Thaphor; Thabor, W
Abas, catholicos.
«C’est là, ajoute l’auteur, tout ce qui s’est trouvé dans les originaux.» Cependant Thabor fut intronisé sous Stéphanos II, qui régna en Géorgie sous le simple titre de mthawar, de 639 à 663, après quoi les Tableaux de Wakhoucht et les manuscrits ordinaires des Annales ne donnent plus de noms de catholicos, pendant les VIIIe, IXe et Xe s., et ne recommencent qu’au XIe s. , sous David-le-Réparateur ; mais on sait que le beau manuscrit khoutzouri provenant de la bibliothèque du feu tsarévitch Théimouraz mentionne dans cet intervalle cinq noms de catholicos , très authentiques , dont un , Melkisédek , a laissé une charte, datée de l’an 1020; v. Hist. de Gé. p. 302, et Hist. mod. II, 450. Ainsi les renseignements dont Mkhithar a fait usage n’étaient pas complets.
Les listes des rois et catholicos d’Agliovanie , qui viennent ensuite , pourraient peutêtre nous fournir encore quelques inductions sur l’époque où écrivait Mkhithar, mais cette matière n’étant pas encore assez étudiée ni connue, il vaut mieux porter notre examen sur d’autres témoignages. Par exemple, le dernier empereur mentionné depuis Auguste, en la
1) A partir d’ici, ce sont des évêques, dans le M‘*. C., des catholicos, d’après les Géorgiens.
M. Brosset,
184e olympiade (chiffre faux, du reste), est un certain Phisic l’impur, «J 'bubk , qui
ne peut être qu’Isaac - l’Ange , second du nom , dont le règne et la vie se terminèrent en 1204. Tous les souverains de race française qui lui succédèrent sont omis. Coubilaï clôt la liste des souverains thathars; Martin, celle des papes; Mahmad, tué par Seldjouc, celle des conquérants tadjics ; Eudoxe, celle des patriarches de Jérusalem; Mikhel, celle des patriarches d’Antioche; Proclus, d’Alexandrie; enfin Polos, de Constantinople.
Mais ce qui est plus caractéristique que toutes ces listes , aussi indigestes qu’incomplètes, c’est que l’Histoire chronologique se termine ainsi: «Arghoun extermina les partisans de Dchalaltaï ') et beaucoup d’autres noïns, à cause de leur révolte, et parmi eux il fit mourir l’innocent roi de Géorgie, Démétré. Léon, roi d’Arménie, étant mort, Héthoum lui succéda. Il y eut une horrible disette de vivres, pour les hommes et pour les animaux.1 2)» Or on a vu précédemment à quelle date se rapportent la mort du roi Démétré II et l’avénement d’Héthoum, en Cilicie. Mkhithar est donc un écrivain de la fin du XIIIe s., qui peut-être mourut dans les premières années du XIVe.
Après ces listes l’auteur donne, fo. 16 , un catalogue de livres, qui est certainement très intéressant pour nous.
Livres mystérieux des Juifs.
Le livre d’Adam3),
— — d’Enok,
— — de Sibel (des Sibylles?),
Les 12 patriarches,
L’exaltation 4) de Moïse,
Eldad,
Movdad,
Les Psaumes de Salomon,
Les Mystères d’Elie,
Les sept visions de Daniel.
Chez les modernes :
L’enfance de Jésus,
L’Evangile de Thomas,
La vision de Pierre,
«Tels sont, dit-il, les livres que moi et Anané nous avons écrits dans la ville du rocher, où nous avons consacré une église.» Ainsi Mkhithar avait passé une partie de sa
1) Aucune histoire ne mentionne, que je sache, cet adversaire d’Arghoun.
2) Ces faits sont placés sous les synchronismes 730 — 1283, 738 — 1291 , mais se rapportent plutôt au dernier qu’au premier.
3) Cf. infrà, sous l’année 450— 1003, et Journ. as. déc. 1853, le Testament d’Adam.
4) ifjrpujynutfîi paraît signifier ici ou «le ravissement extatique, la vision,» ou plutôt «l’assomption, la disparition » du prophète.
Le Voyage de Paul,
Les lettres catholiques de Barnabé , de Jude et de Thomas ;
Lettre de S. Clément sur ce sujet : «Quels sont les livres qu’il faut reconnaître?» Les Actes et canons des apôtres,
La Vision de S. Jean,
Le Conseil de la Vierge aux apôtres,
Le livre de Denys (l’Aréopagite),
La lettre de Timothée,
Le livre de Criapos?
Les discours de Juste,
Le Prédicateur des orthodoxes,
La lettre de Barnabé.
Les Ruines d’Ani. — Histoire.
carrière monastique à transcrire les ouvrages précédents, en partageant son travail, comme cela est souvent indiqué , dans les manuscrits , avec l’un de ses compagnons. La liste se continue :
Historiens depuis le Moïse, qui a parlé avec Dieu;
David le prophète,
Salomon le sage,
Samouel et Nathan,
Jéou, Azaria,
Le prophète Jérémie,
Ezdras,
Joseph ou Caïapha.1)
Erinos,
Eusèbe,
Socrate le Grand et le Petit,
Africain,
André le sage,
Epiphane le patriarche,
Tatien.
Auteurs arméniens :
Ghéroubna,
Maribas Catina,
Zénob le Syrien,
Fauste de Byzance,
Lazar,
Nersès et Sahac,
Corioun,
Saïac,
*Khosrov,
Thomas vartabied,
Moïse de Khoren,
commencement du monde.
Lazar de Pharbe,
Eghiché vartabied,
*Chapouh Bagratide,
Sébéos (auteur du livre toujours cité sous le nom d’Héracl, i. e. histoire de l’empereur Héraclius).
Mosé d’Aghovanie,
Ghévond, le prêtre;
Oukhthanès, évêque;
Jean catholicos,
Etienne Asolic,
Aristacès de Lastiverd,
*Jean Khozierhn,
*Jean de Taron,
Matthieu d’Edesse,
Anania vartabied;
*Mkhithar, prêtre;
*Vahram Tigranakertatsi,
Jean Sarcavag;
Samouel, le prêtre, d’Ani;
Mikhael le Syrien,
Mkhithar Goch,
*Vanacan vartabied,
Yardan,
Ciracos,
et moi-même, Mkhithar vartabied.
Parmi ces auteurs, j’ai marqué d’un astérisque ceux qui ne nous sont connus que de nom ou par de faibles extraits et citations , qui se rencontrent çà et là dans divers ouvrages ; on doit croire que notre Mkhithar en avait fait usage pour le sien , et qu’ils n’ont disparu que depuis le XIIIe s.
1) Ce nom reparaît plus bas sous la forme Caliapha , avec l’attribut de grand -pontife ; mais comme l’historien Josèphe n’est pas connu sous un tel nom, je suppose qu’il faut lire Flavia , et n’admettre l’attribut qu’avec réserve. B.
M. B R OS S ET
Je dois également mentionner ici une liste de livres , transcrite aux fos. 40 recto et verso , et 4 1 recto , portant cette épigraphe : « Catalogue des livres saints, vérifiés par le vartabied Sarcavag1) et transcrits par moi le vartabied Mkhithar l’historien ...» Cette liste comprend: 1° les livres du Nouveau - Testament , et les Epitres connues de S. Clément; 2° les livres de l’Ancien -Testament, pèle mêle avec des ouvrages arméniens et grecs, qui ne me sont pas tous connus; 3° sous le titre de «subtils,» quelques livres cano¬
niques, omis au N. 2 et des traités de David, philosophe arménien, du Ve s. , de Sahac et Mesrob, de S. (Jean) Mandacouni, auteur du Ve s. ; la Vision d’Enok, les Testaments des patriarches; les Prières d’Aséneth (épouse de Joseph); des ouvrages de Joseph ou Caliapha, le grand-pontife2); de Philon; de Denys, l’Aréopagite apparemment; de S. Basile, de Proclus, de Porphyre, d’Aristote, d’Epiphane, d’Evagre; de Jean Maïragometsi , écrivain du VIIe s.; d’Ephrem, de Cyrille d’Alexandrie: le tout au nombre d’environ 104, qui me paraissent former une collection très curieuse pour l’époque, et qui mériterait bien d’être commentée par un savant plus versé que moi dans la critique biblique et dans l’histoire littéraire.
Ces préambules — non compris le dernier catalogue — et l’histoire des patriarches, qui forment la série des générations jusqu’à J.-C., le tout entremêlé de traditions fabuleuses, occupe 29 feuillets ou 58 pages, contenant peu de faits vraiment dignes de remarque. Si l’on veut se faire une idée de la chronologie adoptée par l’auteur, en voici le résumé, tel qu’il le donne avant d’entrer dans T ère chrétienne.
Variantes du Mit. C.
D’Adam au déluge .
2242 ans,
D’Adam à la 40e année de Japheth
delà à la construction de la tour
delà à la
160e — de Noé
— à Abraham .
- à la
93e — de Sérouk
— à la sortie d’Egypte .
- à la
„73e — de Iobed
— à la construction du temple
- à la
34e — d’Hacin
de Salomon .
- à la
249e — de l’ère ar-
— à la construction du temple
ménienne
de Zorobabel .
— à la naissance de J.-C. No-
tre-Seigneur .
en tout
5198, au
lieu de 5193;
légère différence, qui peut s’ex-
pliquer par
une erreur de copiste ,
car les
nombres sont en lettres arméniennes.
De J.-C. au comput arménien. . . 553.
1) Il s’agit peut - être ici du vartabied Jean Sarcavag, de Sanahiu, computiste, mort en 1129 et conséquemment de beaucoup antérieur à Mkhithar.
2) Je soupçonne, à la manière dans laquelle est arrangée la liste, que les trois précédents livres sont attribués à ce Joseph ou Caliapka.
Les Ruines d ’ A n i. — Histoire.
Par curiosité on peut comparer ces deux résultats , qui sont identiques pour placer la naissance de J.-C. en 5198 , avec ceux donnés par deux manuscrits géorgiens, analysés dans le Bullet. Hist. - Philologique , t. XY, p. 177, et t. XYI, p. 362. On trouve que les Géorgiens dont il est question mettent la naissance de J.-C. en 5516 ou plutôt 5500, suivant Père de Jules - Africain, et 5502 ans; tandis que la chronologie d’Eusèbe ’), adoptée par Samouel d’Ani, met cet événement en 5198, comme notre Mkhithar.
Voici maintenant quelques extraits concernant l’Arménie, et tout ce que dit notre auteur de la Géorgie. Il décrit en ces termes, fo. 21 V°, les premières possessions de Haïe:
« Bel, haut de 60 coudées, se fit adorer de tous les peuples, excepté de Haïe le brave, qui, suivi de ses frères et de 300 personnes, demeura dans le pays de Hark, en Arménie, et dispersa ses frères, de Trébisonde à Dariala et à Derbend; pour lui, il tua Nébroth d’un coup de lance et régna sur Derbend, sur le Rhan et le Moughan, sur l’Aderbadacau, sur les Mars et Medzbin, sur la Mésopotamie et Mélitène, sur Cokison et Césarée, sur Colonia et Sper, sur la Chaldée et le Karthli, sur le Souaneth et le Caucase, remplissant tout le pays compris dans ces limites. »
Plus loin, fo. 22 Y0, en 3284 du monde, il donne en ces termes l’étymologie du nom de l’Arménie : « Harmaï et son fils Aram sont ceux d’après qui notre pays se nomme Armani. »1 2)
Avant d’entamer l’histoire depuis J.-C., Mkhithar explique ainsi la marche et le but de son livre, fo. 29 Y0: « Jusqu’à-présent, c’est en suivant la série des patriarches et des rois que j’ai formé la chaîne des faits essentiels de l’histoire, tout en l’abrégeant et disant un fait sur mille; maintenant je suis agité par mes pensées, en voulant écrire l’histoire de l’Arménie , ma patrie , mais comme nos princes ne furent pas indépendants , il faut , pour donner une forme à l’ensemble, exposer la série des monarques entre les mains desquels ils sont tombés. Comme donc, depuis leur fondateur Haïe, les Arméniens ont obéi aux Assyriens, puis aux Mars, aux Perses, aux Macédoniens, aux Arsacides, aux Persans, aux Tadjics, aux Turks, et maintenant aux Thathars, de même encore autrefois aux Romains, puis aux Grecs, il faut maintenant parler des Romains et des Perses.»
Pour ne point suivre l’auteur dans de trop vastes détails, que ne comporte point une si médiocre composition, je vais me borner à recueillir les faits relatifs à la Géorgie, qui y sont semés assez abondamment.
Sous l’an 291 de J.-C. : «Le roi Trdat règne; il tourmente saint Grégoire ; les
Géorgiens sont convertis à J,-C. par Nouné; Constantin donne aux Arméniens l’emplacement du couvent de S. -Jacques, à Jérusalem, comme lieu de descente pour eux.»
1) Euseb. Cliron. Venise, 1818, Pie. I, p. 134, et II, p. 261; les Septante donnent 5199 ou 5202. M. Dulaurier, dans ses Recherches sur la chrou. arm., p. 40, met sur le compte d’Eusèbe les années mondaines 5198, 5199 et 5200.
2) Y. sur ce sujet les remarques de S.-Martin, dans ses Mém. t. I, p. 259—269.
Comme le présent synchronisme s’étend jusqu’à l’année 330, c’est dans cet intervalle de 39 ans que Mkhithar place tous les faits qui s’y rapportent, et que le lecteur doit satoir classer lui-même à leurs dates précises. Toutefois je fais remarquer que l’avénement de Trdat est reculé ici de cinq ans relativement à la date fournie par Moïse de Khoren, «en la 3e année de Dioclétien (soit 286), « et qui est généralement admise. Quant à l’établissement des Arméniens à Jérusalem, sous Constantin, on sait que les Géorgiens ont une tradition analogue à celle-là, relativement à leur grand couvent de la Croix, dans la ville sainte, dont l’emplacement leur fut concédé par le même empereur.
Sous l’an 354: André (de Crète) invente l’agencement du comput et le cycle de 200 ans , » imaginé pour fixer la célébration de la Pâque. Sur le comput arménien et sur la chronologie technique, v. ici même les années 553 de J.-C., 10 de l’ère armén., 113, 534, 544 : chacun de ces §§ de l’ouvrage de Mkhithar est rempli de très curieux détails.
Sous l’an 424: «Invention des lettres arméniennes par S. Mesrob;» c’est 20 ans plus tard que la date communément attribuée à ce fait.
Sous l’an 472 : «Réunion à Chalcédoine de 636 évêques, à l’occasion de laquelle il parut trois soleils, et il y eut 72 signes merveilleux. Martyre des saints Vardanians, et de sainte Chouchanic. André porte à Sper la croix de Se. Nouné; Barda est construite par le roi Yatché. »
Ces synchronismes sont entièrement faux , comme chacun peut s’en convaincre à la simple inspection du premier fait, le concile de Chalcédoine ayant eu lieu en 451 , sous l’empereur Marcien, le martyre des Vardanians en 450, et celui de sainte Chouchanic en l’année 458.
Sous l’an 500: «Vakhtanc, roi de Géorgie, bâtit Tiflis. » Ce synchronisme est en réalité celui de la mort de Wakhtang-Gourgaslan , qui eut lieu en 499 , suivant les Géorgiens.
En 553 , établissement du comput arménien. — Cette initiale, reposant sur l’adoption du système d’Eusèbe , qui place la naissance du Sauveur en l’an 2 avant l’ère chrétienne vulgaire, laisse en réalité l’usage de l’initiale 551, mais elle introduit dans la chronologie suivante certaines incertitudes qui ne permettent plus de regarder comme positives, sans discussion, les dates assignées aux faits.
En l’an 60 de l’ère arménienne commença celle des Tadjics, i. e. des musulmans ; or cette année 60 correspondant, d’après Mkhithar, à 613 ou même à 611 de J.-C., on voit qu’il est eu retard de 11 ans sur l’année initiale de l’Hégyre, le 16 juillet 622.
L’on trouve ici, au fo. 33 Y0., tout-à-fait hors d’oeuvre, la liste des noms des signes du zodiaque et des sept astres en géorgien, avec transcription en caractères arméniens, qui est intéressante pour faire connaître le rapport des deux alphabets au XIIIe s.
Les Ruines d’Ani. — Histoire.
Le bélier ....
• thrxb .
le taureau . . .
• knL- r .
les gémeaux .
• uirjnL-p.fi .
le cancer . . . .
• htci'ihb • • • •
. ^omffi5oî>o,
le lion .
• ipJb .
la vierge . . . .
•£ ujjiPnuLf, . .
la balance . . .
. uiuuàmc p . . .
le scorpion . . .
le sagittaire . .
• pnj jrj im-ULubfi • .
le capricorne .
• PPbur^‘y ■ • •
le verseau . . .
lis.
les poissons . .
• Pu,ib .