‹ Les ruines de Pompéi (volume 4)Chapitre 4 sur 19 · O B S K R V AT I O N S G É N É R A L E S · texte numérisé non relu

O B S K R V AT I O N S G É N É R A L E S

6". Pierres calcaires contenant des pétrifications •• cette espèce, qui i.'est employée cp.e dans un seul monument, ne se trouve plus dans les environs de Pompei ;

Travertin.

Le mortier qui lie les matériaux, quoique assez bon dans certains endroits, est cependant loin d’avoir en général cette solidité qui étonne si souvent dans les constructions antiques ; ([uelques personnes attribuent son peu de consistance à la mauvaise qualité de la chaux , ou à la pluie de cendres brûlantes sous laquelle la ville fut ensevelie. J’observerai que l’action de la chaleur a été nulle sur les stucs, et que la chaux éteinte retrouvée en masse dans une maison fait l’étonnement des hommes de l’art, par la finesse, l’onctueux de sa pâte, et la dureté que quelques parties ont acquise en séchant. Il faudrait, je pense, en accuser plutôt la nature du sable ou de la pouzzolane, et principalement la négligence des ouvriers.

On trouve dans les constructions le cuivre , le fer et le plomb , employés à peu près aux mêmes usages que dans les nôtres; mais, contre la pratique ordinaire des anciens, l’emploi du fer est plus général que celui du cuivre. Quoiqu’ils eussent porté an dernier point de perfection l’art de travailler les métaux, la serrurerie est en général grossière, et à peine égale aux mauvais ouvrages r[u’on exécute encore dans le pays; cependant tout ce qui est d’ornement extérieur, comme mains, boutons, platine, etc., est presque toujours élégamment ciselé en bronze.

Le bois étoit aussi fréquemment employé dans les constructions de cette ville; on senservoit, ainsi qu’on le fait encore à Naples , pour établir des terrasses fort solides , quoique supportées par des pièces d’un faible diamètre et d’une grande portée. Des indices certains, fournis par divers édifices, suffisent pour donner une idée précise de la charpente: elle étoit d’une extrême simplicité; quelquefois même les bois n’étoient seulement pas équarris, usage qui s’est conservé à Naples. Les charbons trouvés dans les fouilles font présumer que le sapin étoit l’espèce de bois employé de préférence, particulièrement pour les toits qui recouvroient les cours des maisons.

Les édifices sont décorés à peu de frais, et, à l’exception de quelques pavés et des mosaïques , ou ne trouve guère de marbre qu’aux théâtres; mais le goiit le plus aimable, la plus soigneuse recherche, ont présidé à l’emploi des stucs et des peintures qui forment les décorations intérieures et extérieures.

Le stuc est employé ou pour les ornements , ou comme revêtement sur les enduits : ces derniers sont composés, conformément aux procédés indiqués par Vitruve,de plusieurs couches de mortier fait avec de la chaux et de la pouzzolane. Le stuc, qui étoit appelé par les anciens Opus Albarium , à cause de sa blancheur, ou Marmoratum , parce qu’il imitoit le marbre, et qu’il en entroit dans sa préparation, se mettoit sur la dernière couche d’enduit: il est d’une pâte plus fine et d’une moindre épaisseur; il paroît être formé avec une espèce de gjpse feuilleté, calciné et pulvérisé, qui produit un beau plâtre: en l’employant, les ouvriers y mêloient de la même pierre pulvérisée, mais non calcinée, afin sans doute de remplacer la poudre de marbre. On comprimoit ce dernier enduit pour lui donner plus de consistance et de lustre. Des traces bien visibles de pression, que j’ai trouvées dans plusieurs endroits, s’accordent parfaitement avec ce que ditVitruve, et même elles m’ont fourni l’occasion de conjecturer que l’instrument destiné à cette opération, appelé par lui baculi, devoit être une règle de métal large de deux pouces environ, et assez légère pour que les extrémités pussent poser sur les cueillies y ou bandes dressées qui servent de régulateur à l’ouvrier. Ces stucs, une fois secs, offroient une décoration d’une extrême propreté. Un passage du chapitre 3 du livre VII de Vitruve donne à penser qu’on avoit coutume de les laver lorsqu’ils étoient salis par la poussière ou la fumée.

Tous les stucs n’étoient pas de la même finesse ; dans les endroits moins apparents et chez les particuliers pauvres, ils étoient d’une espèce inférieure. Vitruve recommande de leur donner le

Page 1