FIG. 33. — BRASSERIE DU.XIIK SIÈCLE (VUE EXTÉRIEURE
La façade de la brasserie donne sur la cour. Elle est en forme de pignon aigu, comme le mur qui s'élève à l'extrémité septentrionale. L'intérieur, encore voûté, forme un parallélogramme d'environ 40 mètres de long sur 12 de large. Il est partagé en deux nefs par un rang de cinq colonnes cylindriques, à chapiteaux évasés en corbeilles et sans ornements; ces chapiteaux reçoivent les retombées d'une voûte d'arête à cintre légèrement surbaissé. De petites fenêtres étroites et à plein cintre, séparées l'une de l'autre par de larges contreforts allant en retraite, sont ouvertes dans toute sa circonférence.
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L'entrée est occupée par une vaste cheminée d'aérage, semblable à celle de la cuisine, formée de six colonnes également cylindriques, qui portent des arcs en ogive lancéolée et une voûte ogivale à arêtes croisées.
Entre le mur du fond et le pignon septentrional est ménagé un espace vide, réservé à l'escalier du premier étage. On y arrive par une petite porte placée sous la nef gauche. Aux quatre côtés de cet étage sont percées des fenêtres en plein cintre, dont l'arcature est fermée d'une dalle formant tympan.
Au delà de la brasserie, mais de construction plus moderne, se trouvaient la forge du maréchal, la chambre à coucher du maître maréchal, celle du maître charron, l'atelier du charron, du charpentier, du menuisier et de l'ébéniste, dont on longe les débris en se dirigeant vers l'église
(ij Comme il était de principe, surtout au xne siècle, que les moines devaient trouver dans leurs monastères tout ce dont ils avaient besoin, il fallait que les différents arts mécaniques nécessaires à l'habillement et à la nourriture fussent pratiqués dans l'intérieur des abbayes, soit par des mercenaires, soit par des religieux. Dans tous les cas, les moines devaient entretenir eux-mêmes leurs vêtements; ainsi chaque moine devait avoir une aiguille pour les raccommoder le cas échéant.
Chez les cisterciens, la plupart des arts mécaniques nécessaires à la nourriture et aux vêtements étaient pratiqués au xne et au xme siècle par les convers exclusivement.
Les métiers exercés par les convers dans les monastères cisterciens étaient assez nombreux. Il y avait, en outre du meunier et du brasseur, des maçons. « cementarii »; des pêcheurs, « piscatores »; des tisserands, « textores »; des cordonniers, « sutores »; des tanneurs « pelliparii »; des boulangers « furnarii »; des foulons « fullones »; des forgerons « fabri » etc:
Les règlements cisterciens primitifs n'admettaient que d'une manière limitée le concours des mercenaires. Le service de la cuisine et de l'infirmerie, par exemple, devait être fait exclusivement par les religieux, sauf le cas où leur nombre se serait trouvé insuffisant.
Plus tard, cependant, et notamment au xvme siècle, vu le nombre très restreint des frères convers (en 1749 on n'en comptait plus que cinq à Villers), les métiers furent exercés presque exclusivement par des laïques à l'intérieur du monastère. Comme on l'a vu, les divers ateliers étaient groupés à Villers dans la grande cour d'entrée, dite pour cette raison : « Cour du Travail ». Il y en avait cependant quelques-uns disséminés de-ci de là. Ainsi, par exemple, les vitriers avaient leur local adossé d'un côté aux terrains du jardin de l'abbé et s'ouvrant de l'autre sur le chemin vicinal de Gembloux; les tanneurs et les bourreliers avaient le leur à la porte de Namur, et les carrossiers derrière le moulin, au bord de la Thyle.
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