‹ Les ruines d'AniChapitre 9 sur 32 · T EXPLICATION · texte numérisé non relu

T EXPLICATION

En ajoutant 10, on obtient 47. En prenant donc les 12 lettres des N° 1, 5, 7, 8. U44 ‘HÏÏ1 Gbb T\61V> et les additionnant, on obtient 47 et il J'JJUll OTITIV ‘«IIaS ale général Yasac,» donnant le même nombre.

U44 ‘MM1 Gbb

^WDVA miUT/'IKS

Le général Yasac fut père du très sage et très pieux prince Grigor magistros, et le frère aîné de Vahram le Pahlavide4), et tous deux étaient contemporains de Gagic 1er Chahanchah. Par leur bravoure et par leurs vertus ils ont mérité une gloire immortelle et l’affection de la nation; tous deux ont sacrifié leur vie pour la sainte foi chrétienne et sont sortis de ce monde par un trépas bienheureux. Après avoir écrit longuement à leur sujet, le P. Tchamitch termine ainsi, t. II, p. 943: «Je pense que cela est suffisant, en ce qui concerne le glorieux martyr Vahram, fidèle imitateur de son frère germain Vasac le martyr, père de Grigor magistros.»1 2)

8e EXPLICATION.

En ajoutant 10 on obtient 57; en prenant donc et additionnant les lettres des N° 2, 3, 4, 6, 7, UGG ‘MT fmv MG Gbb on a le nombre 57 et qIU4-

1 lYb «Pehram le Pahlavide,» donnant le même nombre.

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‘MT m ^ IMbG

Gbb ''IfcAPUir

Il faut savoir que Pehram est un nom parthe qui, chez nous, s’écrit Vahram; mais notre formule s’accorde avec Pehram Pahlav.

Ce héros était le fils cadet de Vasac le Pahlavide, et devint lui-même général après la mort de son frère aîné. Par ordre de Gagic-Chahanchah il assista à la sanglante bataille livrée au maître de l’Aderbidjan, avec 6000 hommes de troupes. La preuve de sa magnificence se lit dans les inscriptions de Marmachen, encore debout dans la province de Chirac.

Sur ce prince, v. la Table généalogique et les preuves à l’appui.

1) Vahram + en 1047, Vasac en 1029, tous deux en combattant contre les musulmans.

2) Le père de ce prince est nommé chez les historiensVasac ouHol-Vasac; c’est je crois par une confusion de lettres qu’on a lu Hasan, dans une inscription du couvent de Kétcharhous; IIIe Rapp. p. 114.

M. B ROSS K T

9e EXPLICATION.

En ajoutant 10, on a G7; en prenant donc et additionnant les lettres des N° 2, 3, 4, 6, 7, 8, (Kvv) ‘NV HW (MK) Ghh T^GU*. qui donnent G7, on trouve trks (>(M,r/(fi,Mi r.rjis. «Catramit, Hovanès, Achot,» fournissant le même total.

r.eir «ir.smri'S oiw.r/i.ijii r.r.ns

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Ghh

L’histoire fait foi (pie Gagic-Chahanchah avait pris pour femme Catramit, fille de Vasac Sisacan, prince de Siounie, dont il eut deux fils, l’aîné Sembat-Hovhanès, le cadet Achot.

— Oui sans doute Gagic avait pour femme une princesse de Siounie, mais son nom s’écrit, non comme ici, mais bien Cadramit ou Catranidé, comme dans l’inscription de la Cathédrale, sup. p. 23. Une inscription de l’an 1008, Sargis, t. II, p. 51, à Dicorh, écrit ce nom comme celle de la Cathédrale. Ainsi, pour Catranidé, comme pour Yahram, l’interprète a altéré l’orthographe. Il en est de même ici du nom Ilovhanès , écrit sans 4 dans la figure, et avec cette lettre dans l’explication. Enfin, Gagic et Catranidé eurent un troisième fils, Abas, ainsi que je l’ai fait voir plus haut p. 24.

10e EXPLICATION.

En ajoutant 10, on a 77; prenant donc les 18 lettres des N°- 1, 2, 4, 5, 6, 8, (',4* UGG U‘hU‘ <hnn (MK) T\GU\ et les additionnant, on obtient 77, et \\ ‘hlVI'Ml (MVhhUSUhVh rXJISH'/ü «Gagic 1er, Bagratide, fils d’Achot,» donne' le même total.

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r. ‘HVhHi ('IVMT.SHKbh VXJ \SbVX

Ici se voit le nom de Gagic-Chahanchah, avec son N° d’ordre. La raison pour laquelle son nom est répété, c’est afin de rappeler celui de son père.

IIe EXPLICATION.

En ajoutant 10, on a 87; donc en prenant les 21 lettres des N° 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, P.4A UGG ‘NV (PM'L ‘IMHI (MK) Ghh et 6n les additionnant, on a 87 et la phrase ST'hr.S 7\V.(\Smy»ll,\S Gr,hm,W*.G «L’architecte Trdat l’a érigée,» faisant le même total.

1*44 ugg ‘hiv rm* ‘hnn vm Ghh

S(UH\S t^TSTVIV'II/S Gl'IM'hVI.r.G

L'architecte Trdat est célèbre dans notre histoire nationale, et fut contemporain de

Les Ruines d’An i.

Description.

Gagic-Chahanchah: il n’y a donc rien d’étrange à ce qu’il ait été l’architecte de cette église. Quant à ses succès dans son art, voici ce que disent nos historiens:

D’habiles artistes avaient employé beaucoup d’efforts pour restaurer en dernier lieu . Sainte -Sophie; or il se trouvait à Constantinople un artiste arménien travaillant la pierre, nommé Trdat, qui donna un plan ingénieusement combiné de construction, prépara des modèles d’ornements et commença même la bâtisse, en sorte que l’église fut rétablie plus brillante qu’auparavant. *)

12e EXPLICATION.

En ajoutant 10, on a 97; prenant donc une à une les 24 lettres de la figure lre et les additionnant, comme nous l’avons fait pour la 2e explication, où l’on a obtenu 97, on a la phrase USb'MWlAHJ JT'HV'ïbS UlKPI/bNl» «le vartabied Stéphannos Asoghnic1 2),» et le même total.

U$M>r/i/bflU 'UT'HV'IbS UUfn/bNi

«Et, ajoute Aristakès, ch. II3), Stéphannos de Taron, qui a rédigé des livres d’histoire universelle, en une manière admirable. Il commence au premier homme et conduit l’ensemble de son récit jusqu’à la mort de Gagic, de qui traite notre histoire.»

«Au temps du catholicos Sargis, dit Tchamitch, II, 877, florissait le vartabied Stéphannos Taronetsi, dit Asoghic ou Asoghnic, qui par son ordre écrivit une Histoire d’Arménie, depuis l’origine de la nation, en trois livres, en l’année 1000 ou 1004 de N. -S. Il paraît aussi avoir rédigé un Commentaire du prophète Jérémie, dont parle Grigor magistros, qui lui est postérieur, mais qui l’avait vu dans sa jeunesse. Il s’exprime ainsi dans une lettre au vartabied Géorg: «Je vous prierai donc de me prêter le Commentaire du prophète Jérémie, écrit par le bienheureux Asolic, dans une extrême vieillesse.»

13e EXPLICATION.

Le mot Asoghnic est un surnom; en faisant le compte des lettres, on y trouve 30; le mot historien, donne le même total. Ainsi quand nous disons que cet éloquent

auteur a imaginé pour lui-même ce surnom, cela est assez probable, puisque son plus bel ouvrage est notre histoire nationale.

•nusirni,

1) Tchamitch, II, 875; Asolic, 1. III, ch. 27; Antiq. de l’Arm, en arm., t. III, p. 140; Hist. du B.-Emp., t. XIY, p. 170, en 986, tandis que, suivant l’auteur arménien, le fait eut lieu en 438 — 989, suivant le calcul de M. Dulaurier, le dimanche 18 août, fête de l’Assomption ; Rech. sur la chronol. arm. p. 280. Cet auteur n’a point cherché à concilier la date grecque, octobre 6494 — 986, avec l’arménienne, et se contente de citer les faits et les autorités, ce que nous-même croyons devoir imiter, pour cause de brièveté.

2) C’est la forme savante d’ Asoghic ou Asolic, vulgairement employée, et signifiant «disert.»

3) V. sup. p 42. Ce passage avait été omis là, à dessein.

M. Brosskt,

Nicolas Hovovian conclut en disant, qu’il ne peut venir à l’idée de personne que la figure en écriture secrète dont il a donné l’interprétation ait été tracée sans but; car si l’on prend sur une table à écrire 20 lettres, et qu’on les dispose au hazard, elles ne formeront pas de sens.

Ayant ainsi achevé son travail, il compose ces deux lignes, d’après le même système:

.°jm* h mny r.ï,i> -utw.» r.u m ï,mi «U'.vVi, oi'/i.rjH-ri, inyiyi ï,i>m rn, nu

«Ce qu’AS OGH NIC a fait pour le bel Ani,

NIC OGH OS le déplore dans Ani privé de sa beauté.»

Les lettres initiales des mots dont se compose la première ligne donnent 17, et la date où a été construite l’église de Karoudacht (Sourb - Grigor) , ‘(,|w(<h 449, donne aussi par l’addition des trois lettres juste le même total.

La seconde ligne se compose de cinq mots, dont les initiales donnent 20, comme aussi les chiffres de la présente année \\ 1298, si on les additionne.

oim i nm\

La première ligne se compose de 27 lettres, donnant le nombre 119, juste comme les 27 de la seconde.

i\\) m, w\, ‘üHi m, nu

Cette disposition indique que les 3 syllabes du mot Nic-ogh-os, sont, à peu de chose près, le mot As-ogh-nic, renversé.

— J’ajoute, pour ma part, que depuis le célèbre commentaire du Chef-d’oeuvre d’un inconnu, par le fameux docteur Mathanasius, immortalisé par Cordonnier S. -Hyacinthe, jamais telle bouffonnerie n’a fourni le thème sérieux d’une pareille débauche d’esprit divinatoire et d’érudition. Je n’ai pas fait d’études sur les alphabets secrets, mais j’ai remarqué dans le t. VII, p. 108, de la Revue germanique, dans un article signé Nefftzer, que les chrétiens de la primitive église ont essayé des combinaisons de lettres, pour expliquer quelques-unes des visions de l’Apocalypse. On a donc cherché le nombre de la bête à 7 têtes, et l’on a trouvé que «Néron César,» donne en lettres hébraïques

en tout, 666. A la manière latine,

Les Ruines d’Ani. — Description.

en tout, 616; César de Rome donnerait 606;

en outre Néron avait 50 à la corne, parce

que la lettre N vaut 50 en hébreu, comme en grec.

Qu’est-ce que tout cela peut prouver?

Je dois ajouter que, d’après une

lettre d’un

père Mékhitariste, que j’ai reçue tout

récemment, «l’article du Bazmavep n’est qu'une pure fantaisie , dont il est impossible de tirer aucune conséquence sérieuse.» D’accord, mais c’est très piquant.

PL LI. Ruine de l’édifice avec l’aigle à deux têtes. Y. la PI. XIX.

— Le dessinateur est arrivé aux ruines des édifices qui occupent le sommet N. du triangle d’Ani, là où, sous le N. 17, M. Abich place le «Palais royal.» Mais d’abord M. Mouravief, t. II, p. 285, n’admet pas une telle dénomination. Il trouve que ce monument, le mieux conservé de ceux d’Ani (M. Texier dit la même chose de l’église grecque , «près de la rivière»), ne peut avoir été la résidence des rois. Par son isolement, au bord du précipice de l’Alaza, et adossé au mur d’enceinte, il aurait été dans une situation peu convenable et trop exposé aux atteintes de l’ennemi. Il croit donc que c’était le palais et la résidence des Pahlavides, ces puissants vassaux des rois Bagratides de l’Arménie. M. Khanykof semble admettre cette opinion, sans doutefois la discuter, car .elle n’est pas discutable preuves en mains; mais dans la nomenclature des localités auxquelles se rapportent les inscriptions de M. Kâstner, il se sert toujours, en parlant de ces ruines, du terme «Palais inférieur. »

Quoi qu’il en soit de l’appropriation de l’édifice dont il s’agit, l’aigle à deux têtes, qui s’aperçoit sous une croix tracée dans l’une des salles, à droite de l’inscription qui sera mentionnée, PI. LIV de l’Album, lui a fait donner le nom imaginé par M. Kâstner. M. Abich, au contraire, frappé de l’ornementation, consistant en croix noires, en pierre, régulièrement disposées en très grand nombre, sur la façade entière, ici représentée, et sur la muraille de la porte principale du palais, PL LVII, appelle ces ruines Kreuzhalle «Palais aux croix.» Par suite d’un malentendu, en l’absence de M. Abich, sur la destination de l’édifice, j’ai malheureusement toujours traduit ce nom par «Eglise de la croix ou du Sauveur, Salle en forme de croix,» dans mon IIIe Rapport et sur la Pl. XXIV, B, C, de mon Atlas1). J’ai déjà reproduit cette façade sur la Planche indiquée, mais elle est plus complète sur le dessin de M. Kâstner, surtout du côté droit, où l’on voit deux ouvertures en arcades, permettant au regard de pénétrer dans l’intérieur, et une jolie niche, avec une inscription incomplète, qui sera retracée plus bas.

1) Ma bévue, toutefois, n’est pas aussi énorme qu’elle peut le paraître; car bien que les notes de M. Abich désignent plus habituellement le monument dont il s’agit par le nom de Kreuzhalle, cependant au N. 9 de ses estampages il a écrit: Kreuzkirche von Ani, Nische 2, N. 12; ibid. der Kirchthür gegenüber, im Ilogen; et l’ignorance de l’appropriation de l’édifice m’a fait étendre cette dénomination aux autres copies faites au même lieu.

M. B ROSS ET

Ici le dessinateur paraît ne pas avoir rendu comme il convient les croix si nettement tracées sur toute la paroi du mur, par M. Abich; toutefois, sur la PI. LVII, s’il n’atteint pas toute la précision des formes rendues par le savant académicien, il fait très bien ressortir les croix.

Ainsi, Palais royal, Palais des Pahlavides, Palais inférieur, Palais aux croix, édifice à l’aigle à deux têtes, telle est la synonymie du monument. Le P. Sargis, par une erreur évidente, à rangé sous le titre de Sourb-Arhakial les inscriptions que notre dessinateur a copiées, et que M. Abich a relevées ici par le procédé Millin : ce sont 9 pièces, imprimées p. 9 — 12 de son second volume. A ce propos j’ai appris d’une personne digne de foi que cette confusion de localités, chez le P. Sargis est un fait connu à Tiflis et provient d’un désordre survenu dans les feuillets contenant les notes du voyageur, désordre qu’il a d’autant moins pu débrouiller qu’en effet, dans plusieurs des textes dont il s’agit, est mentionnée l’église de Sourb-Arhakial ou de S. -Pierre.

Quant aux inscriptions que je dois attribuer au monument qui nous occupe, il restera de grandes incertitudes sur la détermination de l’édifice, de la place occupée par les textes, de plusieurs dates, et surtout sur la critique des mots et sur l’intelligence des faits et des choses. Pour constater l’édifice et la localité précise, je prendrai comme base les renseignements consignés par MM. Abich, Ivhanykof et Kastner, sur les copies, malheureusement peu réussies , de ces textes, mais je citerai immédiatement les notes de localités données par le P. Sargis. Les dates et les textes eux-mêmes seront fournis par les copies de MM. Abich et Kastner et critiqués par la comparaison avec ceux du Voyage dans la Grande-Arménie.

Je commence par la façade. On y voit les niches , disposées deux par deux , aux côtés d’une porte encombrée de ruines et de végétation, que nos notes appellent «la porte Grecque» Les copies estampées de M. Abich portent:

Niche I: Au nom de l’Elghan, en 718 — 12G9; plusieurs taghmadji ou douaniers d’Ani, élevés au rang d’iristanots, confirment les dispositions relatives à un allégement d’impôt non désigné.

Niche II: Au nom de l’Elghan, en 725 — 1276, sous le chef spirituel Sargis, des personnages non qualifiés suppriment le commerce du dimanche dans les rues d’Ani, par suite d’un tremblement de terre.

Ces deux textes se voient déjà dans mon IIP Rapp. p. 104, 105, le second sans la date, que j’ai trouvée seulement dans les copies de M. Kastner: ils manquent chez le P. Sargis.

Plus loin, à droite, dans une fausse arcade, se voit tracé sur le dessin de M. Kastner la fin de l’inscription que j’ai publiée IIP Rapp. p. 110, O 4, et que M. Abich note comme placée à droite de la porte Grecque, M. Kastner, comme se trouvant sur le mur d'une chambre du Palais inférieur, à droite de l’entrée. La date inscrite par le dessinateur ne peut se lire que 706 — 1257 ou 906 1497; la seconde lecture me parait impossible. Le contenu ne vaut pas la peine d’être repris, en l’abseuce de nouveaux ren-

Les Ruines d’Ani. — Description.

seignements. C’est un certain Chapadin, qui fait un présent aux Apôtres (à l’église des Apôtres?) et obtient 12 messes annuelles. Pour compléter ce sujet, je dois renvoyer le lecteur à un texte publié par le P. Sargis, p. 12, et copié, selon son indication, sur un arceau de Sourb-Arhakial, côté du S. «En 797 — 1348, le même Chapadin fait quelques cadeaux et restitutions de propriétés enlevées aux Apôtres, et obtient 12 messes, en récompense. Le texte est dans une telle confusion et si défectueux, que je n’ose y toucher. Pour la date, je me contente de la signaler en passant, ne sachant si elle est meilleure ou pire que celle de la copie de M. Kastner, je dois dire seulement qu’elle pourrait bien appartenir à une autre inscription, que je donnerai plus bas.

Au - dessous de la précédente , est tracé le commencement d’une inscription , dont voici le texte d’après M. Kastner:

L'/T"k •i* Pit

unij np mn.

\\& II ufip ’LnppL bu ujiu pnii y^rjjinLrju npij.fi un/fip uupuuiu pu p ^ m 'Çi.piu^f, p n/i^ ï» iflràfi O^tu ^i fi ujj fi li fru

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Z , ( , i] fi pfiiju/Lfiu nji ^ujçitj

^bpfufbpbli . . . tjup . . . rien de plus.

«Au nom de l’Elghan, en 702 — 1253, avec confiance en Dieu et amour pour lui, moi le baron Aghbough, fils de l’amir-spasalar Chahanchah et petit-fils du grand Zakaria, et moi la baronne Thamar, fille de .... du baron Bouzmaï, ayant vu le siège d’Ani où les iritsanis bouleversaient les impôts ...» Rien de plus.

— Je doute beaucoup que la date 1253, antérieure à l’arrivée d’Houlagou, le premier des Ilkhans connus, soit exacte, mais j’ai dû la donner telle qu’elle est écrite; car on a des monnaies frappées à Tiflis et à Gandjah, en 642 de l’Hégyre, — 1244, par Ouloug Menkal Alouch-Bek: ainsi, lors de l’arrivée d’Houlagou, l’autorité des Mongols était déjà fortement établie au N. de la Perse et en Géorgie.

Pour fixer la parenté d’Aghbough, jusqu’ici inconnu, dans ces conditions, je n’ai pas d’autres matériaux.

De l’extérieur du Palais aux croix, passons à l’intérieur.

D’après le P. Sargis, p. 9, «Sur la porte N. de Sourb-Arhakial,» on lit une inscrip-

1) Fonctionnaires, dont le titre a déjà paru plus haut, p. 48, sous la forme iritsanots, au gén. pl.

M. B ROSS ET

tion sans date, où un certain Khatchatour donne à Sourb-Arhakial 9 jours (neuf journels

de terre?), qu’il a achetés à Théodosi, et obtient - jours de messe: cf. donation par un

certain Khatchatour, aussi à Sourb-Arhakial, IIIe Rapp. p. 109.

Comme cette inscription, peu intéressante et fruste, est attribuée par le P. Sargis au même édifice que celle que je donnerai plus bas dans la description de la PL LII, qui appartient au «Palais aux croix,» je suppose que l’indication de la localité doit être aussi rectifiée. ’)

Tout auprès de là, se trouve l’inscription publiée dans mon IIIe R. p. 86, et par le P. Sargis p. 10:

«En 480 — 1031, par la grâce de Dieu, moi Apoughamr, fils de Yahram, prince des princes, j’ai donné le champ de Carnout1 2) à mon Sourb- Arhakialk, pour la santé et prolongation des jours de mon frère Grigor.»3)

Apoughamr était fils de l’illustre général Vahram, et son nom a déjà plusieurs fois paru dans les textes précédents.

Sur une arcade de l’église de Sourb-Arhakial, côté de l’E. suivant le P. Sargis, p. 10, se lit une grande inscription, dont nous avons une copie estampée par M. Abich, mais où la date manque, et qui est si pâle qu’à grand’peine peut- on la déchiffrer. Je l’ai publiée telle quelle, en deux parties, qui doivent être réunies, IIIe Rapp. p. 100, 101. M. Abich la désigne comme se trouvant à gauche de la porte Grecque dans le Palais aux croix: à-peine peut-on, même avec le texte du P. Sargis, en tirer autre chose que des lambeaux.

«En 769 — 1320, par la miséricorde de Dieu, moi Khovandzé, compagne de l’atabek Chahanchah, qui est passé vers Dieu en cette année, au grand effroi et affliction de notre pays d’orient;» suit l’énumération de plusieurs personnages, agissant aussi en leur nom, mais que l’état de l’empreinte ne permet pas de qualifier convenablement; puis: «Nous avons renoncé à exiger dans notre ville patrimoniale d’Ani le covérots, l’ichanoun et le drhnagir, grand et petit. Quiconque s’efforce de mettre obstacle à nos dispositions, qu’il soit Géorgien, Turk ou Arménien, sera jugé et condamné de Dieu, et participera à la géhenne .... ; Géorgien, il est lié4) et écarté du paradis; musulman, il sera couvert de honte par les huit prophètes ...»

— Tout incomplète qu’elle est, du moins, cette inscription nous fait connaître Khovandzé, femme de Chahanchah III . . . , la date précise de la mort de ce dernier, qu’aucun

1) La notice de M. Abich porte: II. Griechische Thiire, Kreuzhalle in Ani. Über der Thüre in der Kreuzhalle, Ani. Die Thüre mit dem griechischen Karnis: ainsi nul doute sur la localité. Or ce texte est précisément au-dessus de celui que je vais donuer immédiatement, et que le P. Sargis attribue à Sourb-Arhakial: donc il y a confusion de localités chez ce dernier.

2) S. \ituninL u{[t uipum «les champs ou mon champ de Carnoup;» la copie estampée n’admet pas cette variante.

3) S. «Pour mon frère Grigor. Dieu lui donne santé et longévité!» ceci ne se trouve pas sur notre copie, estampée par M. Abich.

4) i* e- excommunié.

Les Ruines d’Ani. — Description.

historien ne raconte, et plusieurs personnes (le la famille Mkhargrdzel: un Zakaria, fils de Khovandzé, et un prince Avak; elle mentionne Chamchadin Sahib-Divan, ce mari de Khochak fille d’Avag 1er, célèbre à la fin du XIIIe s., v. l’Histoire de Géorgie, p. 602; Add. et écl. p. 335. En ce qui concerne Khovandzé, v. ci-dessus PI. VI de l’Album, une inscription de l’an 1310, qui prouve l’exactitude de la date que nous assignons à celle-ci; dans une autre, aussi de 1320, sup. PI. III de l’Album, il est encore question de son fils Zakaria et des frères de ce dernier, mais sans mention de leurs noms.

Sur l’arceau du pilier de droite, côté oriental, dans l’église de Sourb-Arhakial, suivant le P. Sargis, p. 11, est tracée une inscription, trop fruste pour pouvoir être traduite ici en entier: Par ordre du baron Aghbougha, Mkhithar, fils de Grigor, personnage entièrement inconnu, fait remise à la ville d’Ani de droits désignés par les mots de nt-uujJji'L 5 rj lu nffL, et dahic, dont le premier paraît relatif aux moulins, et le second au tamgha ou marque de la douane; le tout pour le profit de l’âme de son maître Djatchi.

Sur l’arcade du pilier gauche, occidental, est une inscription, que j’ai publiée dans mon IIIe Rapp., p. 106, avec une date manquant chez le P. Sargis:

En 797 — 1348, Oldcha (Dicha chez Sargis), fils de Papic, douanier d’Ani, par la volonté de ses maîtres et pour la longévité du baron Aghbougha, ainsi que pour le salut de l’âme du baron Zaza, renonce aux droits de kasankin et de tamgha.

D’après l’indication de M. Abich, cette pièce se trouve sur le cintre de la porte du Palais aux croix. Quant à Aghbougha et à Zaza, nommés dans ces deux dernières inscriptions et dans celle de l’an 1320, suprà, p. 50, rien ici ne précise leur généalogie; v. le Tableau des Mkhargrdzels, Add. et écl. p. 362: ceux-ci appartenaient aux dernières générations connues de la famille. Aghbougha II était fils d’Ivané II; Zaza était petit-fils d’Ivané, son père n’est- pas nommé dans nos sources.

Enfin, chez le P. Sargis, p. 12, on trouve que sur une croix du premier pilier sont tracés ces trois vers: «Ceci est le lieu du repos du jeune Sargis, qui était beau et aimable.»

— Pour quelle raison ces inscriptions et deux que l’on va voir sont tracées sur les murs du Palais aux croix, pourquoi l’église de Sourb-Arhakial y est mentionnée à plusieurs reprises, c’est ce que je ne me charge pas de commenter. En tout cas on voit que cet édifice, après avoir appartenu aux Pahlavides, était devenu la propriété des Mkhargrdzels, leurs successeurs à Ani.

PL LU. Inscription que l’on trouve à gauche, en entrant dans le Palais aux croix, représenté sur la PL précédente. Elle est gravée à gauche d’une belle croix arménienne, sous laquelle se voit l’aigle à deux têtes, les ailes déployées. A droite est sculptée une petite croix grecque, au-dessous deux croix arméniennes, dans un même cadre. A gauche, en bas de la grande croix, se lisent ces lettres ‘l'Phti* qui peuvent signifier «Tser

l’écrivain.» Le P. Sargis, p. 9, donne cette inscription sous la rubrique de Sourb-Arhakial, comme se trouvant, «Sur le pilier occidental, près de l’église (ou chapelle?) principale;» tandis que M. Kastner dit l’avoir copiée «sur le mur d’une chambre du Palais inférieur, à gauche

M. Brosset,

de l’entrée,» et écrit en tête J,*] i\yx Pi 2V)'(b ou 2\rV'. «Sous l’Ilkhan,» en 753 ou 752 = 1303 ou 1304, car la lettre des unités est douteuse. C’est peut-être pour cela que le P. Sargis l’a omise et écrit:

’l' |«)'^ 12Y]P p^np^fiul ['j bu np^/i |il

eu H/- P n il h Jbbun^îi O lu ^ f u jt Ji 1 1 ij hltb j\'H

jl tu i fii/Liu l. ^ lu <ÇL^>UJ infruLuj ij^uujtu uiij^iu

uiiuijfriu J II fujium ujt-lçji ifhuitjh ut j rjfi gtutn ^ b

Ij-putà np ’fi ulftjptubl^ bijb-itij y! ^uiplj ‘JJï'P /pu pu i j\i

jh plpu pui/^b^u^ uibni-P b h inpbpujtnnL Ji)b bijpiupiju

fufnij ^ ui^ bpLU<^ji U. fiiF L ij\t fuf ‘Luifu'îibiuij if.bpb.fJ'iulf,

Yj ^ lut fl II Jl * [Jnrjfi ijftlj/j <ÇiJUijujp cén‘LP‘ *)

in^fuiup II uj lu IjIj 1 2 3j# trjàlç jfi iP luijijtç II

jnLuuitr ^ j ji £iu m uilju tlh j / ^uuuwiuiunuL uljlu <ih LU L c&b

jujJlrlujIfu.^'L [* j { a)

«Au nom de l’Ilkhan, en 752, 3 — 1303, 4, par la grâce de Dieu, moi Aghboughé, fils d'Ivané et petit-fils4 5) du grand Zakaria, étant venu dans la ville d’Ani, par l’ordre de Chahanchah, je vis que la ville était devenue pauvre et restait dans la désolation, car on l’avait chargée d’impôts, comme jamais cela n’avait eu lieu depuis le commencement. J’ai supprimé trois impôts, pour la longévité et la prospérité de mon frère0) Chahanchah et pour la mienne, et en vue du tombeau de mes ancêtres. J’ai abandonné un compte de

9000 vaches6) . ; si quelqu’un de ma race ou tout autre observe fidèlement ceci, il

sera béni du Dieu tout-puissant.»

— Aghbougha II et son frère Chahanchah II sont connus par d’autres monuments v. Add. et écl. p. 362. Quant au personnage qui a envoyé Aghboughé à Ani, en 1303, c’est son propre frère, qui avait le titre de généralissime.

Quelle que soit la localité où se trouve l’inscription, elle ne perd rien de son intérêt historique.

PI. LIV. A gauche d’une croix arménienne très riche, on voit l’inscription suivante dans la salle du milieu, du même monument.

C’est celle que le P. Sargis, p. 19, donne comme étant tracée sur une croix de pierre, d’une fenêtre de Sourb-Arhakial, du côté de l’orient, tandis que, d’après la notice de M. Kâstner, elle est «à droite, en entrant dans une chambre du Palais inférieur.» La voici intégralement, bien qu’elle offre peu d’intérêt.

1) S. /{n‘l ^ uufji p p /-h .

2) Mot inconnu.

3) Vu l’imperfectiou de la copie de M. Kiistner, je me suis beaucoup aidé du déchiffrement du P. Sargis.

4) A la rigueur il faudrait «arrière-petit-fils.»

5) «De mes frères, Chahanchah ;» il faut sousentendre les autres, qui sont aussi indiqués dans l’inscription, ci-dessus, p. 50.

6) Pour mémoire, je prie de comparer la douatiou de 950 poulets luu^, et celle de 2 vaches, IIP" Rapp. 110, 111.

Les Ruines d’Ani. — Description.

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«Un élu de Dieu, un saint ermite de Gantzac, après avoir vécu 55 ans dans le désert, se nourrissant d’herbe et sans être vu des hommes, vint dans cette ville, par l’inspiration divine. Tout-à-coup il reçut l’ordre d’en haut et, étant passé dans la vie éternelle, fut enterré comme étranger dans la sépulture commune, où Remplacement de ses saintes reliques guérit de toutes les maladies. Moi Ter Grigor j’ai fixé le dimanche de N.-D. pour que la messe soit célébrée en son nom. Celui qui en enlève le revenu à notre siège, ou qui ose y prétendre, soit maudit de Dieu à la manière de Caïn et de Judas.»

— En l’absence de dates et de faits caractéristiques, la chronologie du fait ne pourrait être fixée que par le nom de Ter Grigor, sans doute un haut dignitaire du clergé, peut être même le catholicos. Or il y a eu cinq catholicos du nom de Grigor, entre les années 1065 et 1202: le choix est donc libre.

Ainsi, des 9 inscriptions du Palais inférieur, la plus ancienne, en 1031, est du Pahlavide Apoughamr; quatre, en 1253, 1269, 1276, 1300, sont au nom de l’Ilkhan et touchent l’administration d’Ani; trois, en 1253, 1303 et 1320, sont intéressantes pour l’histoire des Mkhargrdzels. Les autres n’offrent qu’un intérêt de détail. Je ne puis malheureusement rien ajouter à ce que j’ai dit des impôts pesant sur la ville d’Ani, dans mon IIIe Rapp. p. 1 1 1 ; cela se réduit à une nomenclature, dont l’explication ne se trouve nulle part.

Ayant maintenant terminé ma récolte d’inscriptions du Palais attribué aux Pahlavides par mes devanciers, je crois utile de joindre ici le Tableau généalogique de cette famille, avec toutes les pièces à l’appui: ce sera le résumé de tous les faits particuliers et la justification des résultats que j’ai cru pouvoir présenter comme certains au lecteur.

Le premier Tableau représente la généalogie des Pahlavides, depuis le Xe s. jusqu’aux premières années du XIIIe, seulement d’après les renseignements fournis par les historiens, avec la critique de celui tracé par M. Ed. Dulaurier, à la fin de sa traduction française de Matthieu d’Edesse. Le second ne renferme que les indications fournies par les inscriptions arméniennes, surtout d’Ani et de ses dépendances, et présente plusieurs noms de personnages dont ne parlent pas les historiens: je l’appuierai des propres paroles des textes, comparés entre eux et critiqués l’un par l’autre. La famille qui, durant 300 ans, a fourni à l’Arménie tant d’hommes distingués, de grands capitaines et huit catholicos, mérite bien d’être le sujet d’un pareil travail.

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