‹ Les ruines d'AniChapitre 30 sur 32 · Jupiter · texte numérisé non relu

Jupiter

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La transcription arménienne des noms géorgiens du zodiaque fait toucher au doigt les inconséquences de la prononciation des lettres arméniennes, telle qu’elle est admise aujourd’hui à Constantinople et en partie dans la Transcaucasie. Au point de vue de la science, cette prononciation est fausse, ainsi que l’a déjà prouvé M. Pétermann, de Berlin, dans sa Grammatica linguae armeniacae, 1837, et comme j’apprends qu’il se propose de le démontrer ex professo dans un ouvrage à part. Au reste, le psaume Miserere, transcrit du géorgien en arménien à la fin du Thésaurus de Schrôder, peut aussi servir de moyen de contrôle pour la concordance des deux alphabets.

Enfin, en ce qui concerne les noms des sept astres de la semaine, je ne réussis pas à les rétablir tous en géorgien ni à en donner les vrais équivalents , employés déjà dans le roman de l’Homme à la peau de tigre, § 989 — 994 de notre édition, parce que Mkhithar n’a point mis en regard de chaque nom la dénomination géorgienne.

Sous l’année arménienne 50 — 603 2) «Saba devint catholicos de Géorgie , sans l’autorisation du patriarche d’Antioche;» c’est un grave anachronisme, comparativement aux

1) Ce mot ne ressemble à rien de connu ; les NN. 6 et 7 ne sont qu’en partie reconnaissables.

2) Il est à-peine besoin de faire remarquer que, pour la réduction des années arméniennes en années chrétiennes, je suis le système de Mkhithar, plaçant en 553 le commencement du comput national, mais cette réduction se trouvera souvent fausse dans ses résultats. Toutes les dates chrétiennes obtenues par cette réduction doivent être diminuées de deux ans.

168 M. B ross et,

Annales, qui font siéger Saba en 542 — 547, sous le roi Pharsman VI; Hist. de Gé.

En 60 — 613, apparition de Mahomet.

« En 74 arm. — 627, les Géorgiens se séparent de la communion des Arméniens ; . . . conversion des Huns par Israïl. » La séparation religieuse des deux peuples eut lieu définitivement en 596 de notre ère, après le concile tenu à Dovin, sous le catholicos arménien Abraham ; v. Additions à l’Hist. de Gé. Add. V. Quant à la prédication d’Israïl chez les Huns, en 681, v. Mosé Caghancatovatsi, Hist. des Aghovans (trad. russe, p. 193).

«En 130 arm. — 683 , les rois de Géorgie Artchil et Milir battirent Mourwan près de la citadelle d’Anacop; le fleuve aux Sept - Sources emporta 23,000 Tadjics et 35,000 chevaux: c’est pourquoi la rivière Abachis - Dzghal est aussi nommée Tskhénis - Dzghal. » Comme le Mourwan ici nommé est bien le dernier khalife Ommiade Merwan , dont les expéditions en Géorgie eurent lieu vers l’an 735, lorsqu’il n’était encore que lieutenant de son cousin le khalife Hicham, il y a ici anachronisme flagrant. D’ailleurs, les rivières Abacha et Tékhour, en Géorgie, sont à l’O. et tout-à-fait différentes de la Tzkhénis-Tsqal: toutefois ces variantes mêmes prouvent qu’au XIIIe s. les Annales géorgiennes n’étaient pas encore débrouillées; v. Hist. de Gé. p. 238, 246.

«En 270 arm. — 823 , sous le catholicos arménien Ter Davith, le prêtre Pharsman Cacaghétsi passa des Arméniens aux Géorgiens et convertit les Dzodéens , c. à d. ceux du pays de Dzod, qui vivent maintenant en Grèce. « C’est à-peu-près tout ce qu’on sait de la tribu des Dzodk , dont la conversion avait été écrite par l’évêque Oukhthanès d’Ourha, dans la 3e P'e, malheureusement perdue, de son Histoire de la séparation religieuse des Arméniens et des Géorgiens; v. Addit. V à l’Hist. de Gé., p. 124.

«En 290—843, l’émir Sadchob prit Mtzkhétha et détruisit la croix de Se. Nouné;» sur cet émir, dont le vrai nom est Sadj, v. Hist. de Gé. p. 279 ; mais sa venue est postérieure à la date donnée par Mkhithar.

En 334 — 886, Acliot régna en Arménie, 34 ans après l’extinction de la dynastie des Arsacides. »

Sous ce synchronisme sont mentionnés les historiens Chapouh Bagratide, entièrement perdu, et Jean catholicos, édité à Jérusalem et à Moscou, dont la traduction en français, par M. S.-Martin, est aussi publiée. Or l’extinction des Arsacides ayant eu lieu en 428 de J.-C., et Acliot Bagratide n’ayant eu le titre royal qu’en 885 , on voit qu’il doit manquer ici le chiffre des centaines, pour avoir le chiffre 457, marquant l’intervalle entre les deux faits.

«En 362 — 915, le roi Sembat Tiézéracal bâtit la ville d’Ani, nom qui signifie ennui; il prit le sultan et fit raser les musulmans , comme des femmes ; il prit aussi Démétré , roi des Géorgiens, et les fit marquer à la main, d’où leur vient le nom d’Aphkhaz. Il fut crucifié par Iousouph l’impur, à Dovin: par -là s’accomplit la prophétie de Moïse de Khoren : «Vous Bagratides , qui régnez à Dovin.» Après lui régna David Ardzrouni , fondateur d’Aghthamar. »

Les Ruines d’Ani. — Histoire.

Ce § est rempli de choses singulièrement obscures. Sembat Natahac ou le Martyr, et non Tiézéracal ou le Conquérant, régna en effet de 890 à 914 et périt à Dovin; mais d’abord l’histoire ne dit point que ce soit lui qui ait construit Ani, puisque cette forteresse existait avant lui; ensuite c’est par un mauvais jeu de mots, encore est -il tiré du grec otvia, et non de l’arménien que l’on peut dire que le nom de cette ville ait la signi¬

fication que lui attribue Mkhithar. Enfin l’histoire ne dit rien de ces musulmans rasés et de ces Géorgiens marqués à la main , Mrn.'L fuujyhujg^ tzerhn khaziats , ce qui serait l’origine prétendue du nom d’Aphkhaz ; elle ne parle pas non plus, à cette époque, d’un soi - disant roi de'Géorgie, Démétré, qui aurait été pris par Sembat. On ne sait donc où ces renseignements ont pu être puisés. Quant à Gagic Ardzrouni, neveu de Sembat, il fonda réellement sous le règne de ce prince le petit royaume de Vaspouracan, àl’E. du lac de Yan, et remplit l’île d’Aghthamar de magnifiques constructions; v. Indjidj, Arménie anc. p. 173.

«En 380 — 933, le roi Abas construisit l’église cathédrale de Cars, celles de Carmndchatzor, de Capoït-Car et d’Horhomosi-Vank; il battit Ber à Cars, et ayant environné d’or son crâne, s’en fit une coupe pour boire le vin.» Sur ces faits, v. notre Addition IX, p. 171: il est question ici d’un roi des Aphkhaz qui n’est connu que par les historiens arméniens.

«En 412 — 964 les couvents de Haghbat et de Sanahin furent construits par la reine Khosrovanoïch.

«En 430 — 983 , commencement du règne des Bagratides en Géorgie; Gourgeu, en effet , régna dans ce pays , et son frère Sembat en Arménie. Ce dernier fortifia le rempart d’Ani et fonda la grande cathédrale, le prince Vahram construisit Marmachen; dans ce temps vécurent Mosé Caghancatovatsi, historien des Aghovans, et l’historien Oukhthanès. David couropalate prit Mandzkert , et Gabriel , fils de Dchapendar , battit Mamlan dans le pays d’Apahounik. »

Pour les faits de guerre mentionnés ici, je renvoie le lecteur à mon Addition IX, p. 181 , 183, où il est parlé notamment des victoires de Gabriel, fils d’Otchopentir. Toutefois la première ligne du § serait inintelligible, si je ne disais qu’en effet, vers l’époque indiquée, le prince arménien Gourgen, frère du roi Sembat II, fonda dans le Tachir, province méridionale de la Géorgie , dont Loré était la place principale , une dynastie éphémère, connue dans l’histoire sous le noms d’Aghovans Bagratides ou de Coricians ; car à chaque génération la famille Bagratide se dédoublait, pour ainsi dire, pour établir de nouvelles principautés, portant le titre fastueux de royaumes : on a de lui une monnaie. ')

Ce que dit notre Mkhithar, presque contemporain, des deux historiens, Mosé Caghancatovatsi et Oukhthanès, détermine positivement leur époque, notamment celle du premier, qui dans le Quadro , dans les Mémoires d’Eug. Boré et chez presque tous les écrivains

1) V. Langlois, Essai de classif. des suites mon. de la Gé. p. 37.

170 M. Brosset,

modernes, est regardé comme un auteur du VIIe s., tandis que le contenu de son livre démontre qn’il vécut après l’an 950.

«En 450 — 1003. L’église sans pareille de Sourb-Grigor est construite à Ani1); maintenant elle est détruite ). Le couvent d’Havoïtbar 2) est bâti par Géorg,

prince de Iveg. Alors florissaient les historiens Stéphanos Asolic et Rhestakès de Lastiverd ; le P. Samouel, de Carmndchatzor, arrangea le livre indicateur des fêtes ; le s. père Atom Varagétsi mit en ordre le livre Horhomagir; le P. Siméon écrivit les 151 récits de l’Adamgirk, ou Livre d’Adam3), à la prière de Sénékarim, roi de Yaspouracan. Le vartabied Timoth composa l’explication de la création, la reine Catramidé acheva la cathédrale d’Ani, et Sembat-Magistros bâtit le couvent de Bgnaïr.

«En 460 — 1013 , Ibn-Khosro , roi de Perse, entre en Arménie et conquert aussi la Géorgie.» Sur ce personnage, qu’Asolic qualifie «émir de Bagdad,» v. Add. et écl. p. 252.

«En 493 — 1046, l’empereur Monomaquéfit cesser la dynastie Bagratide (d’Arménie), qui avait fourni dix rois en 160 ans; mais il resta des princes de cette famille, en Géorgie, à Madznaberd et àNorberd, qui possédèrent plusieurs provinces et construisirent beaucoup de forts. Monomaque , après avoir pris le roi Gagic , donna une principauté à Grigor-Magistros, qui bâtit l’église de Kétcharous: il était fils de Hol-Vasac, constructeur de Bedchni, de Caïen et de Caïdzon. »

Tous ces faits sont connus ; mais je dois faire observer ici que, bien que notre auteur place en 553 l’initiale du comput arménien, il paraît avoir fait souvent usage dans son Histoire de l’initiale 551, vulgairement admise. Car ici, p. e., c’est réellement en 1045 ou 46 qu’eut lieu l’abdication forcée du roi Gagic, suivie de l’occupation d’Ani par les Grecs.

«En 500 — 1053, le vartabied Jean de Taron écrit l’histoire des Bagratidés, par ordre de Ter Pétros; — Bagrat, roi des Aphkhaz, enlève Tiflis à Dchaphar, avec l’aide de Gagic, roi de Cakheth, fils de Jean.»

Si ce Jean de Taron est celui qui fut surnommé Cozierhn, l’auteur du système chronologique, peu suivi, qui place la naissance de J.-C. en 5420 du monde , son histoire des Bagratidés n’est pas connue; la liste ci-dessus, p. 163, le nomme séparément, après Jean Cozierhn , et le P. Somal , dans son Quadro délia stor. lett. di Arm. , p. 69, place en effet au Xe s. un Jean de Taron, dit Gozerno, et le P. Tchamitch mentionne à la même époque un docteur des mêmes nom et titre.

L’Histoire de Géorgie, p. 317, nous apprend également que le roi Bagrat IV fit deux tentatives heureuses pour reprendre Tiflis , et fut aidé par Gagic , fils de David , roi Corician de Loré, que le roi de Cakheth Cuiriké III avait adopté, et qui lui succéda.

Sous l’année arm. 530 — 1083 «Kiouriké, roi d’Arménie (de Loré), Démétré, roi de Géorgie, et le patriarche arménien Ter Barsegh, vont auprès de Mélik-Chah et reviennent

1) V. Les Ruines d’Ani, p. 36, et PI. XVIII.

2) Vulg. Havoutsthar.

3) V. sup. p. 162.

Les Ruines d’Ani.

Histoire.

avec honneur. » D’après l’Histoire de Gé. , p. 348, ce n’est pas Démétré, mais Giorgi II, qui se rendit auprès du sultan turk à l’époque indiquée : il doit y avoir eu ici une erreur de copiste.

Sous l’année 544 — 1097 «commencement du cycle de 90 ans; dix nations célébrèrent faussement la Pâque ; les Franks se rendaient en orient , en troupes innombrables ; » le cycle dont il est question est celui qui , revenant quatre fois dans l’espace d’un cycle pascal de 532 ans, amène les Arméniens à célébrer la Pâque, justement suivant eux, huit jours après toutes les nations chrétiennes ; v. Addit. et écl. p. 280, toutes les notices qu’il a été possible de réunir sur ce sujet.

En 550 — 1103, Khizil prit Loré, brûla Haghbat et Sanahin.

En 560 — 1 113, les fils de Kiouriké (rois d’Aghovanie et de Tachir) furent dépouillés de leurs domaines.

Sous 570 — 1123 «Davith, roi de Géorgie, ayant battu Elghazi et Mélik , prit Gag, Térounacan et Ani. Apoulsévar apporte de Klath un fer (*»"/> Ie soi-disant croissant turk) et le place au faîte de la cathédrale d’Ani; ceux de la ville appellent Davith, roi de Géorgie, et lui ouvrent leurs portes. Le roi prend Apoulsévar et l’envoie dans le Souaneth, avec ses fils ; il ôte le fer d’or de la cathédrale et le remplace par la croix. Phaltoun , fils d’ Apoulsévar , vient et s’empare d’Ani. Le roi Démétré battit l’atabek Gharasengour à Norberd. »

On sait que , d’après la tradition , la famille des Charwachidzé , maîtres encore de l’Aphkhazie, tire son origine de ces princes, ici mentionnés, branche collatérale des Béni- Cheddad , seigneurs du Chirvvan , en géorgien Charwacha, pour Charwan-Chah. Le reste est conforme aux récits des Annales géorgiennes, pour cette époque.

Sous 590 — 1143 «Démétré prit Salthouc, à la porte d’Ani; David, fils de Démétré, battit Mélik-Sultan et prit Tiflis. « A l’exception du dernier trait, qui ne répond à rien de connu, les autres faits sont mentionnés par les historiens de la Géorgie. ,

Sous 610 — 620= 1163 — 1173 «le roi Giorgi prit Dovin, et anéantit dans ses états les voleurs et les brigands : la reine Thamar exalta Zakaria et Ivané. »

Sous 620 — 1173, 660 — 1213 «Thamar mourut, et son fils Giorgi devint roi; il ravagea Ardjech et Yarag. »

Sous 660 — 1213, 670 — 1223 «les noïns tatars Dchapha et Saphata (Tchépé et Sabada) battirent Lacha à Cotman. » La première date est de neuf ans en arrière de la réalité.

Sous 670 — 1223, 690 — 1243 «Le prince des princes Yasac étant mort, son fils Prhoch le brave, prit le drapeau du commandement. Les Khiptchakhs battirent Lacha à Gantzac; Djélad-ed-din , sultan de Khorasan, vint, s’enfuyant devant les Thathars, battit Lacha et Ivané aux pays de Cotaïk et les força de s’enfuir dans la vallée de Garhni. Prhoch entra à Dovin et extermina Khorasmiens et Tadjics. Tchankz-Khan, ayant tué l’Al-

than-Khan, devint lui-même souverain de l’oulous et établit son ourdou à Ghiath. Le prince de Khorazm s’empara d’Akhlath et de plusieurs territoires.

«Rousoudan règne sur la Géorgie.

«Houkatha-Khan, ayant divisé son armée en trois parts, formant d’innombrables multitudes, au S., au N., et dans le pays mitoyen, celle du S. conquit toute l’Inde et le rivage de la mer jusqu’aux Ethiopiens ichthyophages. Celle du N., s’étant dirigée vers le haut de la mer Caspienne , où elle dévasta beaucoup de contrées , et traversa la rivière Danoub, l’empereur des Allemands s’avança contre eux et les fit reculer. Quant au corps moyen, il passa au fil de l’épée les Parthes, l’Hyrcanie, les Kouchank, les Elyméens , aujourd’hui nommés Mlhout1), le Khorasan, les Persans, les Mars, Aspahan, et l’Atlpatacan. Ces ravages accomplis , ils entrèrent dans l’Arménie , en Géorgie et chez les Aghovans ; dans la seule année 685 — 1 2 3 8 2 ) , ils conquirent tous les pays, villes et citadelles. Le roi de Géorgie, avec les princes de la contrée, prit la fuite, mais il descendit plus tard au secours de la place de Caïeu3) et, s’étant rendu auprès de Dcharmaghan, conclut la paix. Cependant après avoir vu les pays d’Arménie et d’Aghovanie , qui lui plurent , l’ennemi les choisit pour le lieu de son repos : il passait la saison d’été dans les montagnes de l’Arménie, et celle de l’hiver dans la grasse et opulente plaine de Rhan, nommée Moughan. »

C’est ainsi que Mkhithar , écrivain contemporain , expose l’invasion mongole : par ce §, traduit intégralement, on peut juger de sa manière et de son exactitude.

Sous l’année 700 — 1253, 710 — 1263, «Batou, khan du N., étant mort4), Sartakh, qui était chrétien , lui succéda. Les deux David , rois des Géorgiens , s’enfuirent dans le Souaneth ; les princes et fils de nobles furent conduits à la horde et nommés késikthank5). Les citadelles et églises de la Géorgie, Arménie et Albanie, furent ruinés par le Tadjic Khodjaziz.

«En 710 — 1263, Arghoun ruina la maison de Géorgie et fit périr Dchalal et Zakaré. Thacoudar s’enfuit dans le Souaneth ; il y eut un tremblement de terre , qui causa beaucoup de mal à la Géorgie.» On sait par d’autres autorités que l’exécution des princes ici nommés eut lieu positivement en 1261, ce qui montre de nouveau que notre auteur emploie dans sa chronologie l’initiale 553.; le § suivant en fournira la démonstration non moins évidente; pour les faits, v. Hist. de Gé. p. 568, 576 et suiv.

«Sous 730 — 1283, 738 — 1291, Arghoun fit périr Dchalaltaï et ses partisans, ainsi que beaucoup de noïns, pour cause de rébellion , et parmi eux l’innocent roi de Géorgie Démétré. Les princes Prlioch, de race arménienne, et Sadoun Ardzrounien, moururent.

1) Les Melhaïds ou Assassins , qui ne furent détruits qu’en 1258.

2) Plus exactement, en 1236, suivant toutes les autorités.

3) Ici il est question non du roi, mais du prince Avag , de la famille Mkhargrdzel , à qui appartenait la place de Caïen.

4) En 1256.

5) I. e. gardes du-corps; cf. Hist. de Gé. p. 540.

Les Ruines d’Ani. — Histoire.

Le roi Léon, d’Arménie, étant mort, Héthoum s’assit sur le trône. Il y eut une grande cherté de vivres, pour les hommes et pour les animaux.» On sait positivement que le roi Démétré fut mis à mort dans le carême de l’année 1289, véritable date de l’avénement d’Héthoum II en Cilicie, et que cette même année une famine affreuse et d’autres fléaux naturels affligèrent l’Asie occidentale.

Je n’ai encore retrouvé nulle part l’indication du massacre des partisans de Dchalaltaï », et des noïns k yjL ; et me contente de faire remarquer la

forme insolite grammaticale des deux mots cités, notamment du second, qui donne un pluriel tout-à-fait nouveau en arménien, semblable à celui qui est le plus usité dans la langue géorgienne

Dans ce rapide aperçu de l’oeuvre de Mkhithar, je me suis attaché à recueillir ce qui intéresse spécialement les pays objets de mes études; mais pour l’histoire générale, pour celle notamment de Byzance et de l’Asie occidentale, il y aurait beaucoup à glaner de curieux et utiles renseignements: l’ouvrage n’est pas long, il tentera peut-être quelque connaisseur de la langue arménienne, désireux d’attacher son nom à une publication neuve et intéressante.

Cette notice était entièrement rédigée, quand j’ai pu prendre connaissance d’un exemplaire du livre dont il s’agit ici, imprimé à Moscou, dans la présente année, sous le titre WbJtPulUly uyct"lujiduy "Histoire d’Arménie, par Mkhithar d’Aïri-

vank, éditée par M. Mkrtitch Emin, aux frais de M. Christophe Lazaref.» Notre manuscrit donne un titre plus en rapport avec le contenu du livre , qui est réellement un abrégé d’histoire universelle.

Si l’on ne peut que se féliciter de la suppression dans l’imprimé des tableaux inutiles dont j’ai signalé la présence au milieu du texte, il me paraît regrettable, cependant, que 1a, deuxième liste d’ouvrages et d’auteurs n’ait pas paru ici; car elle a une vraie importance pour l’époque. Peut-être manquait-elle dans les manuscrits dont s’est servi l’éditeur.

M. Emin s’excuse encore, p. 22, d’avoir retranché les listes des apôtres, des évêques de Jérusalem, des patriarches d’Antioche, d’Alexandrie, d’Ephèse '), de Constantinople et des papes de Borne: omission qui ne me paraît pas assez justifiée par le mauvais état des manuscrits.

A la p. 42, on trouve les nombres formant la base de la chronologie d’Eusèbe, jusqu’à J.-C., différant de plusieurs de ceux que j’ai donnés sup. p. 164, d’après notre Mit., mais donnant le total juste 5198.

L’éditeur a eu, je crois, une bonne idée, en remplaçant les lettres numérales arméniennes par des chiffres arabes; mais la critique sera en droit de lui demander: 1° si c’est de son propre mouvement ou sur l’autorité de ses manuscrits qu’il a placé l’invention du

1) Notre Mit. ne donne pas la liste des titulaires de ce patriarcat , qui manque aussi dans l’Art de vérifier les Dates.

M. Brosset,

comput arménien en 552, au lieu de 553, comme dans le Mit. du Musée asiatique; 2° s’il a bien pesé les conséquences de la suppression absolue des années arméniennes dans le reste de son édition, et de leur remplacement par les années chrétiennes, obtenues au moyen de l’initiale 551, vulgairement employée.

Quant aux dates mises en tête de chaque synchronisme, il m’a paru que notre Mit. n’est pas toujours d’accord avec le texte imprimé, mais cela, quoique important, peut tenir à des erreurs de copiste, et ne saurait être imputé à l’éditeur , que tous les amateurs de la littérature arménienne remercieront pour ce nouveau produit de son activité littéraire. Au reste, l’habile traducteur russe de l’Histoire de Moïse de Khoren, nous promet pour l’avenir de solides et importantes publications.

P. S. Je devrai consacrer une notice à -part à l’ouvrage du P. Ghévond Alichan, Description de la Grande Arménie, 4° Venise, 1855 (en arm.), où se trouve, p. 26 — 36, une courte description d’Ani, avec 8 polytypages, ouvrage qui est arrivé tout récemment au Musée asiat. de l’Académie. Sur l’aigle à deux têtes, dont il va être question, dans l’Index des Planches, v. Revue archéol. a. 1845, p. 76 — 85, un article de M. Longpérier; Castiglioni, Mon. Cuf. PI. X, N. 1, 3, 5; Adleri, Coll, nova, p. 108, PI. V, N. LXXVI, en 615—1218; LXXVII, en 617—1220; LXXVIII, en 621—1224, Hisn-Keifa, Amid, monnaies Ortokido-Eïoubides ; Boeckh, corp. inscr. graec. t. IV, livrs. IV, N. 8777, monument de la l’an 6941 — 1433, avec un aigle à deux têtes, dans la même attitude que celui de Bidchwinta. Certaines monnaies Djoutchides, en cuivre, tout récemment parvenues au Musée asiatique de l’Académie, mais malheureusement sans date, portent le même type, différent toutefois de ceux représentés dans Moh. yjiyca /JacynieBa, PI. XI, N. CCCLXXVII, et PI. XIII, N. 6. L’aigle impériale à deux têtes ne paraît pas avant l’an 1345; Gatterer, Conim. Soc. Goetting. t. X, p. 241.

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