N POTAGER
EXPLORATION GÉNÉRALE
De cette porte on embrasse l'ensemble assez imposant des constructions de la cour du travail et spécialement de l'église abbatiale, couronnée par les sommités boisées du pittoresque Robermont, laissant entrevoir à travers le feuillage sa gracieuse chapelle de S1 Bernard.
Le portail gothique de l'église, en partie restauré dans son style primitif, attire et retient assez fortement l'attention des visiteurs, surtout des anciens familiers des Ruines, habitués à n'y voir jusqu'en 1907 que des arrachements informes (Fig. 24) tels qu'en présente encore à notre droite la tour méridionale.
2. Brasserie du XIII" siècle et ateliers divers de la Cour du Travail. — Si on se dirige ensuite vers le nord, on a devant soi une longue suite de bâtiments en ruines, construits dans le style moderne.
La chambre, tout à l'extrémité orientale de ces bâtiments, servait de vestiaire, où l'on déposait les vieux habits des moines, qu'on destinait aux pauvres.
Les vêtements à l'usage des moines se trouvaient dans la salle contiguë. Au delà du corridor qui menait de la cour à une houblonnière, était la place où les frères nettoyaient les habits; puis venait l'écurie, où l'on mettait à l'abri les chevaux des fermiers qui faisaient les corvées du monastère.
La brasserie, qui seule mérite l'attention du visiteur, est beaucoup plus ancienne que les bâtiments qui l'avoisinent Elle remonte aux premiers temps de l'abbaye et est construite en style loman du xnie siècle.
Les uns prétendent, mais à tort, que ce corps de logis servit primitivement d'oratoire aux religieux; d'autres supposent qu'il fut le réfectoire et le dortoir des ouvriers employés par les moines; d'autres, enfin, croient que là étaient l'ancienne grange des dîmes. Ceci est plus vraisemblable.
Quoi qu'il en soit de ces conjectures, ce bâtiment était une brasserie vers le XVIe siècle. Près de l'entrée à gauche, était l'habitation <JJ du maître brasseur. D'après Gramaye et Sanderqs, on vit arriver un jour à Villers des maçons inconnus, qui refu-
(1) On y constate des vestiges de retombée de voûtes en culs de lampe.
sèrent de répondre aux questions qu'on leur adressa. Travaillant avec une célérité incroyable, ils achevèrent ce bâtiment en six semaines ; puis, sans recevoir de salaire, ils disparurent sans qu'on sût où ils étaient allés.
La brasserie, dans les pays septentrionaux, était un des édifices les plus importants parmi les dépendances de l'abbaye. Le plan de l'abbaye de St-Gail indiquait déjà, au IXe siècle, l'endroit où se fabriquait la cervoise, hic conficitur cervisa, et tout à côté le grenier pour conserver les graines nécessaires à cette fabrication.