FAUBOURG OCCIDENTAL
Les fouilles entreprises en i663, dans la direction de la voie antique, avoient été arrêtées à peu de distance de la porte, déjà donnée pl. XL En 1812, le gouvernement ordonna la continuation de ces travaux, et ils ont fait retrouver une grande partie du faubourg occidental, par lequel on entre aujourd’hui dans la ville ^ Un petit chemin qui commence à la Via Regia conduit, à travers les vignes et les peupliers, jusqu’à l’extrémité de la voie nouvellement découverte, un peu au-dessous de la maison de campagne. C’est de là que l’on jouit tout-à-coup de la première vue de Pompei; et, quelque préparé que l’on y soit d’avance, on ne peut s’empêcher d’éprouver une vive surprise à l’aspect de cette vue bordée de monuments nombreux, tous plus ou moins dégradés, sans offrir cependant aucun indice de vétusté, et présentant pour ainsi dire à-la-fois l’image de la jeunesse et de la destruction
J’ai essayé de représenter la vue de ces fouilles dans la pl. XIV. Le point de vue est pris au-
(i) a Les augures du peuple romain, qui ont écrit le livre des Auspices, définissent le Pomœrium de cette manière ; C’est un espace consacré « dans la campagne, tout à l’entour de la ville. Cette région, déterminée au-delà des murs, sert de limites aux auspices de la cité.» ( Aut. Cell. noct. Au. lib. XIll, cap. 1 3. )
(a) Les anciens perfectionnèrent de bonne heure l’art d’attaquer et de défendre les places. Le siège de Platée, entrepris au commencement de -la guerre du Péloponèse, 4a8 ans avant J. C. , offre un exemple remarquable des progrès de l’art militaire chez les Grecs : on y voit déjà des travaux immenses et ingénieux, entrepris de part et d’autre pour l’attaque ou la défense, et un poignée de soldats se maintenir dans leurs fortificatious contre une armée entière. ( Thucjrd. lib. Il, cap. g, ) Les machines d’Archimède au siège de Syracuse ( Plutarq. v. de Marcellus ) , celles dont se servit Démétrius Poliorcète au siège de Rhodes ( Diod. Sic. lib. XX, cap. 8 ) , égalent en génie toutes nos inventions modernes, qui ne sont basées que sur la puissance d’un agent terrible, découvert par hasard. Est-il, de nos jours, un ingénieur qui osât prendre sur lui d’exécuter une machine semblable à XHélépoUs de Démétrius ? (fitr. lib. X, cap. aa.)
(3) Cest en partie aux recherches et aux soins de M. le chevalier Arditi, directeur des fouilles et des musées du royaume, que l’on doit les belles découvertes faites à Pompei depuis quelques années. Ce savant célèbre joint à la plus vaste érudition un vif amour des .arts et un zèle infatigable pour tout ce qui tend à illustrer sa patrie.
38 explication DES PLANCHES
dessus du mur d’appui qui supporte la sépulture de la famille Arria, vis-à-vis la maison de campagne.
tombeaux et monuments FUNEBRES'.
Les premières découvertes de i663 n’avoient procuré aucun tombeau parfaitement conservé; mais les dernières en ont fait retrouver un grand nombre dont on voit les plans pl. XV. TIs sont placés de chaque côte de la voie, principalement à droite en allant vers la ville".
On a vu dans la pl. IV le tombeau dVmkï Diomedes et ceux de ses enfants ; celui qui vient immédiatement après, marqué A sur le plan, repose sur le même soubassement continu fpl. XVÏ, fig. I). Il est construit en moellons recouverts d’une décoration en stuc. Ce monument devoit être d’un ensemble agréable, quoique d’un goût un peu capricieux. La partie supérieure est entièrement détruite; elle étoit composée d’un entablement portant des statues, et d’une inscription que l’on voit dans la vignette à la fin de ce volume®. Les statues médiocrement sculptées et recouvertes autrefois d’un stuc très fin, représentent un homme en toge, et une femme drapée avec assez de dignité. L’inscription nous apprend que ce tombeau fut élevé à Lucius Ceius, fils de Lucius, de la tribu Ménénia*; et à Lucius Labéon, deux fois duumvir quinquennal pour la justice, par Ménomachus, affranchit On reconnoît aisément que la face principale (pl. XVI, fig. I) étoit ornée de deux portraits représentant probablement Ceius et Labéon. La face latérale du côté de la ville (fig. II) offroit deux bas-reliefs. Le peu qui en reste fait regretter ce qui manque; car le costume héroïque et le style un peu roide de la sculpture rendent ce monument assez curieux. La face opposée n’a point de bas-relief; elle est décorée d’un treillage et de boucliers. On y voit aussi une petite fenêtre destinée à donner du jour à l’intérieur du caveau enfin on reconnoit encore sur la face postérieure une frise d’armes mêlées. Le socle étoit surchargé tout autour d’inscriptions peintes en rouge; mais elles sont tellement effacées, qu’il n’est plus possible d’y rien distinguer.
La planche XVI présente encore une autre sépulture qui n’est guère remarquable que par sa petitesse; mais cela meme doit la rendre intéressante. Ce tombeau, élevé sans doute par une pauvre famille, prouve que chez les anciens toutes les classes de la société portoient un égal respect aux cendres et à la mémoire des morts -. chacun, selon ses facultés, s’empressoit d’élever aux mânes des personnes chéries quelqu’un de ces monuments funèbres, où les parents, les amis et les personnes pieuses, venoient déposer des offrandes, témoignages d’affection et de regrets.
Le tombeau suivant, marqué B sur le plan, est parfaitement conservé. Il est entièrement massif et construit en travertin. Sa forme est simple, noble et élégante fpl. XVII). Sa base (fig. II) et sa
(i) M. Millin, membre de ITostitut national de France, a publié à Naples, en i8i3, un petit ouvrage fort intéressant dans lequel il a décrit et feit graver quelques-uns de ces monuments. Voyez Description des Tombeaux de Pompei, etc. ( i vol. in-8".)
M. de Clarat a publié, vers le même temps, un petit volume de même format, intitulé Pompei, dans lequel il donne le détail des fouilles dont il a été témoin le mai et le i8 mars i8i3; il y a joint des gravures représentant la plus grande partie des objets qui furent trouvés dans ces foiüUes. Cet ouvrage renferme beaucoup de détails curieux.
(а) La seconde loi du droit sacré, dans les lois des douze Tables, défendoit d’enterrer les morts dans la ville. C’est pourquoi l’on plaçoit les tombeaux autour des murailles et le long des chemins. ( Voyez Ferret. lib. IF, p. 236. )
(3) Les fragments de l’entablement, les statues et 1 inscription , ont été trouvés dans les cendres à une assez grande hauteur au-dessus du sol ancien; ce qui ne laisse aucun doute. Comme ces statues sont d’un travail très ordinaire, je n’ai pas cru devoir les donner.
(4) La tribu Ménénia étoit uné des dernières tribus rustiques. ( Grcer. Tkesaur. antiq. Rom. cap. L, pag. ayS.) On voit par les fragments d’une table contenant les noms des citoyens (fUerculanum agrégés à diverses tribus romaines , qu’un grand nombre d'habitants de ces contrées étoient inscrits dans cette tribu. ( Disserî. Isagog. pag. 56 et les pl. XIJ', XF, XFl. )
(5) Voyez la vignette à la fin du volume.
(б) Lorsque je dessinai ces tombeaux , on n avoit point encore découvert son entrée; ainsi j’en ignore la distribution intérieure.
DE LA PREMIÈRE PARTIE. Sq
corniche (fig. 111) sont bien profilées. Le larmier de la corniche est incliné sur les faces latérales, et d aplomb sur les deux autres; particularité que j’ai observée dans plusieurs monuments, et qui ne peut point être attribuée à un défaut d’exécution. Ce tombeau porte deux inscriptions, dont les lettres sont fort serrées, et d’une forme étroite. Ces inscriptions sont absolument semblables entre elles, à l’exception du dernier mot Jilio, qui, dans l’une, est écrit Jilo. En voici la traduction :
a A Marcus Alleius Lucius Libella père, édile, duumvir, préfet quinquennal; et à M. Alleius <c Libella son fils, décurion, qui a vécu dix-sept ans. L’emplacement de ce monument a été donné Œ aux frais du public. Alleia Décimilla, fille de Marcus, prêtresse publique de Cérès, a fait élever « ce monument à son époux et à son fils. t>
Derrière ce tombeau, on voit encore une petite enceinte, marquée b sur le plan, destinée sans doute à servir de sépulture à quelque famille sans nom ou sans fortune. Elle n’offre rien d’intéressant, non plus que le massif d’un tombeau voisin à peine commencé, et qui ne s’élève que d’uue assise au-dessus du sol.
Un peu plus loin on a découvert un autre tombeau, marqué C sur le plan, qui mérite de nous arrêter un instant (pl. XIX). Il est construit en petites pierres de tuf, employées d’une manière régulière, soit en assises horizontales, soit en /'eticulatum (fig. I). Il n’est pas plein comme le précédent, mais il renferme une chambre sépulcrale. Au fond, en face de la porte, est une niche décorée d’un fronton où était placé un grand vase d’albâtre contenant des cendres ‘(fig. II et III). Autour de cette chambre sépulcrale règne un appui sur lequel étoient posées d’autres urnes cinéraires et des lampes de terre cuite.
Fig. V, vase de verre.
Fig. VI, id. en terre rouge.
Fig. VII, id. en marbre.
Fig. VTII, id. eu albâtre.
On a trouvé aussi dans ce tombeau des amphores d’une grande dimension.
Ce monument étoit fermé par une porte en marbre (fig. IV) tournant sur deux pivots {a, b), armés d’un godet de bronze, et emboités dans une crapaudine de même métal. Cette porte se tiroit avec un anneau et se fermoit avec une serrure, dont on aperçoit encore la trace.
Quelques pas plus loin, précisément sur l’embranchement des deux voies, on a découvert une enceinte, marquée c sur le plan, avec une porte. J’étois présent à ces fouilles : l’on n’y trouva rien qui pût donner à penser que ce lieu eût jamais été destiné à servir de sépulture. Je crois plutôt que ce devoit être un sacellum, ou chapelle découverte, consacrée sans doute, comme Vœdicula que j’ai déjà donnée (pl. VII, i n" 9), aux divinités protectrices des voyageurs. Ce pouvoit être aussi un ustriniim'., ou lieu destiné à brûler les corps.
Les monuments que je viens de décrire se trouvent placés à gauche de la voie en allant vers la ville. Le côté opposé en offre d’autres mieux conservés et plus intéressants encore. La pl. XVIII, qui donne la coupe de la voie sur ce côté, présente leur élévation générale; et dans les
(i) Dès le temps de Numa, les Romains brûloient les morts, et en conservoient religieusement les cendres; cependant l’usage général étoit d’enterrer les corps; mais, vers la fin de la république, la première pratique prévalut, et fut même adoptée généralement en Italie. Les Pythagoriciens., selon Pline {lib. XXXV, cap. la) se faisoient simplement ensevelir dans des sarcophages de terre cuite. J’en ai découvert un de ce genre en faisant fouiller autour des murailles de Pæstum.
(a) Un £w/n'/utf7ï devoit être isolé et à quelque distance des tombeaux voisins, que la flamme auroitpu endommager; aussi avoit-on soin de le rappeler dans les inscriptions sépulcrales, et on en trouve un grand nombre qui portent cette formule : AD HOC MONVMENTVM VSTRINVM APPLICARI NON LIGET. ( Voyez Cruter. Inscript, ont. etc.)
explication des planches
planches suivantes on les trouve successivement sur une plus grande échelle et avec tous leurs
""'lc prcnier de ces édifices, marqué D sur le plan, est un triclinium destiné aux repas funèbres (pl XX) On sait combien les anciens étoient attachés à cet usage. Il existe beaucoup dmscnptions antiques qui le témoignent, et quelques unes fixent même la dépense du festn. et l’époque à laquelle il devoir avoir lieu
Ce triclinium’ consiste en une enceinte découverte, dont l’intérieur est orne de peintures gracieuses; car chez les anciens, qui avoient sur la cessation de la vie des idées toutes différentes des nôtres, la décoration des tombeaux et des lieux consacrés aux funérailles ne présentoit rien de sinistre.
Les lits sur lesquels se couchoient les convives étoient, ainsi que la table, en maçonnerie revetue de stuc; on recouvrait ces lits de matelas et de draperies. Le petit piédestal ronrl devant la table pouvoit servir à placer l’image de la personne en l’honneur de laquelle on se réunissoit; peut-être même étoit-ce un petit autel sur lequel on répandoit des libations pendant le repas.
Ce triclinium, qui n’a point d’inscription, ne paroît pas appartenir exclusivement à aucun des tombeaux environnants; il devoit plutôt être banal, et servir, moyennant une légère rétribution, à toutes les familles qui possédoient des sépultures dans ce quartier .
La fig. I présente la coupe de cet édifice.
La fig. II donne le détail du fronton de la façade sur la rue.
La fig. III offre la vue perspective de l’intérieur du triclinium. Les peintures, lorsque je les dessinai, étoient parfaitement conservées. Il n’y a absolument rien de restauré dans cette vue, si ce n’est le petit piédestal, qui est aujourd’hui ruiné, comme on le voit dans la coupe (fig. I.)
Le monument suivant marqué E sur le plan (pl. XV) est un de ces tombeaux qui, chez les anciens, servoienl de sépulture commune à tous les individus d’une même fiimille; il se compose d’une enceinte formée par un mur assez élevé et d’une chambre sépulcrale de petite dimension, autour de laquelle on a pratiqué plusieurs niches, ainsi qu’une espèce de soubassement continu, destinés à recevoir des urnes cinéraires (pl. XXII, fig. I). La voûte de cette chambre supporte, à l’exterieur, un cippe de marbre élevé sur deux gradins (pl. XXI, fig. I). L’ensemble de ce tombeau est d’un aspect assez agréable, et les détails dont il est orné achèvent de lui donner un grand intérêt. La face postérieure du cippe est entièrement lisse; mais les trois autres sont enrichies d’ornements et de bas-reliefs. La première (pl. XXI, fig. II) a, au centre d’un bel encadrement, une inscription dont voici le sens.
Œ Nevoleia Tyche, affranchie (deJulia), à elle-même et à Gains Minatius Faustus, augustal « et paganus\ auquel les décurions, avec le consentement du peuple, ont décerné le bisellium a pour ses services. Nevoleia Tyche a fait élever ce monument, de son vivant, pour ses affran- « chis et affranchies, et pour ceux de Caius Minatius Fauslus. »
Au-dessus de l’inscription on a placé le portrait de Tyche, et au-dessous un bas-relief où l’on
(i) Voyez (Stuck. Antiq. cowiv. Ub. l, cap. ia4» et Ferrât. Musœlapid. nntiq. lib. lU, p. i45 e< 191.
(a) Comme il est question des triclinia dans la seconde partie de cet ouvrage, qui traite des babitations, je n’ai pas cru devoir donner ici plus de détails sur ce sujet.
(3) Il n’étoit permis de rendre cet honneur funèbre qu’aux personnes libres (Zcÿ- Tabul. de jure saav. Voyez Ferretus, Musœ lapid.
ont. lib. JV, pa^. î36 ). Cependant il paroît que cette loi tomba dans l’oubli; car Arbuthnot ( Tabul. ant. num. etc.) cite un certain Minutius Anteras, affranchi, qui légua uue somme annuelle de to,ooo sesterces, c’est-à-dire environ 2^000 francs, pour être dépensée tous les ans en son honneur,
(41 Le premier de ces titres indique que Munatius étoit agrégé au collège des augustaux ; le second désigne une charge municipale.. Le ina^’isterpagi étoit le magistrat d’un pagus ou arrondissement rural. Voyez : ( Pitiscus, Uxic. anliquil.Rom.p. ii4e/ai2.;
DE LA PREMIÈRE PARTIE. 4i
voit la consécration de ce monument. D’un côté du bas-relief sont les magistrats municipaux, de 1 autre \a famille' de Nevoleia, et au milieu un autel sur lequel un jeune homme dépose une offrande, ou une victime, dont il seroit difficile de désigner la nature. Auprès de l’autel on distingue une sorte de cippe qui représente le tombeau, et tout contre est un autre jeune homme qui pourroit bien être le fils de Muiiatius.
Sur la face latérale, du côté du triclinium, on a sculpté une barque dont tous les détails sont parfaitement bien exprimés. Les acrostolia, ou extrémités du vaisseau, sont surtout remarquables; le corymbus (la proue), d’une forme particulière est ornée d’une tête de Minerve; la poupe est terminée en col de cygne, ou d’oie; ce qui explique le nom de cheniscus donné à cette partie sur le cheniscus et à lextréraité du mât ^ flottent les aplustra, ou pavillons; Munatius, assis à la poupe, tient le gouvernail, qui a la forme d’une longue et large rame la vergue est faite de deux pièces, et elle s’élevoit au haut du mât au moyen d’une poulie que le sculpteur a rendue bien reconnoissable. Divers enfants carguent la voile ^ et exécutent cette manoeuvre comme les mariniers du même pays le font encore. Un de ces enfants grimpe au cordage qui assujettit le mât du côté de la proue ^ Toutes les drisses de la voile viennent aboutir à un billot où elles passent dans des trous qui servent à les amarrer; en un mot, la manière dont on a exprimé chaque détail rend ce bas-relief extrêmement précieux. Quelques personnes ont cru y reconnoître une allégorie. Ce vaisseau, prêt à toucher au port en échappant aux flots irrités, seroit, selon eux, un emblème relatif à Munatius, qui, à la fin d’une existence long-temps agitée, considérant le tombeau comme le seul asile donné à l’homme contre les orages de la vie, s’en approcha avec joie, ainsi qu’un voyageur, après une longue navigation, aperçoit la terre, et se réjouit d’avance d’arriver au port. {Cicer. de Senect. cap. XIX. ^i.) Mais cette barque, dont tous les détails sont rendus avec tant d’exactitude, n’auroit-elle pas plutôt quelque rapport avec la profession de Munatius? Poinpei, entrepôt du commerce des villes voisines, devoit avoir beaucoup de citoyens opulents adonnés au négoce et à la marine, et peut-être Munatius étoit-il de ce nombre. Cette opinion est d’autant plus probable, que le style allégorique n’est point employé dans les autres bas-reliefs de ce tombeau. Les anciens qui avoient toujours grand soin de rappeler dans leurs inscriptions les charges, les dignités et les honneurs, n’indiquoient ordinairement les professions de la vie civile que par quelque objet qui y eût rapport; et alors ce vaisseau pourroit être ici comme un synibole du commerce ou de la navigation.
Sur la face opposée on voit le bisellium, ou siège d’honneur, décerné à C. Munatius.
Dans l’intérieur de ce tombeau on avoit déposé des lampes et plusieurs urnes cinéraires, toutes de terre commune, à l’exception de trois en verre d’une assez grande dimension’. Ces dernières, renfermées chacune dans une capsule de plomb à-peu-près de même forme quelles, con-
(1) Le mot fnmilia ne comprend pas seulement les parents, mais encore toutes les personne.s qui composent la maison. Cette expression s’est conservée en italien, et j’ai cru pouvoir remployer ici en parlant d’antiquités.
(2) du mot pecxwexDç, petite oie.
(3) L’endroit où se plaçoit ce mât unique s’appeloit chez les Grecs fttiroJfiri, et chez les Latins, modius-, le mât étoit mobile; on l’enlevoit des qu’on étoit arrivé dans le port. Un bas-reUef antique conservé dans la cathédrale de Salerne m’a fait counoître cet usage.
(4) Les barques arabes de la mer Bouge ont, dit-on, des gouvernails faits en forme de rame, et placés de chaque côté de la poupe.
(5) Les coi'dages qui servoient à hisser la voile et à la carguer s’appeloient J'iuies chalatorii.
(6) On appeloit ce cordage protonos , et celui qui assujettissoit le mât du côté de la poupe , epitonos.
(7) Un de ces vases a i pied 2 pouces de haut sur 10® de diamètre ; les autres ont un peu moins; ce sont peut-être les morceaux en verre les plus considérables qui soient parvenus jusqu’à nous. Cependant, quelque curieux qu’ils puissent nous paroître, ils sont encore bien loin du degré de perfection auquel les anciens étpient parvenus dans la fabrication du verre. Aussi devons-nous les regarder comme des ouvrages
communs.
lenoient des ossements calcinés et une liqueur composée d’un mélange deau, de vin, et d’huile dans deux de ces urnes la liqueur est roussâtre, et dans l’autre, jaune, onctueuse, et transparente’. Probablement ces liquides furent produits par le mélange des libations que Ion répandit sur les cendres de Munatius et de Tyche ^
L’enceinte de ce tombeau renferme encore une autre sépulture à j)eine indiquée par une petite borne, et qui ne semble appartenir qu’à une des moindres personnes de la famille; elle porte cette inscription :