicos Sargis, installé en 992, fit construire tout près de la cathédrale une église, où il déposa les reliques des saintes compagnes de Rhipsime; v. Vardan, manuscrit du Musée Roumiantzof, p. 93, et Minas Bjechkian, Hist. d’Ani, en armén. § 27. Les mots «auprès de la Cathédrale» «.n ne laissent pas croire que Se-Rhipsime fût du côté des Bains,

du Plan de M. Abich; on ignore quel édifice jouxtait la cathédrale, et si la ruine qui se trouve tout auprès, vers l’E. , était une église, une chapelle ou un simple clocher, comme le suppose M. Texier, dont j’ai cité l’opinion à ce sujet p. 22; ç’aurait bien pu être un oratoire éu.J'uju,nul: ou même un clocher, sous l’invocation de sainte Rhipsime. Le clocher de la grande église d’Edchmiadzin renferme, si je ne me trompe, une chapelle dédiée aux SS.-Anges. Quant aux Bains, le même ajoute, p. 99, qu’ils sont ruinés à fleur de sol, et ne diffèrent en rien des autres édifices de ce genre, en Asie: ainsi il adopte la nomenclature qui a prévalu au sujet de ces débris.

PI. LX. Eglise creusée dans le rocher, N. 12 du Plan de M. Abich. V. PI. XXIV.

PI. LXI. Habitations troglodytiques, en dehors de la ville.

— Si je ne me suis pas trompé plus haut, à l’occasion de la PL XIII de l’Album, la croix que l’on voit ici sur le mur, et la trace d’inscription carrée, sur la tour du premier plan, à gauche, indiquent que les grottes dont parle le dessinateur sont de ce côté, bien que rien, sur le Plan de M. Abich, ne porte à le croire. Seulement, comme le Plan

M. B ROSSE T

(le M. Texier fait voir bien nettement le ravin d’une petite rivière, à l’angle S. E. de la ville, je crois ma détermination exacte. D’ailleurs, la direction que suit maintenant le dessinateur nous ramène également à cette localité. On aperçoit dans le lointain, au N., l'église du Berger. Y. PI. XXV.

PI. LXIII. La muraille au Lion. Y. PI. XXVI.

— C’est la courtine s’étendant entre deux tours, à droite de la porte principale ou du Milieu, de la PI. 15 de M. Texier.

PI. LXIV. Double copie de l’inscription coufique qui se voit sur une tour jouxtant la courtine au Lion, dont l’une relevée un jour de soleil, et plus belle que l’autre; v. UPRapp. p. 143. M. Khanykof la traduit ainsi:

«Au nom du dieu clément et miséricordieux, a ordonné la construction de cette tour ronde le grand, le victorieux, l’habile administrateur , le père des braves, Manoutchar, fils de Cliaour;» ce Manoutchar était émir d’Ani en 1072. C’est donc la plus ancienne inscription musulmane d’Ani. Celle, également coufique, portant le nom du même émir, sup. N. XXXII, est la seconde; celle de Keï-Sultan, sur le Minaret, N. XXXIII, est la 3*', en 595 Hég. — 1198; La 4e est celle vidimée par Zakaria, en 1238, persane, géorgienne et arménienne; la dernière, enfin, est celle d’Abou-Saïd, postérieure à l’an 1319; v. p. 31.

PI. LXV. Tour où l’on renfermait les criminels , ainsi que s’exprime M. Kastner, sans doute d’après son cicérone. Y. PI. XXVII.

— On y remarque 3 croix de souvenir; à travers la porte, on découvre l’intérieur et les principaux monuments de la ville, et sur le tableau, le cadre d’une longue inscrip tion , déjà reproduite PI. XL , au nom de Zakaré-Chahanchah , s’attribuant la construction d’une portion de la muraille.

Cette porte, très fortifiée et ogivale, est la principale, sous le N° 15 des PI. de M. Texier. Sur la tour de gauche, à quelques assises au-dessus des 3 croix, il y a aussi un cadre d’inscription.

Parmi les copies de M. Kastner je trouve les inscriptions suivantes de la muraille d’Ani, dont le lieu n’est pas toujours précisément connu.

a) Sur une des tours de la porte septentrionale, celle-ci même:

IJlU^^IU 111 | | *1^^. . UJl/Jji,

«S. Sargis, assiste Sargis Gorg . amen!»

b) Sur la tour N° 1 sic, non loin de la porte septentrionale; cette inscription, composée de G courtes lignes, est fruste:

JM iijin | ^ fi m Y ^J'ii l> Ji j uiy lÆA ... |

l| uyuiinyi^i/y i j | nS^u/L'L^u

«O Dieu, protège Zakaria, le grand . . . . Chahanchah, Grigor, Valiram, Patrie, ilohannès, Mkhithar.» A gauche il y a 4 lignes, de deux et trois lettres, indéchiffrables.

Les Ruines d’Ani. — Description.

c) Tour N. 2; v. sup. PI. XIV, p. 16.

d) Sur la tour N° 3 il y a une date, 653 — 1204, et une inscription de sept lignes, fruste et incomplète, d’où je ne puis rien tirer.

e) Tour N° 4, avec l’inscription coufique ci-dessus, PL LXIV.

/') N° 5, la grande inscription PL XVII, p. 17.

g) N° 6 on lit cette pièce, non entièrement déchiffrable:

•/■ nu- P P uiij uit n pni~P Itu/L

• « • • <| yium^n^ y> <Çuuj[nuiiftrmnL.piruLji iri tu

ijpnt-p pu ^ uj jlu p ipn u muji^n ij fufn ^

j jji ^ujinujl^ pb\ II àiinfpuij /"%•

np .pui^iyuy.p nrjn piflrui

j“"L"Pl

«En 609 — 1160, sous la royauté de...Phatl, sous le pontificat de Ter Barsegh, moi Abraham, j’ai construit cette tour du fruit de mes travaux légitimes, en souvenir de moi et de mes parents. Vous qui lisez ceci, dites: «Seigneur, aie pitié de lui,» et ... . l’apôtre dans vos prières à J.-C.»

— Barsegh, neveu du catholicos Barsegh Pahlavide, fut d’abord évêque d’Ani, puis, en 1182 exerça à Ani les fonctions patriarcales, sans être catholicos en titre.

h) Une autre inscription, dont la place est seulement indiquée «sur une des tours,» à TE., est en grande partie indéchiffrable.

’b nil(\ Pt ^"rft1- 'I *t bu ui J uu [u uj P n L. Iju rj nt-utnp ptn *

bpbufi . ’fi i|f(i ij Itiu l> juufni-p'b • ’fi .

.... . . ..... bpb puuîi . j , , ijjpniu £

îin pujuiujlj — uuipu^JriP n['^ Jb'i ^ Pnip

ul-P jnJL piir^pbjl^^p ’fi wlÿ

«En 668 — 1219, par la grâce du Christ, moi Mamakhathoun , fille de Khatchérès, .... étant venue dans cette forteresse . j’ai construit cette tour de .... en sou¬

venir de moi: je vous en supplie, vous qui lisez ceci, demandez au Seigneur le pardon de mes péchés.»

— Un Khatchérès, fils deVard, est mentionné comme déjà mort, dans les inscriptions de Ghochavank, vers le milieu du XIIIe s. Sargis, t. II, p. 42. Il est inconnu d’ailleurs, PL LXVII. Ani, vu du côté turk. Y. PL XXVIII.

— C’est la vue générale des murailles, courant du S. E. au N. O. A gauche, les

2 tours de notre PL Y, puis la porte PL YI, derrière laquelle se voit l’église en Icosagone,

église Bonde ou de S. -Pierre, Sourb-Arhakial; en avant, la double porte, que je crois être

celle dite des Tours-Noires, sup. p. 17; dans l’intervalle se montre la Cathédrale, qui semble

M. Brosset,

placée sur une éminence, tant elle domine le paysage; plus loin, la porte principale ou centrale, notre PI. XXVII; puis la courtine au Lion, et la double porte, masquant la précédente et terminant le double mur. Celui-ci, pourtant, d’après les Plans de MM. Abicli et Texier, s’avance beaucoup au-delà, sans ouverture indiquée, tandis qu’une 3e porte interrompt la muraille intérieure, d’après les deux Plans. Le mur simple remonte jusqu’au nord, eu suivant les anfractuosités du terrain, et doit, comme je l’ai dit PI. LYII, offrir ou une porte ou une brèche tout auprès du Palais des Palilavides: le tout occupant un développement de plus d’une verste. Les murailles, dit M. Texier, p. 94, sont construites en un tuf volcanique jaunâtre, tout-à-fait semblable à celui de la campagne de Rome; que les Romains ont si souvent employé dans leurs constructions. Il ajoute, en parlant des monuments d’Ani, en général: tout cela est petit de proportions, mais appareillé avec tant de soin et couvert d’ornements si sagement mesurés et d’un style si original, qu’on peut à-peine reconnaître dans ces monuments, tenant du goût et de la délicatesse des Grecs, les conceptions d’un peuple ayant perdu de nos jours tout sentiment de l’art.

Suivant M. Mouravief, t. II, p. 265, 285, un fossé profond, creusé par le roi Sembat II, 977 — 989, devant les murs, réunissait les eaux de l’Akhourian et du Rliah. Ce renseignement, tiré du reste des auteurs arméniens, trouve sa confirmation dans un passage du Nigaristan, où il est dit que lors du siège de la ville aux deux rivières, par Mélik-Chah, neveu d’Alp - Arslan , «on construisit des radeaux, sur lesquels l’infanterie et les braves passèrent le fossé;» IIIe Rapp. p. 150. Un autre manuscrit du même ouvrage dit seulement que «la ville était entourée d’une grande eau.» D’ailleurs M. Texier et d’autres voyageurs ont vu les restes de la muraille de soutènement et de l’appareil entier du fossé.

Pour les personnes qui aiment à comparer, je rappelle qu’il existe en Europe des villes célèbres par leurs murailles fortifiées, telles que Nuremberg, qui , sur un développement de 7 kilomètres, passe pour avoir 365 tours, mais qui en possède réellement plus; Avignon, la ville des papes, et Aigues-Mortes, v. Revue Britannique, 1860, t. I, p. 96, et Hist. de France . . . .d’après les monuments .... 1859, t. 1, p. 365.

PI. LXVIII. Ruine de l’église dite du Berger.

— Chapelle de petites proportions, construite sur le modèle de l’Icosagone et de la Dodécagone d’Ani, par un homme de grande famille, dit-on, qui s’était réduit à l’humble condition de pasteur. Minas Bjcchkian, llist. d’Ani, p. 111 et Mouravief, II, 287, rapportent une autre tradition, qui dit simplement qu’un riche berger la fit construire, pour la prospérité de ses troupeaux. Le P. Indjidj, enfin, dit que le berger qui la construisit à ses frais y fut poussé par le chagrin de n’avoir pas été admis dans une église d’Ani; Arm. anc. p. 423. Ce serait donc la contrepartie de Djigrachcn, à Tifiis «bâtie par la colère» d’un Arménien, dans les mêmes circonstances.

A en juger par le dessin, cet édicule a pu être joli, mais on n’y découvre rien de caractéristique, et pas une inscription: il est dans un état complet de délabrement.

PI. LXIX. Arc de triomphe, isolé ou du moins sans aucune indication qui en fasse connaître les entours.

Les Ruines d’Ani. — Description.

C’est, je crois, cette porte de sortie dont parle M. Mouravief, II, p. 287, formée de deux colonnes semblables à des minarets, jointes par une légère arcade, dont l’une est couronnée d’une coupole conique, comme une église; l’autre coupole s’est écroulée. Si je ne me trompe, cette porte doit se trouver tout auprès du Palais des Pahlavides, v. notre PL XXIX.

PL LXX. La tombe royale, dont on ignore complètement la situation. Pourtant il y avait à Ani un lieu consacré à la sépulture des rois, car Matth. d’Edesse, p. 68 de la trad. fr., dit positivement «que le roi Jean-Sembat fut déposé, à Ani, dans la tombe des rois ses prédécesseurs,» et l’on pourrait recueillir encore d’autres témoignages de ce genre. L’inscription qui y est tracée porte:

uwi, ivrjks ram

«Le grand Acbot, roi d’Arménie;» non pas Achot-le-Grand, qui a régné 859 — 890, mais Achot III, le Miséricordieux, qui transporta à Ani sa résidence et en fit la capitale de ses états, 952 — 977; cf. Mouravief, t. II, p. 266. M. Texier, p. 102, dit avec raison que l’on ne retrouve pas à Ani les sépultures des monarques qui y ont régné durant cinq siècles ; — cette dernière expression est quatre fois trop forte. Plus loin il suppose que ces princes ont dû être enterrés dans des champs éloignés de la ville, et notamment au monastère de Karavink (lis. Ghochavank), dans la vallée de l’Arpa-Tchaï. Ce qui peut donner une certaine probabilité à cette assertion, c’est que précisément dans une inscription rapportée par P. Sargis t. II, p. 31, le roi Sembat, en 481 arm. — 1032, parle en effet du couvent d’Horhomos comme étant la sépulture de sa famille. M. Mouravief, II, 260, dit aussi que plusieurs des rois Bagratides ont été enterrés à Ghochavank.

J’ai reçu tout récemment, par l’obligeante entremise du P. Barnaba d’Isaïa, bibliothécaire du couvent de S. -Lazare, à Venise, un précieux renseignement, relatif à cette inscription. J’en donnerai d’abord le texte, tel qu’il a été publié par le P. Sargis, du moins les premières lignes.

«Sur la muraille au-dessus de la fenêtre orientale du couvent de S.-Géorg, à l’E. de Ghochavank, on lit:

Iji j-f n Pni^tnl^tuinuP Iriuh jp iJiHr^nufplrujii w piu p uià n cj iJi£ilj£p<L II ^ujjng s

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IjXiu P nt-inljujbjth ^ujjnrj^ Iru uifjnuin ^nu^h n rt’n ith £UJ i f> litnnL- qpiT ff- hv

tj uuj*^ uinni-ii pi ’fi tflj fi puiït ^uir^uju n jitÂJtj y» intrtjjr ijtiiii ujij fin n il filial .....

«Relativement à l’inscription que vous me soumettez, m’écrit le P. Barnaba, je vous avoue qu’il m’est impossible de trouver le moindre sens à la première ligne. Il faut qu’elle ait été mal copiée, car l’ordre des alphabets arméniens n’est pas exact, et je ne puis rien y déchiffrer. De plus, cette première ligne de ladite inscription ne se trouve pas dans l’Itinéraire d’Arménie écrit par notre R. P. Nersès, ce qui est étonnant; car il m’a assuré qu’il a recueilli avec un soin scrupuleux toutes les inscriptions de cette contrée. La lec-

M Brosskt,

ture de la même inscription, que je vous transmets ci -après, vous fera voir comment il a corrigé les autres erreurs.

’V* luui tr If tr q b q njL

Ipîitr im-pkiuïi utfiiufiuiànq J)'l| q pifuffiiuq fi ifiu fiîfhu/Luj fnj h

’fi *(,^1» P (en 485 de 1 ère d’Armenie) bu Jji/pium ^ iu'ÇL^ui^ « ^ *| vu y Pi ^ «U

btnnt- qfc'f q bqu 7ll lii ^uin.niJbpL ’fl Jl.fl ^ llllllf umuj jtiulj p in^inun pLuij ^ m h t^h pinS^n £uilj iJuiÏjiiIj

^ nnnifnu /•.... Je traduis :

«Sur la façade de l’église:

f En la 1616e olympiade de la création du monde, en la 260° olympiade de l’incarnation divine, et en 485 de l’ère arménienne, moi Sembat-Cliahanchah, fils de Gagic-Chahanchah, j’ai donné mon village de Saharliounik à notre sépulture royale du couvent d’Horhomos, la merveille du monde, pour la rémission de mes péchés, et j’ai imposé par écrit à Sourb-Géorg quatre quarantaines pour Gagic, dont deux pour moi, après ma mort, et deux pour lui, jusqu’à la venue du Seigneur.

«Etant témoin Ter Pétros, catholicos d’Arménie, sous le P. Sargis et Géorg, supérieurs de ce saint couvent.

«Si donc l’un des supérieurs ou serviteurs de la sainte église met obstacle à ce notre souvenir, il est chargé de nos péchés devant le Christ; si quelqu’un, grand ou petit, des nôtres ou des étrangers, s’y oppose ou enlève notre village ou les champs, qu’il soit privé, lui et sa race, de la vue du Christ, comme Judas le déicide; qu’il soit séparé de la Sainte- Trinité et du signe du Christ; qu’il soit lié à la vie, à la mort; que tous les péchés et malédictions depuis Adam, jusqu’à la venue du Christ, retombent sur lui infailliblement, si Dieu le veut, f Thomas (l’écrivain?).»

— Après avoir remercié le P. Barnaba de son obligeante communication, j’ajoute: avec une telle copie, peut-être corrigée, le texte devient clair: les 1616 olympiades donnent un total de 5424 ans pour l’ère mondaine, celle de Jean Cozierhn, déjà employée, avec une variante de 4 ans, dans la grande inscription de la cathédrale, sup. p. 24; les 260 olympiades de l’incarnation donnent, à leur tour, 1040, pour la date de l’ère chrétienne; mais l’an 485 arménien demande 1036 de J.-C. (485 -+- 551 = 1036). D’où vient ce désaccord, précisément dans le chiffre du comput que des Arméniens devaient le mieux •connaître? Le roi Jean-Sembat doit avoir fait sa donation à une époque où il prévoyait peut-être sa mort prochaine, mais l’année précise de sa mort n’est point indiquée clairement, même par Aristakès deLastiverd, contemporain; d’autres, tels que Matthieu d’Edesse et Vardan, la fixent en 1041 et 1045. Pour la justification de l’année 485 — 1036, ce peu de mots suffisent, puisqu’avec ce chiffre il reste encore assez de marge pour arriver à la date, quelle qu’elle soit, de la mort de Jean-Sembat; cependant on ne peut nier que l’ère mondaine de Jean Cozierhn ne donne au moins quatre ans de trop relativement à l’année arménienne, et qu’il aurait fallu écrire «en la 1615e olympiade,» pour avoir la date correspondant à 1036 de J.-C., correction que la copie du P. Nersès n’autorise nullement.

Les Ruines d’Ani. — Description.

Le fait saillant de cette inscription, c’est une nouvelle preuve de l’emploi, sur les monuments, de la supputation de Jean Cozierhn, à 24 ans d’intervalle de la construction de la cathédrale d’Ani.

PL LXXI. Le lieu où devait être enterrée la famille royale, dont la position n’est pas mieux définie. En tout cas le dessinateur représente ici un monument funéraire , décoré de six fausses arcades, où l’on lit ces groupes de lettres :

i r,oi* i hïi, i iir.cn I .°>u i <\nj

«leghbaïric . » ce nom propre, tout-à-fait inconnu, n’appartient pas à la fa¬

mille des Bagratides arméniens, et le reste n’a aucun sens. Pour l’acquit de ma conscience je dois ajouter qu’un Vahram, fils d’Ieghbaïric, et sa femme Thaïe, sont mentionnés dans une inscription de l’an 665 — 1216, au couvent d’Hohanavank, à Carbi. Mais la famille de ce personnage, qui devait être opulente, n’est pas connue historiquement; v. Minas Bjechkian, Hist. d’Ani, p. 71. Une reine ou dame Thaïe, fille de Charatchah ou Charaph- Chah, paraît aussi dans une inscription de Ghochavank, en 718 — 1269, et dans une autre, sans date, du couvent de Bagnaïr; Sargis, II, 23, 39. 40.

Profitant de l’heureuse circonstance qui a fait tomber entre mes mains les beaux dessins de M. Kâstner et de l’obligeance avec laquelle S. E. M. Gille a mis son Album à la disposition de l’Académie, j’ai fait retracer les deux célèbres couvents de Marmachen, aujourd’hui Ghanlidja, et de Khiphtchakh, aujourd’hui Harhidja-Vank; v. PI. XXXII, XXXIII. Dans les notices suivantes, je fondrai ensemble celles données par le savant vartabied Hovhannès Chahkhathounof, Descript. d’Edchmiadzin, t. II, p. 270 — 276, et par le P. Sargis Dchalaliants, Voyage, t. I, p. 223 — 229, en faisant connaître les opinions particulières de l’un et de l’autre sur certaines questions, quand il y aura désaccord.

Marchachen v. PL XXXII.

L’église ou monastère de Marmachen, qui renferme les tombes des ancêtres du prince des princes Vahram, Pahlavide, frère du père du célèbre Grigor magistros, est situé dans la province de Chirac, non sur le bord de la rivière de Cars, comme il est dit dans le Voyage en Pologne, du P. Minas Bjechkian, p. 116, mais bien réellement sur la rive oriental d’un autre affluent de l’Akhourian ou Arpa-Tchaï, dans un endroit plat, au milieu d’une vallée. Le village qui y tient était autrefois fort peuplé, à en juger par les ruines. Il est aujourd’hui nommé par les musulmans Ghanlidja ou Khanlidja «le Sanglant,» et habité par des émigrés, venus de Cars après la guerre de Turquie, en 1829; il est à environ une heure et demie, six ou sept verstes au NO. d’Alexandrapol.

Tels sont les renseignements du P. Chahkhathounof, dans sa Description d’Echmiadzm, t. II, p. 270. Le P. Sargis, un peu plus précis, dans son Voyage, t. I, p. 223, nous apprend que Ghanlidja forme deux villages, dont la séparation n’est que nominale, situés sur le bord du Rah, l’Aladja-Tchaï, dans une vallée entourée de rochers; au voisinage se voient les ruines d’un beau pont, jeté sur la rivière.

M. Brosset,

La grande église, longue et large de 22 coudées arméniennes, était solidement construite, en pierres de taille, d’une hauteur moyenne et bien proportionnée, sans piliers à l’intérieur. Elle possédait une élégante coupole centrale, composée de dalles de pierre formant des espèces de sillons, un autel, deux sacristies et une seule porte, à l’O. Elle est en bon état, sauf la coupole, à moitié effondrée, et sert aux prières des habitants. Auprès de la porte il reste des traces d’un grand porche et d’un beau clocher, démolis par le musulman Dchara-Beg, qui, avec les pierres, construisit une tour de l’autre côté du Rhah.

Tout auprès, au N. et au S., sont deux petites églises à coupole conique, toutes deux en pierres de taille et ayant en grande partie perdu leur revêtement. Celle du N. était longue et large de 16 coudées et avait à droite et à gauche des chapelles pour dire la messe; celle du S., avait 12 coudées en longueur, sur 10 en largeur; enfin une quatrième église se dressait au milieu du cimetière.

L’église principale est la mieux conservée, et la façade occidentale en est, au dire de M. Kâstner, toute couverte d’inscriptions, de haut en bas, dont trois seulement ont été copiées et publiées1). Notamment M. Kâstner les a transcrites toutes les trois, en caractères qui ne représentent pas la forme archaïque des lettres, et la seconde a été redessinée par lui, dans l’Album de M. Gille, en lettres de plus beau style, mais qui pourtant ne satisfont pas un paléographe. Ses copies ne peuvent servir que comme renseignement et comme vérification des textes imprimés, elles paraissent fort exactes.

Comme j'ai déjà donné des traductions des inscriptions de Marmachen , dans mon IIIe Rapp. p. 86, 88, et dans divers mémoires, et que je n’ai aucun changement à y faire, je me contenterai de les analyser ici. La première en date, que j’ai traduite d’après le très excellent texte du P. Chahkathounof2), se trouve sur la muraille du S. et renferme la date précise de la fondation. Le prince des princes Vahram Pahlavide , anthypate-patrice, y raconte avoir commencé les travaux de construction en 437 — 988, sous le roi Sembat, fils d’Achot, et les avoir terminés en 478 — 10293), sous le roi Jean-Sembat et sous le supérieur Erémia, puis sous son succeseur Sosthénès. Cette inscription est précieuse, surtout parce qu’elle nomme, outre Vahram, avec sa mère Chouchic et son père Vasac, deux autres frères du même prince, Apelkharib et Hamzé, non mentionnés dans l’histoire, et dont l’existence n’est constatée que par les monuments épigraphiques.

1) Y. Chalikhathounof, Descr. d’Edchm. t. II, p. 271, -272, 273; Sargis, Voyage, t. I, p. 225, 227; Minas Bjechk. Hist. d’Ani, p. 74, 75. Il en existe une traduction française dans les Mém. reh à l’Asie, par Klaproth, t. I, p. 277, et une russe dans le N. 4G du journal KaBKa3T>, pour 1846.

2) La copie de M. Kâstner ne fournit que l’insignifiante variante uiounmu PuiuiÆitfrii pour ujtjunnui

(JUIUl/l/lîl /ri, nom d’un village.

3) Ces dates sont très nettes sur la copie de M. Kâstner, ont été lues de même par les deux vartabieds arméniens, et font voir que la construction dura 43 ans. Ainsi il ne reste plus de doute à cet égard. Le P. Loucas Indjidj, au contraire, fait commencer les travaux en 435 de l’ère arménienne, différence de chiffre très aisée à expliquer, mais, par une interprétation à lui particulière d’un texte de Samuel d'Ani, il en fixe la fin en 443 de 1 ère arménienne — 994 de J.-C. Nos copies n’admettent pas cette solution, bien que la durée de la construction puisse paraître extraordinaire par sa longueur.

Les Ruines d'Ani. — Description.

La 2e inscription, sur le coin occidental de la même muraille, est au nom de Mariam, reine des Aphkhaz et d’Arménie, fille de Sénékérim et petite-fille de Gagic et de Cata1); cette princesse offre son village de Tarouk, sous le supérieur Sosthénès, moyennant une messe à dire, toute l’année, dans l’église de la Colonne, Sourb-Pétros, pour sa grand’mère Cata. PI. XLIV.

Le texte est formel: «J’ai reçu des saints religieux une bonne part, l’église de la Colonne, Sourb-Pétros.. est-ce l’église principale, est-ce une des deux petites églises, que le P. Chahkhathounof, p. 276, dit positivement être en forme de colonne ou de pilier, ufn le premier est rendu vraisemblable par le lieu même où est tracée l’inscription. Quant à l’époque où fut rédigée celle-ci, il faut croire que la reine Mariam, femme de Giorgi 1er, roi Bagratide de Géorgie, se donna le titre de «reine d’Arménie,» lorsque les habitants d’Ani se livrèrent à elle, soit immédiatement après la mort du roi d’Ani, Jean- Sembat, en 1039, qui fut suivie d’un interrègne, soit, moins probablement, après la prise de possession de la ville par les Grecs, en 1045, Gagic ayant été attiré à Constantinople; v. Hist. de Géorgie, p. 319. Quoique les histoires byzantine et arménienne n’en disent rien, il faut bien que le désir des habitants d’Ani se soit réalisé d’une certain façon , pour que Mariam ait pu, sur un monument voisin de leur ville, prendre le titre de «reine d’Arménie.»

La 3e inscription, tracée sur la paroi du mur septentrional, rapporte que l’église de Marmachen a été restaurée au temps et par l’ordre de l’atabek Ivané et de Chachanchah2), chef des adjudants (du roi de Géorgie), par l’archevêque Grigor, fils d’Apoughamr magistros, et par son frère germain Khariph magistros, petits-fils du prince des princes Vahram Pahlavide, le fondateur du monument. L’église, depuis longtemps changée en une sorte de citadelle; les bâtiments du couvent, occupés par des paysans, qui y tenaient leurs troupeaux, furent purgés de toute immondice et rendus au culte et aux religieux; le couvent Supérieur fut réuni à l’autre, où se trouve l’église, et tous les deux placés sous la main d’un même chef. Entre autres donations par les princes est mentionnée une église de Sourb- Stéphanos, dans la ville même d’Ani, à ce qu’il semble, avec toute sa paroisse, dont il n’est parlé nulle part ailleurs3). Tous les personnages énumérés ici vivaient en 674 — 1225, date que porte l’inscription, mais Khariph ou Gharib magistros fut tué peu de temps après par les infidèles, et enterré ici, près de son aïeul UJL.nL. . Vahram.

1) Sénékérim Ardzrounien, roi du Vaspouracan, qui mourut en 1021, était petit-fils de Gagic, Bagratide par sa mère et fondateur de sa dynastie, au Xe s. Gagic aurait donc été marié à la princesse Cata. A la rigueur, la reine Mariam serait l’arrière-petite-fille de Gagic.

2) Dans ma traduction, IIIb Rapp. p. 88, j’ai mis par inadvertance «Zakaré-C'hahanchah,» tandis qu’il faut lire «Chahanchah, fils de Zakaré.» Il est à-peiue besoin de dire que ce prince et Ivané étaient de la famille Mkhargrdzel, si influente à cette époque en Géorgie et maîtresse d’Ani, comme ayant remplacé là les Pahlavides.

3) Pour l’acquit de ma conscience je dois dire cependant qu’au 1er volume du P. Sargis, p. 218, est décrit le couvent de Lmbat, où se trouve une admirable église de Sourb-Stépbanos. Comme le village de Lmbat est dans le canton de Chirac, non loin des localités dont je m’occupe, il se pourrait bien, si les termes de notre inscription n’étaient si formels, que ce fût là la paroisse donnée par Ivané et Chahanchah au couvent de Marmachen. Mais d’abord nous ne sachions pas que Lmbat ait appartenu aux Mkhargrdzel, et ensuite notre inscription dit: «Nous lui avons donné (à Marmachen) tout ce que nous possédons de domaines héréditaires dans la ville d’Ani, venant de notre aïeul , et d’abord l’église de Sourb-Stéphanos, avec toute sa communauté.»

M. Brosset,

Comme les donateurs parlent aussi d’une inscription contenant la liste des domaines du couvent, cela nous rappelle les deux grandes inscriptions de l’église Grecque d’Ani, dont une datée 664 — 1215, où précisément se lit le nom de Chahanchah, chef des adjudants, et qui renferme une énumération de ce genre; v. sup. p. 14.

En outre le P. Chahkhathounof relève ici, avec raison, certains détails qui ont de l’importance: «d’abord la mention de constructions en marbre,» existant autrefois dans l’église principale ou dans les deux petites chapelles «en forme de piliers,» dont elle est flanquée; constructions dont, ajoute-t-il, il ne reste aucune trace. Or ces «constructions en marbre» n’existent que dans la copie du P. Chahkhathounof; celles du P. Sargis et de M. Kâstner ont fait justice d’une telle allégation. Néanmoins le P. Sargis, dans son texte, se sert toujours de la leçon Marmarachen. Pour moi j’ai peine à croire que le nom de Marmachen, le seul qui se lise dans les inscriptions tracées au XIe s. et presque contemporaines de la fondation de l’édifice, dérive par abréviation de Marmarachen, quoique, à vrai dire, on n’en connaisse pas de plus plausible étymologie. Ensuite ce couvent Supérieur, plus ancien que Marmachen, suivant le P. Sargis, dont il existe encore la muraille occidentale de l’église, est situé sur une hauteur dominant le couvent, à la distance d’une course de cheval, vers le NE. Ce sont sans doute ces ruines dessinées par M. Kâstner, PI. V et VI de la première Partie de l’Album d’Ani. Ce couvent était indépendant et plus ancien que Marmachen, bien qu’on ne connaisse ni l’époque de la fondation, ni le nom du fondateur.

L’importante correction que nécessite la copie de M. Kâstner, appuyée sur le texte publié par le P. Sargis, dans la généalogie des personnages ici mentionnés, n’échappera pas au lecteur. La copie de Chahkhathounof, d’après laquelle j’ai fait ma traduction dans le IIIe Rapp. p. 88, donnait à penser qu’Apoughamr, l’archevêque Grigor et Khariph magistros étaient trois frères, petits-fils de Vahram; la nouvelle copie, au contraire, dit positivement que Grigor et Khariph étaient fils d’Apoughamr, et conséquemment celui-ci fils de Vahram. Voici cette partie du texte; Marmachen, 3e inscr. ; Kâstner, album de M. Gille, p. 5; Sargis, t. I, p. 227.

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1) Chahkh., p. 373 t. I. tuLjium.

— iHu

iifiupnlibujj pj/1/r,

3) — omet ce mot très essentiel: «Ter Grigor archevêque, filt d’Apoughamr

petits -tils de

Les Ruines d’Am. — Description.

En 1822 un certain prêtre Phrkitch, ayant découvert ici une construction souterraine en pierres et chaux, pensa que c’était un trésor et y exécuta des fouilles, dans l’espoir d’y trouver de l’argent. Au lieu de ce qu’il désirait, il ne mit au jour qu’une pierre turaulaire, qu’il pria de placer sur ses restes, après sa mort, en guise de consolation de ses pénibles travaux. Sur cette pierre on lisait:

«Ceci est le lieu ,de repos de Sophia* 1), servante du Christ, épouse de Yahram Pahlavide, prince des princes, et fille de Tigran, marzpan d’Arménie, seigneur d’ Antzévatsik, dans le grand Yaspouracan. Je suis trépassée à la moitié de mes jours, laissant mes fils affligés, et vous prie de vous souvenir de moi, afin que Dieu ait aussi pitié de vous. En 464 — 1015.» Par-là il est aisé de prouver que Yahram2), mari de la princesse, ainsi que ses fils et petit-fils, étaient enterrés ici, et non dans l’enceinte de Sanahin, dit le P. Sargis. Les tombes tirées de terre ont été employées à d’autres usages et ont disparu. Au-dessus du village, sur un plateau, se voyait autrefois le fort de Yahramachen, maintenant démoli: les matériaux en ont été dispersés.

Il n’existe non plus aucun vestige des habitations des moines. Le Cartulaire de Hovhanavank, à Carbi3), nous apprend que le supérieur Erémia, qui avait succédé à un autre dont le nom est inconnu, se démit de ses fonctions en faveur de Sosthénès et mourut à Carbi en 482 — 1033. Sosthénès, qui lui succéda, fut en relations avec Grigor magistros, Pahlavide, dont deux lettres lui sont adressées. Il reçut aussi de ce prince un beau rubis, qu’il tenait de la munificence de Constantin Monomaque.

Pour notre PI. XXXII nous avons profité d’un dessin de l’Album de M. Gille, de beaucoup préférable à celui qui fait partie* de notre Album d’Ani. Seulement nous ferons remarquer que, sur l’exemplaire de l’Académie, M. Kâstner a fortement ombré les deux fausses arcades accompagnant la fenêtre de l’E. de la grande église, ainsi que de l’église qui est à droite, et celles auprès de la fenêtre N. de cette dernière, comme si c’étaient des niches, du genre de celles pratiquées dans les massifs des églises de Se-Rhipsime, à Edchmiadzin,.de Harhidj, de Zéda-Thmogwi, d’Icortha, ici même sur la PI. VIII, qui représente la façade S. de la Cathédrale d’Ani, et sur celle de l’église Grecque, PI. IV. Au lieu que, sur le dessin qui a été reproduit, ces mêmes arcades étaient aussi éclairées que les autres et ne donnaient pas l’idée d’un renfoncement particulier. Je suis bien convaincu que sur le dessin reproduit par nous il devait y avoir une omission, que j’ai indi-

Vahram;» plus bas il est bien dit que Khariph magistros «fut enterré à la porte de la cathédrale, près de notre aïeul Vahram.» Dans la copie de M. Kâstner, le mot aïeul manque, dans une lacune; le P. Chahkhathounof a lu «uni» JIrpnjt qui n’a pas de sens «de notre homme;» mais le P. Sargis lit: mn. ‘L^juu ipu ^uu.ni-'L .... près des restes de notre aïeul ,» qui répond très bien au mot [ànn.uibij du commencement. Ces généalogies sont discutées ci-dessus, p. 55, 6.

1) Cette inscription est le seul témoignage que l’on possède au sujet de la princesse Sophia.

2) Le P. Tchamitch, t. I, p. 938, assure que Vahram fut enterré à Sanahin, ce qui est contraire et au texte de l’inscription de l’an 1225 et aux conjectures, ici fort probables, du P. Sargis, Voy. t. I, p. 224.

3) V. IIIe Rapp. p. 71, la partie de ce curieux cartulaire qui se rapporte à la Géorgie.

M. Brosset,

quée au lithographe, et qui a été réparée. Je regrette que cela n’ait pas été suffisamment caractérisé sur la façade méridionale de l’église Grecque.

Harhidjo- Harhidja- ou Ghphtchakha-Vank. ’) V. PI. XXXIII.

Il existe plusieurs notices sur le couvent dont le nom figure en tête de cet article. Le P. Loucas Indjidjian lui a consacré quelques lignes, p. 330 de l’Arménie ancienne, imprimée en 1822; le P. Chahkhathounof en parle plus longuement, dans sa description d’Edchmiadzin, t. II, p. 262 — 270, et, avec son exactitude ordinaire, donne des détails clairs et précis, ainsi que le texte de 14 inscriptions; on trouve également une bonne description et 14 textes épipraphiques chez le P. Djalaliants, Voyage dans la Grande -Arm. t. I, p. 211 — 217, ici le texte des inscriptions est loin d’être correct; enfin en 1856 le vartabied Abel Mkhithar ou Mkhithariants1 2), moine d’Edchmiadzin, a imprimé à Tiflis une excellente petite brochure in-32, de 90 pages, contenant une histoire et une description complète, ainsi que 20 inscriptions. Une petite notice de M. Kastner lui-même nous renseigne assez bien sur la situation et sur l’état actuel du monument, dont nous publions le dessin d’après l’album de M. Gille.

Malgré la longueur du travail du P. Abel, c’est celui auquel je me suis attaché, sauf à y faire entrer ce que les autres contiendraient de nouveau et d’intéressant.

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