‹ Les ruines de ParisChapitre 8 sur 8 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

nature que cette malheureuse avait frappé le docteur Anselme de plusieurs coups de poignard? C'est ce que Hnstruction ne put révéler; car le lendemain du jour où elle fut mise au secret, madame de V" (les journaux ne livrèrent que les initiales) se fit justice ellemême en s'empoisonnant.

Dès son début, cette affaire, — on appelle cela une affaire, — se trouva donc naturellement étouffée. Toutes les informations de la justice demeurèrent inutiles. Madame de V'" n'avait pas de complices.

Une heure avant de mourir, elle avait écrit à son mari la lettre suivante, qui, après avoir passé par les mains du Parquet, fut remise à René de Verdières. Lui seul pouvait en comprendre le sens.

Voici ce que disait cette lettre, écrite en caractères assui'és et sans trace de larmes :

« Vous par qui je vivais, pardonnez-moi d'avoir ensanglanté votre nom. La haine m'a rendue folle. J'ai frappé un homme qui venait de se révéler à moi comme l'ennemi de mon bonheur. Je me condamne et je me punis; mais j'emporte en mourant l'espérance que vous ne maudirez pas toujours ma mémoire. Ma mort vous laisse libre, et, dans un avenir certain, une autre union vous rendra la félicité que vous aviez rêvée, et à laquelle je n'aurai été qu'un passager obstacle. Je ne demande rien de plus. Adieu !

« Celle qui n'ose signer ni du nom de son père ni du nom de son époux.

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