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d'endroits ils sont au niveau de la terre , et que souvent on ne saurait les distinguer des autres ruines. Nous n'en pûmes rien apercevoir au sud - est ; cependant, selon ce que nous en avions découvert., nous eûmes grande raison de croire qu'ils renfermaient le grand temple dans leur enceinte : sur ce pied-là, ils ont dû avoir au moins trois milles anglais de circuit.
Les Arabes nous montrèrent aux environs des ruines présentes, un terrain, qui peut bien avoir dix milles de circonférence, et qui est un peu élevé au-dessus du niveau du désert, quoiqu'il ne le soit pas tant que celui de ce plan au-dedans des murs. Ils nous dirent que c'était là l'étendue de l'ancienne ville, et qu'en y creusant on découvrait des ruines. Il nous sembla qu'il y avait de meilleures raisons en faveur de cette opinion que leur autorité. Un circuit de trois milles était bien petit pour Palmyre dans son état de prospérité, sur-tout si l'on considère que la plus grande partie de cet espace est occupée d'édifices publics, dont l'étendue , et le grand nombre de magnifiques sépulcres , sont des preuves évidentes de la grandeur d'une ville.
Nous en conclûmes que les murs que nous avons marqués dans ce plan , ne renferment que la partie de la ville où étaient les édifices publics dans son état florissant ; et qu'après qu'elle fut ruinée , sa situation la rendant toujours recommandable , comme la place la plus propre pour arrêter les incursions des Sarrazins , Justinien la fit fortifier , comme nous apprend Procope, et très-probablement en fit amoindrir le cir-
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cuit. Palmyre notait plus une ville riche et marchande (i), où il fut obligé d'avoir égard à la commodité des particuliers ; mais c'était une garnison frontière , dont il ne s agissait que de considérer la force.
Outre que la manière dont le mur est bâti tient beaucoup du siècle où nous le mettons , cette opinion semble tirer de la force d'une autre observation que nous avons faite sur les lieux.
Nous avons remarqué qu en bâtissant le mur vers le nord-ouest, on avait profité de la commodité de deux ou trois sépulcres, qui se trouvaient en cet endroit-là si à propos, et dont la forme était si convenable, qu'on les avait convertis en tours de flanc.
Comme nous ne doutons point que le mur ne soit postérieur aux sépulcres , nous concluons qu'il a été bâti depuis l'abolissement de la religion païenne à Palmyre ; car non - seulement il était contraire à la vénération que les Grecs et les Romains avaient pour les lieux de sépulture, de les appliquer à aucun autre usage , sur-tout à un aussi dangereux et aussi profane que celui-ci ; mais c était aussi enfreindre une règle générale qu'ils observaient, d'avoir ces lieux hors des murs de la ville (2). Cétait ordonné à Rome par une
(1) Voyez page i'3.
(2) Les Komains s'écartèrent de cette loi dans les commencements de leur république, seulement en faveur du mérite qu'ils voulaient distinguer par des marques particulières d'honneur, quoique par la
loi des douze tables; et à Athènes par une loi de Solon; et nous avons remarqué que cette coutume était observée religieusement par tout l'Orient.
Nous supposons donc que ce mur, que nous appelons le mur de Justinien pour les raisons susdites , nonseulement exclut de son enceinte une grande partie de l'ancienne ville, particulièrement au sud-est, mais encore qu'il renferme au nord et nord-ouest du terrain qui n'en était pas. La partie du mur où il n'y a point de tours, de même que le bâtiment en ruine (19), ont été ajoutés long-temps après, et sont bâtis dans le goût du château dont nous parlerons plus bas.
Au haut de l'une des plus hautes montagnes qu'il y a au nord-ouest, est un château (34) où l'on monte par un chemin très-difficile et escarpé. Il est entouré d'un fossé profond taillé dans le roc, ou plutôt dont on a tiré les pierres comme d'une carrière. Comme le pont-levis en est rompu, nous eûmes de la peine à le passer. Nous trouvâmes dans le château un trou fort profond , aussi taillé dans le roc , à dessein , à ce qu'il semble, de faire un puits, quoiqu'il soit sec à présent.
suite ils rendissent ce même honneur aux personnes élevées en dignité. Mais les Athéniens ne voulurent point laisser enterrer Marcellus dans l'enceinte de leurs murs, et ils répondirent à Sulpice, quand il demanda cette grâce , Religione se impecliri. Vid. Cic. Epist. ad famil. Les Lacédémoniens différaient en cela des autres Grecs, et Licurgue, qui profita de toutes les occasions pour inculquer le mépris de la mort, voulut qu'on enterrât dans les rues les plus publiques, afin que la jeunesse de Sparte se familiarisât avec de tels objets.
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Ce château est si mal bâti, qu'il est évident nonseulement qu'il est postérieur à Justinien , à qui on l'attribue, mais même qu'il est indigne des Mamelus.
Les commerçants anglais qui le visitèrent en 1691 apprirent qu'il fut bâti par Man Ogle , prince des Druses , sous le règne d'Amurat III ( 1 ). Les Arabes nous dirent que c'était l'ouvrage du fameux Feccardin, qui le fit bâtir pour lui servir de retraite pendant que son père était en Europe : mais ni l'une ni l'autre de ces opinions ne s'accordent avec l'histoire des Druses.
La montagne sur laquelle est bâti ce château est une des plus hautes qu'il y ait aux environs de Palmyre. De cette hauteur, d'où l'on voit extraordinairement loin au sud, le désert ressemble à la mer; et à l'ouest nous pouvions voir le sommet du Liban , et prendre très-distinctement la hauteur de quelques endroits de l Antiliban, que nous avions remarqués à Hassia.
Il y a à l'est et au sud du temple du Soleil quelques oliviers avec du grain que les Arabes cultivent, et quils enferment de murs de terre pour en éloigner les bestiaux. On pourrait faire de ce terrain une charmante campagne , par le moyen de deux petites rivières qu'il y a, et qui sont entièrement négligées.
L'eau de ces deux rivières est chaude et chargée de soufre ; néanmoins les habitants la trouvent saine et assez agréable. La plus considérable a sa source à
(1) Anno Chris ti 1 585.
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1 ouest, au pied des montagnes , dans une belle grotte, qui est assez haute au milieu pour que nous pussions presque nous y tenir debout. Tout le fond est un bassin d'eau très-claire, d'environ deux pieds de profondeur. La chaleur ainsi concentrée en fait un excellent bain, aussi les Arabes en font-ils cet usage ; et le courant qui en sort avec assez de rapidité a environ un pied de profondeur et plus de trois pieds de largeur. Cette eau est resserrée en quelques endroits dans un lit pavé qu'on lui avait fait autrefois ; mais après un cours qui n est pas bien long , elle est imbibée par le sable à lest des ruines. Les habitants nous dirent que cette grotte avait toujours la même quantité d'eau, et que, quoiqu'elle nous parût n'avoir pas plus d'une douzaine de pas d'étendue , elle ne laissait pourtant pas d'être beaucoup plus grande. Une inscription , qu'il y a tout auprès, sur un autel dédié à Jupiter, nous apprit quelle s'appelait Ephca , et qu'on en confiait le soin à des personnes qui tenaient cet office par élection.
L'autre petite rivière (45) , dont nous ne pûmes trouver la source, a autant d'eau à-peu-près, et traverse les ruines dans un ancien aquéduc souterrain , près du grand portique et dans la même direction. Elle se joint à la première à l'est des ruines, et se perd avec elle dans le sable. Les Arabes nous dirent qu'il y en avait une troisième , qui n'était pas si considérable que les deux autres , qui coulait aussi dans un aquéduc souterrain , au travers des ruines , mais dont le lit était tellement engorgé par les décombres , qu'il y