DESCRIPTION DES RUINES
Je prie maintenant le lecteur de jeter un coup d'oeil sur le plan des ruines de Mitla tracé par M. Holmes, réproduit Planche 18 et sur l'excellent Panorama Planche 10 que nous devons à la main du même savant et artiste distingué, explorateur le plus à fond des ruines et des anciennes cités du Mexique.
La petite vallée de Mitla, encaissée par des montagnes sur tous les côtés, excepté celui de l'Ouest, est traversée, dans la direction Est-Ouest, par un cours d'eau le Rio Mitla, qu'où voit indiqué dans la partie inférieure du Plan Planche 18. Le fond de la vallée, sur la rive gauche, est formé par des terrains sablonneux. Une terrasse de forme ir régulière, composée d'argile on de tepetate, s'élève comme une île sur ses sablons, descendant vers le il cuve en pentes abruptes. C'est cette terrasse qui porte le village moderne de San Pablo de Mitla, et immédiat
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au fleuve, un groupe de monticules artificiels, le groupe
V i K. L. du plan) composés ï\ ce qui paraît, de trois quadrangles. Il y a eu peut-être d'autre constitutions au
centre «lu village derne détruites maintenant à un
degré ;i ne plus être reconnaissables. Sur lu vive droite le terraiu s'élève doucement vers le pied «les montagnes. ("es! sur celle table inclinée, (pli est sillonée par deux mh trois ruisseaux, que la plupart des structures anciennes, fi les plus Importantes, oui été pincées.
< >n reconnaît a première vue (pie les ruines se divisent eu deux élusses hieu distinguées. Le groupe I Y ( Quadrangle -I. du plan i de la rive droite et le groupe V (Quadrangle K et Li de la rive gauche font la première classe. I>ans ces deux groupes la structure principale l 'M une pyramide d'une hauteur de 30 pieds à peu prés, montanl en trois terrasses et terminant en une plateforme oblongue dont les côtés mesurent GO et 80 pieds. La pyramide du groupe IV (Quadrangle J) se compose presque entièrement d'adobes ou briques séchées à l'air. < >n ne <;iit pas si les parois furent revêtues de pierres ou couvertes d'une couche de mortier poli; et on ne sait \<-.\> luui plus si la pyramide portail une construction élevée -ur sou sommet. Lue église chrétienne a été bâtie sur la plateforme supérieure, et l'ancienne pyramide sert maintenant de Mont Calvaire. La pyramide du groupe
V (Quadrangle Ki sur la rive gauche du fleuve est nu grand entassement de pierres et de terre. La face supérieure des terrasses, ainsi que la plateforme qui forme le sommet, est couverte par une couche de mortier calcaire, très-dure et finement polie. Les parois étaient peut-être revêtues de dalles. Sur la plateforme on distingue un monceau de terre et les restes d'un bâtiment d'origine espagnol probablement d'une église. Dans les
deux groupes ces pyramides forment le côté Est d'un quadrangle ou d'une cour, dont les autres côtés sont représentés par des monticules aritficiels de la même forme et d'une composition semblable, qui, sans doute, originalement étaient aussi terrassés, niais qui n'atteignent pas la hauteur du membre oriental du groupe respectif. Ces grandes pyramides du côté Est des deux groupes démontrent par leur forme que c'étaient des temples, c'est-à-dire qu'elles portaient sur leur cime nue chambre avec l'idole et la pierre du sacrifice. Car le vocabulaire du P. Juan de Côrdoba nous prouve que les anciens Tzapotèques, comme les autres nations du Mexique, avaient la coutume de tuer les hommes en offrande à leurs dieux.
L'arrangement des groupes, par lequel les pyramides principales occupent le côté oriental des quadrangles, est une preuve que ces pyramides façaient l'ouest, ce qui nous indique qu'elles étaient dédiées à une déité qui était réputée d'être domiciliée dans la région occidentale, — soit le dieu de la lune, soit l'étoile du soir, soit la divinité de la terre et de la génération, soit enfin le dieu du soleil couchant, de la nuit ou de la mort.
Les constructions qui composent les trois autres groupes,— celui du presbytère (groupe 1, quadrangles A, B,€), celui du Palais des colonnes (groupe II, quadrangles D>E,F), et celui près de l'Arroyo (groupe III, quadrangles G,H,I), — appartiennent à toute une autre classe d'édifices et bien supérieure aux bâtiments qui formaient les groupes IV et Y. Ce sont les constructions do cette seconde classe, auxquelles on pense quand on parle des "Ruines de Mitla." Ici nous n'avons pas seulement des monticules, point de pyramides élevées. Les parois sent d'une épaisseur assez considérable ressemblant du reste dans leur construction parfaitement à
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celles des édifices anciens du Yucatan e] des autres régions habitées par les différentes branches do la famille .Maya. Le corps se compose d'une masse épaisse de pierres et de terre, et elles sein revêtues sur la l'ace extérieure mu extérieure e1 intérieure) de pierres régulièremenl taillées qu'on a superposées a en faire des ressauts ci des retraites, et qui enclavent des oblongues rectangulaires exécutés dans un mosaic de pierres trèscurieux, formanl des dessins géométriques d'un goût exquis i Voir Planches s. il», 11)- type d'ornementation qui ne se connaît aulle autre part du monde. Les enclos de l'intérieur n'étaient pas fermés en haut par Fainsi nommé are triangulaire du type mycénien, comme ceux des anciennes maisons de Chiapas et du Yucatân. Des poutres avaient été rangées, allant de la partie supérieure d'une paroi à celle de l'autre, et avaient probablement été couvertes par une couche de perches, de broutilles et de terre, enfin de mortier calcaire poli ou stucco, formant un toit plat ou peu incliné vers l'extérieur.
Les poutres sont pourries par l'humidité des pluies de Tété en arrachées par les mains d'un occupant des temps postérieurs; les chambres ne sont plus protégées par des toits. .Mais on peut encore voir au bout de l'une des chambres sur la partie supérieure des parois les creux occupés jadis par les bouts des poutres qui avaient formé le toit, et l'impression demi-cylindrique du coté d'une dis poutres dans le mortier (pli avait rempli les interstices des poutres. Comme la longueur de ces p0Utres étail limitée, la largeur des chambres ne pouvait être que très modique, généralement pas plus de 10-11 pieds. Pour y remédier, on avait trouvé l'expédient, de placer une rangée de piliers ou de colonnes dans la ligne
du milieu tout le long de la chambre. Eu faisant ces piliers un peu plus courts que la hauteur de la paroi et réunissant leur clhapitels dans la longueur de la chambre par une poutre, on pouvait donner à la chambre la largeur de deux poutres, c'est-a-dire de 20-22 pieds. Il est bien probable que pour ces piliers on fit eu premier lieu usage du bois. La chambre côté Est de la cour aux souterrains (Quadrangle F) paraît avoir été munie dans cette manière de piliers de bois. Pour supporter le toit des chambres qui entourent la grande cour du Quadrangle E, on a préparé des soutiens plus solides en enfonçant dans le sol des colonnes de forme cylindrique et d'une épaisseur de 30-3G pouces près de la base, de 20-24 pouces en haut, taillées de la pierre massive trachitique des montagnes a voisinantes (Voir Planche 9.) Ce sont e* s colonnes monolithes qui ont évoqué l'admiration la plus grande des visiteurs de ces ruines. Le P. Motolinia, écrivain du milieu du seizième siècle, les mentionne, par occasion du récit qu'il donne de la visite que le père Franciscain Fray Martin de Valencia et ses compagnons tirent à Mitla en 1533. Le P. Burgoa les décrit, — et tons les autres auteurs eu parlent dans des termes plus ou moins enthousiasmés.
Le plan architectonique est à peu près le même dans tous les trois groupes. Le corps du bâtiment consiste en nue grande salle qui face le Sud et communique sur le derrière par un conduit coudé avec une cour intérieure, donnant accès sur les quatres côtés à une chambre longue et étroite, mais privée de toute antre sertie. Ce complexe est bâti sur nue terrasse peu élevé à rampes inclinées (pli forme le côté Nord d'une vaste cour de 60 à 140 pieds carrés, à laquelle on descendait, en sortant de
la salle, moyennant un escalier, dont les degrés corres-
Buines de Mitla. -
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pondaient peut-être à la salle dans toute sa longueur. Sur les autres côtés cette cour plate et peu approfondie (Mail entourée par des terrasses oblongues en forme de rempart, donl les plateformes étaient <lu même niveau avec la surface supérieure de la terrasse du nord ei étaient également accessibles du Pond de la cour par des escaliers occupant peut-être toute la longueur de la terrasse. l>ell.\ de ces terrasses, celle à lliaill gaUClie (M celle a main droite, c'est-à-dire la terrasse côté Ksi el celle côté Ouest, étaient occupées par (les édifices, généralement un peu inférieurs à la grande salle côté Nord dans leurs dimensions, niais lui ressemblant dans tous les détails de leur construction. M. Holmes croyait et l'indique ainsi sur son plan que la terrasse qui limite la cour sur le quatrième côté, le côté du Sud, était également occupé par un édifice détruit aujourd'hui complètement. Je ne suis pas de cet avis. Il me semble que ce rM(' Sud était le côté (pli donnait accès aux édifices en question, par où on entrait, en montant un escalier qui conduisait de dehors sur le haut de cette terrasse côté Sud, (M descendant un autre qui mettait le visiteur au fond de la cour, ("est précisément ainsi qu'on voit disposés les escaliers, les remparts formant quadrangles p.e. dans les ruines sur le mont Quie-ngola près de Teliuantepec. Au centre de la cour du quadrangle 10, les fouilles de .M. Saville ont mis à découverte une construction quadrangulaire peu élevée qui probablement désigne la place où on offrait l'encens aux lieux a certaines heures du jour (M de la nuit. Les trois salles (pii couronnent les remparts s'ouvrent sur la cour généralement par trois pi 'îles, séparées par des pièces intermédiaires dont la largeur n'atteigne pas celle des pertes, et unies en haut par un linteau de pierre régulièrement taille.
Les joints des trois components de ce linteau tombenl exact» ment dans le milieu des pièces qui séparent les portes. Les trous circulaires qu'on voit percer la paroi au dessus des pièces intermédiaires, ont probablement servi à assujetir des perches, qui portaient un pavillon pour protéger rentrée des rayons brillants du soleil. En entrant par la porte du milieu, on a devant soi sur la paroi de derrière une niche, mesurant p.e. dans la grande salle du palais des colonnes 17 pouces de hauteur, 30 pouces de Largeur et 23 ponces de profondeur. Cette niche avait probablement le destin d'abriter un idole on un emblème sacré, image de la déité, a laquelle la salle respective était dédiée. Les chambres qui entourent la cour intérieure, s'ouvrent sur cette cour les unes par une porte et d'autres par trois portes arrangées de la manière sus-déerite. Une bande étroite, s'étendant sens le linteau, est couverte soit de mosaics de pierres comme on les voit encaissés dans les parois extérieures des bâtiments, soit par une couche de stucce. finement poli et portant des peintures en couleur blanche sur un tond rouge Indien.
Aggrégué aux bâtiments décrits jusqu'ici on distingue dans tons les trois groupes un troisième quadrangle, entouré par des remparts sur tous les quatre côtés et par des édifices sur les trois. Ce quadrangle accessoire esi, dans le groupe I (du presbytère), disposé de manière qu'il barre presque complètement l'entrée à la cour 15 (pli donne accès à la salle principale et aux autres chambres et enclos de ce groupe. Dans les deux autres groupes ( 1 1 et III ) les quadrangles respectifs ( F et L) sont réjetés latéralement vis-à-vis de leurs cours principales t E et II (, laissant libre le côté Sud qui donne accès à ces cours, dans tonte son étendue, ('ne antre
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différence se découvre en ce que deux de ces quadrangles accessoires, ceux des groupes I et N (des groupes du presbytère et du palais des colonnes), sont arrangés de manière que le côté libre qui donne accès aux cours qu'ils renferment, est celui de L'Ouest, pendant le quadrangle accessoire au groupe II L (près <le l'Arroyo) est ouvert au Sud, comme les cours principales des trois groupes. Les salles principales de ces quadrangles accessoires, par conséquence, lacent l'Ouesl dans les groupes I et II pendant que celle du groupe III l'ace le Sud.
("est le quadrangle F du groupe II ouvert à l'Ouest qui contient les souterrains cruciformes au dessous des terrasses couronnées d'édifices qui le limitent sur le côté du Nord et celui de l'Elst. -le suis convaincu qu'on pourra découvrir des traces de souterrains semblables sous les restes des édifices du quadrangle C, qui était également ouvert à l'Ouest, mais qui est occupé maintenant par les gisements et les murs d'enceinte de l'Eglise ca- I ludique.
Revenons maintenant à la question quel pourrait avoir été le destin des bâtiments si extraordinaires et si remarquables (pii l'ont la seconde classe des monuments de Mit la. L'arrangement des chambres entourant une cour intérieure curieusement ornementée et accessible seulement par un conduit coudé (pli s'ouvre dans la paroi de derrière de la salle principale, prouve certainement que cet aggroupement ne pouvait avoir été un temple, un sanctuaire, une chapelle, mais la résidence privée d'un prêtre ou d'un roi. La salle principale est le lieu ou il (humait de l'audience a ses sujets ou aux ministres et aux dévotes qui venaient le consulter. Cette salle représentait la vie officielle de ce grand personnage, la cour intérieure sm vie privée. Dans le luit sans doute, de
faire plus imposant l'aspect de la résidence sacerdotale ou royale, on érigea la maison sur une terrasse qui s'élevait sur une vaste cour. Et on ajouta une salle d'audience sur deux des autres côtés, parce que pour ces nations le monde entier était différencié correspondant aux points cardinaux et gc«uverné par les potences qui y étaient domiciliées. Ayant égard aux traditions susmentionnées que le P. Burgoa nous conserva, j'inférerais que le groupe I celui du Presbytère, était la résidence du grand prêtre ou pape- de VUi ja-Tcw, car cet agrouppenient est le plus reserré, le plus caché, inaccessible même pour les regards du monde profane, comme le quadrangle accessoire O en barre complètement l'entrée. Le groupe II, le palais de colonnes, aurait été le domicile du roi, car cet agrouppenient est le plus vaste et le plus somptueux. Le groupe III près de l'Arroyo aurait servi de résidence aux autres prêtres ou ministres des idoles. Car on reconnaît dans l'ornamentation des parois de sa cour intérieure1, même dans l'état dilapidé d'aujourd'hui, des traits particuliers qui rappellent la cour A du groupe du presbytère. Les quadrangles accessoires qui s'ouvrent à l'Ouest, dont un est connu de renfermer des souterrains sous ses terrasses d'enceinte, auraient servi de cimetière. Car l'Ouest est la région de la nuit et de1 la mort. Ce quadrangle accessoire (C) du groupe l aurait été la nécropole des grands-prêtres; celui (1''» du groupe II aurait contenu les sépulcres des rois. On n'a pas encore trouvé des ossements, ni h1 mobiliaire sépulcral dans ces quadrangles. Il est même douteux que les souterrains cruciformes qu'on a rencontré au dessous des édifices de la Cour F, aient été des tombeaux. Car les tombeaux qu'on a découvert ailleurs dans la région Tzapotèque, a Xoxo et même dans les immédiats de Mitla,
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près de l'I iacienda de Xaar/a, ont toute une autre forme. Mais il es1 très-probable (pie ces souterrains cruciformes avjiiciit en relation avec le culte des aiorts. Dans le quadrangle V pies du palais des colonnes, il y a de ces souterrains sens l'édifice celé Nord cl sous celui côté Est, Le premier connu des longtemps et renommé par son "pilier de la mort," le soutien des deux dalles qui forint ut le toit pour la partie centrale de la chambre, a son entrée dans la direction Sud. Mais l'autre, le souterrain récemment découverl qui s'étend sous la terrasse du côté f]st, a sou entrée dans la direction Ouest. E1 ainsi aussi les souterrains cruciformes qu'on a découverl à Xaagà cl près des ruines de la montagne (rma-roo à l'Es! de .Mitla ( Voir Planche 12 ).
On a enfin soulevé la question si les monuments de Mi tla> uniques du reste aussi dans la région tzapotèque, aient en vérité été l'ouvrage de celle nation. -le n'attache pas d'importance à la théorie émanée de l'abbé Brasseur de Bourbourg d'un missionaire bouddhiste identifié par lui avec le dieu Quet kiIcoikiI I et reconnu aussi dans une sculpture ancienne (pie le P. Burgoa décrit dans le village Guiivi-pecocha ou Santa Magâtilcna en el campo, le Santa Magdalena Tlacotepec de nos jours, éloigné à (piaire lieues de Tehuantepec.3 -le n'insiste non plus sur l'interprétai ion avancée par d'autres savants que les Toitàqucs de la tradition aieni été responsables pour la construction aussi de ces monuments. .Mais il est néanmoins très-certain (pie toul ce (pie nous connaissons de la civilisation ancienne dis Tzapotèque», leur types d'ornementation, etc., paraît s'éloigner quelque peu des for-
i Le mol Guixi-pccacha que l'abbé Brasseur donne comme le nom d'un personnage 'lsi le nom du lieu, signifianl en langue tzaporf'que le même que le moi mexicain TUivotrpev, par lequel le village se connaît aujourd'hui.
mes chastes et pures des monuments de Mitla. Jetant 1111 cmi]) d'œil sur la poterie des anciens Tzapotèques, leur style architectural et les sculptures découvertes ailleurs, on est frappé par l'abondance des figures, imitations d'hommes et de bêtes, et par l'exubérance dans leur équipement (Voir Planche 17 i. A Mitla le dessin géométrique règne absolumenl el exclusivement, et ce n'est que sur les étroites bandes ;ui dessous des linteaux des portes qu'on voit peinte en blanc et ronge nue foule de figures, de signes et d'hiéroglyphes, nn livre ouvert jeté au mur.
Le dessin géométrique, émanât ion sans doute de la teenique des tissus pourrait être commun à des races d'origine très différente. Il faut remarquer cependant (pie nous retrouvons ces derniers employés comme ornementation des parois des pyramides et des temples dans le manuscrit pictographique de la Bibliothèque Impériale de Vienne, dans le Codex Nuttall et les autres manuscrits de cette classe, manuscrits qu'on a appelés tzapotèques, mais qui peut être originèrent chez les tribus Nauas emigrées à la côte de l'atlantique. Car il paraît presque certain que le Manuscrit de Vienne et le Codex Nuttall sont en vérité les livres qui furent donnés ;i ('cités par les envoyés du roi Moteucçôma an temps que les navires de Certes mouillèrent sur la petite île en face de la côte qui est aujourd'hui le port de Veraeruz.
Les peintures en blanc et rouge qu'on voit dans certains des bâtiments de Mitla sur les étroites bande- au dessons des linteaux (\c^ portes, rappellent aussi par la disposition dis figures et des symboles et par l'emploi d'une figure qui sert pour désigner les années dans les manuscrits que je viens de nommer, mais elles ressemblent aussi par le type d< s figures a un autre manuscrit,
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très connu aussi el d'origine sans doute Nauatl ou Mexicain, le Codex Borgia (on Velletri < In baron <lc lïuuiboldt). Ou trouve ces peintures sur les restes d'une des parois qui avaient formé la coin- intérieure (G) du groupe III, près de l'Arroyo, el elles se sont conservées en parties plus ou moins cohérentes sur les quatre côtés de la cour intérieure (A) du groupe I du presbytère. J' ai copié en 1888 tout ce qu'on en pouvait voir, et j' ai publié ces copies en L895 dans un livre en folio intitulé "Wandmalereien von .Mit la." Les restes de peintures qu'on voit dans le Quadrangle <î près de l'Arroyo nous laissent voir une bordure ressemblante à celle des figures 2 et 3, Planche l.*>, une image du Soleil et les restes de quelques autres figures. Dans la cour intérieure du quadrangle A du presbytère, on reconnaît sur la bande étroite au dessus de la porte côté Est (Voir Planche L3, figure '2 et 3), une bordure formée par les éléments qui composent l'image du soleil, — l'hiéroglyphe de la torquoise ou de la pierre précieuse, des yeux et des rayons. C'est le ciel lumineux, la maison du Soleil, la région du lever du soleil (pli est réprésentée par celte bordure. Le champ lui-même était rempli de figures du Quetzalcoœcoœtli, de la Pénélope à crête de plumes, l'oiseau qui chante dans l'aube, et des figures d'un dieu déguisé en Quetzalcoœcoœtli — figures qui sont matériellement ident iques a l'homme oiseau des reliefs de Teotitlân del I aile (Voir Figure 1, Planche L'> i el aussi a la figure d'un dieu qui était vénéré par tous les tribus qui habitainl le vei-saui de l'atlantique el dont nous pûmes acheter un petil idole dans l'autre village du même nom Teotitlân del Vamino, situé dans le district le plus au Nord de l'Htal d'Oaxaca (Voir Planche L6). Sur le côté opposé de la cour, le côté Ouest, la bande des peintures est
entourée par une bordure <pti représente le ciel étoile on la nuit. On voit des veux sur un fond granulé <;;i vcui dire les étoiles sur le ciel obscur i Noir Planche 1 I i. Le dieu qui gouverne cette région est Mixcouatl, la cmiléuvre des nuages, le dieu des étoiles, le dieu de la nuii qui esl en même temps le dieu du feu. On voit son image représentée a diverses reprises sur cette bande. Il est peint brandissant ses javelins et l'instrument, appelé dlhiil en langue mexicaine, au moyen du quel on lançail los dards. Car les étoiles étaienl les tireurs qui jetaient leur dards (ça veut dire ses rayons) sur les hommes. Une aigle, l'oiseau de rapine el l'image dos hommes de guerre, l'ait compagnie a ce dieu, ainsi qu'un cerf a doux têtes (quaœolotl), la déesse du l'on cl la femme do Mi.rcoatl. Sur les deux côtés restants, celui du Sud oi celui du Nord, la bordure consiste do circles blancs sur un fond rouge Sur le côté Sur I Voir planche L3, figure 1. 5) une série d'images du 1 Hou du Soleil occupe le champ. Le côté du Nord esi le principal, parce qu'il face le Sud, comme la maison elle-même. Ici la chambre adjointe s'ouvre par trois portes a la cour A, et le linteau, comme la bande des peintures au dessous du linteau, par conséquence, ont la triple longueur. On voit un nombre de figures, de dates, do symboles, dont j'ai reproduit quelques unes sur Planche lô. Parmi les figures on rencontre plus d'une fois l'image du dieu qui quitta son royaume et chemina vers l'orient pour y mourir — le grand dieu Quetzalcouatl, le dieu des prêtres, le dieu créateur,— dans sa conception originale, sans doute, le dieu de la lune qui dans son décours v;i mourir dans les rayons du Soleil naissant, e1 ressuscitée fait son apparition sur le ciel du soir pour continuer de nouveau dans son croissant et par cette raison est devenue l'image vi-
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\ îi m *, même la cause de la résurrection. Il n'y a ]>as de doute que la figure de ce dieu joua un grand rôle dans les mystères e1 dans l<i culte de ce sanctuaire. La personne même de /'ni ja-tào n'est autre chose qu'une représentation des vicissitides qu'on rapportai! de ce dieu. Ainsi il m'est certain que la nation qui créa la figure <lc ce dieu doit aussi avoir créé on influencé les cultes, pour le service desquels un peuple dévote érigea les monuments de San Pablo de Mitla
Planches.
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Planche 11.
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Planche 12.
Planche 13.
Fig. 1. L'homme-oiseau. Relief de Teotitlan del Valle.
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Fig. 2. 3. Peinture sous le linteau du côté Est de la cour intérieure (A) du Groupe I (presbytère) à Mitla. Le quptzalcoxcoxtli, l'oiseau qui chante à L'aube du jour i Pénélope sp.).
Fig. I.
Peinture sous le linteau du côté Sud de La cour intérieure l \' du Groupe 1 (presbytère) à Mitla. Différentes formes du Dieu du Soleil.
Planche 14.
mï®;Ê&m&i&i m.^^MM-:M
Fig. 1. Mixcouatl, La „couleuvre des nuages", dieu de La nuit, du ciel estrellé, créateur du feu, portanl ses javelins et l'instrument [atlatT), pour lancer les dards.
&MMëMMM$3$
Fig. -. quauhtli, l'aigle, représentanl des hommes de guerr»
gBpSPSBg WM^WMWM^
Fig. :'• I. Têtes el derrière du cerf à deux têtes [qiiaxolotl), image de la déesse du u, el
femme de Mixcouatl.
Peintures sous le linteau du côté Ouesl de la r intérieure (A) du Groupe
i presbj tère à Mitla.
Planche L>.
Fig. 1. Le signe du jour quiauitl „pluie". La déesse Xochiquetzal, déesse de La Lun» déesse des amours; et Tonatiuh, dieu du Soleil.
Fig. •'. Les signes des années tecpatl „silex" el aeatl, ^roseau^Quetzalcouatl, dieu créateur, dieu du vent, et Vuitzitzilin, L'oiseau-mouche, perclié sur un arbre en fleur.
Fig. : Le temple de Quetzalcouatl, couleuvre de plumes vertes, el Xolotl. Le chien qui
(•(induit le soleil à renier.
natures sous le linteau du côté Nord de la cour intérieure [A du Groupe I
i presbytère i à Mitla.
Planche 16.
'-'■ Se
Planche //.
Vases funéraires tzapotèques.
i Musée [mpéria] d'] tistoire naturelle, Vienni
Planche 18.