PLANCHE XL VIII
La figure I représente la coupe en long de la salle des étuves, E; on y remarque, d’un côté, la baignoire, alveum, des bains chauds, pouvant contenir environ huit à dix personnes à la fois; de l’autre côté, le labrum, ayant un jet d’eau au centre. Au-dessus du labrum, dans le cul-defour de l’hémicycle, est pratiquée une ouverture circulaire qu’on croit destinée à régulariser la température, par un couvercle ou bouclier attaché à une chaîne (i).
Nous y voyons deux autres ouvertures à la grande voûte, ornées de bas-reliefs et destinées à éclairer la salle; une autre en dessous de la corniche, garnie d’un carreau en vitre, était destinée à recevoir la lampe. Cette coupe indique encore la construction du sol suspendu , porté par de petits piliers en briques, et celle des parois des murs évidées jusqu’à la hauteur de la corniche, afin de faciliter la circulation de la chaleur communiquée par les fourneaux. Yitruve a donné une description détaillée de la manière de construire ces sols suspendus, appelés suspensura.
La figure II représente la coupe en grand de X alveum, ou baignoire. On y monte par trois marches, et on y descend par une marche formant banquette dans l’intérieur. On y remarque l’ouverture du conduit qui y amenait l’eau. La baignoire et les marches sont en marbre blanc.
La figure III donne la coupe du frigidarium contenant le bassin, natatorium, destiné aux bains froids. Le conduit du trop-plein est visible au bord du bassin sous la dalle supérieure; celui destiné à l’écoulement des eaux se trouve au fond. L’eau y était amenée par un autre conduit en bronze, pratiqué dans le mur à la hauteur de quatre pieds et demi au-dessus du bord du bassin. Ce conduit, aplati, a six pouces de large, et son élévation du sol nous fait penser que l’orifice de ce tuyau a pu être masqué par une statue, laquelle jetait l’eau dans le bassin. Pompéi nous offre plusieurs exemples de ce genre d’ornement. Cette coupe donne, en outre, une idée du décor de cette salle , rehaussé par l’harmonie de la couleur.