‹ Les ruines de l'Abbaye de VillersChapitre 12 sur 45 · I. - LES ABORDS DES RUINES · texte numérisé non relu

I. - LES ABORDS DES RUINES

î. A l'arrivée. — En sortant de la gare de Villers-la-ville (dont l'agglomération se montre à droite, surmontée du clocher de sa vieille église, située elle-même sur une légère éminence), le touriste prendra immédiatement à gauche, le chemin venant du village parallèlement à la rivière et conduisant directement aux ruines, en passant sous le chemin de fer de Charleroi à Louvain.

Après avoir cheminé quelques instants, à travers l'emplacement de l'ancien vivier de l'abbaye, lequel était très poissonneux, mais qui a été comblé, du moins à droite, depuis 1894, par- les déblais des ruines, on arrive au vieux mur d'enceinte, percé en cet endroit, depuis le création de la gare, pour établir une communication entre le village et la route de Genappe à Gembloux, longeant le côté sud des ruines.

La villa, dont les restes s'aperçoivent encore en partie au travers de la verdure, à quelques pas à gauche, au moment defranchir l'enceinte susdite, avait été bâtie par M. Huart, dernier

VERS LE CLOITRE

propriétaire des ruines d), sur l'emplacement de l'antique Porte de la ferme L'enclos particulier de la ferme ou Basse-cour (dont la silhouette massive se dessine à gauche sur la hauteur), donnait à son tour passage vers le village par une autre porte dite Porte de V Hier s.

2. Moulin roman du XIIe siècle. —A peine a-t-on dépassé le mur d'enceinte que l'œil s'arrête étonné à la vue des huit fenêtres romanes du pignon méridional de l'antique moulin. Ces belles ouvertures à plein cintre, avec linteau caractéristique en pierre, fermant complètement la partie supérieure de la baie, sont vraiment d'un effet superbe. On ne s'attendrait guère à rencontrer cela en pareil lieu. Les trois fenêtres supérieures plus allongées et plus élégantes encore, font instinctivement penser au chevet d'une antique église romane (2).

La partie orientale qu'on longe ensuite, ne présente que des fenêtres rectangulaires, mais au rez-de-chaussée, récemment dégagé, on distingue des vestiges de diverses formes architecturales qui n'intriguent pas médiocrement les connaisseurs. Elles dénotent, en tous cas, la grande ancienneté de cet édifice, que tout fait supposer avoir été construit avant l'abbaye, pour abriter la première communauté Ainsi s'expliquent ses proportions, évidemment par trop vastes, pour un simple moulin. C'est aujourd'hui YHôtel des Ruines 13). Arrêtons-nous-y un instant. La chose en vaut la peine.

Un escalier de quelques marches conduit à l'intérieur. Lorsqu'on a franchi la porte d'entrée, on gravit encore quelques degrés,

(1) Ce n'est qu'à la suite d'une expropriation des plus laborieuse, votée par les Chambres, dans un but de conservation, et sanctionnée par les tribunaux, que l'Etat est devenu de i8q3 à 1896 propriétaire incontesté des ruines de l'abbaye. Il était temps ! Chaque année voyait disparaître quelques pans de mur.

(2) Nous devons toutefois à la vérité, de faire observer que la restauration romane de ce pignon offre le flanc à la critique.

(3) Par suite des travaux de restauration et d'aménagement que l'État belge, son propriétaire actuel, y a fait exécuter depuis 1896, ce bâtiment est devenu un hôtel plus ou moins luxueux. Outre l'intérêt offert extérieurement par le vieux moulin abbatial, celui-ci présente à l'intérieur d'autres curiosités, que l'hôtelier se fait un plaisir de montrer aux consommateurs du restaurant qui en manifestent le désir. Nous citerons tout spécialement: i° La vaste cheminée de la cuisine, mesurant plus de trois mètres en largeur, et profonde d'au moins deux mètres; 2° les deux fours

au haut desquels on voit à droite un petit couloir menant à des chambres de service, à gauche un corridor aboutissant à la salle d'estaminet et la façade septentrionale, et en face, la porte de la grande salle à manger du moulin.

La cuisine actuelle du moulin, située entre la salle à manger et la salle d'estaminet, mesure onze mètres de l'ouest à l'est, sur sept mètres 10 cent, du nord au sud. La grande salle du moulin, longue de 27 mètres et large de onze, forme aujourd'hui deux grands salons dont l'un, la salle à manger ou salle restaurant, a t2 mètres de longueur et onze de largeur II est éclairé par trois

FIQ. 5bis. — LE MOULIN DU XIK SIÈCLE.

fenêtres vers l'orient, et par quatre ouvertures donnant sur l'autre salon, désigné sous le nom de salle de danse. Ce dernier mesure i5 mètres de longueur sur 11 de largeur.

Avant 1904, en redescendant les marches intérieures de l'esca-

constituant au rez-de-chaussée le bas de la dite cheminée, dont l'un mesurant environ vingt mètres carrés, pouvait contenir 200 pains, tandis que dans l'autre, beaucoup plus petit, on n'en pouvait cuire qu'une cinquantaine à la fois; 3° l'ancienne boulangerie, vaste pièce de 12 mètres de long sur 11 de large (convertie en estaminet durant la belle saison), avec ses voûtes remarquables, soutenues par des colonnes, dont une seule est visible et occupe le centre de la pièce. Les deux autres sont noyées à droite et à gauche dans la maçonnerie (v. le plan général des ruines.

VERS LE CLOITRE

lier dont nous avons déjà parlé, afin de se transporter au sein des ruines, le visiteur jetant un coup d'œil derrière le battant gauche de la vieille porte massive pouvait y voir une curiosité des plus rares. C'était un véritable revenant du xne siècle, consistant en une barre, ou plutôt une solide poutrelle en chêne, engagée entièrement dans un vide, ménagé dans la maçonnerie et qui chaque soir, était encore tirée, comme en plein moyen-âge, pour barricader la porte d'entrée.

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